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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 18:42

Ce film est moins bon que le précédent (Unaccustomed as we are), mais plus risqué: il commence dans une vraie gare, en plein air, soit l'environnement qui donnait des sueurs froides aux techniciens du son en cette année 1929. Si le début (On voit Stan attendre au milieu des gens dans la gare) est apparemment muet, l'arrivée de Hardy a été tournée en son direct, et ça marche plutôt bien. Typiquement, il y a un gag sonore, avec l'introduction du chef de gare (Tiny Sanford) qui beugle la longue liste des étapes du train, mais on ne comprend rien...

Puis le film installe l’essentiel de son intrigue dans un train: Laurel et Hardy sont deux musiciens (Ils ont un violoncelle…) en tournée, ils doivent jouer à Pottsville et prennent donc le train en conséquence; un gag vaguement irritant voit les deux garçons se déshabiller avec difficulté en plan fixe pendant 6 mn, mais le plus fort de ce film est un gag déclenché par les deux hommes, mais auquel ils ne participent pas vraiment: Stan ouvre, en avançant dans le wagon –lit, la porte d’une cabine au moment ou une jeune femme se déshabille. Laurel est parti, mais le mari intervient, et c’est Charlie Hall: voyant un homme dans le couloir, il se dirige vers lui, et sans un mot, déchire son costume, puis retourne dans sa cabine. La victime se retourne, aperçoit un autre homme et toujours sans un mot, le suit hors champ, et on entend le CRAAAAC d’un costume qui se déchire. Bientôt, tout le wagon sera impliqué…

Pour finir, on notera que Laurel et Hardy sont fatigués : après les pianos de Wrong again et Big business, le cor et la clarinette de You’re darn tootin’, le violoncelle ici reste intact. M’est avis que cette mansuétude à l’égard des instruments de musique ne durera pas...

Comme son prédécesseur, on a retrouvé (ou reconstruit) une version muette du film, qui est effectivement sorti en 1929 dans cette version alternative pour permettre aux spectateurs qui n'avaient pas accès au cinéma parlant, de profiter des nouvelles aventures de Laurel et Hardy. Le film, avec ses décors de train et de gare, s'y prête plutôt fort bien.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach Muet
1 janvier 2026 4 01 /01 /janvier /2026 12:06

Si beaucoup de films de Laurel et Hardy renvoient au monde de l'enfance, il n'est pas rare que derrière le cocasse de voir ces grands enfants-adultes se comporter de façon si ouvertement puérile, se cache une violence sournoise, sous-jacente, et volontiers perverse. Ce n'est pas le cas de ce film.

Non qu'il ne soit pas violent, au contraire: c'est juste qu'il n'y a rien de souterrain: la violence s'y étale, glorieuse, jouissive, immorale et méthodique, dans le raffinement du style mené de main de maître par celui qui est désormais le véritable maître d'oeuvre de ces courts métrages: Stan Laurel. Sa technique consiste en un ralentissement de l'action, jusqu'à ce que sa clarté devienne absolue, et surtout en un refroidissement de la réaction des personnages. Ce qui occasionne des coups de sang qui se traduisent par un calme effrayant des personnages, y compris lorsqu'ils assaillent énergiquement, mais méthodiquement et à coups de hache, un piano (Le deuxième de l'oeuvre à subir ainsi les derniers outrages... mais pas le dernier, et on pourrait étendre cette réflexion à bien des instruments de musique), une Ford T, un sapin, voire une maison.

Donc, voici un immense chef d’œuvre, dans lequel deux vendeurs de sapins de Noël (Laurel et Hardy, bien sûr) essaient de placer leur marchandise, et tombent en la personne de James Finlayson, sur un client particulièrement récalcitrant : lorsque ils essaient une fois de trop de placer leur boniment, il réagit en coupant trois branches de sapin. Stan se venge en s’en prenant à la boiserie de la maison, Finlayson renchérit en s’attaquant à la voiture,… La suite est une sublime escalade de destruction froide à laquelle va également participer un policier joué par Tiny Sandford, et donc moins résigné que ne le serait Edgar Kennedy.

Le film est situé (et a été tourné) en plein mois de décembre, comme en attestent les manteaux portés par Laurel et Hardy, seule concession probablement à leurs fans internationaux qui ont sans doute besoin d'une petite touche hivernale dans un film tourné en Californie, où les hivers ne sont pas particulièrement rudes... On assiste avec bonheur au retour de l'acteur génial James Finlayson, qui revient la moustache haute mais l'oeil maussade au studio qui ne lui a pas permis d'avoir sa propre série de films. On peut le regretter, mais Finlayson sera parfois encore un grand, très grand partenaire de Laurel et Hardy dans les années qui viennent, et la confrontation contenue dans ce film est un des sommets de tous les courts métrages de la série. Et je ne vois pas comment qui que ce soit parmi les protagonistes a pu s'ennuyer dans ce festival de destruction paroxystique... et très efficace.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach Muet
5 décembre 2025 5 05 /12 /décembre /2025 21:27

Voici donc la glorieuse suite de Them Thar Hills, le chef d'oeuvre de 1934. Elle est d'ailleurs encore meilleure: Laurel et Hardy ouvrent un magasin d’électricité, situé par hasard à coté de l’épicerie tenue par Charlie Hall et Mae Busch. Très vite, ils se rendent tous compte qu'ils se sont déjà vus... 

Si cette dernière se réjouit de retrouver les deux compères, ce n’est pas le cas de son mari, qui leur fait comprendre qu’il ne tolérera rien de leur part. Très vite, la confrontation va dégénérer en une bataille de « tit for tat » (L’expression est utilisée explicitement par Hardy, je rappelle que dans l'univers de Laurel et Hardy cette expression désigne une lente, systématique et méthodique bataille d'agressions échelonnées), de l’épicerie au magasin d’électricité, et les basses vengeances et mauvaises action vont pleuvoir, de coups bas en coups bas, pour notre plus grand bonheur : jet de crème, barbouillage au saindoux, montres passées au mixeur…

Rien n’est trop beau pour ce chef-d’œuvre. Tout au long de la bataille, un « client » de Laurel et Hardy profite de la confusion pour se servir. Il vient vite avec une brouette, et termine par se servir avec un camion de déménagement. Ca passe tout seul, et c'est servi par des spécialistes particulièrement doués...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach Comédie
3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 14:40

Alors que la production de leur prochain long, Babes in Toyland, était ralentie puis stoppée par des accumulations de problèmes (Parmi lesquels une relation de plus en plus tendue entre Roach et Laurel), ce petit film est une (petite) oasis, pas primordiale, mais pleine de bons moments: les deux amis sont des auxiliaires de police qui ont permis (Comment, c’est un mystère…) l’arrestation d’un fou criminel, Butch, interprété par le grand Walter Long.

Celui-ci, au procès, déclare qu’il va s’évader et se venger en leur accrochant à tous deux les jambes autour du cou. Les deux hommes décident de prendre la fuite, mais doivent trouver une tierce personne afin de partager les frais du voyage. Ils passent une annonce, et Mae Busch y répond : elle souhaite également quitter la ville, mais son petit ami s’est évadé de prison et il va falloir l’emmener…

Bien sûr que le petit ami en question est interprété par Walter Long.

Derrière ce scénario invraisemblable se cache un gag à tiroirs: Long, qui n’a pas encore repéré que les deux hommes avec lesquels il va s’enfuir sont ses deux ennemis, est caché pour les besoins du film dans une malle dont il ne peut sortir. Les efforts déployés par Laurel et Hardy pour l’en sortir seront bien sûr l’occasion pour eux de lui faire subir diverses tortures. Sinon, lorsqu’il sort, il même sa vengeance à la lettre.

Avec ce film commence une période durant laquelle Charles Rogers, l’homme de confiance de Stan, devient le metteur en scène attitré. Si aucun de ces films n’est notable par sa mise en scène, ils permettront au moins à Laurel et Hardy d’offrir en toute quiétude la quintessence de leur art, tandis qu’au dehors l’orage entre Roach et Laurel gronde. Il est toujours assez frappant de constater que si Laurel n’était sans doute pas facile à vivre, il n’ya semble-t-il jamais eu la moindre friction entre lui et Hardy, toutes les disputes et grosses fâcheries, conflits d’ego et «différents créatifs» ayant eu lieu entre Laurel et leur producteur…

 

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Laurel & Hardy Comédie
3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 14:35

Ce classique mérite d’entrer dans l’histoire d’abord parce qu’il est un excellent cru, mais aussi parce qu’il a fait l’objet d’une suite.

L’histoire est bien connue : Laurel et Hardy doivent prendre le large afin de permettre à Hardy de soigner sa goutte. Il partent donc prendre les eaux dans les collines, avec une caravane: ils s’installent près d’un puits dans lequel ils ne savent pas que juste avant leur arrivée, un groupe de trafiquants a jeté de l’alcool de contrebande. Ils s’installent et vaquent à leurs occupations, faisant la cuisine en sifflant de temps à autre une louchée de ce précieux liquide. L’ambiance se réchauffe bien vite, et ils sont rejoints par un couple tombé en panne, Charlie Hall et Mae Busch. Elle reste avec les garçons, et participe à la beuverie, pendant que son mari s’occupe de la voiture. L’irascible mari prend très mal les familiarités des eux hommes avec son épouse, un «tit for tat» magistral termine le film, plus froid et plus lent que jamais.

A noter, dans ce court métrage, l’apparition d’un « signe » «cinématographique: la chanson interprétée par Hardy (Qui chante), Laurel (Qui ponctue de "Pum Pum" incongrus) et Mae Busch (Qui hurle des "pum pum" de plus en plus fort au fur et à mesure de l’augmentation de son taux d’alcoolémie), reviendra dans Tit for tat, et sera l’indice donné au public de la continuité entre les deux films. Il est par aileurs à noter que si Charlie Hall est toujours un ennemi juré et menaçant (Il fait partie de ces méchants d'autant plus dangereux qu'ils ne font qu'1m60), ici Mae Busch a enfin l'occasion de devenir franchement copine avec les deux comédiens. Ca fait plaisir.

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Laurel & Hardy Comédie
3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 14:33

Les deux héros sont des ramoneurs, et vont ramoner la cheminée d’un savant fou qui a inventé une potion de rajeunissement parfaitement efficace, dont Hardy va au final faire les frais: cela implique des bassines d’eau, donc Hardy ne peut qu’y tomber.

Le professeur Noodle ( = Nouille), joué par Lucien Littlefield, nous permet de voir ce comédien, un vétéran des studios Roach, dans un rôle inhabituel pour lui. En effet, Littlefield, dès son séjour à la Paramount dans les années 10, est devenu un majordome plus vrai que nature, ce qu’il a continué à faire encore et encore pour le «lot of fun», notamment chez Charley Chase. Ici, en savant fou particulièrement atteint (Il est très convaincant) , il donne la réplique à Sam Adams, qui joue Jessup, … son majordome.

Quant à la partie « ramonage » du film, faut-il préciser qu’on s’y salit beaucoup? Tout ici est basé sur la froide, lente accumulation de prétextes pour Laurel et hardy à saboter leur propre acion, en étant toujours plus salissant. Lors d'une opération particulièrement ratée, les briques mettent de plus en plus de temps à tomber sur la tête de Hardy et Jessup, le majordome, d'un ton dédaigneux, se contente de lui dire qu'il y a, quelque part, une chaise électrique qui n'attend que lui... Indispensable.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach Comédie
14 novembre 2025 5 14 /11 /novembre /2025 23:27

Mmes Laurel et Hardy sont de sortie, et du coup, MM. Laurel et Hardy gardent leurs enfants... Les deux pères bien sûr aimeraient être tranquilles, mais les enfants se chamaillent tout le temps, et provoquent le même type de catastrophes que leurs aînés.

Ce chef d’œuvre est bien connu, avec juste Laurel, Hardy, Laurel, et Hardy, et des truquages simples, mais effectifs: des meubles géants, afin de faire passer l’illusion de Laurel et Hardy petits garçons.

Il existait jusqu'à présent trois versions du film, toutes similaires en termes de scènes : la version colorisée, bien sur, mais aussi la version la plus courante (Ressortie dans les années 30, avec une nouvelle musique de fond). La version d’origine, telle que sortie en 1930, est disponible et c'est assez rare pour être souligné...

Mais une nouvelle pièce vient s'ajouter à l'ensemble: quand en 1930 le parlant s'était généralisé aux Etats-Unis, il restait d'une part des cinémas notamment ruraux qui ne bénéficiaient pas encore de la nouveauté technologique; et en Europe, le cinéma sonore ne s'était vraiment installé que dans les villes: tout un marché restait dépendant de copies muettes. Ce film est l'un des courts métrages de 1930 dont le studio Roach a proposé une copie muette pour cette exploitation spécifique, et c'est une version assez fidèle du film, avec des intertitres... Il y a d'autres courts (Notamment Blotto, et Unaccustomed as we are) qui sont dans ce cas, on commence à pouvoir y avoir accès grâce à la sortie d'anthologie restaurées, chez Kit Parker et Flicker Alley, deux labels spécialisés aux Etats-Unis.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Hal Roach Muet
30 mai 2025 5 30 /05 /mai /2025 23:44

En lançant Our gang, Hal Roach souhaitait en faire une série consacrée à des enfants avec leurs animaux. Il en reste des bribes dans les quelques premiers films de la série, à travers un parallèle forcé entre la vie des gamins de la troupe, et de quelques animaux qui sont le plus souvent dotés de vêtements qui les encombrent. C'est à Robert McGowan, qui reprit la direction des opérations en 1923, qu'on doit une décision salutaire: limiter considérablement les interventions des animaux, et se concentrer sur les enfants. Ouf!

Oui, ouf, car au vu de ce film entièrement consacré à des animaux plus ou moins doués pour la comédie, qui sont amenés à "jouer" dans un film en dépit du bon sens, on se dit qu'on l'a échappé belle! Ce court métrage d'une bobine a beau être tiré de la production d'une merveilleuse année (celle qui vit Harold Lloyd tourner ses derniers chefs d'oeuvre pour le studio, mais aussi Charley Chase reprendre l'unité de son frère et lancer ses propres courts métrages), il n'en reste pas moins que ces "Dippy-doo-dads", pour reprendre le titre de la série, était une lamentable exploitation de pauvres bêtes, dans des scénarios indigents. 

Bref, un gâchis de pellicule.

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Published by François Massarelli - dans Muet Hal Roach Wonder dogs Navets
30 avril 2025 3 30 /04 /avril /2025 23:33

The Champeen est un classique de la série Our gang, peut-être le meilleur de leurs films muets... Produit évidemment par Hal Roach et sorti à l'époque où la série trouve simultanément le succès et sa vitesse de croisière, c'est un modèle de construction, et chaque composante de la légende de ces courts métrages est représentée à la perfection...

Pour commencer, évidemment l'élément déclencheur reste Ernest Morrison, qui après avoir chapardé des pommes, se voit dans l'obligation de touver un truc pour rembourser le marchand. Devant l'atmosphère d'hostilité dans la bande de copains (deux d'entre eux se battent pour une fille), il décide d'organiser un match de boxe.

...Ce qui en soi n'est sans doute pas original, car le réflexe du film de boxe était déjà bien ancré, et ça ne s'est d'ailleurs jamais démenti. Mais avec les espiègles acteurs juvéniles de Our gang, ça ne manque pas de sel...

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Published by François Massarelli - dans Muet Hal Roach
17 avril 2025 4 17 /04 /avril /2025 23:39

Les copains de labande habituelle des films Our gang sont très amis avec un cordonnier qui les laisse souvent s'installer dans son atelier, au détriment de son travail parfois, et de sa tranquillité toujours... Un jour qu'il ne veut pas que le chaos qu'ils installent chez lui ne se poursuive, il les emmène en pique-nique... Mais la voiture (on est chez Hal roach, c'est donc une Ford T) tombe en panne; le temps qu'il aille chercher de l'eau pour le radiateur, les gamins tentent des réparations, et dérangent un vagabond...

L'énergie du groupe est bien rodée à ce stade de l'histoire de la troupe... Sous la responsabilité de Tom McNamara (Charley chase, qui vient de commencer sa propre série, n'a sans doute plus de temps à consacrer à la supervision des films de chez Roach, et c'est désormais probablement F. Richard Jones, un transfuge de chez Sennett, qui s'en charge), le style des films ne varie pas, et la qualité non plus.

Chez Roach, on ne glisse pas toujurs dans la folie pure, il y a souvent une méthode, liée aux caractères des personnages... C'est d'autant plus vrai dans ces films où Ernest Morrison, Jackie Condon, Mickey Daniels, Jack Davis et Allen Hoskins (dans le rôle de la petite Farina) rivalisent d'invention et de malice...

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Published by François Massarelli - dans Muet Hal Roach