Un bandit, Scar-faced Bill (Robert Thornby), vole un cheval de grande valeur. dans la pagaille qui s'installe au vollage, deux jeunes soeurs, la prude (Helen Case) et le garçon manqué (Helen Christy), vont résoudre la crise par leur ingéniosité...
C'est un tout petit western, comme il s'en faisit des dizaines par semaine, à Fort Lee, New Jersey, avant qu'Hollywood ne prenne le relais à l'autre bout des Etats-Unis... La Vitagraph, comme tant d'autres compagnies, en sortait une bonne dose par an. Celui-ci est intéressant, pour le fait qu'il est un peu une comédie, aussi, et en prime, il met en scène deux femmes sans lesquelles les hommes seraient assurément bien embêtés...
Un banquier (Van Dyke Brooks) rigoriste et froid, contre l'avis de son épouse (Mary Maurice), répudie son fils (James Morrison): il le trouve trop aventureux et dépensier... Mais quand lui-même a des ennuis à cause de son inconséquence financière, il meurt d'une crise cardiaque. Son épouse est amenée à la déchéance... Leur fils en apprenant la triste nouvelle part à sa recherche...
Le film est un mélodrame strict, réalisé par l'undes acteurs principaux. C'était le début d'un long déclin pour la Vitagraph, dont la plupart des stars arrivaient au bout de leur course. Florence Turner avait fondé sa propre compagnie et était partie en Grande-Bretagne en compagnie de Larry Trimble. Seul lien avec les années fastes, le chien Jean restait une star, et il sert ici de fil rouge, et de révélateur, car c'est en l'apercevant dans la rue que le fils va pouvoir retrouver la trace de sa mère...
Oscar (William Humphrey) pense qu'il aime Alice (Florence Turner), mais il est épouvantablement jaloux... Il n'apprécie pas qu'elle ait un chien, le colley Jean, ni qu'elle voie parfois un ami, le gentil Horace (Leo Delaney). Un jour, après qu'il ait manifesté son mécontentement, il refuse de se jeter à l'eau pour sauver son rival, qui ne devra d'avoir la vie sauve que grâce au chien d'Alice...
C'est une fois de plus simple et direct, et animé par un jeu retenu, surtout de la part de Florence Turner. Le film a été tourné dans le Maine, dans exactement les mêmes décors de bord de lac que la charmante comédie A tin-type romance de 1910...
Nous assistons à deux parcours, celui d'un couple d'abord (Leah Baird et William Humphrey). Ils s'aiment, mais le temps a passé et ils n'ont pas pu avoir d'enfant... En lieu et place ils ont bien un chien (le colley Jean), mais... Ensuite, nous faisons la connaissance d'une petite fille (Adele de Garde), qui est orpheline, et elle est exploitée. Une veille de Noël, elle décide de braver la neige et de s'enfuir, et elle se réfugie... chez le gentil couple qui n'en revient pas de son bonheur...
C'est direct et simple, et l'une des immenses qualités de ces films Vitagraph avec le chien star Jean est justement que l'animal est présent, comme un fil rouge, mais il n'est pas question de tout faire reposer sur lui... C'est fort bien troussé, et le jeu est excellent. Un seul regret finalement, le fait que Florence Turner, trop jeune pour le rôle, n'ait pas interprété la mère...
Comme Jean the Match-maker, ce film est une comédie d'une bobine, mettant en scène le chien Jean, et la "Vitagraph Girl", Florence Turner. Le chien, dans le film, est la propriété de Phil (Leo Delaney), un jeune homme, qui croise la belle Beth, sur une plage, un jour. Ils sont amoureux, ils se promènent, et ont l'idée d'immortaliser la journée par une photo. Chacun d'entre eux en possède un exemplaire sur lui... Mais un jour que Phil ne peut présenter la photo, ils se fâchent... Il faudra la patience de Jean pour les remettre ensemble, et pour empêcher qu'ils ne mettent à exécution des projets funestes (et bien peu crédibles)...
Les films de la série Jean que j'ai vus sont d'une grande qualité globale, principalement par leur jeu et la vitalité manifestée par ces intrigues simples, quotidiennes, et menées tambour battant... Mais celui-ci est le meilleur, et ce grâce à Florence Turner. Elle avait une approche moderne de la comédie, et jouait avec l'intégralité de son corps. Il faut la voir manifester son désespoir dans une scène de suicide... Où elle ne se mettra pas à l'eau parce qu'elle est trop froide. Elle incarne se frustration jusque dans ses orteils!
Ce film de 1910 fait partie d'une série de huit films Vitagraph dont la star était un chien, un Colley appelé Jean (le nom féminin, donc, et non le nom Francophone masculin). Il y a une certaine confusion sur le réalisateur, ce qui est fraquent à la Vitagraph dans la mesure où la compagnie n'était pas vraiment intéressée par le fait de rendre publique la liste de ses collaborateurs, à une époque où le trust Edison faisait peser une lourde menace sur toute personne travaillant pour une compagnie cinématographique sans passer par leur comptabilité (Edison avait allègrement fait breveter des modèles de caméra qui étaient utilisés par tous, et faisait ensuite la chasse aux infractions, avec des gros bras comme messagers)...
Il est attribué le plus souvent à Larry Trimble, qui pour ce film agissait aussi en qualité de dresseur du chien-star, qui était d'ailleurs le sien. Pour ajouter à la confusion, le réalisateur Ralph Ince faisait aussi partie de la distribution!
Deux jeunes femmes (Florence Turner, Mary Fuller) s'installent pour camper au bord d'un lac. Deux adolescents locaux les aperçoivent et sont particulièrement effarouchés car timides. Mais Jean, leur chien, va jouer les entremetteuses...
C'est l'un des premiers chiens qui allaient devenir, des années avant le célèbre Rin-Tin-Tin, des stars travaillant sous contrat pour des studios, mais ce ne fut que pour huit films, d'une bobine généralement, mais aussi de genres très variés, du mélodrame à la comédie romatique... C'est charmant, gentil et sans prétentions... Et le film a eu un énorme succès.
Une scierie sur les bords d'un lac, avec tout son personnel... En particulier deux personnes, le contremaître irascible et violent (Oliver Hardy) et l'homme à tout faire (Larry Semon) inventif, mais pas forcément en efficacité... Nous faisons aussi connaissance du propriétaire du site et de sa fille, qui va attirer autour d'elle les personnages, rivaux en amour...
C'est du pur Larry Semon, une fois le décor planté, il semble que les gagmen aient juste laissé faire! Les décors, d'ailleurs, sont spectaculaires, à Hume Lake en Sierra Nevada au centre montagneux de la Californie. C'est du cinéma en liberté, pas beaucoup plus... Et e n'est pas si mal...
Dans un hôtel, un membre du gouvernement cache des papiers secrets ultra-importants dans un coffre-fort, mais des espions les volent avec la complicité du directeur (Oliver Hardy). c'est à un groom (a bell hop) qu'il échoit de les combattre...
C'est la définition même du film de Semon, ici déclinée sur une luxueuse demi-heure, comme les films de Chaplin de 1918-1919... Une marque des ambitions de Semon qui typiquement a demandé à la Vitagraph un budget conséquent, tout en faisant exploser énormément de dynamite!
On a donc droit à la peinture forcément exagérée d'un lieu, ici un hôtel, dont Semon n'est qu'un des rouages, le plus poétique forcément. Des gags s'accumulent dans un rythme effréné, puis l'intrigue se met en route: les auteurs ne sont pas forcément dupes des clichés qu'ils véhiculent, surtout si on en croit le début, qui détaille précisément les données du film comme étant des clichés! Un classique donc, mais mal poli, paradoxal, et brut de décoffrage...
Trois metteurs en scène? Pour un court métrage en deux bobines, ce n'est pas tout à fait raisonnable... Mais ce film est en effet crédité à semon, maître d'oeuvre, à Taurog qui était un collaborateur fréquent et fréquemment crédité jusqu'à 1922, et à Mort Peebles, obscur scénariste et gagman, associé à Semon à l'époque.
Ce qui n'est finalement pas étonnant, car le film ressemble beaucoup plus à une collection de gags tous plus loufoques les uns que les autres, qu'à une véritable comédie construite sur une progression ou une intrigue... Ca commence par une journée terrible à l'école, une école où on accueille manifestement les élèves par une perfusion de caféïne! Dire qu'ils sont dissipés relève de l'euphémisme militant, ou de l'aveuglement caractérisé!
Pour gouverner ces petits garnements (dont Semon, mais aussi Lucile Carlisle sa "leading lady" de prédilection à l'époque, ou le corpulent Frank Alexander, qui jouait le "heavy", quand Oliver hardy n'était pas là), une institutrice qui ressemble furieusement à Frank Hayes en costume de vieille dame, se prend sur le coin de la figure toute l'espièglerie possible et imaginable...
Le film se voit bifurquer vers un saut de dix ans dans le temps, qui change un peu la catégorie des gags, mais assez peu: il n'en reste pas moins que ce court métrage court désespérément après une certaine logique, ou une idée, qui le rendrait un peu plus désirable...
Présenté dans une copie en fort mauvais état, mais d'origine, soit un positif 35mm, et incomplète, ce film a vu les critiques Américains faire la moue... Car il est partiellement atypique.
Partiellement: on retrouve l'univers du réaisateur-acteur, qui a choisi une profession pour en faire le titre de son film, et a demandé à la Vitagraph de plus en plus embarrassée par ces dépenses inconsidérées un budget imposant; enfin, ses acteurs de prédilection sont là, et en particulier un génie: Oliver Hardy.
L'intrigue concerne un restaurant dans lequel le maître d'hôtel est irascible, colérique et pour tout dire pas forcément sympathique envers les vagabonds qui tentent d'y manger gratuitement. C'est le cas de Semon, qui est expulsé manu militari, ce qui fait qu'il tend à se retrouver entre les mains d'un autre colérique qui ne le porte pas dans son coeur (Hardy)... Mais le maître d'hôtel et les autres employés partent sur un coup de tête et le restaurant va donc devoir employer les vagabonds...
Ce qui est atpique, c'est que les gags semblent plus retenus, moins délirants et avec moins de cascades que d'habitude... Moins ne veut pas dire évidemment qu'il n'y en avait pas! Et on regrettera que le final soit perdu...
Par contre il est difficile de ne pas repérer l'influence très forte de Chaplin et de A dog's life (1918) sur ce film...