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21 février 2026 6 21 /02 /février /2026 17:47

Ce film de 1924 est le témoin d'une rude époque: la Columbia était une minuscule compagnie, qui n'avait pas encore trouvé le moyen d'exister face aux géants du cinéma Américain, les Paramount, Fox, First National (qui n'avait pas encore été absorbée par la toute jeune compagnie Warner) et la toute nouvelle Metro-Goldwyn-Mayer... Devenue Columbia, après que Harry Cohn ait utilisé l'étiquette CBC (Cohn-Brandt-Cohn), ce long métrage mélodramatique est donc l'une de leurs premières productions.

Du tout venant, dans sa globalité, malgré un certain soin. On est en plein mélo: dans la famille Gower, la fille Mildred (Alma Rubens) est la personne raisonnable: à cause des frasques de sa mère (Eugenie Besserer), elle est obligée de se marier avec le riche (et vieux) Lemuel Sidall (William Welsh), qui lui mène une vie infernale... Elle aurait préféré le beau docteur Donald Keith (Frank Mayo)...

En une heure, le film nous fournit toute la tension mélodramatique nécessaire: l'attente face à un mariage qui menace d'être étouffant, les jalousies délirantes de Sidall (dont la santé fragile est une constante épée de Damoclès), la rencontre inopinée entre les tourtereaux, à quelques heures du mariage fatidique, et une croisière improvisée riche en rebondissements...

Le meilleur moment? Un plan inattendu lors de la nuit de noces, alors que William Welsh s'avance vers elle, on nous montre un beau gros plan d'Alma Rubens, en un éclair... Cette dernière, contrairement à la compagnie Columbia, n'en était pas à son coup d'essai...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924
26 janvier 2026 1 26 /01 /janvier /2026 16:36

En 1924, le succès de ce film concrétise finalement les ambitions de trois parties: Fritz Lang, qui venait déjà de réaliser deux films au succès insolent, arrivait enfin à prendre, ne serait-ce que momentanément, la place de plus important réalisateur du cinéma Allemand; son épouse Thea Von Harbou, associée à Lang dans leurs deux succès Der müde Tod (1921) et le diptyque Dr Mabuse, der Spieler (1922), parvenait enfin à mélanger sa verve feuilletoniste et les contes et légendes Germaniques, ce qui ne pouvait que satisfaire cette nationaliste aux amitiés déjà louches; enfin, la UFA mettait la main sur un metteur en scène, une équipe, et un film monumental, qui allaient lui apporter à n'en pas douter une assise mondiale, après les années de vaches maigres vécues par le cinéma Allemand, pointés du doigt après la guerre. De fait, on peut dire sans aucun problème que le film est sans doute le point culminant du cinéma allemand des années 20, en même temps que le plus impressionnant des signes extérieurs de richesse: Lang a demandé beaucoup à la UFA, et le studio lui a tout donné; le résultat est là, mais le film a quand même longtemps traîné une réputation sulfureuse, totalement injustifiée..

Dans un moyen-age légendaire, Siegfried (Paul Richter), fils du roi Siegmund, acquiert par la ruse et par sa propre assurance un statut de héros invincible: il a forgé la plus belle des épées, a déjoué le piège du nain Alberich (Georg John) et s'est emparé de l'impressionnant trésor des Nibelungen. Il a aussi triomphé d'un dragon, et s'est baigné dans son sang, devenant de fait invulnérable, sauf pour une petite partie de son dos, là où une feuille de frêne s'était posée durant son bain magique. Devenu très puissant, il ambitionne de devenir le mari de la belle Kriemhild (Margarete Schon), princesse Burgonde et soeur du roi Gunther (Theodor Loos). Celui-ci, conseillé par son vassal Hagen Tronje (Hans Adalbert Schlettow), pose une condition: afin de se rendre digne de la main de Kriemhild, Siegfried devra aider Gunther à conquérir la main de la reine Brunhild (Hanna Ralph), une redoutable amazone Islandaise. Usant de stratagèmes et de magie, Siegfried aide Gunther à parvenir à ses fins, mais la belle Brunhild apprend vite de la bouche de Kriemhild la vérité. Elle lance alors à son mari et son clan un défi: elle souhaite qu'on tue Siegfried. la suite des événements sera inévitablement faite de tricheries, combats, serments, coups-bas, loyauté mal placée, mort et trahison... 

La récupération par les nazis de ce film aura lieu de multiples façons, avant, pendant et après la montée au pouvoir d'Hitler: Celui-ci, ainsi que Goebbels, verront le film, en garderont un souvenir fort, et le réutiliseront d'abord sous la forme d'une ressortie au début du régime, accompagnée par une bande-son narrative qui va dans le sens de leur propagande. Les organisateurs des meetings des années 30, notamment le fameux rassemblement de Nuremberg, étudieront également la plastique très ordonnée de la première partie du film, s'inspirant des cérémoniaux des Burgondes, et en particulier de la belle ordonnance du chateau de Worms telle qu'elle est aperçue pour la première fois dans le film, via un narrateur qui conte à Siegfried exactement ce qu'il veut entendre... Mais le film n'est pas un film nazi, pas plus, si on veut, que le Faust de Murnau n'est un opéra: Wagner et Lang se sont abreuvés aux mêmes surces, celles de légendes Germaniques du XIIIe siècle, tout comme Gounod et Murnau ont conté la même histoire dans deux oeuvres différentes. Et du reste, si durant le règne des nazis Goebbels ne manquera pas une occasion de dire le bien qu'il pense du film, et si cette fameuse offre embarrassante de diriger le cinéma du régime a bien été faite à Lang en raison de sa participation à ce film, il suffit de le regarder pour voir que le caractère germanique tant vanté par les nazis était plutôt mis à mal par le film, une nouvelle variation sur l'idée de destin fatal tel que Lang le concevait; de plus, Siegfried, le fameux héros de la première partie de la saga, arrivait à sa puissance par la magie, par la ruse, mais aussi par la tromperie, l'intimidation, et une certaine dose de vantardise: Fairbanks ne s'y est pas trompé, lui qui a un peu 'emprunté' l'apparition du héros à la cour de Worms pour son Voleur de Bagdad: Siegfried sait se vendre, et utilise tous les moyens possibles et imaginables pour arriver à ses fins, à comencer par la magie qui est toujours synonyme chez lui de tricherie, dissimulation, et mensonge. Ajoutons à cela que si Siegfried est tant attiré par Worms, c'est parce qu'il a entendu les légendes sur la nomblesse des Burgondes: la première vision de la cour de Worms et ainsi tirée d'une narration interne, du récit qui en est fait à Siegfrid, de même que celui-ci devient connu à Worms, en particulier par la jeune Kriemhild, à partir du récit enjolivé qu'en fait le chevalier et barde Volker. Kriemhild confirmera dans un premier temps sa naïveté, en confiant un rêve prémonitoire (Réalisé en sable animé par Lotte Reiniger) qu'il est facile de lire, dans lequel deux oiseaux menaçants chassent une colombe. Les deux oiseaux renvoient bien sur à Hagen Tronje, vassal de Gunther mais véritable pouvoir derrière le régime, un homme qui ne reculera devant rien pour assoir sa domination. Et de fait, les comportements jusqu'au boutistes, reposant sur des codes d'honneur truqués, des trahisons, des égoïsmes radicaux, ne pourront au terme d'une sanglante deuxième partie, mener qu'au chaos, et à la mort de tous les protagonistes, ou presque: c'est le destin, encore et toujours... Mais ce qui frappe aussi, c'est que ce film fait suite avec un passé mythique, à une oeuvre qui se situait dans le présent imaginaire mais ô combien réel, de l'Allemagne en crise. Plus encore, Die Nibelungen sera suivi d'un film (Metropolis) qui explorera de nouveau un mythe, celui du futur, et un futur miné par une certaine vision de la fatalité. Alors une bonne fois pour toutes, qu'on arrête d'assimiler ce film à l'idéologie Nazie. Lang s'est totalement approprié le film, et il a imprimé sa marque si personnelle, on l'a vu, à ces histoires antédiluviennes...

Le film est donc une longue oeuvre avoisinant les cinq heures, divisée en deux parties sorties séparément, comme Dr Mabuse der spieler en 1922. Et une fois de plus, les deux parties possèdent leur structure interne en même temps que de nombreux échos de l'une vers l'autre. Chacune est divisée en sept chants, plutôt que des "actes" (le terme consacré pour les films Allemands de l'époque)... Les moyens énormes dont Lang a disposé lui ont permis la confection d'un somptueux ensemble d'images toutes plus belles les unes que les autres; il a su faire une synthèse entre l'héritage de l'expérience de l'expressionnisme cinématographique, et d'une esthétique plus traditionnelle héritée du romantisme. Les aspects techniques du film ont inspiré jusqu'au cinéma américain (Thief of Bagdad), et sont encore admirables aujourd'hui; le jeu des acteurs est habité, sincère et sans ambiguité, vaguement inspiré de la tradition japonaise du théâtre Kabuki. Le film a donc eu du succès, mais pas autant qu'on aurait pu l'espérer. les deux parties étant sorties séparément, Siegfrieds Tod (la mort de Siegfried) s'en est beaucoup mieux tiré que la suite Kriemhilds Rache (la vengeance de Kriemhild); du coup, à l'étranger, de nombreux distributeurs ont choisi de ne sortir que la première partie. Remonté, coupé, réarrangé, le film a vécu les mêmes types de transformation que Metropolis ou d'autres films spectaculaires de l'époque. C'est donc un miracle qu'il nous soit parvenu en des copies complètes, comme en témoigne la nouvelle restauration des magiciens de l'institut Murnau, et le BluRay Masters of Cinema, qui est une merveille de plus...

 

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Published by François Massarelli - dans Fritz Lang Muet 1924 **
7 janvier 2026 3 07 /01 /janvier /2026 11:00

Mr (Jack Mulhall) et Mrs Blaine (Billie Dove) sont mariés et parfaitement heureux, jusqu'au jour où Monsieur annonce à Madame qu'ils vont recevoir Ridgeway, un très gros client de sa firme... Madame est intéressée, d'autant plus que ce Ridgeway (John Sainpolis) a une certaine réputation: il collectionne les perles, dit-on, et pas que les perles... Quand il vient, il est subjugué par l'épouse de son collaborateur, et les invite à participer à une soirée puis un week-end de croisière sur un yacht... La jeune femme, naïve, va-t-elle succomber au charme de l'homme qui voudrait la couvrir de bijoux? Et de son côté, son mari va-t-il se laisser entraîner dans les bras de l'amie de Ridgeway, la jeune veuve Mrs Howard (Betty Blythe)?

Vous le saurez en voyant ce film, qui a l'air de partir dans toutes les directions (ce n'est pas qu'une impression), mais qui a surtout le bon goût de ne pas se prendre au sérieux, sans parler du fait qu'il est assez court. En six bobines, on a donc d'une part une comédie légère un peu leste qui s'amuse de nous montrer une fiesta extravagante pour laquelle Ridgeway a engagé des jeunes femmes qui virevoltent avec ou sans voiles autour des convives éberlués... Puis propose un rêve édifiant, dans lequel Madame Blaine prend enfin conscience de sa vanité, en visitant le royaume de Neptune!

Derrière cette sombre histoire de bijou, de vraies ou fausses perles, c'est d'un côté l'attaque sur la vertu de Mrs Blaine qui est en jeu, ainsi qu'une très grossière assimilation de l'épouse à une incorrigible enfant entêtée...

La Fox tatonne, en cette période, et le studio qui a toujours été le lieu de toutes les aventures (les films sociaux ou musclés de raoul Walsh, les vignettes Américaines de Ford depuis 1920 et les westerns de Tom Mix) est aussi l'endroit où les films épiques, antiques et déshabillés de J. Gordon Edwards (Cleopatra, The Queen of Sheba, Salome)  avec Betty Blythe ou Theda Bara, ont été tournés... A ce titre, l'association entre le britannique Maurice Elvey, en charge de la partie la plus raisonnable du film, et Henry Otto (qui a mis en scène le rêve délirant) se justifie...

Otto vient de sortir le film Dante's Inferno où il s'est déjà livré à la confection d'étranges images un rien prétentieuses, qui illustraient la Divine Comédie avec moult figurantes en costumes légers, et il semble bien qu'il ait été assigné sur ce film pour aller à peu près dans la même direction onirique... Impossible après ça, je le répète, de voir comme un drame raisonnable ce film qui se situe un peu dans la lignée des productions contemporaines de Cecil B. DeMille, en moins sérieux, non?

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924 Maurice Elvey
19 juin 2025 4 19 /06 /juin /2025 22:15

Un train roule vers l'ouest... A son bord, une jeune voyageuse a confié ses deux chiens à l'équipage du véhicule, dont un homme, Dan Angus (George bancroft), qui déteste les bêtes... Durant le trajet, ivre, il brutalise les deux animaux, et tue l'un d'entre eux, avant de jeter sa dépouille au dehors. L'autre chien se jette pour veiller son camarade... Le lendemain, il est trouvé par Dave Deering (Tom Mix), un brave cow-boy. La jeune femme (Lucy Fox) qui a perdu ses animaux s'est lancée à leur recherche, et Dan Angus, dont les actions l'ont grillé auprès de ses supérieurs, rôde...

C'est un petit film de complément de programme, particulièrement soigné par Blystone. Les films de Tom Mix pouvaient être un peu ridicules (le costume de cow-boy avec le "10 gallon hat", le côté justicier propre et bien coiffé) mais ils pouvaient aussi, clairement, proposer en moins d'une heure une impressionnante dose d'action western, du suspense, et tous les atouts du mélo, utilisés à bon escient. C'est exactement ce que propose ce film superbement joué, et qui vous tient en haleine du début à la fin, jusqu'à un incendie très réel...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet ** 1924 Western Wonder dogs
24 mai 2025 6 24 /05 /mai /2025 15:01

A la lisière d'un désert, des agitateurs politiques Turcs tentent de contrer l'influence d'une mission Chrétienne, menée par un Américain et sa fille Mary (Alice Terry). Jamil (Ramon Novarro), un bédouin qui a déserté de l'armée, s'intéresse à cette dernière, qui lui donne des cours de lecture et d'anglais. Mais les Turcs tentent d'utiliser la personnalité volatile de Jamil pour affaiblir les occidentaux...

C'est un film perdu, apparemment, dont une copie incomplète a survécu, préservée au Gosfilmofond de Moscou. Il y manque au moins deux bobines, et le film tel qu'on peut le voir ne possède plus son début, pas plus que sa fin... Ce qui évidemment n'est pas des plus pratiques! Une autre copie existe à la Cinémathèque Royale de Belgique, mais il m'est impossible de dire si celle-ci est plus complète...

Apparemment, c'est un film de Rex Ingram qui a surtout été réalisée dans le but de servir sur un plateau un rôle en or pour Ramon Novarro, et pour capitaliser sur le succès remporté par Valentino avec The Sheik... Mais il a néanmoins une qualité essentielle, et qui aura des conséquences: Ingram a profité d'un voyage en Europe où il souhaitait relocaliser son équipe (il reprendra finalement les studios de la Victorine à Nice), pour pousser jusqu'en Tunisie. Les décors des extérieurs du film en gardent une authenticité impressionnante, et Ingram a été inspiré pour quelques scènes et vignettes, profitant du soleil local pour composer comme lui seul (et John Seitz, son chef-opérateur attitré) savait le faire des images hautement décoratives... Même si c'est pour un film vide de sens et rempli de clichés affligeants!

Finalement, le remake par Sam Wood, débarrassé de ses oripeaux politiques, et réduit à un conflit intérieur entre la raison (Myrna Loy est chrétienne, elle ne peut décemment pas fricoter avec Ramon Novarro le musulman) et l'amour, est nettement plus intéressant: The barbarian (1932)!

Je parlais de conséquences: Rex Ingram, qui a mené le tournage des intérieurs de ce film à Paris, ne tournerait plus jamais aux Etats-Unis, peu satisfait de la nouvelle donne de la compagnie Metro pour laquelle il tournait depuis 1920, et qui était désormais englobé dans un partenariat avec Goldwyn et Mayer... Pour commencer, il a tourné Mare Nostrum, l'un de ses films les plus intrigants...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Rex Ingram 1924
17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 15:39

Réalisé avec l'aide de la police de Munich, ce documentaire participe d'un essor du genre dans les années 20, en Allemagne: sous diverses formes, des documentaires attiraient les foules, tout en propsant une utilisation du cinéma nouvelle, excitante et souvent inattendue.

Ce film n'est pour autant pas à assimiler aux Kultürfilme (Kraft und Schönheit est le premier exemple qui me vient à l'esprit), dans lesquels on tentait d'épuiser un sujet de façon rigoureuse, méthodique... et un rien ronronnante! Il n'est pas non plus un de ces films d'avant-garde qui pulluleront à la fin des années 20, comme bien sûr le très célèbre Berlin, symphonie d'une grande ville, de Walter Ruttman (1927): non, plus simplement, il s'agit de montrer de quelle façon les rues allemandes peuvent se muer en autant d'endroits dangereux, en adoptant une approche documentaire légèrement modifiée avec un recours à des acteurs qui interprètent le rôle de passants, de passagers des transports, dans un décalage parfois légèrement farfelu, mais aussi parfois le film rappelle les accidents tragiques... 

Et sinon, le film glisse vers le baroque en tâchant de montrer la différence entre un bon et un mauvais mendiant...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924 *
11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 09:34

L'année 1924 a été très importante dans la carrière de Lau Lauritzen, Carl Schenstrom et Harald Madsen, puisque d'une part ils ont sorti un grand nombre de films, mais aussi le succès est devenu très important: ils s'exportaient: une allusion à leurs personnages est visible dans une scène du Dernier des hommes de Murnau, qui a d'ailleurs provoqué qu'on en crédite assez souvent les deux acteurs, ce qui est faux.

Pour autant, Lauritzen s'entenait à une formule, un certain nombre d'ingrédients, de l'huile de coude, un paquet de clichés, facilités et automatismes, et surtout l'énergie de ses deux compères... Et aussi un titre: comme tous ceux qui ont précédé, ce film est intitulé avec trois mots qui ont la même initiale, ce qui provoque d'ailleurs une incohérence. Car si Professor Petersens Plejebørn veut bien dire L'enfant adoptif du Pr Petersen, ça ne colle pas car il n'y a pas de Professeur Petersen. Il y a bien un professeur, mais il s'appelle Wolmer... Et sinon Mademoiselle Petersen est sa gouvernante. En anglais, le film s'intitulait The smugglers (Les Contrebandiers), donnant de l'importance au début et à la fin du film; et en français, sans aucune explication pour ma part, le titre était Dans un rêve. En Allemand, enfin, le titre est étrange mais se justifie: Der Kampf mit der Drachen, c'est Le combat avec le dragon, et... il y en a un.

Pour commencer, donc, le Professeur Wolmer (Svend Melsing), un passionné de nature et des animaux, se rend sur une île pour y observer les oiseaux, mais ils tombe entre les mains de contrebandiers. Deux d'entre eux (lesinévitables Doublepatte et Patachon) l'aident à fuir et pour leur prouver sa reconnaissance il les engage comme domestiques... Ils vont être confrontés à la rigidité de la gouvernante, Mademoiselle Petersen (Maria Garland). Quand Wolmer reçoit une lettre d'un ami qui lui annonce la venue de sa fille pour une période indéterminée, le professeur et Mademoiselle Petersen s'imaginent accueillir une enfant, mais Anita (Lili Lani) est une jeune femme, et Wolmer tombe sous le charme, ce qui n'arrange pas les affaires et les aspirations de sa gouvernante...

C'est évidemment loufique et sans temps morts. Les deux acteurs sont beaucoup plus sollicités que d'habitude, et leur tandem fonctionne magnifiquement, sans parler de séquences de pur slapstick, surtout sur l'île aux contrebandiers... Une bagarre générale en particulier semble réjouir particulièrement les acteurs eux-mêmes! Le reste, plus policé, se voit sans déplaisir grâce à la dynamique négative amenée par Maria Garland, qui contraste fort bien avec le style décontracté des deux vagabonds. Svend Melsing et Lili Lani sont parfaitement fonctionnels en inévitables tourtereaux... Une fois de plus, c'est un gentil foutoir, mais on s'en contentera agréablement.

 

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Published by François Massarelli - dans Lau Lauritzen Schenström & Madsen Muet 1924
2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 09:38

Sorti en 1924, le film a cependant été tourné en 1923, et montre Doublepatte (Carl Schenstrøm) et Patachon (Harald Madsen) en compagnie d'une troupe fréquente: à leurs côtés, donc les acteurs Gorm Schmidt, Oscar Striboldt, Stine Berg; le rôle principal féminin est tenu par Grethe Rutz Nissen (Future Greta Nissen aux Etats-Unis, attirée par un contrat avec la Fox), une ancienne ballerine qui a été repérée par Lauritzen et qui jouait la jeune orpheline (...et la Petite Sirène) dans un film antérieur, Daarksab, dyd og driverter.

Dans une petit groupe d'amis à Copenhague, un maître de ballet (Charles Wilken) prépare fébrilement sa petite fille (Grethe Nissen) à devenir une vedette du ballet. Mais elle est amoureuse de Bent (Gorm Schmidt), un étudiant qui ne voit pas cette obsessin d'un bon oeil, car il pense qu'elle ne lui permet pas d'espérer se marier avec elle. Parmi les amis, deux musiciens aident la petite troupe, en jouant pour les cours de ballet: un violonisste (Madsen) et un flûtiste alto (Schenstrøm)... Ceux-ci récupèrent l'argent d'une vieille dame qui a été agressée par des voleurs, et en mettent un peu de côté pour eux-mêmes. Ils vont ainsi pouvoir fournir des costumes à la jeune femme pour une grande soirée de gala, durant laquelle elle va rencontrer un producteur Américain...

C'est le mélange habituel des films de Lauritzen avec le duo, un peu d'art, un soupçon de romance, beaucoup de comédie un rien suranée, une ou deux poursuites, et des jolies filles (dans une scène un peu téléphonée, montrant vers la fin que les deux héros se sont reconvertis en employés de piscine: Lauritzen avait une troupe de jeunes actrices sous contrat, dont la fonction première était d'apparaître en maillot de bain! Comme chez Mack Sennett...). Le film a probablement été tourné à l'économie, car tous les décors semblent avoir été tournés en studio, et sont aisément recyclables; les scènes au théâtre peuvent avoir été tournées dans n'importe quel studio, et Lauritzen s'est permis une fois de plus de lâcher ses héros en ville, notamment en allant tourner avec eux lors de l'authentique dépat d'un transatlantique!

C'est un aimable divertissement, qui n'ajoute rien et ne retranche rien à l'univers des deux acteurs, qui une fois de plus agissent un peu en satellites de l'histoire dans laquelle ils évoluent. Leurs deux scènes de poursuite finissent par ressembler à un passage obligé, avec l'inévitable accélération de l'action. La présence d'Oscar Striboldt (pas le plus sibtil des acteurs, mais c'était une supestar...) en étudiant fera grincer quelques dents... Sinon, une partie du film profite des capacités de Grethe Nissen pour la danse.

Et une scène se dégage, celle de la piscine: il y a une manifestation d'humour noir assez hallucinante. Madsen y est moniteur de natation (même si son comportement nous pousse à penser qu'il ne sait pas nager lui-même). Il s'occupe de donner des instructions à un monsieur d'âge mûr, qu'il tient au bout d'une perche. Le monsieu galère. Quand son copain l'interpelle, Madsen lâche sa perche et laisse son élève se noyer. Il se dirige vers un groupe et demande: "Au suivant!" Même Buster Keaton et Roscoe Arbuckle n'avaient pas été aussi loin et aussi ouvertement dans l'humour noir...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924 Schenström & Madsen Lau Lauritzen
21 février 2025 5 21 /02 /février /2025 08:59

A Copenhague, un Italien, le vieux Guido Buzzio (Philip Bech), travaille dans son atelier: il vend des figurines en plâtre. Pour l'aider, il a sa petite-fille, Mona (Agnes Petersen), ainsi que deux assistants, un grand maigre (Doublepatte, Carl Schenstrom) et un petit râblé (Patachon, Harald Madsen). Un jeune homme (Svend Melsing), étudiant en art dramatique de son état, vient souvent à la boutique acheter des figurines... pour voir Mona. Mais un jour, un objet de valeur sentimentale est cassé: une cruche porte-bonheur qui se transmet de génération en génération dans la famille Buzzio... A l'intérieur, un papier propose des instructions incomplètes pour localiser un trésor sur la côté méditerranéenne.

Mona et les deux assistants se mettent en route, mais ils sont suivis par trois personnages interlopes et inquiétants: le fils (Karl Jørgensen) de la logeuse de Guido, un bon à rien qui a entendu la conversation; un mystérieux moine; et un étrange bonhomme (Waldemar Maes) apparemment cinglé qui a aperçu un bouton sur la veste de Patachon, et pense qu'il fait partie de la même société secrète que lui: des anarchistes à la mode des années 20...

Quelle bonne idée, finalement: après avoir alterné entre les films "estivaux" (Sol, Sommer og Studiner), les film ruraux (Ole Opfinders Offer) et les films citadins (Blandt Byens Børn), Lauritzen et la société Palladium envoient leur deux "héros" en voyage, et ils vont passer par l'Allemagne, puis Amsterdam, puis Paris et enfin l'Italie (Pise) et plus généralement la Méditerranée (Monte-Carlo). Les deux acteurs ont certainement été lâchés en pleine rue, à Paris aussi bien qu'à amstredam, et les prises de vue en extérieurs ne trichent absolument pas, Pise est bien Pise (avec l'inévitable visite à la Tour) et les côtes Italiennes ne font pas semblant non plus... Les passants qui croisent Doublepatte et Patachon à paris comme à Amsterdam n'en reviennent d'ailleurs pas. Et un plan Parisien a été pris d'une telle distance que les acteurs sont vraiment sans filet.

C'est une aventure avec ce qu'elle peut comporter de péripéties attendues: on s'intéresse un peu mollement à cette "énigme des cruches", pour reprendre le titre français, mais pas tant que ça: c'est assez expédié, au profit probable d'une certaine improvisation! Impossible de suivre d'ailleurs, sans constater que les personnages ont finalement bien peu d'indices pour trouver leur trésor, mais le trouvent quand même...

Ce qui fait merveille, par contre, c'est que les deux personnages de Doublepatte et Patachon (dont Lauritzen a fini par comprendre qu'ils sont LA principale attraction de ses longs métrages, et qu'on n'a pas nécessairement besoin des jolies filles en maillot qu'il plaçait dans tous leurs films) sont vraiment des acteurs de cette intrigue, pour laquelle ils déploient avec la prudence timide qui les caractaérise, un certaine énergie et une bonne volonté qui font plaisir. Bien sûr, ils vont se faire griller la politesse par l'un des étranges personnages qui les suivent, mais quelle surprise de voir Carl Schenstrom avec un petit piostolet automatique!

La continuité du film tel qu'on peut le voir aujourd'hui est par contre assez étrange: l'épisode Hollandais est entrecoupé d'un passage à Paris qui ne cadre pas: erreur de montage de 1924, ou de la restauration? J'espère que quelqu'un y remédiera; il existe des montages alternatifs de certains films du duo, mais la plupart des longs métrages ont été préservés dans des copies uniques. Celle-ci est vraisemblablement l'unique version de ce petit film de vacances...

 

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Published by François Massarelli - dans Schenström & Madsen Lau Lauritzen 1924 Muet
14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 10:44

Dans un petit village Danois, disons, rural, une ptite communauté vit et survit... C'est que les officiels n'ont pas leur pareil pour débarquer à l'improviste et embarquer ls biens pour le paiement des impôts. Un riche fermier, Per Storegård (Sigurd Lamberg), a des vues sur Grethe (Agnes Petersen), la jolie fille de la meunière Ane (Jutta Lund). Mais celle-ci n'a d'yeux que pour le jeune compagnon meunier (Erik Hofman)... le fermier en devient très jaloux.

La pression fiscale devenant trop forte, le meunier exaspéré se demande si on ne ferait pas mieux de brûler le moulin! Et l'un des aides du meunier a trouvé chez le forgeron Ole (William Bewer) une machine que ce dernier a inventé, une sorte de briquet amélioré... Quand un incendie se déclare, inévitablement, les soupçons se portent immédiatement sur le meunier et ses amis...

Parlons de ses amis, d'ailleurs: dans un film qui est assez long (80 minutes) et qui a pu être conservé in extenso semble-t-il, ce qui serait une première pour un long métrage de cette taille, nous retrouvons les deux héros des comédies de Lau Lauritzen, Fyrtaarnet (Doublepatte, Carl Schenstrøm) et Bivognen (Patachon, Harald Madsen); au début, ils sont vaguement des vagabonds, et on a l'impression que leur rencontre avec l'équipe qui collecte les impôts les autorise à être dans le film. A la fin, ils partiront, comme ils étaient venus, avec leur raison sociale douteuse:ils ont une technique délirante pour piéger les rats, ce qu'ils ne feront d'ailleurs jamais dans le film, et se feront engager au moulin à la place.

"Patachon" a aussi, comme dans le film Daarskab, Dyd og Driverter de 1923, droit à sa petite histoire d'amour avec Stina Berg. Ce qui ne l'empêchera pas de se livrer à un petit interlude plaqué dans l'histoire, qui le montre draguer une bande de filles en maillot qui se baignent sur la plage! ...Lauritzen tenait à utiliser ce gag dans tous ses films quand c'était possible.

On est en pleine formule, donc: les deux héros, si on ose les appeler ainsi, voyagent à travers ce film sans trop se faire remarquer, et y ont un peu de place pour leurs excentricités. C'est loufoque, assez franchement foutraque aussi. Le fait est que Lauritzen, contrairement à ses deux vedettes qui étaient des génies de la comédie physique, n'a pas trop le don de montrer la comédie. Pour preuve, le fait que le film a plus de 200 intertitres... Quand le moulin brûle, en revanche, il laisse libre cours à ses images, et on y ent même de l'improvisation, quand les deux acteurs participent à la tentative désespérée des pompiers... 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924 Lau Lauritzen Schenström & Madsen