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La direction du New York Evening Star est en émoi: ils viennent juste de laisser sortir de presse un nouveau numéro avec une fausse nouvelle, un article rédigé par un journaliste qui a oublié de vérifier si les ragots qu'il publiait étaient fondés... Ils ne l'étaient pas, et la victime, la jeune femme de la très bonne société Constance Allenbury (Myrna Loy) a décidé de faire un procès pour l'exemple à hauteur de sept millions de dollars. La mission de Warren Haggerty (Spencer Tracy), le rédacteur en chef, est de trouver un moyen de sauver le journal, sachant que toute négociation directe avec la jeune femme et surtout avec son père (Walter Connolly) est impossible, ce dernier ayant été trop souvent la cible gratuite de leur publication...
La solution viendra finalement d'une idée simple, mais ô combien tordue moralement: mettre dans les jambes de la jeune femme un homme marié afin d'avoir un vrai scandale qui accréditerait les ragots sur elle. C'est à un journaliste sans trop de scrupules, et au compte en banque sérieusement dans le besoin, qu'on fait appel, William Chandler (William Powell); et pour lui confier une épouse, il doit se marier instantanément avec la propre fiancée de Haggerty, Gladys (Jean Harlow)...
Forcément, William Powell et Myrna Loy... Ils sont destinés à finir ensemble, et c'est que le public attend: le film évite une erreur que feront la Warner et Michael Curtiz lorsque Errol Flynn et Olivia de Havilland ne finiront pas en couple! Mais pour parvenir à leurs fins, que de tractations, de situations compliquées et savoureuses... C'est un modèle de comédie, digne représentant de la "screwball comedy" des années trente, mis en scène avec un solide savoir-faire par le vétéran Jack Conway. Bien sûr que le studio a énormément misé sur l'impressionnant casting, mais qui les en blâmera?
La dynamique repose sur quatre duos principalement: Spencer Tracy dans une rivalité agressive avec William Powell, Tracy et Jean Harlow qui sont tous les deux formidables en combinards aguerris (et Jean Harlow, enfin, es excellente, ce qui n'a pas souvent été le cas auparavant!), Powell et Harlow en vrai-faux jeunes mariés apportent une formidable dynamique à l'ensemble, et enfin, le couple romantique Powell-Loy bénéficie du timing impeccable des deux comédiens, et bien sûr du subtil talent comique de l'actrice. Si on ajoute la façon adroite dont tout ce beau monde réussit à jongler avec le scabreux, l'excellence de Walter Connolly, et le talent de William Powell pour la comédie physique, lui qui assume la charge d'un combat homérique contre une truite récalcitrante, on n'aura plus à avouer qu'on est comblé:
On est comblé.
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