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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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26 avril 2026 7 26 /04 /avril /2026 19:04

Dans leur jeunesse, Polly et Soren Bastrup étaient d'inséparables camarades de jeux, le garçon ayant pris l'habitude de célébrer l'anniversaire de son amie en lui offrant les plus belles fleurs... Mais Soren était le fils de l'employé du père de Polly, le Comte Wrangell (Philip Bech). Ce qui faisait de la jeune femme une authentique comtesse...

Devenus adultes, ils ne peuvent plus partager la même complicité, mais quand Soren (Aage Fonss) revient de Copenhague avec une jeune fiancée, Stella (Karina Bell), qui plus est une danseuse de variétés, la Comtesse Polly (Grethe Rygaard) va en ressentir une certaine mélancolie...

Ce film vient après plusieurs adaptations de Dickens, et on sent que Sandberg en a retiré beaucoup... D'une part, le film tourne beaucoup autour des notions de classe liées à la noblesse; le personnage de Polly, pour Soren, est absolument intouchable, et il le lui dit souvent, et dès leur enfance. L'essentiel du film, situé lors d'une partie de chasse (tiens donc... Comme La Règle du Jeu... Mais c'est le seul point commun, ne rêvez pas), montre clairement Polly comme étant non seulement au-dessus du rang de son ami, devenu à la suite de son père décédé un employé du château, mais aussi dans une catégorie à part pour tous les protagonistes: son père se conduit, comme ses amis, de façon assez odieuse avec la danseuse, et le cousin (et fiancé!) de Polly, interprété par Peter Malberg, n'est pas en reste. Seule la Comtesse Polly aura l'intuition de ne pas accabler la jeune femme pour la vie qu'elle a mené.

Ce qui vient également de Dickens, c'est à la fois le mélange des genres, entre mélodrame très classique (un jeune homme tombe amoureux d'une danseuse et doute de sa moralité), et la comédie (Karina Bell, constante muse de Sandberg à cette période, joue Stella, voontairement, comme une ravissante idiote un peu vulgaire)... Mais c'est pour mieux brouiller les pistes. Car le film que nous voyons me semble cacher une autre intrigue... Mais la cache de moins en moins sur la fin:

Derrière l'histoire un rien enfantine de Soren et Stella, les deux tourtereaux qui se sont rencontrés au théâtre où la jeune femme montrait ses jambes, se cache la douleur et l'amour condamné de Polly pour un jeune homme destiné à être son employé, et selon les coutumes ancestrales, son inférieur. En choisissant de finir sur un plan de la jeune femme, qui vient de recevoir des bonnes nouvelles des jeunes époux Soren et Stella, et qui part de dos vers son château, la mine triste, il nous prouve qu'elle était bien l'héroïne sacrifiée, d'une sorte de tragédie.

 

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Published by François Massarelli - dans 1923 A.W. Sandberg Muet
21 avril 2026 2 21 /04 /avril /2026 00:10

Une petite localité tranquille, une nuit: à minuit, le sacristain reçoit un coup de téléphone, une voix de femme, puis on entend un coup de feu. Un homme d'affaires, Erland, a été tué. Une femme, l'actrice Mimi Brandt (Karina Bell), l'arme du crime à la main, s'accuse... Avec elle, le jeune comte Braa (Gorm Schmidt), son amant, s'accuse aussi... Le procureur Steen (Elith Reumert) a fort à faire pou dénouer l'intrigue, qui a commencé quelques temps plus tôt quand Erland a commencé à approcher Mimi pour lui parler d'un héritage dont elle serait bénéficiaire...

C'est un whodunit! Vous savez, ce film qui vous fait réfléchir longuement avant de vous révéler que c'est le jardinier qui a fait le coup! Généralement, c'est un exercice assez vain, mais les films peuvent aussi être réhaussés d'un peu de comédie ou d'atmosphère...

Cela reste donc longtemps une énigme, pour le procureur comme pour nous, puisque les témoignages des deux seuls protagonistes qui apparemment savent quelque chose nous sont certes donnés, mais à chaque fois ils sont adroitement ciblés de manière, on le comprend très vite, à éviter d'en dire trop. La question inévitable, c'est bien sûr de deviner lequel des deux tourtereaux ment pour couvrir l'autre... Ce que comprend Steen assez rapidement.

Anders Sandberg savait tout faire et avait une bonne maîtrise de tous les genres... Dans un cadre raisonnable s'entend, et cette histoire sentimentalo-policière lui convient plutôt pas mal, avec ses arrières-goûts de mélodrame sentimental. Les ingrédients nécessaires en sont tous présents: le père conservateur du jeune homme, l'indignité de se montrer en public avec une actrice, le vieil homme d'affaires franchement libidineux... 

Ce n'est en aucun cas un film à message, juste un film de genre, bien fait et plutôt bien interprété, avec savoir-faire sinon brio, et avec quelques touches d'humour fournies par les domestiques, dont Mathilde Nielsen, qui tournera deux ans plus tard avec Dreyer dans Le maître du logis...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923 A.W. Sandberg
13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 08:58

Au XVIIe siècle, lors d'une période particulièrement intense des conflits entre la Suède et les provinces Danoises, une troupe de mercenaires arrive dans un hameau Danois, pour en prendre possession et y reprendre des forces; parmi les habitants se trouvent le fermier Ole Hassel (Frederik Jacobsen), son épouse (Marie Dinesen) et leurs deux enfants, Anne (Olga D'Org) et Helle (Martin Herzberg); le caporal Prinz (Peter Nielsen), un homme peu recommandable, leur impose sur ordre du Roi de recueillir un soldat blessé, Lasse Manson (Poul Reumert)...

Alors que l'occupation se poursuit, la vie est finalement assez simple à la ferme, tant les habitants sont séduits par le convalescent... Surtout Anne bien sûr. Quand celle-ci apprend qu'en plus Lasse est d'origine Danoise, elle lui reproche ses choix. Mais les deux jeunes gens tombent amoureux, avec plus ou moins la bénédiction de tout le village... quand Lasse doit partir, il se rend compte que le caporal est parti avec son argent, le retrouve et récupère son bien en se débarrassant de son supérieur, qu'il croit avoir tué. Puis, il revient chez les Hassel pour se cacher, ce qui réjouit Anne...

C'est un peu un film en forme de halte, un conte à l'ancienne, qui aurait pu prendre deux chemins fort attendus, mais n'en fait rien: d'une part, comme le dernier chapitre des Pages arrachées du Livre de Satan, de Dreyer, on attendrait que cette histoire d'occupation, d'allégeances contradictoires et de passions entravées vire au pamphlet nationaliste, mais Sandberg et la Nordisk, qui visent le marché international avec leurs films, ont sagement mis cet aspect de l'intrigue en sourdine. Par ailleurs, on évite aussi le conte moral avec connotation Chrétienne, quand après s'être installés ensemble dans la cabane de Lasse, les deux amants consomment leur amour sans réserve. Anne, très superstitieuse, voit dans l'orage qui s'ensuit la colère divine, et d'autres lui emboîtent le pas, mais tout se passe comme si pour le metteur en scène, cette interprétation ne tient pas... Un choix sage et qui permet à Sandberg et à ses acteurs de laisser libre cours au lyrisme d'une histoire qui par moment, et toutes proportions gardées, fera un peu penser à l'amour interdit de Mary Johnson pour Richard Lund dans Le trésor d'Arne de Mauritz Stiller...

Mais en mineur: Sandberg vise ici un public populaire et son film est une histoire d'amour, plutôt qu'une tragédie. La mise en scène est une fois de plus soignée, et Sandberg est très clairement inspiré par son village médiéval et ses sous-bois. Il prend aussi du plaisir à éclairer ses scènes nocturnes à la façon des maîtres flamands, en utilisant bien sûr des bougies dans le champ pour compléter l'illusion. C'est un joli effet qui vient largement contre-balancer le côté anecdotique d'un film taillé pour séduire et satisfaire les foules... Malgré une fin dont on ne peut vraiment dire qu'elle soit heureuse.

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/lasse-mansson-fra-skaane

 

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Published by François Massarelli - dans 1923 DFI Muet A.W. Sandberg
10 avril 2026 5 10 /04 /avril /2026 23:48

Anders Wilhelm Sandberg ambitionnait, lorsqu'on l'avait promu réalisateur dans les années 20, de devenir le maître de la comédie au Danemark... Mais le créneau était déjà pris: Lau Lauritzen occupait de façon incontestable ce terrain. Néanmoins, à la vision de ce film, on peut se dire que l'idée a du avoir du mal à lui sortir de la tête... C'est une comédie policière particulièrement farfelue, dont le succès a dépassé les frontières au point qu'il est plus facile de trouver le film ou des renseignements le concernant sous son titre Anglais: The Hill Park Mystery, ou The Park Hill Mystery, puisque on trouve les deux! 

Le journaliste Erik Brandt (Gorm Schmidt) est arrivé à la rédaction de son journal à Copenhague, avec à nouveau la résolution d'une enquête. Grâce à son acharnement, il est venu à bout d'un tueur redoutable... mais n'a pas dormi depuis bien longtemps. Il se rend donc chez lui avec un chèque conséquent, et deux semaines de vacances pour rattraper ses nuits en retard, et comme le dit un intertitre, "n'aurait pas du regarder par la fenêtre".

...Car il y a vu un meurtre, simple, bête et brutal. Dans le parc avenant à sa propriété, un homme est accosté par une femme (Olga D'Org) qui fait tomber ses cigarettes, et quand l'aimable citadin les ramasse, il se prend un coup sur la tête, qui le laisse raide mort pendant que la femme disparaît. La police n'ayant que peu d'envie de le croire, le jeune détective va se lancer aux trousses d'une tueuse qui est d'autant plus redoutable qu'elle est particulièrement avenante, et pas insensible à son charme elle non plus...

Les deux acteurs ne sont pas des inconnus pour qui fréquente le cinéma de Sandberg: Olga d'Org interprétait Estella, dans la splendide adaptation par le réalisateur des Grandes espérances de Dickens, le film étant sorti en 1922... Et sinon, Gorm Schmidt, qui jouait souvent les jeunes premiers dans les longs métrages de Lau Lauritzen avec Doublepatte et Patachon, a souvent joué des rôles importants chez Sandberg, ne serait-ce que celui de David Copperfield en 1922... Il était rompu au ton du mélodrame comme à celui de la comédie. ...Et il le prouve ici.

Impossible de toute façon de prendre vraiment au sérieux ce film qui lance un détective compétent mais très très fatigué, dans des aventures où le cocasse le dispute à l'absurde. Sandberg s'est clairement énormément amusé, en variant les décors avec un goût certain, une pointe d'extravagance dans le farfelu (on pense parfois au ton particulier du Brasier Ardent, la flamboyance en moins), et bien sûr ne rate aucune occasion de relancer le mystère en prenant systématiquement le point de vue du héros, c'est à dire celui de l'homme qui n'a en réalité rien compris du tout! 

Sandberg se paie même le luxe de se placer dans son film, et de chasser sur les terres de Lauritzen dans une jolie séquence à la mer avec ses baigneuses en maillot. Il se dégage de ce film pour le plaisir un parfum enivrant de parfaite carte postale du muet, sans un gramme de drame, ce qui est quand même frappant pour une production Danoise! Bref, ce film oublié du réalisateur de Klovnen est plus que recommandable, il est donc hautement recommandé.

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/nedbrudte-nerver

 

 

 

 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923 Comédie A.W. Sandberg DFI *
16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 21:59

Une petite fille, Jewel (Jane Mercer) vient vivre chez son grand-père (Claude Gillingwater) pour une courte période, après avoir été ignorée (le père et l'aïeul sont fâchés) pendant des années. Dans la maisonnée, tout le monde se déteste: le grand-père vit en effet avec sa bru, une femme remariée dont la fille ne trouve absolument pas sa place, jusqu'à la gouvernante qui hait tellement les deux femmes qu'elle souhaite les voir décamper... Quand la petite Jewel arrive, pourtant, elle va révolutionner son monde en les aimant en dépit de tout...

C'est un remake de Jewel, une autre adaptation par Weber du même roman, sortie en 1915. Weber avait aussi écrit le script d'un court métrage de deux bobines, The discontent, qui racontait l'arrivée inopinée dans une famille d'un vieil homme qui finissait par séduire son monde en dépit de son côté bourru. Le film, bien sûr, prend le contrepied avec ce personnage de petite fille angélique, qui vient au monde avec une certaine naïveté, même si elle n'a pas sa langue dans sa poche.

Weber en 1923 est plus que rompue à l'exercice de style qui consiste à familiariser les spectateurs avec les personnages qui cohabitent dans un environnement bien défini, et elle est très à son aise, même si on sera un peu plus impatient face à des intertitres qui alourdissent inutilement le début en mettant un point d'honneur à nous détailler absolument tout des éléments de l'intrigue, ce qui fait qu'on lit, plus qu'on ne regarde, la première bobine... Elle a recours, aussi, à un symbolisme qui renvoie un peu à son célèbre Hypocrites de 1915, à travers un court insert, qui représente la musique jouée par un personnage, sous la forme d'une danseuse drapée d'un voile diaphane... Une fantaisie qui a du trouver un écho dans une scène ultérieure, mais l'insert en a été coupé.

C'est l'un des derniers films de la réalisatrice, qui voyait le travail se faire de plus en plus rare. S'il n'apporte sans doute pas énormément, c'est un style très personnel, une façon de montrer les personnages, et des préoccupations émotionnelles (liées à la Christian Science, comme souvent) qui sont particulièrement singulières dans le cinéma Américain.

 

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Published by François Massarelli - dans Lois Weber 1923 Muet Comédie **
23 novembre 2025 7 23 /11 /novembre /2025 22:47

C'est un court métrage de deux bobines, récemment numérisé par la Cinémathèque Française, et présenté sur le site Henri... Un couple d'agents de service se disputent autour de l'affaire de la découverte du trésor de Tut-Ankh-Amon, et lorsque l'homme reçoit un coup sur la tête, il se retrouve en pharaon.

Complètement incohérent, on aimerait dire que ce film est loufoque, ou qu'il puisse s'approcher des films (même si certain sont médiocres) dans lesquels Harold Lloyd, Chaplin, Laurel et Hardy ou Keaton sont transportés en pleine préhistoire. Mais c'est long, ennuyeux, mal fichu et totalement dispensable.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923
26 octobre 2025 7 26 /10 /octobre /2025 23:23

Esthète Irlandais et cabochard, Ingram ne pouvait finalement pas s'empêcher d'attribuer la vertu au beau et le vice au laid; on a des exemples de cette tendance dans le très mouvementé quatrième acte de ce beau film, première adaptation d'un roman de Rafael Sabatini dont George Sidney fera en 1952 un film de cape et d'épée entrainant et joyeux, avec Stewart Granger... Mais qui est finalement fort éloigné de cet imposant long métrage muet de dix bobines situé en pleine Révolution Française, sans doute le film le plus massif d'Ingram après ses Quatre cavaliers de 1921... Depuis le succès duquel le réalisateur a eu le temps de découvrir un nouveau jeune premier, Ramon Novarro, qui compose un excellent héros pour ce film. André Moreau est un jeune étudiant en droit, devenu fraichement avocat, qui revenant au pays est témoin de deux scènes qui vont le choquer très profondément: d'une part, un pauvre homme, surpris à braconner sur les terres du Marquis de la Tour d'Azyr (Lewis Stone), est ramené chez lui mourant, exécuté par les hommes du marquis; ensuite, lorsque l'ami d'André, Philipe de Vilmorin (Otto Matieson) dit son fait au noble qui assiste lui aussi à la scène, le marquis le tue froidement, étant la meilleure lame du royaume. Cherchant de l'aide auprès de sa famille, André essaie de mobiliser son parrain, Quintin de Kercadiou (Lloyd Ingraham), qui refuse de tenter quoi que ce soit contre le Marquis; puis il essaie, à nouveau en vain, d'en référer aux autorités. C'est alors qu'il prend conscience que le seul moyen de prendre efficacement des mesures contre l'injustice, c'est de lutter politiquement, mais cela ne lui apporte que des ennuis... Il en vient donc à se cacher, poursuivi par les troupes du roi, dans une compagnie théâtrale, à laquelle il va fournir de robustes succès, dont une pièce qu'il intitule Figaro-Scaramouche. C'est à ce titre qu'un soir, il voir face à lui dans le public, sa fiancée Aline de Kercadiou (Alice Terry), la protectrice de celle-ci, Thérèse de Plougastel (Julia Swayne Gordon), en compagnie de son ennemi juré le Marquis... Devenu Monsieur X, l'acteur, André se rend compte qu'il va falloir pousser la révolte un peu plus loin...

Ingram n'est évidemment pas un pro-révolutionnaire acharné, son protestantisme pro-Anglais (il est d'origine Irlandaise, certes, mais du camp Orangiste) ne le poussant pas à épouser une autre vision que celle partagée par le Hollywood de l'époque, coincé entre l'exaltation de la Révolution en ayant en tête celle de 1776 dont ils sont finalement les héritiers, et une tendance à freiner devant l'expression violente d'un changement populaire, telle qu'elle venait de s'exprimer en Russie. C'est dire si on est finalement dans un terrain déja parcouru par exemple par Griffith pour son Orphans of the storm (1921), qui montrait une révolution nécessaire, qui dégénérait en boucherie sous l'influence de l'odieux Robespiere, d'ailleurs nommément traité de "Bolchevique" par un intertitre. Mais Ingram, contrairement à Griffith, ne donnait pas ainsi son opinion aussi simplement, c'est la construction de ce film qui nous donne cette vision bien dans la ligne: un premier acte centré sur les efforts d'André pour essayer de faire triompher la justice, et venger son ami. La noblesse y est bien du coté des tortionnaires, incarnée en particulier par le Marquis; un deuxième qui le voit se cacher dans une troupe de théâtre, confronté sous cape à l'évolution de son pays; dans le troisième acte, il redevient André Moreau, est élu député, et décide de contrer la noblesse en adoptant ses propres armes, et il devient ainsi un bretteur redouté, et est de plus en plus populaire. Mais son histoire privée, et compliquée, avec Aline, culmine dans un duel avec le Marquis dont le véritable enjeu est plus la main de la jeune femme qu'autre chose. Enfin, le dernier acte, tumulteux et déchainé, voit Moreau apprendre que certains des nobles contre lesquels il se bat sont de sa famille, et la foule de son coté devient incontrôlable, se livrant à des massacres et des pillages... La seule voie possible, donc est une voie médiane, incarnée dans une scène par andré moreau défendant sa noble de mère et sa fiancée contre une foule hostile en appelant à ce qu'on le reconnaisse, ni noble ni roturier, juste un caractère noble, de basse extraction. Dans le même temps, le marquis devient vraiment noble en se sacrifiant pour sa famille, et le bien commun... Si on est très loin de Griffith dans la réalisation, on constate que la source est donc la même, et finalement les conclusions idéologiques absolument identiques.

Sca.jpgIngram est un grand directeur d'acteurs, qui a su jouer sur tous les tableaux, aussi bien des grandes scènes épiques, dont le souffle impressionnant n'étouffe jamais les personnages, que sur des moments d'intimité. il fait une utilisation fluide du montage, intégrant parfaitement des gros plans dynamiques, et repose beaucoup sur le jeu subtil et en demi-teintes de Alice Terry, Ramon Novarro et Lewis Stone. Ce dernier a la charge d'être le "villain" du film, mais étonne par son humanité, et sa capacité à mettre en particulier les rieurs de son côté dès sa première scène, lorsqu'en passant devant une femme qui lui fait de l'oeil, il se demande si il pourrait bien être le père de l'enfant qu'elle tient dans ses bras... un détail qui a plus d'importance qu'un simple gag, puisque le film possède une intrigue mélodramatique à souhait, avec coups de théâtre liés à de vieux secrets familiaux... Mais au-delà, c'est bien l'esthétique qui prime dans ce film rigoureux: des décors splendides, parfaitement intégrés dans des compositions magistrales; un sens, avec le fidèle chef-opérateur John Seitz, de la lumière, qui prolonge le travail d'un Maurice Tourneur: chaque gros plan d'un acteur est ainsi logiquement inséré dans la structure d'ensemble (Par opposé aux plans symboliques de Griffith), et doté d'un lien avec la lumière: une larme qui brille dans un rayon de soleil dans la scène d'ouverture, les yeux déterminés d'André Moreau dans une scène dramatique, etc... Ingram, dans des décors superbes, privilégie les lieux d'ombre, ave toujours une ouverture qui diffuse partiellement la magnifique lumière Calfironienne, donnant des images aux nuances riches... Le sens esthétique d'Ingram n'est pas lié qu'à cette tendance à bien composer, on le retrouve aussi dans sa façon de mobiliser des acteurs recrutés pour leur laideur et leur difformité, donnant ainsi aux sans-culottes une trogne et des manières odieuses, dignes de leur réputation... Mais le souffle épique de cette histoire mélodramatique, non pas réaliste, mais intrinsèquement parfaitement cohérente emporte l'adhésion jusqu'au bout, et culmine dans des scènes maitrisées de représentation du chaos, d'une rare violence...

Il ne faut pas chercher la vérité historique dans ce film, qui simplifie la marche de la Révolution en quelques touches efficaces avant de la montrer en déchainement spectaculaire d'une foule qui sent mauvais. Mais des allusions, ça et là, rappellent quand même un peu de vraisemblance, notamment le titre de cette pièce, qui a pour tâche de justifier le titre du film, désormais bien éloigné sans doute du roman initial (Le film de Sidney lui étant certainement plus fidèle, donne le temps à Granger de faire du personnage de Scaramouche qu'André Moreau interprète sur scène un véritable alter ego), mais aussi de rappeler un acte fondateur de la révolution balbutiante, le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Ce qui fait d'André-Louis Moreau, dans sa version interprétée par Ramon Novarro, le véritable précurseur de la révolution Française... Bon, soyons clairs: on ne peut pas prendre ça au sérieux, mais qu'importe? Scaramouche, film magnifique et flamboyant, aussi prenant aujourd'hui qu'à sa sortie en 1923, film rescapé des années 20, reflet d'une période dorée du cinéma Américain, est un souffle qui emporte tout sur son passage, c'est le meilleur des films de Rex Ingram que j'ai vus.

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Published by Fraçois Massarelli - dans Rex Ingram Muet 1923 *
12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 13:47

Une intrigue de pacotille, située dans un orient de carton-pâte, avec Ramon Novarro dans le rôle d'un prince Arabe, amoureux d'une jeune femme, sur fond de sombres intrigues entre deux familles du désert rivales...

Dire qu'on a vu ce film serait bien présomptueux, quand on sait qu'il n'en reste qu'une poignée de minutes, à travers deux fragments qui ont pu être conservés par la Bibliothèque du Congrès aux Etats-Unis... Le film n'est sorti qu'en 1925, et dans la mesure où il avait été réalisé dans la foulée de The sheik, de George Melford, avec Rudolf Vanentino, il a du sembler bien daté!

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Published by François Massarelli - dans 1923 Film Perdu Muet
14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 11:45

Adapté de son propre roman, le film de Rupert Hughes est l'un de ces films qui tendent à Hollywood un intéressant miroir, comme pouvaient l'être la comédie Ella Cinders (1926) de Alfred Green avec Colleen Moore, ou le film de Tourneur A girl's folly (1917). Mais le film de Hughes affiche des ambitions assez différentes de ces comédies, l'idée étant de chanter les louanges des acteurs, metteurs en scène, techniciens de Hollywood, à l'heure ou les scandales éclatent les uns après les autres: les procès du comédien Roscoe Arbuckle, la mort étrange du réalisateur William Desmond Taylor sont dans toutes les mémoires, et l'heure est en effet à la prudence. Mais cette ambition, aussi louable soit-elle, est le point faible du film, donnant lieu à des intertitres sentencieux et ronflants. Somme toute, les deux autres avantages de cette histoire sont principalement une mise en scène énergique, qui culmine dans les scènes dramatiques, et le fait que Hughes a été admis sur certains plateaux, avec la complicité des metteurs en scène, acteurs et producteurs. Cette inscription du film dans les coulisses du spectacle reste sont principal point fort...

Remember Steddon (Eleanor Boardman), fille d'un pasteur en croisade contre le diable Hollywoodien, épouse un homme, interprété par Lew Cody. Elle décide de lui faire faux bond, mue par un pressentiment: bien lui en prend, le monsieur étant en fait un tueur d'épouses qui collectionne les assurance-vies... Mais en quittant le train qui les emportait, elle se trouve au milieu du désert, et est secourue par l'équipe de tournage d'un film. Elle va intégrer le monde de Hollywood, devenir actrice, gravir les échelons, mais le tout avec la crainte du scandale qui menace; comment lui échapper quand on est mariée à un meurtrier notoire?

Donc, Eleanor Boardman visite Hollywood, fait la figurante pour Chaplin, et assiste au tournage d'une scène de Greed... C'est sûr, les atouts comme ceux-ci ne courent pas les films muets. mais le reste du film est surtout basée sur une intéressante, mais un peu timide symbolique, autour du vrai et du faux, qui se joue de certains stéréotypes. ainsi, Barbara LaMarr, qui était LA vamp de Rex Ingram dans The prisoner of Zenda(1922) et le film perdu Trifling women (1922), est-elle ici une actrice spécialisée dans les rôles de vamp, mais une excellente camarade, et une femme triste qui vit dans le souvenir d'un mari perdu: les témoins qui ont connu miss LaMarr, au destin  tragique, ne disaient pas autre chose d'elle... De son coté, Scudder, le tueur qui avait épousé Remember afin de la détrousser, tombe amoureux d'elle lorsqu'il découvre qu'elle est actrice: l'attrait de l'écran déforme tout, et semble-t-on nous dire, souligne la beauté...

Certaines scènes qui nous font visiter Hollywood et ses coulisses sentent les collections de stars, l'accumulation de noms, mais les scènes qui nous impliquent un peu plus dans l'action du film (La tentative d'arrestation de Scudder, l'incendie DeMillien du plateau au final, durant lequel richard Dix, en metteur en scène, ordonne à ses techniciens de continuer à tourner quoi qu'il arrive pendant que la tempête se déchaîne, relayée par une machine à faire du vent, bref: du spectaculaire!!) restent le meilleur. De plus, Eleanor Boardman, qui porte le film sur ses épaules, nous donne suffisamment envie de la suivre sans trop poser de questions, passant d'un registre à l'autre (une scène la montre se vautrer dans son premier essai, lorsqu'elle s'avère incapable de jouer la comédie, c'est drôle comme tout...). On peut aussi faire comme Hughes dans son film, et citer le nom des acteurs de ce film Goldwyn: Eleanor Boardman, Richard Dix, Mae Busch, Dale Fuller, Barbara LaMarr, Snitz Edwards, William Haines, Aileen Pringle, pour s'en tenir aux plus connus. Outre les apparitions dans leur propre rôle de Zasu Pitts, Chester Conklin, Erich Von Stroheim et Jean Hersholt, tous occupés sur le tournage de Greed, apparitions également de Fred Niblo, de Chaplin, et de Marshall Neilan (excusez du peu), on appréciera au détour d'une scène de voir parmi les figurants à la recherche d'un petit rôle Lon Poff et le petit Sammy Brooks, qui étaient tous les deux des sbires de Richelieu dans The three must-get-there de Max Linder en 1922. Poff, de son coté, est également au générique de Greed: c'est lui qui apporte à Trina ses gains à la loterie, affublé d'un sparadrap. Dale Fuller est également au générique de Souls for sale, après avoir incarné la domestique au destin tragique, Maria Miranda Macapa, dans le film de Stroheim... Décidément, on ne peut pas ne pas revenir à Greed.

En attendant, ce film peu banal mérite amplement le détour, que ce soit pour ses qualités (nombreuses) ou ses petites manies... Un film qui a le mérite de nous offrir un regard gentiment ironique sur le miroir aux alouettes, tout en se livrant à une mise en abyme intéressante, quand lors d'une scène située dans un commissariat, l'actrice incarnée par Eleanor Boardman panique en pleine interprétation en apercevant sur le mur un avis de recherche pour son mari...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923 *
26 mars 2025 3 26 /03 /mars /2025 21:05

Trois raisons pour Chaplin de ne pas jouer de rôle dans ce nouveau film, le premier pour la nouvelle compagnie United Artists. Pour commencer, il essaie, on l'a vu, de se débarrasser de son personnage (The professor, Idle class), de le démythifier en le représentant marié (Pay day), avec des enfants (A day's pleasure), voire en se représentant tel qu'en lui-même, en insistant sur le fait que moustache et défroques sont bien factices (How to make movies). Bref, il souhaite contourner cette icône.

De plus, il a le sentiment, pas faux à cette époque, qu'on l'assimile surtout à son personnage moustachu; or, Chaplin, souhaite être reconnu pour son rôle de metteur en scène, et aussi d'auteur de films. Enfin, il tourne depuis un certain temps autour d'une représentation complexe du monde à deux niveaux qu'il perçoit; The Kid, The idle class en ont déja montré les contours. Il se sent obligé de libérer son cinéma de son empreinte burlesque, ce qui veut dire que le moustachu n'y a plus sa place. Honnêtement, je ne sais pas si ce film représentait dans l'esprit de Chaplin un affranchissement total de son personnage a priori, ce qui aurait été ensuite contredit par le flop monumental, qui aurait conduit Chaplin à faire machine arrière, avec le succès que l'on sait, ou si le metteur en scène se contentait de faire ce film, et puis après revenir sagement de son propre chef. Quoi qu'il en soit, A woman of Paris est l'unique film muet dans lequel Chaplin n'apparaît pas de façon significative, et c'est à peu près la seule information de la plupart des textes qui y sont désormais consacrés, je n'y reviendrai donc pas...

Pourtant Chaplin est partout dans ce film: regardez les acteurs, leur façon de jouer, l'économie des gestes et des mimiques. Ce gigolo qui baille en levant mollement les yeux au ciel, combien de prises a-t-il fallu lui arracher avant qu'il ait le détachement nécessaire? Carl Miller, qui joue ici le petit ami d'Edna Purviance jouait déjà ce même personnage ou presque dans The Kid, et il est lui aussi entièrement vampirisé par Chaplin... Quant à Edna Purviance, elle est splendide, dans les mains du metteur en scène, elle ne craint personne. Tant mieux, parce que le film repose entièrement sur ces attitudes, sur ces corps et sur les vêtements qu'ils portent, c'est l'un des traits les plus saisissants du film.

Marie et Jean s'aiment, mais leurs parents ne l'entendent pas de cette oreille. Alors qu'ils souhaitent fuir pour se marier, Jean a un contretemps: son père meurt, et il n'a pas le temps de prévenir sa fiancée: elle fuit à Paris seule, croyant à une trahison. Elle y fait sa vie, et on la retrouve un an après, protégée du riche Pierre Revel; elle s'appelle désormais Marie St-Clair, et lorsque Jean débarque à Paris avec sa mère, Marie a du mal à abandonner sa nouvelle vie pour retourner vers son passé...

Carl Miller donne l'illusion d'être l'un des deux personnages principaux, mais ne soyons pas dupes: Chaplin dépeint ici un certain style de vie, une course à la réussite, qui passe par tout un tas de turpitudes qui ne sont qu'esquissées: a priori, la métamorphose de Marie en Marie St-Clair passe par tout ce qui est dans l'ellipse du début. La mère de Jean la considère d'ailleurs comme une traînée... Non, les deux personnages principaux sont bien Marie et Pierre (Adolphe Menjou). Celui-ci, après tout, est tout sauf antipathique, à part lorsqu'il se sert des amies de Marie pour la manipuler. Mais il joue de son charme, et sait manifestement perdre... Il sait surtout que ce que veut Marie, cette fuite en avant du luxe et de la vanité, lui seul pourra le lui amener. De son coté, Jean est peintre (Comme le personnage de Carl Miller dans The Kid, du reste), et il va peindre un portrait du passé de Marie, contre le gré de celle-ci, portrait qui va sceller leur mésentente, leur différence, et portrait qui sera pris à témoin par la mère elle-même sur la dépouille de son fils. ce portrait, c'est la vraie Marie, lui seul l'a vue. Il faudra une catharsis tragique pour que Marie comprenne enfin...

La noirceur du film va de pair avec l'humour noir, notamment dans la description toujours sur la brèche de la vie des nantis (le restaurant, avec ses truffes, pour les cochons ou les gentlemen), et la méchanceté dans la peinture des manipulations des intrigantes: Malvina Polo, la jeune femme idiote de Foolish wives, tente de ravir la place de Edna Purviance auprès d'Adolphe Menjou...

L'habit, cette deuxième peau, est un motif qui court d'un bout à l'autre du film. On ne compte plus le nombre de scènes d'habillage, de déshabillage, de préparation du corps (Massage), de dénudage plus ou moins gratuit (Le strip-tease); toutes ces scènes renvoient à l'idée du mensonge, de la parure comme protection. Chaplin s'en sert aussi comme une indication de contemporanéité, comme DeMille le faisait avec divers accessoires (Les disques de chansons populaires, qu'on voyait tourner sur des phonographes luxueux dans ses comédies matrimoniales). Le grand nombre de scènes liées au service des domestiques, et la compartimentation des appartements riches de Marie et Pierre Revel, aussi, renvoient à cette vie à tiroirs, dans laquelle les gens se barricadent derrière le décorum. Bien sur, les petites boîtes communiquent entre elles, on se souvient du faux col masculin aperçu par Jean chez Marie. Cette apparition d'un signe cinématographique est un autre aspect visible de la mise en scène riche de ce film: on note aussi l'utilisation d'un bandeau noir, signe de deuil. Les personnages voient et déduisent en même temps que nous...

La mise en scène du film est d'une précision, d'une force extraordinaire. Chaque plan est composé de façon précise, Chaplin et Totheroh n'ont pas changé leurs habitudes. A des scènes de luxe effréné répondent des images d'une austérité diabolique (on parle toujours de cette scène à la gare, ou le passage d'un train est représenté par ses lumières); un effet de rapprochement de la caméra, est répété trois fois dans le film (Deux fois dans la version actuelle, voir plus bas): La maison de Marie est vue en plan large, puis un peu plus près. un troisième plan resserre sur une fenêtre, ou s'esquisse le visage d'une femme dans la pénombre. Enfin le quatrième et dernier plan nous montre Edna Purviance à la fenêtre. A la fin du film, la maison où sont réfugiées Marie et la mère de Jean pour leur nouvelle vie est saisie de la même façon. La troisième occurrence est très cohérente, puisque c'est le portrait, entouré de crêpe noir, de la maman de Marie dans sa maison. Chaplin avait tenté d'établir une mise en scène fluide, détaillée, mais l'a comme chacun sait bousillée en 1976, 5 ans après avoir massacré le film The Kid. 34 ans après avoir anéanti The Gold rush: son idée, c'était de rendre A woman of Paris plus fluide, de le rendre "moins sentimental". faut-il le redire? Un metteur en scène lui-même n'a pas le droit d'altérer un film, à plus forte raison 53 ans après. Même Chaplin.

Pour le reste, ce film est un miracle de subtilité; les commentaires lus ça et là sur la stupidité du script ne valent pas tripette. Les gens qui parlent d'un insupportable mélo n'ont jamais vu de mélodrame de leur vie, et le film tient diaboliquement la route, à la source de tout un pan du cinéma Américain. Que Lubitsch l'ait vu et s'en soit inspiré, c'est une certitude. Que d'autres, qui y avaient été confrontés directement (Henry D'abbadie D'Arrast, Monta Bell), ou qui l'ont vu comme on reçoit une claque dans la figure (René Clair, de son propre aveu), s'en soient inspiré, c'est une évidence. Bref: il y a un avant et un après A woman of Paris. Pour Chaplin aussi, qui ne supportera pas de voir son 'enfant maudit' boudé par le public, et le retirera du circuit pendant donc 53 ans. Et plus j'y pense, plus je me dis qu'on a de la chance de l'avoir encore...

 

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet 1923 ** Criterion