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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 09:03

La direction du New York Evening Star est en émoi: ils viennent juste de laisser sortir de presse un nouveau numéro avec une fausse nouvelle, un article rédigé par un journaliste qui a oublié de vérifier si les ragots qu'il publiait étaient fondés... Ils ne l'étaient pas, et la victime, la jeune femme de la très bonne société Constance Allenbury (Myrna Loy) a décidé de faire un procès pour l'exemple à hauteur de sept millions de dollars. La mission de Warren Haggerty (Spencer Tracy), le rédacteur en chef, est de trouver un moyen de sauver le journal, sachant que toute négociation directe avec la jeune femme et surtout avec son père (Walter Connolly) est impossible, ce dernier ayant été trop souvent la cible gratuite de leur publication...

La solution viendra finalement d'une idée simple, mais ô combien tordue moralement: mettre dans les jambes de la jeune femme un homme marié afin d'avoir un vrai scandale qui accréditerait les ragots sur elle. C'est à un journaliste sans trop de scrupules, et au compte en banque sérieusement dans le besoin, qu'on fait appel, William Chandler (William Powell); et pour lui confier une épouse, il doit se marier instantanément avec la propre fiancée de Haggerty, Gladys (Jean Harlow)...

Forcément, William Powell et Myrna Loy... Ils sont destinés à finir ensemble, et c'est que le public attend: le film évite une erreur que feront la Warner et Michael Curtiz lorsque Errol Flynn et Olivia de Havilland ne finiront pas en couple! Mais pour parvenir à leurs fins, que de tractations, de situations compliquées et savoureuses... C'est un modèle de comédie, digne représentant de la "screwball comedy" des années trente, mis en scène avec un solide savoir-faire par le vétéran Jack Conway. Bien sûr que le studio a énormément misé sur l'impressionnant casting, mais qui les en blâmera?

La dynamique repose sur quatre duos principalement: Spencer Tracy dans une rivalité agressive avec William Powell, Tracy et Jean Harlow qui sont tous les deux formidables en combinards aguerris (et Jean Harlow, enfin, es excellente, ce qui n'a pas souvent été le cas auparavant!), Powell et Harlow en vrai-faux jeunes mariés apportent une formidable dynamique à l'ensemble, et enfin, le couple romantique Powell-Loy bénéficie du timing impeccable des deux comédiens, et bien sûr du subtil talent comique de l'actrice. Si on ajoute la façon adroite dont tout ce beau monde réussit à jongler avec le scabreux, l'excellence de Walter Connolly, et le talent de William Powell pour la comédie physique, lui qui assume la charge d'un combat homérique contre une truite récalcitrante, on n'aura plus à avouer qu'on est comblé:

On est comblé.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie William Powell
12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 19:53

Donald Free travaille pour la diplomatie Américaine, mais surtout pour des opérations secrètes et nocturnes. De là à le considérer comme un espion, il n'y a qu'un pas, que la justice Française franchit sans hésiter. Déporté, devenu persona non grata pour le gouvernement Américain, il doit désormais travailler dans le privé: une péripétie qui suit son arrivée à la maison l'inspire, il sera détective et commence donc à travailler pour une agence dirigée par le très inefficace et encore moins honnête Hogan (Arthur Hohl), dont l'affaire est financée par le louche Bandor (Gordon Westcott).

C'est un film aux rebondissements constants, et qui allie avec efficacité le légendaire montage de la Warner, un ton de comédie débridée (avec William Powell, donc grand luxe), et la mise en scène à son plus haut niveau de Michael Curtiz; certes, Powell n'est pas confronté à Kay Francis, mais Margaret Lindsay fait assez bien l'affaire. Et le personnage principal, un homme de l'ombre qui doit se remettre en question et retrouver une vocation tout en gardant la conscience claire, est l'un des premiers grands héros des errances de la filmographie de Curtiz. Certes, il n'est pas Rick, mais il ne faut pas trop en demander...

Et puis, Private Detective 62 fait aussi partie de la prestigieuse, parfois étonnante filmographie de William Powell, qui après ses rôles d'ignoble fripouille dans les années 20, a enfin trouvé sa vocation avec les interprétations de détectives toutes plus savoureuses les unes que les autres... La même année, Curtiz a réalisé avec l'acteur The Kennel Murder Case dans lequel il retrouvait le personnage de Philo Vance.

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Pre-code Comédie William Powell
5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 07:16

A première vue, il n'y a sans doute pas de quoi se relever la nuit... Un film assez routinier, avec des stars entre deux contrats, dont une en devenir, et une intrigue mi-figue mi-raisin, située dans cette ville dont les films pre-code nous persuadent toujours qu'elle est à la fois un paradis sur terre et une antichambre de l'enfer... Paris.

Michael Trevor est un Américain qui vit à Paris, et il s'est relevé d'un scandale qu'il a vécu aux Etats-Unis, où il était l'éditeur d'un journal. Maintenant, c'est moins glorieux: il prétend travailler sur un roman, mais en réalité il imprime une feuille de chou semi-clandestine dans laquelle les pires potins sont galvaudés. Elle n'est pas vraiment faite pour être lue, en réalité, puisque elle sert de "munitions" dans des affaires de chantage, dont il se sort toujours indemne... Un jour, en "agissant en intermédiaire" entre le journal en question et une de ses victimes Guy Kibbee, persuadé que Michael lui rend un service en ami), il rencontre la nièce de celui-ci, Mary (Carole Lombard), et pour les deux c'est un coup de foudre. Michael remet toute sa vie en question...

A seconde vue, c'est un curieux mélange: Carole Lombard est sous-employée, "l'autre femme" est une accumulation de clichés (une collaboratrice de Trevor, qui a vécu et qui l'aime en silence, interprétée par Wynne Gibson), la mise en scène se contente d'aligner des décors élégamment constitués (Ah, Paris!) mais le rythme se traîne, Guy Kibbee nous fait espérer de la comédie... Oui, mais il y a William Powell. Tout en finesse, superbe même quand il ne fait rien, doté de son propre rythme de sa propre mise en scène, il est royal. Capable de sauver un film s'il le souhaite, ou s'il sait que ça sortira son studio de l'embarras... Inutile de dire que quand il sort du cadre, on s'ennuie.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code William Powell
8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 16:45

Quand on aime on ne compte pas? Disons que pour la troisième apparition de Nick et Nora Charles à l'écran, toujours interprétés par William Powell et Myrna Loy, si on excepte le fait que le couple est désormais doté d'un bambin qui promet et qui s'appelle Nick Junior (le père explique l'arrivée du fiston en disant que le chien avait peur de s'ennuyer), il n'y a ici rien de nouveau...

Donc il y a une intrigue, totalement accessoire et joyeusement alambiquée, un nombre phénoménal d'occasions de boire en bon alcoolique mondain pour Nick, des fausses querelles, de l'humour et une réalisation totalement impeccable. On pourra regretter que la machine à broyer de Louis B. Mayer ait commencé à faire son oeuvre en demandant aux scénaristes un peu de mesure dans le subversif, mais ça reste un spectacle très agréable...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Woody Van Dyke William Powell
5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 17:06

Mêlant une fois de plus la comédie, une dose de sentimentalisme et une rasade de sensationnel, Lawyer man est un film typique de la période: bourré de sous-entendus, souvent joyeusement immoral, et un exercice de style plus direct pour Dieterle, dont les films ont généralement plus de préciosité. Tout y est probablement question de public: ici, avec William Powell en vedette, il vise le public masculin, et le fait avec des armes parfois inattendues...

Anton Adam est un avocat doué, mais en pleine ascension: un jour, un adversaire malheureux mais admiratif lui offre un partenariat. Son ascension sera de courte durée, car il tombe entre les mains d'une organisation mafieuse, qui va tout faire pour le coincer. Car Anton Adam a un défaut: il est certes intègre, mais perd tout sens de la réalité dès lors qu'une jolie fille croise son chemin... Toutes, sauf une: sa secrétaire, Olga, dont il n'a pas l'air de s'apercevoir qu'il s'agit de Joan Blondell, et qui elle en revanche n'a d'yeux que pour lui...

Immoral, disais-je: en effet, cet avocat intègre va passer carrément de l'autre côté lorsqu'il se rend compte qu'il lui est impossible de faire triompher la justice en restant honnête... La fin justifie les moyens. Et Dieterle prend une décision inattendue: il se tient quasi systématiquement à l'écart des scènes de procès, préférant les scènes de tractation, de manipulation ou de négociation. Et surtout il nous intéresse à la vie privée de son héros et à son hobby principal: les femmes... Un accessoire lui sert d'ailleurs d'indicateur du trouble d'Anton Adam: quand il est en conversation avec Claire Dodd, les yeux dans son décolleté, l'avocat ne contrôle plus l'énorme havane qu'il arbore constamment à la bouche, et celui-ci se relève sans vergogne... Bref: on est en 1932, et Dieterle avait envie de s'amuser...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code William Dieterle Comédie William Powell
1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 11:08

"He stole her jewels, but that wasn't all" clamaient les affiches de ce petit film (moins de soixante-dix minutes) qui était assurément un produit de série pour la Warner, le deuxième film en vedette de l'actrice Kay Francis, cette fois accompagnée de la séduction légendaire du grand William Powell. Dieterle, concurrent direct de Michael Curtiz au sein du studio, a réalisé cinq films en cette année 1932, et tous portent évidemment sa marque celle d'une mise en scène excentrique, inattendue, et constamment inventive. Quand les sujets sont intéressants, il n'y a pas moyen de s'y ennuyer...

Vienne: Kay Francis, en héroïne exemplaire des films pré-code, interprète la baronne Teri, qui est doté d'un mari tendre, âgé, et richissime: donc elle s'ennuie à mourir, entre les séances de massage et les visites aux bijouteries. Les deux péchés mignons de la belle sont en effet les diamants et les amants. Lorsqu'en se rendant dans une bijouterie, elle est victime d'une attaque à main armée par un génie du vol, spécialisé dans les bijoux justement, c'est l'amour fou entre les deux...

Et oui, le voleur élégant qui utilise son charme (et des cigarettes qui font rire pour endormir les pandores) dans ce film est bien interprété par William Powell, et ces deux acteurs ensemble font toujours des merveilles...

Le metteur en scène n'a sans doute pas pris très au sérieux cette histoire, et lui a appliqué un traitement inattendu: d'une part il a constamment accéléré le tempo, rendant les dialogues presque surréalistes; ensuite il a appliqué à cette petite comédie une structure presque Shakespearienne, dissociant souvent l'action (avec des mouvements de caméra, des angles d'approche et des plans d'une grande invention) et des dialogues dont il a demandé à ses acteurs de souligner l'artifice: Francis est géniale dans ce registre. Enfin, il a laissé le farfelu s'installer avec tranquillité, tout en se ménageant des moments de pur cinéma "à l'Allemande". Bref, d'un petit film de rien, il a fait une petite merveille, pas si éloignée d'une rencontre entre Curtiz et Lubitsch...

 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Comédie William Dieterle William Powell
21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 15:49

Barbara Manning (Bebe Daniels) est une jeune héritière d'une famille riche, et particulièrement excentrique d'hypocondriaques. Au moment de sa majorité, elle doit passer sous la tutelle d'un nouvel oncle, après avoir été sous la responsabilité d'un autre: ce dernier, obsédé par la santé, l'empêche de tout faire depuis sa plus tendre enfance, de peur que son père ne s'emballe. L'autre souhaite que sa filleule s'émancipe de cette obsession sanitaire et vive un peu... Quand la jeune femme décide de se rendre au sanatorium qui appartient à la famille, l'oncle en question va être servi: l'établissement est tombé dans les mains de l'étrange docteur Todd (William Powell): celui-ci n'est pas un vrai docteur, mais un bandit, et le sanatorium est devenu une plaque tournante du trafic d'alcool frelaté... Mais bien sûr, elle ne s'en rend pas compte, et va bénéficier du soutien inattendu d'un trafiquant qui est en réalité un journaliste en plein reportage sensationnel (Richard Arlen)...

La plupart des films Paramount de Bebe Daniels ont disparu, et au vu de ceux qui nous restent, c'est dommage! Venue du slapstick avec Harold Lloyd, elle combine un talent de comédienne romantique, avec une absence de scrupule pour participer occasionnellement à de la comédie un peu plus physique. Et ici, elle mène le jeu avec humour et une grande dose de charme. Elle y joue comme du temps de Harold Lloyd une ravissante farfelue, qui ne se rend absolument pas compte du fait que l'établissement qui l'accueille est tout sauf un hôpital, justement: totalement imbue d'elle-même, absolument pas ouverte au monde, la jeune femme est précisément un pendant féminin de l'hypocondriaque Harold Lloyd de Why Worry? qui ne se rend absolument pas compte que l'île Sud-Américaine sur laquelle il vient de débarquer est en proie à une révolution sanglante...

Le film est l'oeuvre de Gregory La Cava, dont la vaste œuvre reste pour moi un grand chantier de découverte... Il a le don pour faire coexister, justement, la comédie et la romance, notamment en glissant dans le sanatorium le journaliste infiltré, joué par Richard Arlen, qui va être à la fois élément perturbateur et objet de l'affection de l'héroïne... Et bien sûr, la confrontation avec William Powell est féconde. Celui-ci, clairement, s'amuse à jouer les terreurs... Son style partagé entre un jeu clair et direct, naturel mais souvent inquiétant (il a fallu attendre le parlant pour qu'il lui soit proposé des rôles positifs), et un abandon comique qui éclate lors d'une scène au ralenti, quand le "docteur Todd" est victime de l'évaporation du chloroforme, et participe à un superbe ballet surréaliste. Et Bebe Daniels, certes la star du film, n'a pas non plus peur d'affronter la comédie, et se livre ici à quelques plaisanteries, pour lesquelles elle n'a pas eu besoin de doublure. On appréciera notamment son numéro de surf sur planche improvisé, et une scène de beuverie loufoque...

On n'en revient pas: ce film a été un flop monumental, suite à des critiques unanimement négatives à l'époque de sa sortie. Dans ce cas, sa survie est un miracle, une fois de plus...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1928 Gregory La Cava ** William Powell
8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 17:05

Le film est adapté d'un livre à succès, publié en 1898 une fantaisie historique, qui s'amusait un peu à relier les points dans l'histoire de la soeur du Roi Anglais Henry VIII, Mary Tudor et de son bref mariage avec Louis XII de France. C'est au moins le quinzième des films interprétés par Marion Davies, mais il est probablement le plus important de ses films d'avant son passage à la comédie: préservé dans une copie intégrale de douze bobines, il montre bien de quelle façon l'actrice cherchait à faire évoluer le type de films dans lesquels elle jouait, contre l'avis de son compagnon - et producteur - William Randolph Hearst... Et à ce titre, c'est une pure merveille, totalement inattendue!

A la cour d'Angleterre, alors qu'Henry VIII Tudor (Lyn Harding) souhaite marier sa soeur au vieillissant Roi de France Louis XII, Mary Tudor (Marion Davies) rencontre le beau combattant Charles Brandon (Forrest Stanley), et c'est le coup de foudre réciproque. Mais Charles n'est pas un noble, et la décision de Henry est finale: Mary sera reine de France. Les deux amoureux tentent de s'échapper...

Ce n'est ici un résumé que pour les deux premiers actes, car le troisième concerne l'histoire du mariage particulièrement bref de Mary avec le vieux, très vieux roi de France, pour ne pas dire gâteux, très gâteux... Et dans ce dernier acte, ce n'est pas le vieux monarque qui est une menace, mais son fils le Duc François, futur François 1er (William Powell)! Une fois la belle Britannique arrivée, on sent qu'il a une idée en tête...

Pour William Randolph Hearst, Marion Davies était la perfection incarnée... ce qui devait bien la faire rigoler. Mais voilà: le magnat de la presse s'était improvisé producteur de films pour les beaux yeux de l'actrice, il lui semblait donc qu'elle avait droit aux plus nobles rôles dramatiques, et ses films devaient baigner dans le luxe: celui-ci, par exemple, on sent qu'on n'a pas lésiné. Mais Marion Davies s'estimait comedienne (En Anglais dans le texte), c'est à dire actrice de comédie. Elle souhaitait s'investir physiquement dans ses films, pas se contenter de porter des toilettes seyantes et sourire à des bellâtres... Ce film est donc un terrain de bataille, entre le producteur et l'actrice, et il serait assez aisé de voir dans la lutte "douce" entre Henry VIII et son opiniâtre soeur, un reflet de ce combat domestique. 

Mais c'est heureusement Marion qui gagne: aidée de Robert Vignola, qui la connaissait bien et avec lequel elle avait plaisir à travailler, ce film qui aurait pu être un véhicule étouffant et dispendieux, devient un écrin paradoxal pour les velléités d'indépendance de la dame... Vignola traite le matériau historico-mélodramatique à sa disposition comme un script de comédie, ou un film de Fairbanks. Marion Davies ne rate pas une opportunité de s'approprier le film physiquement, et ce avec une belle énergie. Si Forrest Stanley est un peu pâle, au moins certains acteurs la suivent-ils sans remords ni regrets, dont bien sûr William Norris qui interprète un Louis XII qui serait bien libidineux... s'il en avait encore les moyens, le pauvre!

Douze bobines, donc, car le film a survécu dans son édition "Road-show", soit un peu plus longue que les copies d'exploitation classique. Le film est une splendeur... 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1922 Marion Davies Robert Vignola ** William Powell
5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 17:32

New York, durant la grande dépression. A côté du 59th street bridge, un taudis se tient, ou tout à coup débarquent une troupe de gens de la bourgeoisie, en robes de soirée et en habit: il participent à une chasse au trésor particulière, et on pour mission de ramener un "homme oublié", une victime de la crise... C'est "Duke" (William Powell) qui va donc être amené par la jeune et un brin écervelée Irene Bullock (Carole Lombard), ce qui va permettre au vagabond d'asséner à ces bourgeois une leçon de manières... Mais Irene décide de faire de ce vagabond, qui se présente sous le nom de Godfrey Smith, un projet personnel, et lui offre une place de majordome chez elle. Chez les Bullock, il faut le dire, un majordome ne tient pas une journée: les deux filles sont folles, la mère est pire encore et a son gigolo à domicile, le père (Eugene Pallette n'en peut plus...

Godfrey va, bien sur, changer tout ça.

Godfrey, bien sur, n'est pas plus Godfrey Smith que vous ou moi, mais juste un homme du même milieu que ses employeurs... Mais ce qui est intéressant c'est qu'ils ne le savent pas, et pour notre part, nous ne le savons pas non plus avant la moitié du film. Et si les raisons qui l'ont poussé à vivre en vagabond sont du plus haut romantique, la leçon de vie qu'il assène à la famille Bulloxk reste valide. et La cava, qui n'a après tout rien d'un Capra, ne cherchait pas à passer un message social, mais à lancer du vitriol sur la haute bourgeoisie de l'est, qui en prend sacrément pour son grade... 

C'est un classique de la screwball comedy, un de ces films aussi qui ont beaucoup souffert de tomber dans le domaine public, sachant que 19 copies sur 20 seront des horreurs incomplètes et délavées... Vu dans une copie digne de ce nom, c'est une splendeur, un film quasiment entièrement situé dans ces intérieurs luxueux qui ont fait la renommée et la classe du genre. Et les dialogues signés de Morrie Ryskind sont très drôles...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Gregory La Cava Criterion William Powell
21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 10:25

Sherwood Nash (William Powell) est un homme d'affaires, polyvalent, mais qui n'a pas encore trouvé son créneau... Ce qui l'encourage à tout essayer! Après avoir raté son entrée dans la finance, il rencontre une jeune femme au talent certain, Lynn (Bette Davis), qui dessine à la perfection des costumes. Il a l'idée de lui faire plagier les robes importées de Paris par les trois principales maisons de couture de New York, ce qui va évidemment lui rapporter des ennuis... mais s'il joue ses cartes de façon appropriée, ça va aussi lui rapporter tout court, avec un voyage à Paris à la clé, et bien sur, une question qui va le hanter, aussi bien que Lynn: sont-ils, ou ne sont-ils pas, faits l'un pour l'autre?

Voilà le type de film que Dieterle pouvait tourner en trois semaines sans avoir l'air de se fatiguer... Pur produit de la Warner de ce début d'années 30, avec la star William Powell qui s'apprêtait à passer à la concurrence (MGM) avec armes et bagages, Fashions of 1934 (Parfois appelé seulement Fashions) est aussi un film aux frontières mal définies entre comédie et comédie musicale, grâce à l'apparition d'un numéro de music-hall dont le maître d'oeuvre est bien sur Busby Berkeley. Et Bette Davis, qui a détesté le film et la direction que souhaitait lui voir prendre le studio, est adorable, comme toujours dans les films de cette période... Si le plaisir qu'on prend à suivre ces immorales aventures d'un escroc au capital de sympathie indéniable est très palpable, on s'autorisera quand même une réserve: tout ça ne vole pas très haut, et derrière l'intrigue gentiment immorale et l'élégance efficace habituelle de la réalisation de Dieterle, on a beaucoup de grivoiserie, incarnée en particulier par l'homme de main de Nash, Surnommé Snap (Frank McHugh), qui est un obsédé sexuel d'un niveau très avancé. Bref, cette histoire de mode et de plumes d'autruche est légère, légère, et pas très conséquente.

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Published by François Massarelli - dans William Dieterle Busby Berkeley Comédie Pre-code William Powell