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25 septembre 2024 3 25 /09 /septembre /2024 15:15

L'arrivée de Marie-Antoinette d'Autriche (Kirsten Dunst), à la cour de Louis XV (Rip Torn), puis son mariage arrangé avec le Dauphin Louis Auguste, Futur Louis XVI (Jason Schwartzmann) pour garantir l'alliance entre la France et l'Autriche... De quoi déchanter, et très vite, entre l'oeil impitoyable des dames de la cour, ou devant la pression sociale représentée par la présence de la maîtresse officielle du Roi, Madame Du Barry (Asia Argento). La future Reine de France doit s'inventer un univers pour pouvoir survivre...

Prenant tout le monde à contrepied après ses deux premiers longs métrages, si actuels et si modernes, Sofia Coppola réalise beaucoup plus un portrait de Marie-Antoinette dans les coulisses de l’histoire qu’une biographie de la Reine. Elle nous montre, surtout, une adolescente qui doit tout abandonner un jour, pour se retrouver dans la position inconfortable d’être au milieu de tout et de tous, forcément regardée et scrutée, et devant forcément décevoir: tout lui est mis sur le dos, dont l’incapacité de son époux Louis XVI à l’honorer (Si j’osais, je dirais qu’il avait facilement la chique coupée, mais ce serait un rien tranchant…), et rien ne peut la sauver aux yeux de l’opinion. Ses goûts pour le luxe (Anticipant sur The bling ring, d’ailleurs…) ne sont qu’une manifestation de sa frustration, une fuite en avant due à l’aliénation d’une jeune femme qui a tout perdu pour ne pas gagner grand-chose.

Inévitablement, lors de la sortie de ce très beau film très réussi, on a surtout parlé du sacrilège qui consiste à accompagner ce film d’une musique du XXe siècle, et d'un montage peu orthodoxe, qui fait la part belle à des effets particulièrement modernes, sans parler d'une esthétique particulièrement sous l'influence de l'image de la mode et de celle de la publicité! Et alors ? ce n’est pas un film historique, c’est un portrait subjectif, magnifiquement interprété par Kirsten Dunst et Jason Schwartzman. Et Sofia Coppola a transformé l’essai en osant accentuer le glamour de cette peinture d’un monde oisif en pleine fuite en avant comme  prolongement de l’univers des riches contemporains. Derrière l'histoire d'une Reine infortunée, mal-aimée et mal-comprise, Sofia Coppola nous tend plus le miroir déformant de notre époque, qu'un simple portrait historique...

 

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Published by François Massarelli - dans Sofia Coppola
24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 14:33

Le premier film de Sofia Coppola a été tourné en noir et blanc sur le campus d'un lycée Américain. Un groupe de quatre jeunes filles sont les reines absolues du lieu, surtout Chloe, celle qui mène et décide de tout. On y voit les mécanismes de l'exclusion, la fragilité d'un statut, et de quelle façon une chute peut entraîner des conséquences graves.

Déjà on retrouve cette façon, commune aux films de Wes Anderson et Sofia Coppola, de capter l'instant en fournissant en une seule image un kaléidoscope subjectif d'impressions contradictoires: la fascination, le rejet... Déjà, Virgin Suicides et The bling ring pointent sous ce court métrage d'études...

 

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Published by François Massarelli - dans Sofia Coppola
24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 12:31

Pourquoi un remake du film de Don Siegel, paru en 1971, qui déjà adaptait le même roman de Thomas P. Cullinan? Sofia Coppola, qui ne souhaitait pas le faire au départ, y a vu une opportunité d'inversion: contrairement au film avec Eastwood, celui-ci en effet prend le parti de nous donner de manière systématique un point de vue féminin, prenant acte de la présence à l'écran de sept filles, jeunes femmes ou femmes plus matures. Et c'est ce qui fera la différence, justifiant du même coup cette deuxième adaptation.

En 1864 en Virginie, en plein territoire Sudiste donc, un caporal de l'armée de l'Union est recueilli par les sept personnes qui restent dans un institut de jeunes filles comme il faut: la directrice de l'établissement, Martha Farnsworth (Nicole Kidman), une des enseignantes, dont on devine qu'elle est ce qu'on appelle communément une "vieille fille", Edwina Morrow (Kirsten Dunst), et cinq pensionnaires âgées de 10 environ, à 18 ans. Et si l'idée de base c'est de soigner le Caporal John McBurney (Colin Farrell) avant de le remettre aux autorités confédérées, les sept sont immédiatement fascinées et attirées par lui, et il compte bien se servir de cette fascination pour les prendre en otages...

Le remake ne s'imposait malgré tout pas, et il faut sans doute le considérer comme une étape à part, qui permet à Sofia Coppola de réaffirmer certains de ses thèmes de prédilection. Après tout, comme dans The Virgin Suicides, ce nouveau film explore l'affirmation de la sexualité féminine dans un processus de réclusion, et on retrouve immanquablement des connections avec les aliénations de Lost in translation et Marie-Antoinette. Mais ce qui me frappe, c'est la façon dont en contrebande, Coppola amène des réminiscences troublantes de Picnic at Hanging Rock, de Peter Weir, un film dont j'avais déjà émis l'hypothèse que la réalisatrice de Virgin Suicides s'en était inspiré... Les rituels, les moments de préparation des jeunes pensionnaires, et la façon dont la vie se déroule dans la pension, en viennent tout droit. La photographie de Philippe Le Sourd est une merveille. Et les actrices, toutes sans exception, font un travail remarquable, en particulier Kirsten Dunst. 

 

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Published by François Massarelli - dans Sofia Coppola
24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 11:24

Oui, c'est bien une comédie: à sa façon, Sofia Coppola reprend pour elle une observation à la Tati, en nous donnant à suivre les aventures de Bob (Bill Murray), un acteur venu à Tokyo cachetonner dans la pub, et fuir sa famille, et de Charlotte (Scarlett Johansson), la diplômée de Philosophie qui se perd dans un mariage avec un photographe de stars (Giovanni Ribisi) qui lui est de plus en plus étranger, la réalisatrice nous donne à voir un décalage qui débouche sur une certaine forme de poésie... 

Sofia Coppola a pris son temps, et elle a réussi le passage au second long métrage: cette chronique douce-amère sur la rencontre en terrain peu propice (A Tokyo, pour deux occidentaux qui ne parlent pas la langue) de deux solitudes forcées, deux personnages en pleine crise se demandant si la voie amoureuse qu'ils se sont choisi est la bonne, est une merveille de délicatesse, aidée bien sur par l'excellence des deux acteurs (Bill Murray et Scarlett Johansson), et la réussite à rendre de façon physique au spectateur les difficultés à évoluer en plein cirage pour deux noctambules en plein décalage horaire. Ce dernier aspect,  qui va plomber Somewhere sert particulièrement bien ce film-ci, dont le succès a été on ne peut plus mérité. 

On aime la rencontre magique entre deux personnes que tout opposait dans la mesure où ils n'auraient sans doute jamais du se rencontrer, et aussi parce que les convenances, sociales, professionnelles ou même tout simplement affectives ne jouent pas en leur faveur... sans parler bien sûr de leur différence d'âge.

Il est plaisant de se perdre dans ce film, et son décalage permanent entre bande-son (le Japonais omniprésent) et l'image (voyez la situation avec les yeux de Bille Murray!), et de suivre les acteurs jusqu'à une fin d'une rare élégance: ni fermé ni ouvert, ce dénouement qui nous montre les deux amoureux (et non amants, car il n'ont pas consommé!) se faire des messes basses est la porte ouverte à toutes les évasions...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Sofia Coppola
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 13:02

Michigan, années 70: la famille Lisbon vit une vie tranquille, jusqu'au jour où l'une des cinq filles, la plus jeune, fait une tentative de suicide. Les parents, un professeur de maths un peu franchement à l'ouest, et une mère trop présente, qui a imposé une vision rigoriste et aveugle de la religion à ses enfants et sa famille, n'arrivent pas à gérer la situation, et essaient plusieurs pistes. Mais alors qu'ils ont décidé de permettre à leurs cinq filles d'inviter leurs amis et voisins chez eux, Cecilia récidive et cette fois ne se rate pas... Plus rien ne sera jamais comme avant.

Le premier long métrage de la fille de son père n'est pas la peinture des mécanismes d'aliénation de cinq filles douées pour la vie, par leur mère possessive (Kathleen Turner), avec la complicité d'un père aveugle et déconnecté (James Woods). Pas seulement; si on y prend garde, on se rendra compte qu'à travers ce portrait de cinq filles, surtout quatre, dont le titre nous révèle assez clairement qu'elles ne finiront pas l'année, il s'agit des souvenirs d'une bande de garçons, troublés par les soeurs Lisbon quand elles étaient vivantes et au lycée, témoins de leur dégradation lorsqu'on les en a retirées, et traumatisés à jamais par l'écart entre ce qui s'est réellement passé, et ce qu'ils auraient aimé pouvoir faire avec elles, d'ailleurs esquissé dans une scène de rêve, qui voit les quatre filles survivantes bras-dessus bras-dessous, avec les quatre garçons, dans une voiture qui roule vers le bonheur. Au lieu de ça, que de mauvais souvenirs... c'est ça, le sujet du film: les souvenirs, leur effet, et le mélange entre mythologie et fascination, d'un coté, et culpabilité et regrets de l'autre...

Le film avance entre une fascination légèrement décalée d el'époque qu'il décrit avec une précision maniaque, aidé par la musique formidable de Air, et les choix d'époque (De la pop légère pur jus, entre Hollies et ELO). Et les scènes inoubliables, à la fois cruelles et poignantes, drôles et tragiques, s'enchaînent du début à la fin, sans que rien ne vienne troubler la fête: c'est un chef d'oeuvre, dans lequel la réalisatrice met sa mise en scène en phase constante avec l'époque et ses codes, qu'elles a largement fait siens, du reste, pour ses films suivants.

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Published by François Massarelli - dans Sofia Coppola
3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 17:54

Lick the star (1998) Le premier film de Sofia Coppola a été tourné en noir et blanc sur le campus d'un lycée Américain. Un groupe de quatre jeunes filles sont les reines absolues du lieu, surtout Chloe, celle qui mène et décide de tout. On y voit les mécanismes de l'exclusion, la fragilité d'un statut, et de quelle façon une chute peut entrainer des conséquences graves. Déja cette façon, commune aux films de Wes Anderson et Sofia Coppola, de capter l'instant en fournissant en une seule image un kaléidoscope subjectif d'impressions contradictoires: la fascination, le rejet... Déja, Virgin Suicides et The bling ring pointent sous ce court métrage d'études...

 

Virgin Suicides (1999) Le premier long métrage de la fille de son père n'est pas la peinture des mécanismes d'aliénation de cinq filles douées pour la vie, par leur mère possessive (Kathleen Turner), avec la complicité d'un père aveugle et déconnecté (James Woods). Pas seulement; si on y prend garde, on se rendra compte qu'à travers ce portrait de cinq filles, surtout quatre, dont le titre nous révèle assez clairement qu'elles ne finiront pas l'année, il s'agit des souvenirs d'une bande de garçons, troublés par les soeurs Lisbon quand elles étaient vivantes et au lycée, témoins de leur dégradation lorsqu'on les en a retirées, et traumatisés à jamais par l'écart entre ce qui s'est réellement passé, et ce qu'ils auraient aimé pouvoir faire avec elles, d'ailleurs esquissé dans une scène de rêve, qui voit les quatre filles survivantes bras-dessus bras-dessous, avec les quatre garçons, dans une voiture qui roule vers le bonheur. Au lieu de ça, que de mauvais souvenirs... c'est ça, le sujet du film: les souvenirs, leur effet, et le mélange entre mythologie et fascination, d'un coté, et culpabilité et regrets de l'autre...

 

Lost in translation (2003) Sofia Coppola a pris son temps, et elle a réussi le passage au second long métrage: cette chronique douce-amère sur la rencontre en terrain peu propice (A Tokyo, pour deux occidentaux qui ne parlent pas la langue) de deux solitudes forcées, deux personnages en pleine crise se demandant si la voie amoureuse qu'ils se sont choisi est la bonne, est une merveille de délicatesse, aidée bien sur par l'excellence des deux acteurs (Bill Murray et Scarlett Johansson), et la réussite à rendre de façon physique au spectateur les difficultés à évoluer en plein cirage pour deux noctambules en plein décalage horaire. Ce dernier aspect,  qui va plomber Somewhere sert particulièrement bien ce film-ci, dont le succès a été on ne peut plus mérité.

 

Marie-Antoinette (2006) Prenant tout le monde à contrepied après ses deux premiers longs métrages, si actuels et si modernes, Sofia Coppola réalise beaucoup plus un portrait de Marie-Antoinette dans les coulisses de l’histoire qu’une biographie de la Reine. Elle nous montre, surtout, une adolescente qui doit tout abandonner un jour, pour se retrouver dans la position inconfortable d’être au milieu de tout et de tous, forcément regardée et scrutée, et de vant forcément décevoir : tout lui est mis sur le dos, dont l’incapacité de son époux Louis XVI à l’honorer (Si j’osais, je dirais qu’il avait facilement la chique coupée, mais ce serait un rien tranchant…), et rien ne peut la sauver aux yeux de l’opinion. Ses gouts pour le luxe (Anticipant The bling ring, d’ailleurs…) ne sont qu’une manifestation de sa frustration, une fuite en avant due à l’aliénation d’une jeune femme qui a tout perdu pour ne pas gagner grand-chose.

Inévitablement, lors de la sortie de ce très beau film très réussi, on a surtout parlé du sacrilège qui consiste à accompagner ce film d’une musique du XXe siècle. Et alors ? ce n’est pas un film historique, c’est un portrait subjectif, magnifiquement interprété par Kirsten Dunst et Jason Schwartzman. Et Sofia Coppola a transformé l’essai en osant accentuer le glamour de cette peinture d’un monde oisif en pleine fuite en avant comme  prolongement de l’univers des riches contemporains.

 

Somewhere (2010) Après trois films splendides, Sofia Coppola continue son exploration de l'aliénation, en montrant un acteur en quête de sens dans une vie de routine liée à tout ce qui fait les à-cotés de la vie d'artiste, et en compagnie de sa fille qu'il aime, et qui souffre de l'éloignement, lors d'une des rares occasions qu'ils ont de se retrouver; Sofia Coppola se met en quête de filmer l'ennui, et c'est très réussi: on s’ennuie, justement, désespérément à la recherche de la moindre anfractuosité à laquelle se raccrocher… en vain.

 

The bling ring (2013) A Los Angeles, une bande d'adolescents se laisse aller à une série de cambriolages sans aucun scrupule, surtout par attrait pour la vie facile des stars qu'ils volent. De fil en aiguille, ils pensent se transformer en des êtres de plus en plus proches des vedettes qui les fascinent.

Le miroir aux alouettes, par quelqu'un qui a du en voir des vertes et des pas mûres. la plupart des 'victimes' de la bande organisée, on le constate aisément, ne sont pas que riches: ils sont aussi vides. Vides de sens, vides de réalité... Il est fort courageux à Paris Hilton de s'être associée à ce film, qui est une charge par ailleurs justifiée contre tout ce qu'elle représente: la vacuité absolue de la starification d'aujourd'hui, soit du rien enveloppé de marques. Donc, exactement ce qui motive ces enfants du siècle, à la fois victimes d'un cercle vicieux entretenu par les médias, et pilotes de leur propre vide intérieur. Le film de miss Coppola n'accuse pas, il montre avec une certaine fascination pas toujours distanciée des mécanismes sociaux qu'elle avait déjà abordés avec certains de ses films...

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Published by François Massarelli - dans Sofia Coppola