
Avec cette enquête dans un marigot poisseux, Alejandro essaie de jouer la carte d'un film de genre, d'autant plus "à l'Américaine" qu'il a été réalisé aux Etats-Unis... Avec Ethan Hawke en enquêteur autour d'un soupçon de secte Satanique, on a parfois l'impression que le metteur en scène joue à revisiter Night of the Demon, de Jacques Tourneur... Mais contrairement à son aîné, il campe aussi fermement que possible sur ses convictions, en convoquant ses obsessions personnelles: l'excès de religion, vue ici du versant satanique; la famille et ses turpitudes, car dans l'enquête autour d'un cas compliqué de possession mâtiné d'inceste et de viol, on s'attaque à des abus potentiels des plus horribles. Enfin, le metteur en scène, de façon un peu militante, joue sur l'homophobie galopante de certains protagonistes.
A Hoyer, au fin fond du Minnesota, un homme se rend au commissariat de police, s'accusant de croire qu'il a abusé de sa fille Angela (Emma Watson)... Issu d'une famille très rétrograde et très modeste, John Gray (John Denick)est en effet accusé par cette dernière d'avoir commis un inceste. Et l'enquêteur Bruce Kenner (Ethan Hawke) se fait aider d'un psychologue spécialiste de l'hypnose régressive (David Thewlis) et découvre tout un univers de ramifications autour des activités interlopes d'un révérend soupçonné de mener une secte...
Ce thriller aurait très bien pu faire un épisode un brin lourd de X-files, avec des personnages qui sont prisonniers d'un écheveau de clichés particulièrement marqués. Dommage, car le début soulève l'intérêt.
A moins que... Et si le début ne soulevait de l'intérêt que parce que c'est un film du réalisateur de Tesis et The Others? En le voyant s'attaquer à une intrigue qui tourne autour d'une supposée affaire de satanisme, avec Ethan Hawke en policier-à-qui-on-ne-la-fait-pas, Emma Watson en victime ambiguë, et David Thewlis en psychologue-qui-sait-tout, ça suscite un peu notre curiosité... Mais, comme d'habitude, il y aura des énigmes, des retournements de situation... Et tout est dans ce "comme d'habitude". On ne peut pas refaire The Others éternellement, et Amenabar triture son cinéma pour pouvoir s'y vautrer...

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