Comme Jean the Match-maker, ce film est une comédie d'une bobine, mettant en scène le chien Jean, et la "Vitagraph Girl", Florence Turner. Le chien, dans le film, est la propriété de Phil (Leo Delaney), un jeune homme, qui croise la belle Beth, sur une plage, un jour. Ils sont amoureux, ils se promènent, et ont l'idée d'immortaliser la journée par une photo. Chacun d'entre eux en possède un exemplaire sur lui... Mais un jour que Phil ne peut présenter la photo, ils se fâchent... Il faudra la patience de Jean pour les remettre ensemble, et pour empêcher qu'ils ne mettent à exécution des projets funestes (et bien peu crédibles)...
Les films de la série Jean que j'ai vus sont d'une grande qualité globale, principalement par leur jeu et la vitalité manifestée par ces intrigues simples, quotidiennes, et menées tambour battant... Mais celui-ci est le meilleur, et ce grâce à Florence Turner. Elle avait une approche moderne de la comédie, et jouait avec l'intégralité de son corps. Il faut la voir manifester son désespoir dans une scène de suicide... Où elle ne se mettra pas à l'eau parce qu'elle est trop froide. Elle incarne se frustration jusque dans ses orteils!
Ce film de 1910 fait partie d'une série de huit films Vitagraph dont la star était un chien, un Colley appelé Jean (le nom féminin, donc, et non le nom Francophone masculin). Il y a une certaine confusion sur le réalisateur, ce qui est fraquent à la Vitagraph dans la mesure où la compagnie n'était pas vraiment intéressée par le fait de rendre publique la liste de ses collaborateurs, à une époque où le trust Edison faisait peser une lourde menace sur toute personne travaillant pour une compagnie cinématographique sans passer par leur comptabilité (Edison avait allègrement fait breveter des modèles de caméra qui étaient utilisés par tous, et faisait ensuite la chasse aux infractions, avec des gros bras comme messagers)...
Il est attribué le plus souvent à Larry Trimble, qui pour ce film agissait aussi en qualité de dresseur du chien-star, qui était d'ailleurs le sien. Pour ajouter à la confusion, le réalisateur Ralph Ince faisait aussi partie de la distribution!
Deux jeunes femmes (Florence Turner, Mary Fuller) s'installent pour camper au bord d'un lac. Deux adolescents locaux les aperçoivent et sont particulièrement effarouchés car timides. Mais Jean, leur chien, va jouer les entremetteuses...
C'est l'un des premiers chiens qui allaient devenir, des années avant le célèbre Rin-Tin-Tin, des stars travaillant sous contrat pour des studios, mais ce ne fut que pour huit films, d'une bobine généralement, mais aussi de genres très variés, du mélodrame à la comédie romatique... C'est charmant, gentil et sans prétentions... Et le film a eu un énorme succès.
En lançant Our gang, Hal Roach souhaitait en faire une série consacrée à des enfants avec leurs animaux. Il en reste des bribes dans les quelques premiers films de la série, à travers un parallèle forcé entre la vie des gamins de la troupe, et de quelques animaux qui sont le plus souvent dotés de vêtements qui les encombrent. C'est à Robert McGowan, qui reprit la direction des opérations en 1923, qu'on doit une décision salutaire: limiter considérablement les interventions des animaux, et se concentrer sur les enfants. Ouf!
Oui, ouf, car au vu de ce film entièrement consacré à des animaux plus ou moins doués pour la comédie, qui sont amenés à "jouer" dans un film en dépit du bon sens, on se dit qu'on l'a échappé belle! Ce court métrage d'une bobine a beau être tiré de la production d'une merveilleuse année (celle qui vit Harold Lloyd tourner ses derniers chefs d'oeuvre pour le studio, mais aussi Charley Chase reprendre l'unité de son frère et lancer ses propres courts métrages), il n'en reste pas moins que ces "Dippy-doo-dads", pour reprendre le titre de la série, était une lamentable exploitation de pauvres bêtes, dans des scénarios indigents.
Ce film Edison est assez incroyable, non par sa qualité, mais plutôt par le décalage extraordinaire qu'il offre avec ce qu'est devenu le cinéma en 2025... Il nous montre un numéro de cirque dans lequel une troupe de chiens sont invités à sauter par-dessus des obstacles empilés, au milieu d'une piste de cirque. On est bien sous un chapiteau, et le film s'inscrit clairement dans une série par ailleurs très fournie sur les numéros d'attraction existants... A chaque fois que les opérateurs Edison ont pu le faire, par exemple, ils ont filmé les numéros des employés du Cirque de Buffalo Bill, après tout...
Mais voilà: le film n'est désespérément QUE ça, une boucle qui aurait pu être infinie, de chiens après chiens, qui sautent par dessus des paniers empilés! On imagine même qu'on aurait pu conceptualiser cette boucle, et dire que derrière cette minute et demie de film, on était face à une sorte de mouvement perpétuel hypnotique... Mais non, ce ne sont là que chiens qui sautent. Et de par la magie de la façon dont travaillaient les employés d'Edison, il est attribué aux deux «chefs d'équipe» qui se relayaient pour diriger les films.
...Car autant le dire directement et sans prendre de gants, il n'y avait pas besoin de deux réalisateurs pionniers pour effectuer ce film sans grand intérêt!
Sous Charles V, un gentilhomme est assassiné par un rival politique. Le chien de la victime déploie une telle animosité à l'égard du tueur, qui garde pour l'instant son secret, que les soupçons de tous sont facilement éveillés: on décrète un jugement de Dieu...
Houlà! Ne nous emballons pas... C'est tiré d'un roman de René-Max Weil qu'on n'a pas envie de lire, que ce film qu'on n'a pas envie de revoir a été réalisé. C'est pompeux, et même pour 1909, le jeu des acteurs est profondément démodé... On notera toutefois que parmi les protagonistes, figurent le chien Dick, qui était à sa façon une vedette chez Pathé, mais aussi Paul Capellani, le frère d'Albert, et René Leprince, acteur et metteur en scène récurrent à la firme. C'est en Pathécolor...
Une mère et sa fille se rendent à Gennevilliers dans un refuge pour chiens, et recueillent un toutou. Mais quand Monsieur revint chez lui, il a la désagréable surprise de constater que l'animal s'est arrogé le droit de lui piquer son fauteuil préféré. Il va utiliser la ruse pour se débarrasser de l'animal...
Beaucoup de problèmes sont posés par ce film, dont je ne parviens pas à trouver la trace d'un titre Français original, ni celle d'un metteur en scène. Ce n'est en aucun cas un chef d'oeuvre, juste une vignette rigolarde qui montre une vision plus domestique et accepable de la lutte des genres, à une époque où le combat des suffragettes devenait de plus en plus un sujet d'articles de journaux et un énorme sujet de discorde...
Un homme voit un chien attaché dans la rue, devant l'entrée d'une maison cossue, et le kidnappe... La propriétaire se rend donc dans les bureaux d'un journal, pour y déposer une annonce: d'où le titre... Puis elle attend: amenés par des gens qui son attirés par la prime, les chiens commencent à affluer, un peu comme les épouses prospectives dans Seven chances de Buster Keaton! Elle s'enfuit et la meute la poursuit...
Ce film sans metteur en scène attitré peut rester dans l'histoire pour un certain nombre de raisons: d'abord parce qu'il est est à la fois bref et basé sur une idée simple, mais exploitée avec un goût sûr; ensuite il est audacieux par son cadrage, son montage même, et tant qu'à faire son rythme. La caméra y bouge! Et il a le culot de ne pas offrir de fin, ce qui est terriblement en avance (même en 2025, le grand public n'aime les films que "bien rangés"). Enfin, il est doté d'un titre fort long... Ce n'et pourtant pas le plus long, puisque Night of the day of the dawn of the son of the bride of the return of the revenge of the terror of the attack of the evil, mutant, alien, flesh eating, hellbound zombified living dead part 2: in shocking 2-d (de Lowell Mason) est sans doute, jusqu'à preuve du conraire, le plus long titre de toute l'histoire du cinéma...
Sans aller jusqu'à faire comme certains commentateurs, et considérer ce film comme une sorte de prélude à la science-fiction (je pense que les nombreuses versions du Voyage dans la lune, à commencer par celui de Méliès, se qualifient d'autant mieux, bien sûr), voici en tout cas un film bien intrigant, et pour tout dire unique, sans parler du fait qu'il est un peu perturbant:
Deux hommes ont en effet inventé une machine qui transforme les saucisses en chiens... Mais aussi le contraire. Un acheteur peut donc leur demander de confectionner un caniche (mais pourquoi?), un berger allemand, ou un setter, à partir de modestes pièces de charcuterie...
Oui, chez Edison, on cherchait, on cherchait... Mais parfois, on trouvait mieux. Et sinon, cette obsession de la saucisse dans le cinéma des origines, c'est fou, quand même!
Une dame (Stella Adams) qui a perdu son mari (officiellement il est décédé, en compagnie de leur fille) ne perd pas l'espoir de le retrouver... Sa dame de compagnie (Jane Starr) qui essaie de lui soutirer un maximum lui monte une escroquerie de première classe, et fait intervenir la fille (Billie Barnes) d'un repris de justice qui vient juste de sortir de prison: elle est supposée jouer le rôle de la fille de la vieille dame...
C'est assez confus, pour ne pas dire franchement idiot! Pour commencer, si l'idée est de soutirer un héritage de la vieille dame, on peut quand même se demander s'il est convenable de lui produire une autre héritière! Et le film possède un trou monumental et mélodramatique: car la jeune femme qui est présentée comme la fille de la vieille dame est précisément sa fille...
Oui, mais c'est un film de pure consommation, soigné et fait avec un flair considérable pour le bon geste au bon moment, par un Francis Ford en bout de carrière (je soupçonne qu'il lui était interdit d'apparaître à l'écran, puisqu'il a un rôle quasi officieux, celui d'un médecin qui n'est vu que de dos), un metteur en scène dont on se rend compte en viyant les rares films de lui qui ont survécu, qu'il était bien plus que le "grand frère de...", ou le mentor de son frère... Un cinéaste efficace, doté d'un humour solide et d'un sens consommé de l'action.
Ce film rare, un court métrage de deux bobines, fait partie de la série Fearless: le héros en est un chien, et on le trouve grâce à la parution de l'anthologie Wonder Dogs aux Etats-Unis.
Arbuckle joue ici sur la proximité, dans une rue de Los Angeles, entre un club de culture physique fréquenté par des femmes d'un côté, et des hommes de l'autre, et une boutique tenue par un Chinois (Frank Hayes), un personnage particulièrement chargé comme on s'en doute. Le héros entre dans le club sportif et entre immédiatement en concurrence avec Al St-John pour les beaux yeux de Minta Durfee... Beaucoup, beaucoup, beaucoup de bêtises vont alors joyeusement se succéder à l'écran.
La présence de ce film sur l'anthologie récente Wonder dogs parue aux Etats-Unis chez Kino se justifie bien sûr par la présence au casting de Luke, le chien intelligent qui était une des vedettes de la troupe d'Arbuckle, déjà quand il était chez Sennett. La complicité entre le metteur en scène et le chien est évidente, mais St-John (un acteur exécrable, mais un acrobate impressionnant) a développé lui aussi un partenariat avec la bête...