Tom a beaucoup célébré la nuit précédente, et rentre au petit matin, totalement fatigué. Mais Mammy-two-shoes lui fait comprendre qu'il n'a pas intérêt à s'endormir sur son travail: il a une souris à attraper. Jerry qui a compris sa chance, fait tout au contraire pour qu'il s'assoupisse...
C'est une intéressante inversion de ces dessins animés dans lesquels la tâche (impossible) du héros est de ne pas révéiller un autre protagoniste. Ici, Jerry fait tout pout endormir Tom, qui justement ne demande que ça! C'est drôle, et enlevé.
Et l'invention permanente, de Tom comme des auteurs, est admirable. Des cure-dents utilisés pour garder les paupières ouvertes, au scotch pour les attacher à la nuque, tout y passe...
Jerry est tellement débordé à cause du comportement irritant de Tom, qu'il fait appel à son cousin "Muscles", qui est dans son quartier la terreur des chats... Fidèle à l'esprit de famille, Muscles répond favorablement à son invitation et vient régler son compte au chat...
Dès le départ de cet excellent cartoon, on fait la connaissance de Muscles, qui est un sosie de Jerry, mais doté de la voix d'un "tough guy", et habillé d'un pull distendu jaune, et d'un chapeau melon... C'est un peu lui le héros du film, Jerry disparaissant totalement ou presque, une souris apeurée.
Le thème de l'aide extérieure est élargi à Tom, qui fait lui aussi appel à des congénères, une société de chats-voyous qui sont supposés faire le ménage chez les souris.
Ils sont aussi supposés faire le poids, mais contre "Muscles"? Non, pas possible... Par contre, ce dernier est uniquement visible dans ce court métrage.
...Et donc, il y sera question de billard. C'est d'ailleurs le décmencheur: Tom joue au billard, eten envoyant boule après boule dans la machine, il dérange Jerry qui habite dans la table...
Le reste est une succession de gags tous plus logiques et absurdes les uns que les autres, qui montrent l'étendue de l'inventivité de Tom pour empêcher Jerry de trouver la quiétude, et la puissance de feu de Jerry quand on l'énerve!
Le degré d'invention dans la violence, et inévitablement de violence dans l'invention, dépass tout ce qu'on a vu jusqu'à présent... La salle de billard a particulièrement inspiré les réalisateurs et les animateurs, notamment en fournissant la présence logique d'objets et machines qui fournissent de la nouveauté (le distributeur de sodas est un bon exemple) et toutes les variations sur les manoeuvres de billard permettant de toucher dirctement à la physionomie du pauvre Tom sont très impressionnants...
Tom se rend chez la belle Toodles, une jeune chatte blanche raffinée... Il lui offre Jerry, enrubanné, qui n'est pas forcément décidé à se laisser faire et va avertir "la concurrence": un autre chat, le vagabond Butch, qui n'y va pas par le dos de la cuiller...
On a déjà vu ce genre de situation, dans laquelle Tom tente de séduire une jeune chatte, et c'est la première fois que le rival principal n'est pas Jerry lui-même (même si...), mais un autre chat. Celui-ci inspire sérieusement les animateurs... La véritable interaction entre Tom et Jerry est limitée au maximum, mais le face à face Tom / Butch ne manque pas de relief...
Tout part d'un larcin... Tom se sert une cuisse de poulet alors que la bestiole sort juste du four, et il fait suffisamment de bruit pour alerter Mammy Two-shoes. Quand celle-ci intervient, il fait accuser Jerry, pris la patte sur la cuisse, et le chat expulse manu militari la souris... pour mieux reprendre le poulet, qu'il dévore en un clin d'oeil.
Jerry prend acte, s'avise de la présence de Spike, le gros bull-dog, et il conçoit un plan très simple pour sa vengeance: tout faire pour que Spike en ait après Tom. Il suffira d'un os.
C'est éblouissant, et ça le serait sans doute bien plus encore s'il n'y avait eu une transgression majeure: Tom parle! Si on oublie cette franche faute de goût, c'est une constante montée en gamme de la violence inter-animale, entre le chat qui ne comprend rien à ce qui lui arrive, et un gros chien particulièrement jaloux de son os... A la fin, Hanna et Barbera font s'éloigner les trois protagonistes, plutôt que de tenter de trouver un final à l'escalade... Sage décision.
Note à l'usage des non-linguistes et autres béotiens de la langue de Droopy: to frame ne veut pas seulement dire "encadrer", mais peut aussi servir à désigner la manoeuvre qui consiste à porter une faute sur la personne qui ne l'a pas commise...
Un concert a lieu à l'Hollywood Bowl, prestigieuse salle en plein air à Los Angeles. Le chef d'orchestre arrive, c'est Tom (et il n'est d'ailleurs pas tout à fait seul, dans la mesure où tous les musiciens lui ressemblent érangement), et il se lance... Bientôt rejoint par Jerry, qui lui aussi consuit l'orchestre: une lutte endiablée s'engage.
C'est encore un film qui doit beaucoup à Fantasia, à n'en pas douter, et qui nous rappelle la concurrence entre la Warner et la MGM à travers Cat's concerto (pour Tom et Jerry) et Rhapsody rabbit (avec Bugs Bunny, et réalisé par Friz Freleng), qui étaient sortis la même année, et possédaient suffisamment de similitudes pour que que les deux studios puissent accuser l'autre de plagiat! Mais pas de risque ici, tout ce qui fait le sel de ce film est entièrement lié l'univers de Tom et Jerry, strictement...
C'est une construction formidable qui part d'une interprétation par Scott Bradley de pièces de Johann Strauss (Das Fledermaus), et de Liszt (Les Préludes); l'idée de l'arrivée d'un deuxième chef d'orchestre, pour conduire conjointement, voire prendre la place du premier, est en soi parfaitement absurde, mais ça passe tout seul, d'autant que force reste fermement au gag...
C'est le quatre juillet, et les deux souris Nibbles et Jerry se réveillent. Nibbles est très excité, il va pouvoir expérimenter avec des pétards et autres feux de bengales, mais Jerry tente de le tempérer... Quand Tom s'en mêle, c'est l'escalade.
Quand Nibbles est de la partie, Jerry devient immanquablement l'adulte, par opposition à ces dessins animés dans lesquels il est clairement le trouble-fête... Mais ii, tout tourne autour de l'obsession du souriceau pour les pétards, et bien sûr le fait que quoi qu'il arrive, quoi que Jerry fasse pour contrer ses plans et son enthousiasme, il y aura forcément des pétards, petits et gros, qui exploseront, et ils le feront systématiquement au visage des deux héros...
...Surtout Tom. Nibbles joue surtout ici le rôle de déclencheur, celui par lequel les problèmes arriveront, et si Jerry aura droit à quelques explosions rigolotes, c'est surtout Tom qui va payer. ...Cher.
On annonce qu'un lion féroce s'est évadé du zoo, Tom prend panique et se prépare à toute éventualité, pendant que Jerry, seul dans la cave, aperçoit tout à coup une paire d'yeux menaçante...
Sauf que la menace s'arrête là, le lion étant plus encombrant, maladroit (et gourmand) que véritablement dangereux. C'est d'ailleurs assez exceptionnel, tant les animaux extérieurs qui viennent perturber l'équilibre étrange de Tom et Jerry sont le plus souvent des chiens à front bas, ou des chats fourbes. Ici l'antagoniste est clairement Tom qui se fixe pour mission de comprendre ce qui se passe autour de lui: il sent bien qu'il y a un intrus mais le lion jouant à cache-cache avec lui, il ne le verra pas...
Un film foncièrement sympathique, donc, mais quand même un peu gnan-gnan, comme si souvent quand Jerry aide un animal à s'émanciper....
Tom et Jerry vivent au texas, d'où le titre! Il me semble d'ailleurs (un er marqué d'un T et d'un J en témoigne) qu'ils sont tous deux co-propriétaires d'un ranch! Mais ce ne doit pas être une collaboration de tout repos puisqu'au début de ce film leur occupation principale semble être de se poursuivre et d'appliquer l'un sur l'autre les pires exactions de violence... C'est alors qu'une charmante représentante de la gente féminine (d'un genre plutôt félin) arrive pour troubler encore plus la paix..
On avait déjà vu Tom en nigaud amoureux se livrer aux actions les plus ridicules pour se faire remarquer. Ici il passe du temps à chanter (en play-back avec un disque) une chanson très couleur locale, qui sera sabotée par Jerry qui s'amuse à trafiquer la vitesse du phohographe... Le reste du film, sans surprise, est consacré à la vengeance musclée de Tom. La jeune chatte, de son côté, finit par devenir quantité négligeable...
A noter: la façon dont les auteurs renvoient constamment aux clichés du Texas passe par Tom bien sûr, en cow-boy folklorique et sûr de lui, mais aussi par Jerry, qui au début du film se heurte à un éperon, puis à un cactus... Et bien sûr les bovins sont très représentés, le plus présent étant un taureau...
Durant la nuit, Jerry a les plus grandes difficultés à dormir, dans la mesure où Tom a invité ses copains, et ils font un boucan du diable. une seule solution: faire savoir à Mammy Two-shoes que lors de son absence, le chat fait une fiesta de tous les diables...
C'est surtout un prétexte à peine déguisé pour accumuler les gags liés à la musique: les quatre chats font feu de tout bois pour faire d bruit, et pas seulement avec des instruments de musique... C'est réjouissant et ça passe tout seul, avec quelques souvenirs de The Zoot cat et de Solid Serenade, deux films qui déjà flirtaient beaucoup avec le jazz!
On appréciera le rôle dévolu à Mammy Two-shoes, moins une domestique qu'une véritable protagoniste, qui plus est propriétaire de la maison... et de son chat.