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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 16:15

La parodie de Hiawatha, un poème qui a aussi inspiré les équipes de Disney, est essentiellement concentrée sur les deux premières minutes, lorsque le fortement balourd Big Heel Watha reçoit la mission de ramener de quoi nourrir la tribu Indienne dont il fait partie... et cette mission d'adaptation vole de toute façon en éclat quand le pauvre personnage rencontre celui qui sera désormais sa, hum, proie: Screwy Squirrel...

C'est le troisième film du personnage, et il est bien en place: mal poli, avec un don d'ubiquité et un cynisme à la Bugs Bunny, s'adressant au public en permanence. Il n'empêche qu'il se fait voler la vedette par un Indien formidable balourd, et qui se divise en une dizaine de mini-Big-Heel-Watha dans une scène célèbre...

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 16:07

Le personnage de Screwy Squirrel, l'écureuil timbré, est la deuxième créature de longue haleine de Tex Avery à la MGM, et sans doute le plus proche de son intention initiale pour Bugs Bunny, auquel il emprunte d'ailleurs son mélange de cynisme et de volontarisme (car contrairement à Droopy, Screwy n'a rien d'un personnage aux émotions léthargiques: il rit, se réjouit de ses blagues, et a sérieusement la bougeotte...

Ce premier film d'une série de cinq seulement, est l'un des plus célèbres, et pour cause, puisque Avery annonce la couleur dans les premières minutes en se payant généreusement la fiole de la concurrence, à travers un écureuil mignon tout plein, tout droit sorti de Bambi, et qui se fait copieusement casser la figure par le héros en titre, qui prend alors le cartoon en charge...

Violence, méchanceté, absurde, courses-poursuites, coups divers, gags éminemment idiots s'ensuivent alors pour notre plus grand plaisir, en compagnie de Meathead, le chien qui pour son malheur a croisé un jour la route de la sale bête... ce qui ne les empêche toutefois pas d'être d'accord sur un point: on n'est pas chez Disney, ce qui fait qu'à la fin, quand le mignon petit animal réapparaît, il s'en prend plein la figure, de leur part à tous deux...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 17:56

Sacrifions une fois de plus au culte de la perfection en animation, en revisitant inlassablement ce film drôle de bout en bout, où Avery s'évertue à limiter au strict minimum en terme d'intrigue mais aussi de décor: un magicien qui a cru bon de placer son numéro auprès d'un chanteur lyrique se voit signifier un refus catégorique (assorti d'un coup de botte vers la sortie), et se venge en sabotant le tour de chant...

Ce qui occasionne un numéro de transformiste extrême; incongru et déplacé (donc très drôle), pour l'artiste lyrique qui n'en demandait pas tant: à y regarder de plus près, avec ces plans qui reposent sur l'intrusion et la disparition iconoclastes d'objets saugrenus, on serait presque chez Méliès.

Donc, figaro figaro, o my darling Clementine, etc etc etc. Sept minutes de pur plaisir.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 17:46

Dans ce film, Tex Avery pousse assez loin la logique de la superstition selon laquelle les chats noirs portent malheur. Il commence par nous faire voir, avec force drôlerie et une série de gags éblouissants, l'enfer quotidien subi par un petit chat poursuivi chez lui 24 heures sur 24 par un chien sadique.

Puis le petit chat rencontre un chat de gouttière noir, qui lui donne un sifflet: il lui suffira de siffler et le chat noir apparaîtra comme par magie, entraînant malchance après malchance sur le gros molosse. Et en fait de malchance, c'est surtout l'inventivité dans les choses qui vont tomber sur la tête de l'animal qui laisse pantois...

Tout autant, d'ailleurs, que les façons d'amener le chat noir, qui a toutes les idées et toutes les ressources, dans un flux de génie constant. Ma préférence, comme de juste, va à la façon dont il apparaît en hauteur, sur des ventouses...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 11:58

Ce film se place dans l’oeuvre de Tex Avery au sein d’un ensemble assez cohérent, et paradoxal, de courts métrages dans lesquels le metteur en scène propose une salve de gags, évidemment, mais tous liés à une sorte d’anticipation sur la vie quotidienne. Les titres en sont parfaitement parlants, entre The Car of tomorrow, The farm of tomorrow et The TV of tomorrow, il n’y a pas d’équivoque sur les intentions…

Mais il n’y aura évidemment pas de sérieux dans ce qui est surtout une recherche savante et salvatrice du gag, dans un cadre, qui est celui maintes fois éprouvé, celui du faux documentaire prétexte à des cascades de gags. On sait qu’à la Warner, déjà, Avery affectionnait ce mode de fonctionnement… Et à travers ce faux documentaire, la cible visée était bien sûr les films promotionnels, qui peignaient en rose un avenir délirant, reflet d’une période dorée et un tantinet décérébrée.

Maintenant, ce film est aussi à sa manière un reflet d’une façon de penser dont nous espérons qu’elle a bien changé, entre le gag récurrent de la belle-mère qui a droit à, disons, un traitement de faveur dans les applications diverses de la maison, et la place assumée de la maîtresse de maison au sein du foyer : aux fourneaux ! Pour finir, cette petite pépite est indicative de l’atmosphère particulière d’une époque durant laquelle l’avenir semblait écrit vers le bonheur et le confort domestique. Clairement, dans le film, tout fonctionne avec un bouton…

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 18:27

Un chien vagabond se couche, le soir, et dit bonsoir à son compagnon: la puce Homer... celui-ci est le premier à se réveiller le lendemain, et il a devant lui un spectacle trop tentant pour résister: dans le pelage d'un chien qu'il aperçoit au loin, il a vu... une dame puce, totalement aguicheuse. Homer laisse donc un mot à son copain et monte à bord d'un bouledogue qui ne va pas voir les amours de deux puces sur son dos de très bon oeil...

Ca commence en douceur, et Avery multiplie les signes à la Disney en direction du public; Homer est après tout une puce présentable, et il est doté d'un gros nez et d'une bouille rigolote. L'amitié avec le chien est presque touchante, mais... on parle ici d'hygiène, de parasites, et par ailleurs de reproduction avec insistance. Le metteur en scène s'amuse avec le compositeur Scott Bradley, qui est à la fête puisque le film est largement dominé par des séquences non dialoguées... La complicité entre compositeur et réalisateur renvoie aux riches heures de la Warner avec Carl Stallings.

Avery est complètement dans son élément, livrant un film à la fois parfaitement drôle, et quand même bien transgressif. On pourrait énumérer les passages volontairement douteux, parmi lesquels on trouve une tentative de suicide multiple (pendaison, présence de deux armes de poing, et bombe, le tout en une seule fois), et la communication sans parole mais particulièrement claire de Homer qui explique où il était, avec qui, et ce qu'il a fait avec elle, à son copain... le tout en deux gestes magistraux.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
4 septembre 2019 3 04 /09 /septembre /2019 16:51

Lors du tournage d'un film Warner que le réalisateur Von Hamburger doit finir le plus vite possible, Daffy Duck à son plus espiègle vient tourmenter le pauvre metteur en scène... et finit par monter un fatras d'images disjointes qu'il substitue au chef d'oeuvre anticipé du grand artiste...

Avec Avery, on est bien loin du canard neurasthénique qui sera développé ensuite parfois pour le meilleur (Jones et sa trilogie fabuleuse entre toutes) ou pour le pire (les oeuvres indignes, fades et rarement drôles de Bob McKimson) par les metteurs en scène qui resteront à la Warner. Mais s'il faut complimenter Avery d'avoir repéré le potentiel destructeur du héros Daffy Duck, je pense qu'il conviendra de rendre à Bob Clampett-César ce qui lui appartient: car la loufoquerie militante de Daffy Duck, c'est lui qui l'a inventée, quand il a animé en totale autonomie une séquence de Porky's Duck Hunt, dont ici Avery fait plus que de répéter, il le souligne, persiste, et signe.

Sinon, bien sûr, c'est un splendide effort de Tex Avery, qui plus est riche en ces scènes qui font appel à un sens du détail (idiot) hors du commun, un sens de la formule gourmand (I'll take a turrrrrrrrrrrrrrrkey with all the trrrrrrrrrrrrrrimmings), et une animation pétante de santé...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 10:19

Droopy se retrouve embarqué dans un remake de Dumb-Hounded, son premier film, qui est aussi comme son titre en témoigne inspiré du film Northwest-Mounted police de Cecil B. DeMille. Un loup s'évade, et prend la direction du grand nord Canadien pour se planquer, mais ce qu'il ne sait pas encore mais va ne pas trop tarder à savoir, c'est qu'il est suivi par le sergent Droopy McPoodle, un limier redoutable...

Le film reprend donc la formule simple de l'évadé qui doit systématiquement se retrouver face à son poursuivant, et réagir de façon toujours plus folle. Si certains gags sont repris plus ou moins verbatim (à commencer par le génial moment où le loup pressé sort du cadre de la pellicule sous nos yeux), le rythme s'est accéléré, et les torrents de fou-rire déclenchés par le précédent film ont poussé l'équipe à en rajouter: les réactions du loup sont ici encore plus folle que dans Dumb-hounded.

Sinon, on l'a échappé belle: Avery a cherché à donner une explication rationnelle à l'omniprésence de Droopy, ce qui aurait pu déboucher sur une séquence inutile. En lieu et place il termine le film par un emprunt à Tortoise beats hare, un de ses excellents films Warner: il n'y a pas qu'un seul Droopy...

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 10:08

Un bandit redoutable arrive dans une petite localité pour y dépenser le butin de son dernier méfait, mais il y découvre une belle chanteuse, et décide de la kidnapper. Poursuivi par un "posse", il va se retrouver confronté au justicier... Droopy.

C'est un classique, qui mélange certains aspects de The shooting of Dan McGoo (le numéro de la chanteuse face à un loup totalement excité qui fait rigoureusement n'importe quoi) avec une série de gags nouveaux qui sont autant de variations sur le western, un style que Tex Avery cette fois explore avec d'autant plus de bonheur qu'il le situe dans un paysage aride proche de son Texas natal...

 

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Published by François Massarelli - dans Western Tex Avery Animation
21 juin 2019 5 21 /06 /juin /2019 11:38

Revenant deux années plus tard au personnage de Droopy qu'il avait créé pour Dumb-hounded, dans lequel le héros paradoxal se démultipliait pour rendre la fuite impossible à un bagnard évadé, Tex Avery rend une fois de plus hommage à un aspect du western, mais cette fois sur le versant Nord Ouest: ce film se passe en effet en Alaska, et se paie le luxe de ne pas vraiment développer une intrigue: en effet, à l'instar de son "pre-make" (Dangerous Dan McFoo à la Warner), The shooting of Dan McGoo ne raconte pas autre chose que l'arrivée d'un bandit, son installation dans un saloon, sa rivalité avec le héros et une bagarre... 

Mais évidemment, tout est une fois de plus dans la manière de le raconter: en détournant les codes du western (la table des tricheurs), en jouant sur les formes (la voiture étonnamment longue), sur le quatrième mur ("what corny dialogue") , et en ajoutant une petite touche de tradition, avec une chanson interprétée par une pin-up devant un loup conquis et chauffé à blanc... Bref, un classique, dans lequel les verres et les barmen jouent avec les lois de la physique, et Avery avec la censure tatillonne.

 

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Published by François Massarelli - dans Western Tex Avery Animation