La compilation Wonder dogs, consacrée par Kino aux films mettant en scène des chiens dans l'ombre de Rin-tin-tin, l'a parfaitement démontré: les gens raffolaient des films qui mettaient en scène ces animaux de compagnie, le plus souvent en "meilleurs amis de l'homme", et si possible dans des contextes policiers... Ce film en est un exemple. L'accent, d'ailleurs, y est mis sur l'action, à partir d'une intrigue très passe-partout.
Tout y est blanc ou noir, binaire et clairement penchant du côté du mal ou du côté du bien. Alors qu'un valeureux policier (Edward Hearn) secondé de son non moins valeureux chien Peter The Great, agit contre des bandits, l'animal déchire le vêtement d'un homme... Il s'agit du frère de la fiancée du héros, un caissier de banque qui est tombé dans les griffes des malfaiteurs...
Le film est prétexte à des péripéties certes téléphonées, mais parfaitement représentées, par un maître du film d'action à l'époque: c'est lui qui avait réglé la mémorable séquence de la course de chars, dans le Ben-Hur de Fred Niblo, et accéléré le mouvement de manière impressionnante dans The phantom of the opera. Ici, il se livre à l'inévitable poursuite lors de la dernière bobine... Un film qu'on oubliera pourtant très vite...
Un chien et son petit discutent: le chiot voudrait que son père lui raconte la vie de leur maître... Et le chien raconte, comment Bob (George Hackathorne), amoureux de Marie (Marjorie daw), s'est retrouvé complètement mis à l'écart par le caïd de la ville (Brooks Benedict) qui non seulement a payé des vagabonds pour lui casser la figure et prendre sa place auprès de la jeune femme, mais en plus lui a piqué son idée de design pour une bibliothèque locale... Puis le jeune homme est parti à la guerre et là tout a changé...
On s'attend (légitimement) à un film de série B voire Z, mais il est soigné... L'idée de faire en sorte que le point de vue soit celui d'un chien qui a pris l'habitude de veiller sur son maître et ami, à travers cette structure encadrée par les "discussions" entre le chien adulte et son chiot, est assez étonnante et efficace.
Le reste du film aussi, qui repose sur des acteurs compétents (George Hackathorne, on s'en rappelle, était le bossu, amoureux éconduit de Mary Philbin, dans The merry-go-round, de Stroheim (et Julian). Et l'ombre de Grandma's boy, de Harold Lloyd, et de Tol'able David, de henry King, plane sur cet honnête petit film.
Les forêts du Canada... Un mountie dont le copain a été tué lors d'une rixe avec des contrebandiers se fait aider d'un chien pour démasquer les auteurs d'un trafic de fourrures...
En guise de Canada, le film a été tourné en Californie, plus précisément à Los Angeles, dans un décor de "trading post" passe-partout qui servait souvent pour les westerns de série B. Et je pense avoir rarement vu de film muet dans une copie aussi belle, qui soit aussi ennuyeux et vide...
Aucun acteur ici ne parvient à être aussi bon que le chien, qui par ailleurs est un chien. Les adjectifs "fade", "tiède", "play" et "inexistant" ont été inventés pour cette production Pathé de 1928. C'est sûr...
Le vieux Wilson (J.P. Lockney), un magnat de l'aviation, a des problèmes pour anticiper son héritage: pas de souci avec son fils Dick (Gareth Hughes), un grand boy-scout qui est son meilleur pilote, ni avec la fiancée de celui-ci, Alice (Josephine Hill), qui est blonde comme les blés...
Non, le problème, c'est Joseph (Joseph Tansey), le neveu: un excellent pilote, mais pas aussi bon que Dick... Et surtout pas aussi valeureux, car la fripouille a surtout utilisé ses talents de pilote pour faire du trafic de bibine! Décidé à récupérer ce qu'il estime son dû, il kidnappe son oncle, le confie à un ami charlatan douteux qui tient un sanatorium douteux, le douteux Dr Shade (Sheldon Lewis), pour faire on ne sait pas trop quoi, mais sans doute pas des câlins.
Il kidnappe aussi tant qu'à faire la belle Alice et tente de l'obliger à, je cite un intertitre, "se marier volontairement" avec lui... Bonne chance! ...Sinon, il y a aussi un chien.
C'est un film de la compagnie Cheserfield, qui témoigne d'un aspect de l'industrie cinématographique qu'on a eu tendance à ignorer pendant longtemps: derrière tant de chefs d'oeuvre, il y a des films de série B, estimables ou non, qui ont fait régulièrement bouillir la marmite... Des produits de série qui alimentaient les programmes et proposaient des frissons vite faits mal faits pour pas grand chose. Ici, un chien savant, qui sait surtout aboyer sur commande, des avions, un méchant à moustache avec regard torve, un sauvetage en plein air, une clinique douteuse avecdes opérations douteuses, et des héros avec le charisme d'une brosse à dents...
Un train roule vers l'ouest... A son bord, une jeune voyageuse a confié ses deux chiens à l'équipage du véhicule, dont un homme, Dan Angus (George bancroft), qui déteste les bêtes... Durant le trajet, ivre, il brutalise les deux animaux, et tue l'un d'entre eux, avant de jeter sa dépouille au dehors. L'autre chien se jette pour veiller son camarade... Le lendemain, il est trouvé par Dave Deering (Tom Mix), un brave cow-boy. La jeune femme (Lucy Fox) qui a perdu ses animaux s'est lancée à leur recherche, et Dan Angus, dont les actions l'ont grillé auprès de ses supérieurs, rôde...
C'est un petit film de complément de programme, particulièrement soigné par Blystone. Les films de Tom Mix pouvaient être un peu ridicules (le costume de cow-boy avec le "10 gallon hat", le côté justicier propre et bien coiffé) mais ils pouvaient aussi, clairement, proposer en moins d'une heure une impressionnante dose d'action western, du suspense, et tous les atouts du mélo, utilisés à bon escient. C'est exactement ce que propose ce film superbement joué, et qui vous tient en haleine du début à la fin, jusqu'à un incendie très réel...
Mabel Normand quitte son foyer, et quasiment le film, et laisse derrière elle... Un chien, un chat et un oiseau. Comme le chien tend à vouloir suivre sa maîtresse, le chat décide d'en profiter pour un (fort légitime mais ce n'est que mon point de vue) canary-burger... Le chien, bien que minuscule, va jouer les justiciers (ou les trouble-fête mais là encore c'est une affaire d'opinion).
C'était, déjà dans l'air: les compagnies se faisaient déjà toutes concurrence pour faire "jouer" leurs animaux. On crédite ici souvent Teddy le chien et Pepper le chat pour ce film, mais il me semble que ces animaux-stars de l'écurie Sennett ont été formés plus tardivement. Reste que ce film n'a pas grand intérêt...
Un garçon (Sonny Edward), un chien et un ours qui s'ennuie dans sa cage, ont tous en commun de s'ennuyer... Chacun de son côté, ils s'échappent, et vont se retrouver dans la même fugue...
Nell Shipman avait co-réalisé avec David Hartford l'un des premiers films Canadiens, Back to God's country, en 1919. Elle y retrouvait l'esprit des oeuvres de James Oliver Curwood (que le film adaptait d'ailleurs très officiellement), mais on finira par se rendre compte que ce qui l'avait principalement intéressée était... La présence d'un ours apprivoisé. Son deuxième long métrage, Something New (1920), qui manque singulièrement d'intérêt, la montrait aussi en compagnie d'un chien...
Jamais deux sans trois? Ce troisième film, moins ambitieux (seulement trois bobines) est à nouveau une histoire de cohabitation et de complicité. Mais le film reste assez clairement un effort amateur, avec un héros mal défini (le june garçon) et des animaux plus ou moins bien dirigés...
Un banquier (Van Dyke Brooks) rigoriste et froid, contre l'avis de son épouse (Mary Maurice), répudie son fils (James Morrison): il le trouve trop aventureux et dépensier... Mais quand lui-même a des ennuis à cause de son inconséquence financière, il meurt d'une crise cardiaque. Son épouse est amenée à la déchéance... Leur fils en apprenant la triste nouvelle part à sa recherche...
Le film est un mélodrame strict, réalisé par l'undes acteurs principaux. C'était le début d'un long déclin pour la Vitagraph, dont la plupart des stars arrivaient au bout de leur course. Florence Turner avait fondé sa propre compagnie et était partie en Grande-Bretagne en compagnie de Larry Trimble. Seul lien avec les années fastes, le chien Jean restait une star, et il sert ici de fil rouge, et de révélateur, car c'est en l'apercevant dans la rue que le fils va pouvoir retrouver la trace de sa mère...
Oscar (William Humphrey) pense qu'il aime Alice (Florence Turner), mais il est épouvantablement jaloux... Il n'apprécie pas qu'elle ait un chien, le colley Jean, ni qu'elle voie parfois un ami, le gentil Horace (Leo Delaney). Un jour, après qu'il ait manifesté son mécontentement, il refuse de se jeter à l'eau pour sauver son rival, qui ne devra d'avoir la vie sauve que grâce au chien d'Alice...
C'est une fois de plus simple et direct, et animé par un jeu retenu, surtout de la part de Florence Turner. Le film a été tourné dans le Maine, dans exactement les mêmes décors de bord de lac que la charmante comédie A tin-type romance de 1910...
Nous assistons à deux parcours, celui d'un couple d'abord (Leah Baird et William Humphrey). Ils s'aiment, mais le temps a passé et ils n'ont pas pu avoir d'enfant... En lieu et place ils ont bien un chien (le colley Jean), mais... Ensuite, nous faisons la connaissance d'une petite fille (Adele de Garde), qui est orpheline, et elle est exploitée. Une veille de Noël, elle décide de braver la neige et de s'enfuir, et elle se réfugie... chez le gentil couple qui n'en revient pas de son bonheur...
C'est direct et simple, et l'une des immenses qualités de ces films Vitagraph avec le chien star Jean est justement que l'animal est présent, comme un fil rouge, mais il n'est pas question de tout faire reposer sur lui... C'est fort bien troussé, et le jeu est excellent. Un seul regret finalement, le fait que Florence Turner, trop jeune pour le rôle, n'ait pas interprété la mère...