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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 16:58

Gettysburg, 1863: alors que la bataille parait perdue pour les troupes Nordistes, le Capitaine de l'armée de l'Union Mike McComb (Errol Flynn) reçoit l'ordre de véhiculer la paie des troupes, et surtout de tout faire pour qu'elle ne tombe pas entre les mains des Sudistes. Acculé, il décide de mettre le feu à un million de dollars... Ignorant que le Nord a gagné la bataille, et a renversé la situation à son avantage. Dégradé, il part vers l'Ouest et devient bien vite un joueur réputé sur les bateaux à aube.  Il finit par arriver à Silver River. Dans un premier temps, il ouvre une maison de jeu, mais commence à s'intéresser de près aux mines d'argent qui ont donné son nom à la ville...

C'est un petit western pour la Warner, comme pour Flynn et Walsh, d'ailleurs... La star est de plus en plus un problème lourd à gérer en raison de son instabilité et de son alcoolisme, et seul Walsh arrive à peu près à en tirer quelque chose... Tout son charme ne suffit pas à dépasser l'aspect générique du film. 

Pourtant Walsh s'y retrouve un peu: on reconnait bien ses sympathies sudistes (il ne s'en est jamais vraiment caché) dans la façon dont il montre le traitement infligé par l'armée Nordiste à un capitaine qui n'a fait que son devoir, fut-il un peu interprété... Et le personnage de McComb est un maverick assez proche de la version Walshienne du général Custer (They died with their boots on). Mais l'ensemble du film se déroule suivant une structure très classique, avec des personnages très stéréotypés: Ann Sheridan, qui interprète ici l'ingrédient amoureux (une femme aussi ambitieuse que McComb, mais elle est mariée), ne s'y était pas trompée...

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Published by François Massarelli - dans Errol Flynn Western Raoul Walsh
12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 13:40

Bill Scott (Harry Carey) arive à Satan Town, une ville qui se revendique comme étant un lieu de perdition... Il est venu autant par fascination que par curiosité, mais très vite il comprend que la réputation n'est pas usurpée. Il prend la défense d'une jeune femme, Sue (Kathleen Collins) qui tente de renverser la situation avec l'aide des honnêtes gens, mais elle est la cible des agissements d'une bande de malfaiteurs dirigés par Malamute (Ben Hendricks).

C'est un western extrêmement générique, qui repose beaucoup sur la personnalité d'Harry Carey, et son côté direct. Il n'y a pas, dans la version qui survit, de passage vraiment notable. Il faut dire que la version intégrale a disparu, et que les copies survivantes proviennent d'une copie d'une seule bobine (contre six dans la version intégrale) qui proposait un condensé de l'intrigue, réduite à sa plus simple expression...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926 Western
14 juillet 2025 1 14 /07 /juillet /2025 23:23

Voici un film qui ne choisit pas: entre le western et la comédie, il opte de faire les deux. Donc, dans une épicerie d'une ville de pionniers, le propriétaire (William Williams) a une fille, Lena (Gwendolyn Pates), qui est fort jolie, et qui reçoit souvent des visites de Jim Jackson, un cowboy des environs (Charles Arling)... Pour réussir à proposer le mariage à Lena, il va falloir ruser, car son père n'est pas déterminé à laisser faire...

Dans ce petit, tout petit film oubliable mais soigné, outre un gag idiot (Jim parie avec le boutiquier qu'il ne pourra pas rester longtemps à fixer la pendule en répétant "There she goes", pour détourner son attention), on remarquera un personnage dont la rotondité ne pourra qu'être familière: Henry Bergman, un acteur plus que compétent, dont la rencontre la plus déterminante de sa vie sera sans aucun doute celle de Charles Chaplin, qui en fera un acteur de seconds rôles dans ses films, un conseiller, voire un assitant réalisateur entre 1916 et 1936... Bref, pas n'importe qui!

 

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Comédie
14 juillet 2025 1 14 /07 /juillet /2025 23:09

Un bandit, Scar-faced Bill (Robert Thornby), vole un cheval de grande valeur. dans la pagaille qui s'installe au vollage, deux jeunes soeurs, la prude (Helen Case) et le garçon manqué (Helen Christy), vont résoudre la crise par leur ingéniosité...

C'est un tout petit western, comme il s'en faisit des dizaines par semaine, à Fort Lee, New Jersey, avant qu'Hollywood ne prenne le relais à l'autre bout des Etats-Unis... La Vitagraph, comme tant d'autres compagnies, en sortait une bonne dose par an. Celui-ci est intéressant, pour le fait qu'il est un peu une comédie, aussi, et en prime, il met en scène deux femmes sans lesquelles les hommes seraient assurément bien embêtés...

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Vitagraph
8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 13:28

Une famille Indienne se rassemble, ils savent que leurs territoires sont convoités par le gouvernement, ils dépêchent alors un émissaire à Washington, un jeune chef, pour essayer d'enrayer l'opération. Mais les politiciens l'ont vu venir et l'un d'entre eux lui présente sa fille pour le distraire pendant que le Congrès vote pour la confiscation de leurs terres...

C'est un film de la compagnie Champion, un petit studio qui a tenté sa chance dans les années 10 à Fort Lee... Non seulement on ne reconnait personne, mais en plus on n'a pas gardé l'identité de son réalisateur ou sa réalisatrice. Mark Dintenfass, le fondateur, pourrait en être l'auteur... L'intrigue rappelle une vision romantique des rapprts entre les Américains natifs et les anglo-saxons, mais en 1910, le mal était fait. Et cette histoire sordide, avec une fille utilisée par son père sénateur pour des fins politiques, est bien limite... Au passage, dans Mr Smith goes to Washington, le sénateur Joseph Paine ne fait pas autre chose pour éloigner James Stewart d'un vote décisif...

A côté d'une certaine naïveté, et d'un jeu d'acteurs souvent daté (du point de vue de 1910 aussi: on dirait un film Italien de 1905...), le film est notable pour avoir demandé une assistance à de jeunes membres d'une tribu locale... Un soupçon d'authenticité dans un film en toc...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western
6 juillet 2025 7 06 /07 /juillet /2025 22:05

Le dernier western de Clint Eastwood est probablement l'un des plus aboutis de ses films sur le bilan d'une vie, la vieillesse, et le décalage entre un monde en perpétuelle évolution, et un être coincé dans une bulle faite de nostalgie, de souvenirs et de rancoeur. Il y aura, bien sûr, d'autres oeuvres importantes dans ces domaines, à commencer par le faussement futile Space Cowboys, ou bien sûr de façon évidente Invictus (Sur le bilan des combats d'un homme), Million Dollar Baby ou surtout l'admirable Gran Torino, à lui seul une autre somme des thèmes de prédilection de Clint Eastwood...

William Munny est un tueur, un bandit sans foi ni loi racheté par l'amour, qui a construit sept années durant une petite vie tranquille avec son épouse Claudia, leur petite ferme sur la frontière, leurs cochons, leurs enfants... Et qui expie ses crimes passés dans un veuvage qui le rend particulièrement amer. Un jour, un jeune inconnu lui propose une affaire en or, deux cowboys à tuer pour le compte de prostituées: l'une d'entre elles a subi un traitement injuste, et ensemble elles ont mis la tête des deux responsables à prix. Après hésitation, il se rend à Big Whiskey, Wyoming, en compagnie de Ned (Morgan Freeman), son complice de toujours, et de Schofield Kid, le jeune outlaw qui lui a proposé le contrat, et va affronter la-bas Little Bill (Gene Hackman), un shériff qui ne souhaite pas voir sa ville envahie par la racaille.

Que laisse un homme au soir de sa vie? C'est une préoccupation de Munny, dont les enfants regardent sans vraiment comprendre leur vieux père tenter désespérément de monter sur un cheval qui ne souhaite pas qu'on l'utilise, pour retourner vers des pêchés qu'il n'a jamais su leur avouer. Mais Munny n'a plus le coeur à vivre de cette manière austère qui se justifiait tant du vivant de son épouse, et rame pour joindre les deux bouts, ce qui le pousse à accepter le contrat. Mais une fois sur place, la vieillesse est définitivement là, et c'est une épave qui arrive à Big Whiskey. De son coté, le Kid, le jeune fanfaron qui propose le contrat à Ned et Munny, n'est pas vraiment en mesure de faire grand chose: sa vue est très faible, et malgré toutes ses vantardises, il n'a jamais tué un homme auparavant, ce qui ouvre la porte à tout une réflexion sur l'image des manieurs de gâchettes du film: English Bob (Richard Harris), un personnage secondaire, débarque à Big Whiskey en compagnie de son biographe attitré, auréolé de ses exploits mi-criminels, mi-chevaleresques... Mais little Bill démontre qu'il ne s'agit que d'un hors-la-loi vantard, ivrogne et incapable, avant de s'approprier le biographe, et de tomber absolument dans les mêmes travers... on constate en revanche que Munny comme Ned ne se vantent jamais: ils agissent, quelquefois avec une réelle amertume.

 A la tentative de Munny de se racheter face à l'humanité, ou Dieu, ou la mémoire de son épouse, ou lui-même, Eastwood oppose Little Bill, un personnage fascinant, d'ailleurs confié à l'ambiguité de Gene Hackman: Bill est bien le shériff de Big Whiskey, un homme amené à trancher dans le cadre de la loi: il ne va par exemple pas laisser le délit des deux cowboys au début impuni, mais va le considérer sous l'angle du droit, proposant un dédommagement des prostituées plutôt qu'une punition. Son approche de la loi est pragmatique, mais peine à masquer un amour sadique de la violence et d'un certain autoritarisme. Et puis, comme Munny, il construit un nid, une maison à laquelle on le voit souvent travailler, mais dont il délaissera souvent les travaux pour se consacrer à sa propre légende...

Eastwood dans son film joue de la différence entre Bill et le Kid d'un coté, deux hommes entreprenants, qui tentent d'attraper chacun à leur façon le train du progrès (Kid en saisissant au vol la perspective d'un contrat, Bill en faisant respecter l'ordre et en contribuant à bâtir une ville), et Munny et Ned de l'autre, rangés mais hantés par leur passé, comme des fantômes d'une frontière qu'on croyait définitivement disparue. sa réflexion sur le temps qui passe et les hommes qu'elle laisse de côté renvoie d'une certaine manière à tous les losers magnifiques de son oeuvre, qu'ils soient Red Stovall (Honkytonk man), (The Outlaw) Josey Wales ou bien sûr Charlie Parker (Bird)... Comme Munny, ils sont passés, ont laissé quelque chose, bon ou mauvais, et comme lui ils ont aspiré à une tranquillité qu'ils n'ont jamais atteinte. Le style crépusculaire d'Eastwood est ici à son apogée, dans un film à l'obscurité envoûtante...

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Western
19 juin 2025 4 19 /06 /juin /2025 22:15

Un train roule vers l'ouest... A son bord, une jeune voyageuse a confié ses deux chiens à l'équipage du véhicule, dont un homme, Dan Angus (George bancroft), qui déteste les bêtes... Durant le trajet, ivre, il brutalise les deux animaux, et tue l'un d'entre eux, avant de jeter sa dépouille au dehors. L'autre chien se jette pour veiller son camarade... Le lendemain, il est trouvé par Dave Deering (Tom Mix), un brave cow-boy. La jeune femme (Lucy Fox) qui a perdu ses animaux s'est lancée à leur recherche, et Dan Angus, dont les actions l'ont grillé auprès de ses supérieurs, rôde...

C'est un petit film de complément de programme, particulièrement soigné par Blystone. Les films de Tom Mix pouvaient être un peu ridicules (le costume de cow-boy avec le "10 gallon hat", le côté justicier propre et bien coiffé) mais ils pouvaient aussi, clairement, proposer en moins d'une heure une impressionnante dose d'action western, du suspense, et tous les atouts du mélo, utilisés à bon escient. C'est exactement ce que propose ce film superbement joué, et qui vous tient en haleine du début à la fin, jusqu'à un incendie très réel...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet ** 1924 Western Wonder dogs
18 juin 2025 3 18 /06 /juin /2025 11:36

Un jeune auteur (Charles West) en quête de "couleur locale" dans une ville de l'extrême sud de la Californie, se fait de suite repérer par des malfrats locaux... après une partie de poker qui lui a profité, il est attaqué par les bandits, et fuit son hôtel dont il sait qu'il n'est pas sûr. Il demande l'asile à un habitant dont la nièce (Mary Pickford) ne lui est pas indifférente... Mais pendant la nuit, les bandits menacent de s'introduire dans sa chambre, et l'oncle n'est pas contre l'idée de les laisser faire...

D'une part, donc , c'est un mélodrame western, assez classique, avec les sempiternelles marqueurs sociologiques de David Wark Griffth: les Américano-mexicains pouilleux, méfiants et malhonnêtes, le jeune blanc de l'est bien habillé et hautain... Bien sûr, croisant la route de mary Pickford, les deux sont immédiatement attirés l'un par l'autre. 

Mais Griffith aimait à donner bien plus à faire à sa jeune star, et c'est elle qui mène le bal: elle sait que les bandits vont attaquer, elle sait aussi que son oncle n'est pas fiable, d'autant qu'il désapprouve de la voir faire les yeux douc au jeune étranger... C'est donc elle qui va assurer la sécurité du jeune homme, et au final, les deux semblent veiller l'un sur l'autre... Mais on sait bien que c'est elle qui a le dessus.

Au passage, même si une fois de plus le metteur en scène se plait à utiliser les pires clichés des Mexicains, il élève son film en utilisant aussi un truc de mise en scène qu'il portera à sa perfection dans The musketeers of Pig Alley, cette menaçante avancée nocturne des bandits... Il utilise aussi à merveille l'espace de la maison, pour signifier les risques encourus par son protagoniste masculin, mais aussi par le biais de la porte qui sépare les amoureux, il rassure les foules puritaines sur le bien-fondé de leurs intentions à la fin...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western David Wark Griffith Mary Pickford
12 juin 2025 4 12 /06 /juin /2025 14:29

C'est à peu près avec ce film que Clint Eastwood a enfin fini par être considéré comme un auteur. C'est assez paradoxal, d'autant que Pale rider, au regard de films comme Honky tonk man ou Bronco Billy, est quand même facilement considéré comme un Eastwood mineur... Mais il présente une facette formelle fascinante en même temps qu'une relecture double de quelques tendances westerniennes, en même temps qu'un éclairage sur l"idéologie Libertarienne telle que le metteur en scène la conçoit... C'est aussi un de ces beaux westerns situés en Californie du nord, qui utilise avec bonheur la belle nature montagneuse locale. Et ce dès les premières séquences qui accompagnent le générique, avec une mise en parallèle par le montage de la vie paisible de mineurs indépendants, et de la chevauchée des hommes de main d'un gros entrepreneur local, qui s'apprêtent à mener une expédition punitive sur le campement des pionniers...

Californie, deuxième moitié du XIXe siècle; En pleine ruée vers l'or, un conflit d'intérêts oppose les hommes du magnat local Coy LaHood (Richard Dysart), qui envisage d'engloutir toute la région afin d'en exploiter les richesses, et un groupe de mineurs indépendants, que le riche industriel harcèle afin qu'ils lui cèdent les droits à leurs terrains. On s'intéresse en particulier à Hull Barret (Michael Moriarty), Sarah Wheeler (Carroe Snodgress) et Megan Wheeler (Sydney Penny), une étrange famille presque recomposée: Sarah est la mère de Megan, son mari a disparu, et Hull a juré de s'occuper des deux femmes, sans pour autant profiter de la situation; après un raid des hommes de LaHood qui ont une fois de plus tout saccagé, Megan prie: elle souhaite un miracle... c'est à ce moment qu'un étranger, manifestement un révérend, vient s'installer à LaHood, et va intervenir pour aider les mineurs indépendants.

Aussi frontal qu'un western de Eastwood peut l'être, Pale rider puise à deux sources dont le rapprochement est inattendu, mais reste logique quand on connait un peu le metteur en scène: inspiré de Shane, de George Stevens, le film semble aussi largement s'abreuver chez Leone, notamment à travers les personnages de shériff et d'adjoints vêtus de ces longs manteaux qui sont censés protéger les vêtements des cavaliers de la poussière; ils viennent en droite ligne de Once upon a time in the west... A la fascination exercée par Shane sur un petit garçon, Eastwood ici oppose l'amour ressenti non seulement par Sarah, mais aussi par la jeune Megan, à l'égard de ce mystérieux cavalier venu de nulle part comme pour répondre à sa prière.

Eastwood donne de la place dans son film, comme il l'a d'ailleurs souvent fait, à la vision des hommes au travail, dans leur organisation, un thème riche qui renvoie au cinéma de Hawks. Dans ces compositions ou les personnages sont campés devat des magnifiques vues de montagnes, on sent le souvenir des grands westersn intérieurs de Mann... Mais le film n'est pas que référentiel: par ailleurs, Eastwood a depuis longtemps révélé sa profonde adhésion au libertarianisme, cette philosophie politique qui va d'un certain anarchisme à l'Américaine, jusqu'aux ultralibéraux les plus acharnés: le principe fondamental des libertariens, c'est de considérer que chacun doit avoir le droit d'entreprendre, ce qui légitime aussi bien le courage des mineurs indépendants, que la volonté d'hégémonie de Coy LaHood; mais chez l'humaniste Eastwood, la liberté absolue n'est circonscrite que par la nécessité de respecter les autres. on notera que dans ce film, comme chez Capra ou d'autres réalisateurs populistes des années 30 (McCarey, La Cava), LaHood tente d'utiliser aussi bien la justice que la loi (Un shériff qui a des méthodes expéditives) afin de l'aider dans ses démarches fascisantes. Un  propos qui là encore renvoie au cinéma des années 30, chez les réalisateurs qui se méfiaient d'un gouvernement Rooseveltien qui intervenait trop dans tous les domaines. LaHood, qui a donné son nom à la ville locale, entend contrôler tous les magasins, toute l'industrie, toutes les consciences...

La dimension fantastique du film est une réalité dans la continuité de son déroulement, sans jamais être explicitée; eastwood aime laisser les portes ouvertes, et s'il maintient par le biais d'un fondu enchaîné un certain doute sur le lien entre la fameuse prière et l'arrivée de l'inconnu interprété par Eastwood, jamais celui-ci n'apportera d'explication quand à son identité, son arrivée, ses motivations... Ange exterminateur, il s'oppose à sept cavaliers (Sept!) que leur uniformité rend clairement diaboliques, et le shériff Stockburn périra criblé de balles, dont la disposition rappelle les plaies dans le dos du héros, justement: on sent, on sait que c'est sans doute Stockburn qui a causé ces blessures, laissant sans doute le "prêcheur" pour mort dans un lointain passé, mais comme dans High plains drifter, on n'en saura pas plus... Comme chez Leone, les pièces disparates d'un puzzle lié au passé, suffisent à donner au personnage une motivation, voire ici une certaine morale...

Le troisième et avant-dernier western d'Eastwood est un film soigné et extrêmement distrayant, dont l'éclairage qu'il offre sur la civilisation sur la frontière lors de la fameuse ruée vers l'or permet d'éclairer une certaine idéologie replacée dans un contexte urgent: bien sûr, on comprend mieux une idéologie de l'auto-défense des intérêts privés dans un domaine ou les petites gens sont confrontés à un personnage comme LaHood. Eastwood, généreux comme d'habitude, n'en fait pas un fromage, il en fait un film, dans lequel on retrouve avec plaisir les accents locaux des protagonistes, reproduits avec une certaine verve, et on est bien dedans, le temps que ça dure...

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Western
21 mai 2025 3 21 /05 /mai /2025 21:28

Josey Wales (Clint Eastwood), un homme qui aurait du passer totalement inaperçu, mais qui est né à l'histoire suite au massacre de sa famille par une troupe de nordistes, est un homme en colère, un être humain blessé dans sa chair et dans sa liberté. Sa vengeance est inéluctable...

C'est que le film commence par une scène qui voit l'atmosphère passer d'un lyrisme rural évident (Josey Wales, aidé de son tout jeune fils, commence à labourer sa terre sous le regard bienveillant de son épouse) au drame le plus sombre (une troupe de bandits plus ou moins affiliés au Nord viennent de s'introduire dans le Missouri, et incendient sa ferme après avoir tué sa famille)... Un acte fondateur, qu'on le veuille ou non: après avoir enterré les siens, Wales va paticiper à sa façon à la guerre qu'il avait auparavant évité en intégrant une troupe de Jayawkers, des bandits et des soldats Sudistes qui vivent de pillage en revendiquant d'être loyaux à la cause du Sud. Quand la guerre finie, on leur propose l'amnistie, tous ou presque acceptent, pas Josey Wales...

Bien lui en prend: ses camarades sont massacrés. C'est donc entouré, habité par l'omniprésence de la mort autour de lui qu'il se lance dans une fuite permanente, pourchassé par les autorités et les chasseurs de primes...

La production de ce qui s'avèrera être le deuxième western réalisé par Eastwood n'a pas été de tout repos. Malpaso, la compagnie de l'acteur, avait engagé Philip Kaufman (il est probable qu'Eastwood ne se sentait pas pret à se lancer en tant que réalisateur dans une telle production) pour le réaliser... Mais le tournage n'a pas commencé dans une ambiance satisfaisante pour sa vedette-producteur, et celui-ci a donc pris la décision de remplacer son metteur en scène, afin de mener la production à un rythme plus satisfaisant. L'affaire est célèbre, d'abord parce qu'Eastwood a eu maille à partir avec le puissant syndicat des réalisateurs, et ensuite parce que quels que furent les défauts de Kaufman sur le film, le résultat final est considéré comme un chef d'oeuvre, et même l'un des westerns majeurs des années 70.

Le western n'est pas exempt de lyrisme, depuis les films fondateurs, ceux de John Ford ou James Cruze qui nous montraient la conquête de l'Ouest et l'avancée d'une civilisation (à tort ou à raison, selon les films)... Ce lyrisme s'est déplacé vers des films de plus en plus riches, de plus en plus complexes, et les oeuvres présentant des héros de plus en plus éloignés des contraintes de la loi (Ethan Edwards ou The Ringo Kid, chez John Ford, sont des bandits avérés). La mutation du genre dans les années 60, entre les révolutions stylistiques d'un Leone et le néo-classicisme transgressif d'un Peckinpah, a créé un nouveau genre, un western dans lequel un souci de plus grand réalisme d'un côté, et un sens du baroque de plus en plus affirmé, ont rebattu les cartes. Eastwood vient de lç, comme le prouvait son premier western, l'impayable, et profondément jouissif, High plains drifter...

Mais avec ce film, c'est un autre paire de manches: Opposant à son héros des films Italiens (largement repris dans High plains drifter et dans Two mules for sister Sara, de Don Siegel) un personnage de fermier soudain freiné dans sa tentative de vivre tranquille par une guerre qu'il n'a pas souhaité, Eastwood invente un nouveau personnage, qui cette fois existe au delà d'un simple type. Il a une histoire, une vengeance à accomplir, des ennemis à fuir. Il va construire, presque malencontreusement autour de lui, une troupe de marginaux: Jamie (Sam Bottoms), un autre Jayhawker qui a survécu au massacre; Lone Watie (Chief Dan George), un Cherokee d'un certain âge; Little Moonlight (Geraldine Kearns), une femme Navajo; enfin, deux femmes du Kansas, Sarah Turner (Paula Trueman) et sa petite fille Laura Lee (Sondra Locke) se joignent à la fuite, entre les escarmouches, les dangers divers et l'élimination lasse mais certaine des chasseurs de primes rencontrés en chemin...

L'humour ne manque pas, mais le film est surtout notable pour son admirable grand écart entre le lyrisme picaresque de son épopée inattendue, et la façon dont il nous montre une vision totalement privée de la moindre glorification des faits militaires, des actes de justice, dans un Sud en proie au chaos d'après-guerre... Que le film ait été inspiré d'un roman pro-Sudiste, écrit par un admirateur de la cause du Klan, importe peu: Eastwood en fait sa première grande méditation sur l'engagement et l'héroïsme dans l'histoire Américaine... Un film majeur qui a fait de lui, qu'on le veuille ou non, un réalisateur incontournable.

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Western