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21 mai 2026 4 21 /05 /mai /2026 16:56

Sous ce titre faussement Italien se cache un film Danois, une fois de plus très éloigné de ce qu'on attend du pays de Dreyer... Sandberg était sans doute le principal réalisateur de films populaires mais ambitieux, ou ambitieux mais populaires selon les cas. Si le célèbre Klovnen, réalisé l'année suivante, apparaît avec sa fin tragique et sa durée hors normes comme appartenant à la deuxième catégorie, on retrouve avec ce film fortement romantique redécouvert aujourd'hui à la faveur de la diffusion d'une copie Américaine (aux superbs teintes), un mélodrame classique, et surtout couronné par une fin heureuse... Dans la copie disponible en tout cas. Je pense que la version Danoise a disparu et elle devait avoisiner les 2 heures et 15 minutes. En l'état, sans doute raccourci pour assurer une distribution aux Etats-Unis, notoirement frileux à l'égard du cinéma européen et ce dès les années 20, c'est une solide intrigue de 1 heure et 46 minutes...

Un prologue établit le fin fond de l'histoire: à Rome en 1830, Olaf Malm, un sculpteur Danois (Olaf Fonss) vit le parfait amour avec son modèle, Sigrid (Henny Geermann), une jeune femme de la bonne société de Copenhague dont le père est le commanditaire d'une sculpture. Mais l'artiste ne sait pas que l'oeuvre est destinée à être utilisée comme appât par les parents pour marier leur fille. Quand il le découvre, le jeune artiste détruit la statue et disparaît à la faveur d'une catastrophe naturelle: une inondation furieuse qui aurait emporté son corps... Pendant ce temps Sigrid a annoncé à ses parents qu'elle est enceinte d'Olaf. 

Vingt ans après, le fils (Einar Hanson) de la fiancée malheureuse, exilé par son beau-père, a lui aussi de sérieux ennuis amoureux dans la même ville de Rome, en raison de la bêtise et de la frilosité d'un père qui cherche avant tout le confort financier et cherche à l'acquérir par le mariage de sa fille (Karina Bell)... Et justement, elle va se marier avec le prince Pisani (Version américaine), ou le Conseiller d'Etat Gram (version danoise), interprété par Egill Rostrup: un bien triste personnage, en vérité...

Après Nerfs Brisés (le mystère de Park Hill), le metteur en scène a touché au succès, et a sans doute à coeur de montrer sa versatilité. Ici, les studios de la Nordisk, tout en dépêchant la troupe jusqu'en Italie (ce qui était déjà le cas pour la pétillante comédie Kan Kvinder fejle? en 1924) pour quelques scènes-clés, ont mis les moyens: reconstitution de Copenhague en 1850, plans de truquages pour une inondation et un raz de marée inattendu, et une intrigue à tiroirs qui permet de multiplier les grands tableaux avec beaucoup de figurants, dont un carnaval 1850 qui anticipe généreusement sur Les Enfants du Paradis... Certaines scènes, probablement, justifiaient le titre Danois qui a disparu de l'intrigue pour la version américaine: celle-ci s'intitule Mists of the past (Brumes du passé) et escamote toute mention de la voie Fra Piazza del Popolo, une artère de Rome qui est supposée accueillir la diaspora des artistes Danois en mal de soleil et d'huile d'olive... 

C'est un film en tous points ambitieux (aussi bien par les moyens engagés, que par la durée affichée), et l'intention est de viser une distribution internationale: la cinématographie danoise est à la peine depuis la fin de la guerre, et les tentatives de retrouver un peu de la superbe des années 10 sont nombreuses. A ce titre, Sandberg n'est jamais en reste, lui qui a beaucoup fourni, dans tous les genres, et en visant le plus souvent le public populaire. Ce film, l'avant-dernier pour les studios Danois, est une preuve de plus de sa volonté de réussir dans le mélodrame...

Donc c'est un mélo aux multiples attractions, dans des décors soignés, à l'interprétation fort adroite... Si on est prêt, bien sûr, à accepter le quinquagénaire Olaf Fonss, vieux routier des studios Danois, en jeune artiste. Les secrets du passé s'accumulent, les coups de théâtre pleuvent, la mise en scène est constamment claire et lisible. Sandberg n'était pas un révolutionnaire et pronait une efficacité à toute épreuve... Si le film est dans la ligne de ses mélodrames toujours bourgeois, il s'élève, mais pas forcément dans la scène (certes spectaculaire, même si les effets spéciaux restent un peu en deçà de ce que les Allemands ou les Américains auraient pu faire) de l'inondation nocturne: non, la séquence la plus marquante pour moi reste la confrontation à tiroirs entre Egill Rostrup et Einar Hanson, sous l'oeil de Karina Bell, qui interprète donc l'amoureuse de l'un et l'épouse de l'autre... Meilleur est le méchant, plus réussi sera le film, disait Hitchcock. Dans ce cas, ce long métrage est un grand film, car Egill Rostrup est un méchant formidable, et le prouve en particulier dans cette scène, au cours d'un duel improvisé, qui est fait d'énergie, de rage... et de coups sur la tête!

En bref, même si Sandberg fera bientôt mieux, avec son film le plus ambitieux, c'est quand même une belle preuve de son talent, qui paie d'autant plus paradoxalement qu'à aucun moment, il ne semble vraiment apporter une idée nouvelle: juste un savoir-faire d'une belle et tranquille précision.

 

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Published by François Massarelli - dans 1925 Muet A.W. Sandberg
27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 16:00

A New York au début du XXe siècle, le Bowery est le quartier populaire par excellence: dans les cafés à la réputation douteuse, toute une faune vit d'expédients: M. Adolphe (Agostino Borgato) a un business lucratif, il fournit les mendiants en fausses bosses, machineries qui les transforment en cul-de-jatte, et toutes ces sortes de choses... Dans le milieu, il n'y a pas plus élégant que Charley (Percy Marmont), surnommé Easy Money pour l'aisance avec laquelle il obtient la charité des passants. Ils le croient manchot et difforme, alors qu'il est en pleine santé. Quand une jeune femme du quartier (Juliet Brenon) meurt à cause de la tuberculose, elle a confié à Charley la garde de sa fille. Il l'élève, et elle le rend heureux, mais... une fois adulte (Mary Bryan) elle a du mal à ne voir en lui que son tuteur, et il se rend compte qu'elle est amoureuse de lui. 

Pendant ce temps, la menace d'un concurrent de Charley, Whitey le faux aveugle (John Harrington), se précise: il sait le parti qu'il peut tirer de la réelle identité de Charley, l'homme du monde qui a construit son aisance sur un mensonge...

C'est un film remarquable, et qui ne ressemble à aucun autre: Brenon, sans doute, avait à coeur d'en faire une plongée dans un monde étonnant, celui des mendiants, monte-en-l'air et autres escrocs à la petite semaine. Bien sûr, il convient d'accepter ce que dit le film, à savoir que la quasi totalité des mendiants dans le quartier où se situe l'action seraient des escrocs... Mais on doit aussi reconnaître que le film choisit délibérément de prendre le point de vue d'un homme, Charley, qui de par son propre choix a trouvé un business lucratif dans ce qui s'avère être une escroquerie (probablement tolérée par la police qui semble avoir d'autres chats à fouetter, ou peut-être qui se fait avantageusement graisser la patte, comme on dit), mais reste malgré tout un brave homme à l'élégance morale évidente...

Une ambiguité soulignée par le fait que si Whitey est bien, lui, un très sale type, il bénéficie malgré tout du respect de Charley qui ignore qu'il est un faux aveugle, puisque seul Adolphe est au courant... Un paradoxe ironique, qui paie particulièrement à la fin du film, puisqu'il s'agit de la confrontation entre les deux hommes.

Le meilleur du film est probablement la recréation pittoresque du New York d'avant la guerre, de l'époque où quand un Américain faisait la manche parce qu'il était estropié, c'était pour d'autres raisons qu'une blessure de guerre... C'est un mélodrame vigoureux, plutôt avantageusement joué, sauf en ce qui concerne John Harrington, justement, qui en fait des tonnes. Il est vrai que son rôle est celui d'un homme insupportablement maléfique! A noter à ses côtés, dans la dernière bobine, l'apparition non créditée d'une jeune actrice qui effectuait ses premiers pas devant la caméra... Ces quelques minutes de Louise Brooks sont l'une des raisons qui ont sans doute permis la sauvegarde et la localisation de ce film, et c'est dans un bluray qui est consacré à l'actrice qu'on peut en voir une restauration. Maintenant, je le répète, on ne la verra que deux ou trois minutes...

 

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Published by François Massarelli - dans 1925 Muet ** Herbert Brenon Louise Brooks
5 février 2026 4 05 /02 /février /2026 23:47

La jeune Charity (Mary, dans la version visionnaée, interprétée par Mae Marsh) épouse le fringant soldat William (Paul, interprété par Ben Hendricks Jr): le mariage se déroule fort bien, mais il s'ennuie. Quand son régiment est appelé pour une opération en Inde, il sent que c'est une opportunité pour lui...

Des mois plus tard, il vit la belle vie en Inde, mais s'ennuie de nouveau: il part en mer, pendant la croisière sur un petit voilier, il s'approche trop près d'une jeune femme: son petit ami est à la barre, il fait tomber l'officier! Il sera sauvé par une jeune femme (Laska Winter), une nouvelle victime!

Le film est réduit à deux courtes bobines et totalise désormais 20 minutes, sauvées grâce au format 9,5mm. Tout y est donc fortement réduit, et on devine que le remontage du long métrage (initialement 70 minutes) a précipité les choses! La version disponible, la seule existante, concentre en 20 minutes tous les actes répugnants d'un fragueur invétéré, qui déclenche sur son passage le trouble chez toutes les femmes rencontrées ou presque... On se demande un peu pourquoi, mais voilà, de même que le monsieur est moustachu, séducteur et diabolique, les femmes y sont romantiques et naïves. Autre temps...

C'est le dernier film de long métrage (ou du moins c'était) de l vénérable Vitagraph. La compagnie va être absorbée dans la Warner, via la création de sa branche Vitaphone. C'est un film réalisé par le pionnier du studio, J. Stuart Blackton, l'un des derniers pionniers de la première décennie du cinéma aux Etats-Unis (en ces années 20, il partage cet honneur avec Sidney Olcott et David Wark Griffith). Lui aussi a fait évoluer son style, pour autant qu'on puisse en juger par cette version abrégée. Néanmoins une chose évidente, c'est le soin de l'équipe de tourner u plus près d'un rivage, en plene tempête... Ce qui donne un film on ne peut plus tonique, dans lequel hélas la part de Mae Marsh, qui joue l'épouse légtime souvent trahie, reste bien modeste...

 

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Published by François Massarelli - dans J. Stuart Blackton Muet * 1925
30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 17:24

Le désir de cinéma de Schoedsack et Cooper était évident: tous deux étaient baroudeurs, le premier ayant pourtant travaillé en tant que caméraman chez Sennett, et fait un petit passage en tant que chef-opérateur chez Stroheim sur le tournage de Greed; le deuxième était fasciné par le cinéma lui aussi, et sa capacité à épater tout en offrant une vision de la vérité. C'est ce dernier point qui permet de comprendre comment deux documentaristes et aventuriers ont pu des années plus tard se retrouver aux commandes d'un film tel que Kong...

Leur envie avec ce film était de montrer un groupe humain en proie aux duretés de la nature, et l'héroïsme qui pouvait en résulter... D'où un départ pour un endroit où les occidentaux ne s'aventuraient pas, les plaines désertiques de Perse, où un peuple nomades décidaient de quitter leur désert (l'herbe devenant rare pour les bêtes) et de s'aventurer dans une thanshumance dangereuse, à travers les plaines, les montagnes et les rivières... très froides.

Comme pour Nanook, le célèbre film de Flaherty, impossible de savoir en voyant ce film si les cinéastes (qui n'apparaissent pas sur le film, se contentant de laisser Marguerite Harrison, journaliste associée -et ancienne espionne- les représenter à l'écran) ont juste suivi le mouvement, ou l'ont parfois provoqué. En tout cas, c'est une impressionnante épopée, d'un peuple qui savait parfaitement ce qu'ils faisaient, et ce n'était certes pas la première fois: des scènes nous montrent des hommes quitter leurs chaussures avant de s'enfoncer dans la neige, pour y creuser un chemin... La traversée du fleuve Karun est un passage spectaculaire du film, dans lequel un peuple entier se lance à l'assaut d'une rivière tumultueuse... 

Mais les deux cinéastes ont un instinct de raconteurs d'histoires, et leur utilisation du montage est absolument parfaite pour le film qu'ils avaient envie de faire. Si c'est la naissance de deux cinéastes, je pense que ce film exceptionnel montre beaucoup moins la naissance de deux documentaristes! Ils en tireront d'ailleurs vite la leçon, l'envie d'anticiper sur les scènes à filmer sera vite trop forte pour laisser le réel tout gâcher...

 

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Published by François Massarelli - dans Merian Cooper Muet 1925 Documentaire **
30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 18:17

Un long métrage sauvé du désastre des ans: une bobine entière de ce film est en effet rongée par un début de décomposition, et comme de juste, c'est le moment le plus réjouissant, dont il ne reste plus qu'une très vague impression. C'est d'autant plus dommage qu'il s'agissait probablement d'un des meilleurs moments du duo Schenstrom-Madsen, et de la plus belle séquence loufoque que j'ai pu (presque) voir dans les films de Lauritzen.

Un couple de bouchers (Oscar Stribolt, Kristine Friis-Hjorth) se met à avoir des illusions de grandeur à cause de leur succès, et madame en particulier souhaite fréquenter la noblesse et les "gens bien". Ce qui la pousse à refuser le mariage de leur fille (Karen Winther) avec leur employé (Einar Hanson)... Celui-ci va trouver une aide inattendue, en rencontrant trois forains, qui voyagent avec leur cirque miteux de plage en plage: il a l'idée de les transformer en un prince (Carl Schenstrom), sa fille (Jessie Rindom) et un domestique (Harald Madsen), d'une part pour revenir en grâce auprès de sa belle-mère potentielle, mais aussi pour dégonfler ses rêves de grandeur...

C'est, comme d'habitude, la peinture d'un monde à deux vitesses, pris sous l'angle de la comédie burlesque et très populaire (avec l'aide de la star Oscar Stribolt qui n'avait pas son pareil pour jouer les roturiers parvenus avec un certain sens du gag populiste): comme d'habitude, le monde des riches et celui de "Doublepatte et Patachon" ne se mélangera que brièvement, et comme d'habitude, le déguisement ne marchera qu'à moitié... C'est plaisant, mais on reste un peu sur sa faim, à part pour une étourdissante séquence de cirque comparable à certaines scènes de The circus de Chaplin, et sans doute pour la séquence des faux fantômes, qui est hélas cachée au milieu de la pellicule décomposée... 

 

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Published by François Massarelli - dans Lau Lauritzen Muet 1925 Schenström & Madsen
5 juillet 2025 6 05 /07 /juillet /2025 22:18

Un chien et son petit discutent: le chiot voudrait que son père lui raconte la vie de leur maître... Et le chien raconte, comment Bob (George Hackathorne), amoureux de Marie (Marjorie daw), s'est retrouvé complètement mis à l'écart par le caïd de la ville (Brooks Benedict) qui non seulement a payé des vagabonds pour lui casser la figure et prendre sa place auprès de la jeune femme, mais en plus lui a piqué son idée de design pour une bibliothèque locale... Puis le jeune homme est parti à la guerre et là tout a changé...

On s'attend (légitimement) à un film de série B voire Z, mais il est soigné... L'idée de faire en sorte que le point de vue soit celui d'un chien qui a pris l'habitude de veiller sur son maître et ami, à travers cette structure encadrée par les "discussions" entre le chien adulte et son chiot, est assez étonnante et efficace.

Le reste du film aussi, qui repose sur des acteurs compétents (George Hackathorne, on s'en rappelle, était le bossu, amoureux éconduit de Mary Philbin, dans The merry-go-round, de Stroheim (et Julian). Et l'ombre de Grandma's boy, de Harold Lloyd, et de Tol'able David, de henry King, plane sur cet honnête petit film.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1925 ** Wonder dogs
30 mars 2025 7 30 /03 /mars /2025 10:31

Dans le petit village danois de Grønkøbing, la vie est douce et immuable... Car il n'y a pas grand monde pour bousculer quoi que ce soit. La ville est menée par un duo de notables qui ne souhaitent pas que quoi que ce soit change... Ils ont pris en grippe un jeune avocat qui tente de changer les choses: il l'appellent "le brasseur d'air"... Celui-ci rencontre deux vagabonds (Carl Schenstrøm, Harald Madsen, soit Doublepatte et Patachon) avec lesquels il va trouver une idée saugrenue pour bousculer la tranquillité satisfaite de la localité...

Et pour commencer, l'un des deux trublions reçoit une lettre lui annonçant un héritage phénoménal... D'ailleurs dans toute l'Europe ou presque, le titre du film était "Millionnaires"...

C'est l'ombre d'un film, en somme: il ne reste de cette comédie (annoncée comme devant faire 2800 mètres sur le site de la Cinémathèque de Copenhague, ce qui en ferait un film d'environ 1h45, mais ces métrages annoncés sont souvent douteux) que 38 minutes, mais ce n'est pas un fragment, c'est certainement un condensé. Mais de ce condensé, il est parfois difficile de retirer une certaine logique, et la cohérence n'en est pas la plus grande qualité...

Certes, on comprend où ça va: la lutte entre les anciens et les modernes, le jeune homme qui incarne la modernité est un stéréotype des films de Lauritzen, un bellâtre viril au cheveu blond, Benno Smytt (dont c'est le seul film), et toutes les cases sont cochées... Mais pour une fois qu'on donnait un peu plus à faire aux deux anti-héros en en faisant des millionnaires (faux), on attendait plus... Et quand on fête nos amis à la fin, on doit admettre qu'on n'a pas compris exactement ce qui s'est passé... Peu importe: on les retrouvera au prochain film...

 

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Published by François Massarelli - dans Lau Lauritzen Schenström & Madsen Muet 1925
9 juin 2024 7 09 /06 /juin /2024 16:30

C'est le premier film d'Alfred Hitchcock, et si le Maître lui-même n'a pas beaucoup vanté les mérites de ce film, préférant considérer son troisième long métrage (The Lodger, son premier film policier, ceci expliquant cela) comme le premier de ses "vrais" rejetons, il vaut bien mieux que ce que le metteur en scène pouvait en dire. Il est vrai que la situation était probablement frustrante: comme The mountain Eagle, son deuxième film (Dont aucune copie n'a survécu), The Pleasure Garden est un film Britannique, mais tourné par le producteur Michael Balcon dans les studios Allemands. Hitchcock se trouvait donc confronté à un cinéma riche (Il aurait selon la légende assisté à quelques heures de tournage de Faust de Murnau!!) et inventif, tenté de suivre cette voie, mais contraint de rendre une copie aussi tiède que possible à ses commanditaires Anglais. Pourtant, ce mélodrame haut en couleurs et fort en improbabilité est tout sauf commun...

On y assiste à la rencontre entre deux femmes, Patsy, une "chorus girl" (Virginia Valli) qui travaille dans la boîte "The Pleasure garden", et Jill, une aspirante danseuse que Patsy accueille chez elle. Sous l'apparence d'une oie blanche (Elle s'agenouille pour prier avant de se coucher), elle est en fait dotée d'une redoutable ambition. Lorsque Hugh, le petit ami de Jill débarque, celle-ci lui promet monts et merveilles mais s'offre à des mécènes, pendant que Patsy qui est vaguement amoureuse de Hugh cède à la cour effrénée du partenaire de celui-ci, et accepte sa proposition de mariage. Mais les deux hommes doivent repartir pour les colonies pour des raisons professionnelles, et Patsy ne sait pas que son mari est en ménage avec une indigène...

Il y a de tout dans ce premier film d'Hitchcock, de tout et même de n'importe quoi... D'une part, HItchcock utilise le monde du spectacle pour montrer un microcosme, comme il le refera souvent durant sa période Anglaise, et il montre surtout son amour des petites gens, incarnés par Patsy, par opposition à l'ambition démesurée de Jill, et aux hommes riches et au monde faux qui l'entourent. Puis il questionne les sentiments des uns et des autres avant de nous montrer, de façon surprenante (Dans une des meilleures scènes du film, bien sûr), son premier meurtre. Il le tourne de façon frontale: endu fou probablement par les fièvres et l'alcool, un homme entre dans l'eau pour rejoindre sa petite amie, indigène de l'île où il séjourne. Elle croit qu'il veut la prendre dans ses bras, et en toute confiance vient vers lui... alors qu'il va l'étrangler.

Pourtant, la meilleure partie est sans doute à trouver au début du film, et nous démontre que dès ses débuts dans la réalisation en solo (après avoir étudié tous les aspects du cinéma), le metteur en scène savait comme personne camper un univers, et bien qu'il le faisait en Allemagne, cette efficacité renvoyait à son affection profonde pour le cinéma Américain... Quand on entre de plain-pied dans le music-hall où est située l'action, on jurerait qu'on va assister à un film de Harold Lloyd, et cela continue avec la description des vieux messieurs fortunés qui s'intéressent d'un peu trop près aux jeunes aspirantes artistes!

Une curiosité, certes, qui a souffert des ravages du temps... Mais quelle carrière... et ce n'était que le début.

 

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Muet 1925 *
22 mai 2024 3 22 /05 /mai /2024 18:30

Ce long métrage montre, en sept chapitres, un petit historique des avancées de la science en matière de connaissances de la physique élémentaire, et des forces de la nature. Le titre peut se traduire assez aisément par Les merveilles de la création... 

Hanns-Walter Kornblum avait déjà réalisé un film du même genre, consacré à la théorie de la relativité d'Einstein, en 1922, qui est aujourd'hui quasiment intégralement perdu: Die Grundlagen der Einstein-Relativitäts Theorie. Il y avait expérimenté, de façon gourmande j'imagine, un mélange rigoureux et très esthétique d'animation, d'effets spéciaux, avec des planètes en volume et des maquettes très "lisibles", et de prises de vues réelles, sensées illustrer le propos... 

Le film se situerait presque du côté de la science-fiction, quand il essaie de nous entrainer avec lui vers Mars! Le ton est surprenant, le film d'une grande beauté plastique, et parfois, notamment les scènes qui représentent (et expliquent) la gravité, vous laisse sans voix! Et tout cela ne manque en prime pas d'humour, convoquant même Gulliver chez les Lilliputiens...

 

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Published by François Massarelli - dans * 1925 Hanns-Walter Kornblum Muet
24 avril 2024 3 24 /04 /avril /2024 09:24

Un vieux monsieur, très riche, se fache tout rouge contre sa fille, qui a osé se marier avec un artiste de cirque. Il la déshérite et exige que sa petite-fille lui soit confiée... Mais c'est trop tard: le bateau qui transportait la troupe a été victime d'un naufrage au large de la Côte Africaine, et selon toute vraisemblance il n'y a aucun survivant... Mais le grand-père (Joseph J. Dowling), effondré, reçoit l'étrange visite fantômatique d'une petite fille qui vient lui demander de l'aide, avant de disparaître sous ses yeux. Persuadé de la survie de sa petite-fille, il va désormais consacrer tous ses efforts à la retrouver, et persuadé d'avoir été visité par une émanation surnaturelle, il va s'adjoindre les services d'un occultiste, Don Mackey (Norman Kerry), pour la retrouver... Pendant ce temps, un héritier potentiel, sentant le danger, ne va pas rester inactif.

Et pendant ce temps, Lorraine, effectivement sauvée par le gorille Bimi, s'installe sur son rivage, au milieu des animaux, un éléphant et des lions qui vont la protéger. Mais Bimi est particulièrement jaloux de sa protégée... Les années passent, et elle devient une jeune femme (Patsy Ruth Miller).

C'est un démarquage sans scrupules de Tarzan, et même le titre nous le dit: de Tarzan of the apes, on passe à Lorraine of the lions! Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'y a aucun esprit "camp", ici, aucune volonté ironique, le film est à prendre comme une aventure au premier degré, ce qui serait impensable en 2024. A moins que...?

Mais au-delà de ses aspect ridicules, et de son côté mélodramatique en diable, le film est bougrement sympathique. La première partie en particulier, qui se situe sur plusieurs continents, et ne perd jamais le spectateur en jouant sur le suspense et l'improbabilité: la scène de la visite à son grand-père par la petite Lorraine est d'ailleurs très belle et plutôt intrigante... 

Mais Ce Lorraine of the lions se démarque de Tarzan au moins sur deux points: réunissant deux des stars de The hunchback of Notre-Dame, il capitalise sans problème sur l'envie du public de les voir se rapprocher et cette fois, l'enfant élevée en pleine jungle sait ce qu'elle veut quand elle est dans les bras de l'athlétique Norman Kerry! et sinon, le film ne peut s'empêcher de proposer à Kerry de jouer les sauveteurs, lorsque le gorille Bimi devenu fou de jalousie s'en prend à sa maîtresse, soudainement éplorée et incapable de se défendre. Bon, ce genre de chose ne serait quand même pas arrivé à Tarzan, hein?

Quant à Norman Kerry, eh bien... je suis persuadé qu'il s'est beaucoup amusé, et qu'il n'a pas pris ce film très au sérieux...

 

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Published by François Massarelli - dans Edward Sedgwick 1925 Muet **