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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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11 octobre 2026 7 11 /10 /octobre /2026 16:52

Ce premier long métrage de Jan S. Kolár, tourné en collaboration avec des studios Allemands, est contrairement à ses films précédents, pour la plupart des moyens métrages, un drame d'horreur. Il ne ressemble à aucun autre film du genre, qu'il soit Allemand, Français, Danois ou Américain... Son côté délibérément baroque est probablement ce qui en fait le prix...

Bodhan Dagmar (Theodor Pistek) et son épouse Alena (Anny Ondra, qui a adopté son pseudonyme après avoir interprété ses premiers films sous le nom d'Ondrakova) vivent heureux dans leur manoir. Mais Bor (Wladimir Majeras), un voisin mal intentionné qui convoite Alena, prête au mari de celle-ci des ouvrages ésotériques qui nourrissent son obsession du surnaturel, et le tiennent probablement éloign du lit conjugal. Il découvre dans un livre un fait troublant: il y aurait, dans une tour en ruines un passage secret qui mênerait au secret ancestral du château. Il s'y rend, et là tombe nez à nez avec un ancêtre endormi (Karel Lamac), victime d'une malédiction à cause de la famille Bor...

Baroque, donc. Le film fait un usage gourmand de tous les coups de théâtre, et camoufle sous son intrigue assez franchement délirante (il y est question, quand même, autant de voyage dans le temps que de possession, de réincarnation et de magie noire) une histoire assez satirique de la désagrégation d'un couple, qu'Anny Ondra nous fait comprendre quand elle caresse pensivement le fauteuil de son mari en son absence... 

Et puis des souterrains, des squelettes opportunément placés, des fioles mystérieuses, tout y est pour le plus grand plaisir de l'amateur de fantastique à l'ancienne! ...Rationnel-l-e-s s'abstenir. 

Et si tout ça n'était qu'un rêve? Non, ce serait trop facile... Non?

 

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Published by François Massarelli - dans ** 1921 Muet Jan S. Kolár
11 octobre 2026 7 11 /10 /octobre /2026 16:42

Quatre célibataires invétérés se jurent fidélité dans la bringue: aucun d'entre eux, promis juré, ne se mariera, la vie est trop belle quand on peut en profiter. Un an plus tard, ils ont prévu de se retrouver pour réaffirmer leur voeu, mais... L'un d'entre eux (Theofor Pistek) est marié. Son épouse, Bela (Natasa Cigankova) ignore tout de son passé de fêtard, et quand il lui ment pour passer une soirée seul, elle se doute qu'il lui cache quelque chose.

Le film se passe dans un hôtel où les quatre vieux garçons (enfin, trois plus un...) se sont fixés rendez-vous. Bien sûr que le seul qui est marié ne s'en est pas vanté auprès des autres. Dans cette intrigue loufoque, l'épouse qui a pris une chambre à côté des quatre hommes n'est pas la seule trouble-fête: un client de l'hôtel passe tout son temps à essayer de sortir de la salle de bains commune sans réussir à ne pas croiser quelqu'un... 

Le titre provient d'un détail, un indice laissé par la jeune femme, un portrait photographique qui va révéler sa présence à son mari. Le film se présente le plus souvent comme une comédie de moeurs à la Hal Roach, avec une gentille morale rassurante... Quant aux joyeux fêtards, il ne leur faut pas longtemps pour oublier leur voeu...

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Published by François Massarelli - dans Jan S. Kolár ** 1921 Muet
10 octobre 2026 6 10 /10 /octobre /2026 10:11

Ce film est une comédie de trois bobines, qui fait se rencontrer l'esprit du slapstick des burlesques Américains, et certains aspects de la filmographie populaire de Louis Feuillade, avec ses détectives lancés dans une ville, sur les toits, déguisés... Mais en mode fort léger!

Deux détectives (Frantisek Pelisek et Gustav Machaty) ont une agence qui ne marche pas très fort. Quand on leur confie une affaire de colis disparu, le seul indice est une trace de bottine féminine, de petite taille. Les voilà partis pour une enquête qui chausse du 36...

Ca commence, pourtant, par une scène d'horreur... Un tueur violent s'occupe d'une innocente (Olga Augustova, qui s'avèrera être la fameuse dame au petit pied), et se livre ensuite dans la rue à des crimes abominables... Mais c'est évidemment un rêve. Une autre actrice qu'on verra dans le film, y fait ses débuts au cinéma: Anny Ondrakova, dite Ondra, pour un petit rôle, qui la propulsera très vite dans des films de long métrage...

Le film sent l'improvisation dans les rues de Prague, et non seulement les deux réalisateurs sont présents dans le film, il faut noter que Gustav Machaty aura une carrière intéressante: non seulement il tournera deux films Tchèques cruciaux en 1929 (Erotikon) et en 1932 (le fameux, et sulfureux, Extase), mais avant ça il fera un crochet par les Etats-Unis, où il se fera engager  la Universal, et on le crédite parfois en tant qu'assistant d'Erich Von Stroheim sur Foolish Wives... A prendre avec des pincettes, évidemment.

Mais bon, le film, pour l'instant, ne va pas très loin, et on sent un peu trop le bricolage et l'improvisation ici. Comme le film, perdu, a été partiellement reconstitué par Kolár en 1960, il est parfois un peu difficile à suivre.

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Published by François Massarelli - dans Jan S. Kolár Muet 1920 **
9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 08:36

Le Marquis de Chuarez, diplomate (Josef Rovensky) interdit à sa fille (Olga Rautenkranzovà) de se marier avec le professeur de langues orientales (Quido del Noce): celui-ci est Algérien. Quand le noble monsieur est pressenti pour devenir ambassadeur de Turquie, la situation change: il a impérativement besoin de parler la langue, et sa fille lui conseille un excellent professeur... Mais les stratagèmes les plus loufoques vont devoir être utilisés pour permettre que dans la situation, les deux jeunes gens puissent aller jusqu'à imposer leur mariage comme une évidence...

Il y a un certain nombre d'autres éléments, dans ce film à quatre mains, et c'est bien normal: c'est une comédie en trois bobines, et afin de tenir la distance, les réalisateurs avaient en effet besoin de matière. Il y a donc un running gag, autour du fait que le père souhaite que la fille apprenne le piano au lieu de courir les rues et de se laisser séduire... Elle achète donc un pianola, qui va apprendre le piano tout seul! Et dans un club de misogynes invétérés, l'un des membres est sur la sellette, car depuis qu'il l'a croisée, il est tombé fou amoureux de notre fille de diplomate, ce qui rend son adhésion au club difficile...

C'est assez peu ordonné, en vérité, et la grosse farce à l'Européenne (influence probable du cinéma germanique), n'est jamais très loin. Cela dit, c'est malgré tout généreux, et assez original dans son script. Le fait est qu'Olga Rautenkranzovà est bien l'héroïne du film, là où une comédie muette Américaine en aurait fait, soit le second rôle (chez Chaplin par exemple), soit la fille du héros (chez Sennett, peut-être), à moins qu'il ne sagisse de Mabel Normand! C'est vrai qu'on l'imagine bien dans une telle situation. 

Et le film va assez loin dans le risqu", ce qui est semble-t-il assez courant dans les films de Kolàr: car à un moment, le diplomate doit prendre des cours de langue avec l'assistante voilée de son professeur, dont il ignore qu'elle est sa fille...Et il la trouve fort avenante. C'est embêtant!

Enfin bref: ce n'est sans doute pas par ces films burlesques qui tentent de rivaliser (à une époque où ils ne sont pas disponibles pour leur plus grand plaisir) avec les burlesques Américains, qu'on va vraiment pouvoir aborder le cinéma Tchèque. 1918 étant justement l'année de la création de la Tchécoslovaquie, on peut sans doute au moins considérer qu'il va y avoir bientôt la création d'un cinéma national dans ce nouveau pays, et assurément que Jan S. Kolàr y jouera un rôle... Quant  à Miss Rautenkranzovà, elle a au moins tourné un autre film (dont je ne sait pas s'il a été préservé), cette même année. Sous le titre Satyr, c'est une courte comédie d'une bobine, dont le synopsis fait rêver... Mais a priori, c'est hélas tout.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet ** 1918 Jan S. Kolár
7 octobre 2026 3 07 /10 /octobre /2026 19:16

On a perdu la plupart du métrage de ce film (adapté d'un poème), dont seule une séquence de quatre minutes a survécu. Elle a l'avantage, sinon d'être claire, de représenter particulièrement bien la dimension horrifique du film! Il y est question d'un cadavre, d'un personnage monstrueux, d'une jeune femme prise au piège lors d'une nuit d'horreur...

D'un côté, le maquillage et la scénographie renvoient de façon évdente à une certaine idée du cinéma Allemand, le jeu outré se combinant aux excès d'expressivité du masque des personnages, et aux éclairages hallucinants... 

De l'autre, le côté disjoint de ces quatre minutes me font douter: s'agit-il vraiment d'un film, et non de chutes qui seraient compilées du moyen métrage? Certains plans se répètent sans se correspondre totalement, comme des prises multiples d'un seul plan, et le tout manque singulièrement de cohérence chronologique palpable...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1925 **
12 septembre 2026 6 12 /09 /septembre /2026 09:37

En 1928, Marion davies a fini de consolider sa position sur deux fronts: d'une part elle a établi de façon évidente sa maîtrise de la comédie, et chaque film qui la présente en vedette, distribué par la tatillonne MGM, est contrôlé en large partie par elle-même. L'expression générique utilisée au studio, A Robert Z. Leonard production, est une amabilité de principe, une façon de faire semblant de placer le metteur en scène au centre. Il n'en est rien: le boss sur le plateau, c'est elle... Et d'autre part elle a fini par réussir à faire comprendre à son compagnon William Randolph Hearst de la laisser faire des films comme elle l'entend. Donc c'en est fini des grosses priductions dramatiques, son terain de jeux, c'est la comédie... Pétillante, loufoque, optimiste et parfois même étourdissante.

Cette liste d'adjectifs, c'est une description de The Cardboard Lover, justement. Un film dans lequel Davies interprète une jeune étudiante Américaine en congé à Monte-Carlo avec ses congénères, mais ceux-ci disparaissent du film au bout de cinq minutes, car Sally a trouvé de quoi s'occuper à l'écart du groupe: elle chasse les autographes, et quand elle a vu le tennisman André Briault (Nils Asther), elle a décidé qu'elle aurait sa signature, coûte que coûte... Mais ce ne sera pas facile, d'une part parce que la bonne amie du fringant sportif, Simone (Jetta Goudal), n'a pas d'affection particulière pour les étudiantes qui tournent autour du jeune homme, et d'autre part parce que trois faits vont la distraire de sa mission: elle ne fait pas partie du même monde que lui et il ne se laissera pas approcher; ensuite elle est le témoin d'un échange entre Simone et une autre célébrité, le baryton De Segurola (dans son propre rôle!) indiquant assez clairement que Simone n'est pas fidèle à son André; enfin, le principal problème, c'est que Sally tombe irrémédiablement amoureuse, et qu'elle n'est pas du genre à ne pas s'acharner... Mais quand André comprend que Simone le trompe, il propose à Sally de jouer sa nouvelle fiancée, afin de rendre Simone jalouse, et donc amoureuse.

Difficile de résumer une intrigue qui va à cent à l'heure, qui se repose entièrement sur les épaules de l'actrice, et qui est taillée entièrement pour so humour, son style, et son univers. Et ça)  marche de bout en bout, car non seulement elle est magistrale, mais elle n'est pas la seule: Jetta Goudal, une actrice plastique révélée chez DeMille, se prête sans problème au jeu, en incarnant une caricature de starlette; Je signalai tout à l'heure la présence étonnante d'un baryton dans son propre rôle, et il n'hésite pas à se présenter comme le pire des goujats dans sa première scène: apprenant qu'il est une célébrité, Sally s'approche avec son carnet d'autographes, et il écrit une phrase que nous ne lirons pas. Mais Sally, elle, la lit et le prend très mal... Tenen Holtz incarne le valet d'André, et il joue beaucoup de son visage expressif pour commenter en giuse de choeur grec, la petite guerre entre Sally et Simone. Et il a choisi son camp, il ne peut de toute façon pas supporter Simone, et c'est tirrésistible... Enfin, Nils Asther n'est pas connu pour la comédie, loin de là, mais il est excellent. Une scène, dans laquelle il doit se faire enlever un cataplasme par son valet, est hilarante par sa lenteur sadique, et l'acteur se lance à fond dans les pires grimaces, les deux d'ailleurs semblent jouer au ralenti...

Marion davies a tout fait pour faire ce qu'elle veut ici, et elle se déguise (en groom, avec un jeu d'expressions faciales très drôles), mais aussi elle imite: on se souvient de The Patsy (King Vidor, 1928) dans lequel elle imitait visuellement Lillia Gish, Gloria Swanson et Pola Negri, ici elle s'amuse à incarner Jetta Goudal dans une scène au cours de laquelle elle tente de ''guérir" André de son affection pour sa fiancée douteuse... Et c'est non seulement drôle, c'est bluffant. Et le tout dans le silence de rigueur. Oui, car The Cardboard Lover est le dernier film muet de Marion Davies, qui n'était pas forcément très à l'aise avec la nécessité de plus en plus évidente de passer au cinéma sonore et parlant. Elle était bègue, pour commencer, et son univers, comme celui de Chaplin, c'était le cinéma muet. On sait maintenant qu'elle a parfaitement négocié le virage, donc tant mieux, mais cette dernière salve en tant que bouquet final de son style muet, mis en scène par un réalisateur avec lequel elle avait déjà travaillé (ils ont collaboré sur deux films au début de la carrière de l'actrice) est une merveille à voir de toute urgence... 

A noter: un blu-ray existe, sorti cet été chez Undercrank aux Etats-Unis, et... Bonne chance pour le trouver.

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Marion Davies Muet ** Robert Z. Leonard
3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 14:39

La jeune Virginia Craig (Virginia Lee Corbin) est l'héritière d'un business qui tourne, mais... des malhonnêtes, conduits par un avocat véreux de la famille, tentent de prendre le contrôle de ses millions et de son entreprise. Elle s'enfuit, poursuivie par des hommes de main peu scrupuleux. Elle est recueillie par un de ses employés (Monty Banks), qui n'a aucune idée de qui peut bien être cette jeune personne fragile et perdue qu'il a amenée chez lui. La cohabitation est aidée et plaisante, mais de courte durée: les affreux retrouvent la trace de la jeune femme, et lui font croire que Monty était en fait un gangster qui tentait de mettre la main sur son argent...

C'est un film miraculé, qui a longtemps été disponible uniquement sous la forme d'un court métrage de deux bobines, retitré Chasing choo-choos... Il était entièrement centré sur la spectaculaire et fort belle poursuite finale. Une copie complète de la version d'exportation a été trouvée en Allemagne... C'est formidable parce que non seulement c'est une belle copie, mais le film est lui-même excellent...

Si la formule est assez classique pour un long de Monty Banks (en gros, une intrigue assez grossière qui mène à des scènes de poursuite ou de fuite, avec acrobaties partagées entre Monty Banks lui-même et le cascadeur Harvey Parry), la première partie se situe dans un cadre qui nous renvoie à tout un pan de la comédie burlesque américaine, les films faisant intervenir des cohabitations: Chaplin et The Kid, Langdon et Three's a crowd, et Harold Lloyd et The Kid Brother, sont des exemples notables. Mony Banks n'est pas en reste, établissant en plus avec Virginia Lee Corbin (qui avait seize ans, mais était déjà une comédienne très compétente) une complicité remarquable. Celle-ci se poursuit d'ailleurs jusque sur les scènes de poursuite en train, et l'actrice paie en permanence de sa personne, n'étant en aucun cas une potiche!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Monty Banks 1927 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:35

Monty Banks a donc travaillé avec Clyde Bruckman, l'un des plus intéressants réalisateurs spécialisés dans la comédie burlesque (The General, qu'il a co-dirigé avec Buster Keaton, et The battle of the century, avec Laurel et Hardy... C'est dire). Ce film, hélas, est réduit à bien peu de choses: trois fragments, dont deux sont très courts. Le plus long, situé de nuit dans un train, confronte Monty Banks à Jean Arthur, et semble anticiper sur Berth Marks, de Laurel et Hardy, par certains côtés... Tout en allant assez loin dans le graveleux.

L'intrigue globale du film, selon les historiens, concerne un jeune avocat (Banks) qui est engagé par une riche famille, dont la fille est interprétée par Jean Arthur. Il va les aider dans une histoire sombre de documents les incriminant... Il gagnera un procès et le coeur de la jeune femme...

Le plus intéressant ici, est donc ce passage de 16 minutes, correspondant sans doute à l'essentiel des deux premières bobines du film: Monty et Jean Arthur sont tous les deux dans un train, ne se connaissent pas, mais vont être pris pour un couple marié par le personnel, qui fera tout pour qu'ils partagent le meme comportaiment couchette, sous le regard concupiscent de tous les voyageurs... 

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Published by François Massarelli - dans Muet Monty Banks Clyde Bruckman 1927 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:20

Monty Milde (Monty Banks) est un homme heureux: un collègue vient de lui annoncer qu'il était enfin reconnu par le journal qui l'emploie, comme un reporter à part entière. Il se sent pousser des ailes, promet une maison à ses grands-parents qui l'ont élevé, et demande sa fiancée (Virginia Bradford) en mariage... Sauf que c'est un canular: Craven (Ernest Wood), le sale type qui lui a annoncé ça est son rival, et un homme sans scrupules... d'ailleurs, il envoie Monty, pas encore au courant de la blague, au casse-pipe: il a vexé dans un article un homme qui est victime d'un chantage odieux, car on lui a enlevé son enfant. Pour éviter la correction, Craven envoie Monty à sa place...

Après de nombreux courts métrages, Monty Banks a suivi l'exemple des plus grands (Chaplin, Keaton, Lloyd, Langdon et Arbuckle), il est donc passé au long métrage. Ce film représente un peu la quintessence de son style: une intrigue proche de ce qu'il aurait pu utiliser pour construire un court métrage de deux bobines, mais aux gags étendus, étirés, parfois avec une grande efficacité. Un style qui rappelle un peu les idées de Stan Laurel, en fait... Mais il se veut aussi, comme tant de comédiens, le reflet de son temps, de ses contemporains, et de leurs aspirations. Ainsi le fait de devenir reporter est d'une importance capitale pour lui. Quand il comprend qu'il a té victime d'une mauvaise blague, il est effondré, et l'acteur joue sans hésitations la scène comme une tragédie intérieure...

Néanmoins, Banks a construit sa réputation sur des acrobaties invraisemblables et ce film n'est pas en reste, culminant dans une poursuite dingue, Monty étant juché sur une échelle avec un bébé dans les bras, l'échelle elle même coincée dans une voiture qui fonce sur les routes en zig-zag de la Californie du Sud! Et en disciple de Roscoe Arbuckle (avec lequel il a tourné en 1918 et 1919) il se permet un gag de très mauvais goût: pris pour un kidnappeur, poursuivi par de nombreux policiers, Monty administre une impressionnante correction (sans lâcher son volant) à une poupée baigneur, puis le jette dans une rivière pour les semer, car il sait qu'ils vont se précipiter pour le sauver...

Même Chaplin n'aurait pas osé.

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Published by François Massarelli - dans Monty Banks Muet 1926 **
19 juillet 2026 7 19 /07 /juillet /2026 16:45

Mickey Grogan (Frankie Darro) a beau navoir que neuf ans, les responsabilités s'accumulent: pour commencer, il lui faut veiller sur la petite Susan (Lassie Lou Lahern), comme lui une enfant des rues. Le principal risque qu'ils courent est de tomber dans les pattes d'un des sbires de la protection de l'enfance, qui recueillent les enfants pour les mettre dans des "institooshuns"! Il fait la rencontre d'une jeune femme, Winnie (Jobyna Ralston), qui travaille comme secrétaire, et le recueille. Il rencontre aussi Jeffrey (Carrol Nye), un architecte au chômage parce qu'il perd la vue... Il va agir en bonne fée autour de tous ces personnages, en particulier quand un affreux, le contremaître Al Nevers (William Scott), va décider que Winnie est pour lui et pour personne d'autre...

Ne nous méprenons pas: ce film n'est pas un conte pour enfant, même s'il obéit à certaines lois du genre (en les pervertissant: Mickey n'est pas, ici, la personne à sauver, mais bien le bon génie dont les initiatives seront appréciées de tous, enfants comme adultes!). Mieux: c'est un film pour les grands dont les héros sont des petits! Car Winnie, "working girl" (un rôle qui tranche sérieusement dans la filmographie de Jobyna Ralston, plus habituée à jouer les sages jeunes femmes évanescentes et les jeunes héritières), vit seule et se débrouille, mais elle doit aussi se défendre contre les tentations des hommes autour d'elle.

L'énergie des enfants dans ce film est fantastique et communicative. Ce sont tous des enfants de la balle comme en témoigne une formidable scène de danse, dans la rue, jouée par Darro, la petite Lassie Lou, et d'autres de leurs congénères... Et dès le départ, le film s'attache à eux en nous montrant l'improbable rencontre de Susan avec Mickey, sur un terrain vague, où d'emblée ils affichent une complicité qui passepar une saine et rigolote chamaillerie. Darro n'est pas un inconnu pour ceux qui aiment le cinéma classique: une fois adulte, il allait devenir un acteur secondaire important, ainsi que doublure voix et cascadeur. On l'a vu en éternel adolescent (sa petite taille et son visage lui ont permis de tricher assez longtemps sur son âge à l'écran) l'ont souvent conduit à jouer auprès de stars de la Warner dans les années 30, à commencer par James Cagney! Et il est intéressant de comparer ce film avec Wild Boys of the Road, de William Wellman, où Darro jouerait une version "vieillie" de son personnage de petit vagabond.

Quant à Jobyna Ralston, elle est une fois de plus excellente, et solaire. Ce n'est sans doute pas le meilleur film de tous les temps, mais il est sain de se dire qu'un film même mineur (produit par F.B.O., un petit studio qui s'affiche même avec humour dans une scène: on y voit une affiche géante d'une production maison avec Virginia Valli... et Frankie Darro) ait pu survivre et arriver jusqu'à nous, restauré et complet.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1927 ** Jobyna Ralston