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Sonoko (Kyoko Kishida), une épouse assez traditionnelle, se confie à un homme âgé, un romancier... Elle lui raconte par le menu sa rencontre avec Mitsuko (Ayako Wakao), une jeune femme assez libre, qui la fascine. Elles instaurent l'une avec l'autre un jeu de domination érotique mutuelle... Le mari de Sonoko, Kotaro (Eiji Funakoshi) s'interroge et commence à se plaindre, il dit qu'il essaie de comprendre la relation des deux femmes. Mais très vite, il se révèle que non seulement les deux jeunes femmes manipulent le mari, mais en prime, Sonoko se sent manipulée par Mitsuko, et même par d'autres...
Le film, orné de couleurs fabuleuses, se situe dans une oeuvre, celle de Masumura, qui a toujours entremêlé une certaine tendance à l'érotisme sous contrôle et des intrigues poisseuses de domination baroque. A ce titre, la domination ici, semble être celle de Mitsuko sur Sonoko, et bien sûr le témoignage qui lance le film, l'ensemble de l'intrigue étant un flash-back, va nous donner l'impression que Sonoko a besoin d'aide... Il était sans doute gonflé pour un film de se lancer dans une exploration des amours lesbiennes de deux femmes, en 1964, même si il eut sans doute été bien plus difficile à faire passer, au Japon à l'époque (mais aussi dans le reste du monde!) une intrigue entre deux hommes...
Et pourtant, dans cette intrigue folle, où virages, tromperies, mensonges, et autres traîtrises, s'enchaînent à cent à l'heure, cette lecture d'un amour fou entre deux femmes n'est sans doute que l'élément le plus simple, le plus facile même, à avaler!
Car d'une part dans son témoignage, Sonoko nous donne à voir la façon dont chaque manipulation mène à une autre, à travers une mise en scène qui se joue du montage comme d'un rien: les champs-contrechamps, en particulier, donnent à voir un ialogue entre trois ou quatre personnes: un plan en champ nous montre Sonoko parler au romancier, le contrechamp nous montre son mari qui lui répond, et parle... ensuite au lieu de Sonoko, désormais c'est Mitsuko. Au lieu de semer la confusion, le dispositof souligne admirablement les enchaînements de manipulation.
D'autre part, cette intrigue dont Sonoko prétend être la victime, une intrigue qui se finit dans la mort inattendue de certains protagonistes, c'est, après tout, elle qui a survécu. C'est elle, aussi qui la raconte... alors?
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