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Sur une route entre Périgueux et Bordeaux, pendant l'été, un car a un accident. Parmi les passagers, deux sont particulièrement pressés: l'une qui a sans doute un traitement pour un cancer du sein (elle a déjà subi une ablation du sein droit et bien qu'elle tente de le dissimuler ce sera vite évident) et un homme qui a un bracelet électronique, dont les sorties sont sans doute comptabilisées avec une rigueur implacable. Ils décident de partir ensemble et de joindre le village le plus proche à travers bois... Ils n'arriveront jamais. Une fois en pleine nature, les sens de Lupa, la jeune femme, commencent à s'éveiller étrangement...
Ce n'est pas un film d'horreur, mais c'est un court métrage très intrigant, dans lequel la danse est menée par l'actrice Pauline Lorillard: dans le rôle de Lupa (un nom ô combien explicite, mais ce n'est pas une histoire de loup-garou): après avoir été autour de l'accident une jeune femme inquiète, aux abois, elle se débarrasse peu à peu de ses complexes et de ses vêtements, ainsi que de ses manières de citadine. Le garçon est bourru, mais un renversement des rôles se passe, sous nos yeux, dans l'eau d'une rivière qu'on traverse et qui s'avère bien plus profonde qu'il n'y paraissait...
Derrière ce conte superbement rythmé, qui a la bonne grâce de n'en dire jamais trop, on est conquis par l'étrangeté et la simplicité directe de l'action, par le jeu sans embarras de son actrice principale aussi. C'est un conte de liberté absolue, de reconquête de l'animalité derrière une humanité grise, et bien sûr ça se finira mal, même si on peut rester un peu en arrêt devant l'énigmatique situation qui nous est présentée. Une cinéaste à suivre...