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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 18:44

Lau Lauritzen n'a pas réalisé tous les films du duo Schenström et Madsen, celui-ci (sorti le 26 décembre 1926, derniers des quatre films du duo sortis cette année-là!) en est un rare exemple... Il est listé sur le site du Dansk Filminstitut comme ayant une longueur de 2460m, ce qui en ferait environ un long métrage de 90 minutes... On en est pourtant loin la copie disponible sur le site étant longue de 52 minutes...

Urban Gad n'est pas n'importe qui: réalisateur du film et co-auteur du script, il est plus connu pourtant pour sa collaboration avec la grande actrice Asta Nielsen, aussi bien au Danemark qu'en Allemagne. L'Abîme (1910), le film avec lequel ils ont commencé leur partenariat, est encore aujourd'hui considéré comme l'un des classiques de cette période... Pas celui-ci, pourtant, qui est le dernier film de gad

La continuité ne semble pas trop souffrir pour autant, si ce n'est dans des raccourcis étonnants (on passe en fin de première bobine de l'hiver à l'été, un peu abruptement, et la fin est particulièrement précipitée)...

D'un côté, la jeune Ethel Birk (Lili Lani) fait face à une situation embêtante: elle vit avec sa tante Anna (Petrine Sonne), qui n'a pas beaucoup d'argent, et un avocat (Peter Nielsen) leur fait du chantage, leur proposant de les aider si il a droit à la main de la jeune femme... Elle refuse et elles doivent donc déménager. 

De l'autre, Doublepatte et Patachon, vagabonds, ont pu survivre à l'hiver en louant des patins à glace, mais l'été venu, ils ont de nouveau faim. Un concours de circonstances heureux les aiguille vers Ethel et sa tante, qu'ils vont aider à déménager, puis avec le concours d'un sculpteur (Arne Weel) qui en pince pour Ethel, ils vont essayer de restituer à cette dernière un testament qui va la sauver financièrement...

On n'est pas spécialement éloigné du style de Lauritzen, dans ce film qui met sérieusement l'accent sur le slapstick, et nous montre les deux héros, en déménageurs de contrebande, détruire absolument tout ce qu'ils peuvent détruire chez le sculpteur... Schenstrôm, plus que jamais, incarne le resque adulte du duo, alors que Madsen se laisse aller à son irresponsabilité totale...

 

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Published by François Massarelli - dans Urban Gad Schenström & Madsen 1926 Muet
19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 14:48

Ce film est sorti en janvier 1926 une année cruciale pour le duo danois Doubepatte et Patachon (Fyrtaarnet og Bivognen), car non seulement ils ont beaucoup tourné, mais le metteur en scène Lau lauritzen a tenté une approche différente en se lançant avec eux dans un long métrage (sorti, lui, en novembre) adapté du roman de Cervantès Don Quichotte... Pour une large part, ce dernier a été tourné en Espagne.

C'est qu'en ces années 20, le cinéma danois voyage beaucoup... Les productions de films sortent de plus en plus du pays, Sandberg tourne en Méditerranée, en Italie, en Allemagne, en Norvège et en France, Dreyer sillonne la Scandinavie, et Lau Lauritzen emmène sa troupe un peu partout: l'Italie, aussi, et donc l'Espagne joue un petit rôle ici... Des scènes sont en effet tournées à Bilbao, peut-être en chemin vers les plaines arides où l'équipe tournera Don Quichotte?

Pourtant ça commence de façon particulièrment locale: c'est l'hiver, et les deux amis ont confectionné un bateau à glace, un petit dériveur monté sur patins... Qui ressemble à une caisse à savon. Ils s'échouent sur une banquise, où ils vont être secourus par un bateau mené par un capitaine débonnaire, doté d'un insupportable second. L'équipage doit aller chercher en Espagne la fille naturelle d'un ami du Capitaine...

Et la boxe dans tout ça? Ce sport de brutes, dont on va forcément nous dire qu'il est noble et que ce n'est en aucun ca une boucherie débile à l'usage de sous-développés du cerveau à l'affut de castagne gratuit, a toujours eu une place de choix dans le cinéma, en particulier la comédie: Chaplin, Lloyd, Keaton, Laurel, tous les grands du burlesque Américain y ont sacrifié... Dans le dernier tiers de ce film, pour se protéger de la vindicte corrosive du Second du bateau, Doublepatte a l'idée de prétendre que Patachon est un champion de boxe, surnommé "Le Boxeur de la mort"... Une petite comédie fait le reste...

sans grande surprise, le film, fait de trois tronçons plus ou moins distincts, est glorieusement foutraque. Je préfère depuis toujours le premier tiers, qui voit nos deux valeureux et loufoques vagabonds qui se retrouvent coincés sur un iceberg à la dérive, cernés par d'authentiques otaries, et un authentique espadon en carton-pâte... 

Et sinon, une rareté: non seulement l'un de nos deux héros réussit à séduire la jeune fille de l'intrigue, mais en plus c'est l'ineffable Bivognen/Patachon... comme quoi.

 

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Published by François Massarelli - dans 1926 Muet Lau Lauritzen Schenström & Madsen
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 08:06

Héliogabale (Fernand Herrmann), l'empereur Romain (sur lequel beaucoup de fadaises ont probablement été dites), s'adonne à ses plaisirs favoris: choisir des courtisanes, s'entourer de jeunesses, aussi bien filles que garçons, et festoyer en bonne compagnie, sans oublier, bien sûr, de jeter quelque serviteur aux lions à l'occasion...

Ce film fait partie d'une des branches du cinéma de Feuillade les plus éloignées de son style 'policier": les films dits "esthétiques"... Le terme était du cinéaste lui-même, qui avait dans un article publié en mai 1910 dans la revue Ciné-Journal exprimé ses ambitions pour un cinéma artistique et exigeant... Ce qui lui permettait sans doute d'amener Léon Gaumont à lui donner des budgets plus conséquents! Cet aspect se retrouve dans ce qui est quand même un court métrage plutôt luxueux, en terme de décors et de figurations.

Un passage à retenir, probablement: le moment où une "orgie" (essentiellement un repas, agrémenté de danses en toge!) qui bat son plein est interrompue par l'arrivée des lions. Quelques années plus tard, Feuillade raffinera ce genre de situation dans une hallucinante scène inquiétante des Vampires.

Quant à ce pauvre Héliogabale (Antonin de son nom d'empereur), c'était semble-t-il un libertin, qui affichait une androgynie et une liberté sexuelle qui ne pouvait que déclencher sa diabolisation par l'église (ce que le film reprend fidèlement, on y verra Fernand Herrmann flatter le minois d'un tout jeune homme); il n'a pas eu longtemps pour ses turpitudes, qu'elles soient authentiques ou fantasmées par quelques moines moyen-ageux en quête de copie: né en 204, devenu empereur à 14 ans, il mourra à 18. Assassiné, bien entendu.

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:57

La Gaumont avait une mission, imposée par le patron Léon Gaumont: éduquer les masses, dans le bon sens et le bon ordre... Il est donc attendu qu'il faille à un moment ou un autre s'occuper de religion. Après un film (un long métrage, denrée rare en 1906) mis en scène par Alice Guy (La vie du Christ, 1906), Louis Feuillade a souvent pris le relais. 

On assiste donc à une série de tableaux religieux aux compositions sulpiciennes, dans lesquelles le grand cinéaste s'applique sans aucune trace de son génie à illustrer platement la supersitition de son patron, le tout relié par des intertitres à la navrante platitude...

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade Muet
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:49

Le titre est on ne peut plus explicite: Bout de Zan (René Poyen), le gamin des rues, vole en effet un éléphant à une famille de forains (qui disparaissent immédiatement du film, car à cette époque, la Gaumont n'avait pas plus de considération pour les gens du voyage, sauf bien sûr s'il fallait en faire des voleurs dans les films), et commet quelques facéties avant que lui et l'animal ne soient recueillis par une dame charitable (Renée Carl) qui aime les enfants et les animaux...

C'est peu dire qu'il y a peu à dire... Les films de Bout de Zan, petit précurseur à chapeau et chaussures trop grands pour lui, d'un Jackie Coogan, était très populaire, et ses films le plus souvent tournés par Feuillade étaient l'occasion pour le petit acteur de faire de copieuses bêtises. Il use et abuse du regard à la caméra, cette marque distinctive et antédiluvienne de la comédie telle que Feuillade la concevait...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:31

Dans la famille de Bébé (Clément Mary), on reçoit l'oncle du garnement, qui lui offre un cadeau: il s'agit d'un petit fusil... Prudent, le père (Paul Manson) garde les cartouches à plomb, mais son fils les lui reprend en douce, et entreprend d'utiliser son cadeau... En déclenchant comme il se doit de lamentables catastrophes.

On passera sur l'ironie de la situation, la façon dont les parents (La mère est jouée par Renée Carl) accueillent avec ravissement le cadeau fait à leur fils, et foce est de constater que ce film est assez peu intéressant: oui, Feuillade, le poète noir de l'art muet, le prince des films policiers baroque, avait aussi à sa charge des séries infantiles dans lesquelles un enfant de riches tire allègrement sur les fesses d'une domestique (Jeanne Saint-Vincent, ornées d'une cible...

Parlons-en d'ailleurs: cette anecdote du film montre assez bien le mépris de classe affiché fièrement comme un étendard par la Gaumont, et qui durera jusqu'au début des années 20 avant que les cinéastes n'y mettent bon ordre... Pour finir cet article sur un film sans grand intérêt (au delà du proverbial aspect "historique"), il me semble significatif de dire que l'actrice Renée Carl, la tragédienne par excellence chez son mentor Louis Feuillade, est ici vue à plusieurs reprises hilare. Etonnant, non?

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 14:39

La jeune Virginia Craig (Virginia Lee Corbin) est l'héritière d'un business qui tourne, mais... des malhonnêtes, conduits par un avocat véreux de la famille, tentent de prendre le contrôle de ses millions et de son entreprise. Elle s'enfuit, poursuivie par des hommes de main peu scrupuleux. Elle est recueillie par un de ses employés (Monty Banks), qui n'a aucune idée de qui peut bien être cette jeune personne fragile et perdue qu'il a amenée chez lui. La cohabitation est aidée et plaisante, mais de courte durée: les affreux retrouvent la trace de la jeune femme, et lui font croire que Monty était en fait un gangster qui tentait de mettre la main sur son argent...

C'est un film miraculé, qui a longtemps été disponible uniquement sous la forme d'un court métrage de deux bobines, retitré Chasing choo-choos... Il était entièrement centré sur la spectaculaire et fort belle poursuite finale. Une copie complète de la version d'exportation a été trouvée en Allemagne... C'est formidable parce que non seulement c'est une belle copie, mais le film est lui-même excellent...

Si la formule est assez classique pour un long de Monty Banks (en gros, une intrigue assez grossière qui mène à des scènes de poursuite ou de fuite, avec acrobaties partagées entre Monty Banks lui-même et le cascadeur Harvey Parry), la première partie se situe dans un cadre qui nous renvoie à tout un pan de la comédie burlesque américaine, les films faisant intervenir des cohabitations: Chaplin et The Kid, Langdon et Three's a crowd, et Harold Lloyd et The Kid Brother, sont des exemples notables. Mony Banks n'est pas en reste, établissant en plus avec Virginia Lee Corbin (qui avait seize ans, mais était déjà une comédienne très compétente) une complicité remarquable. Celle-ci se poursuit d'ailleurs jusque sur les scènes de poursuite en train, et l'actrice paie en permanence de sa personne, n'étant en aucun cas une potiche!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Monty Banks 1927 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:35

Monty Banks a donc travaillé avec Clyde Bruckman, l'un des plus intéressants réalisateurs spécialisés dans la comédie burlesque (The General, qu'il a co-dirigé avec Buster Keaton, et The battle of the century, avec Laurel et Hardy... C'est dire). Ce film, hélas, est réduit à bien peu de choses: trois fragments, dont deux sont très courts. Le plus long, situé de nuit dans un train, confronte Monty Banks à Jean Arthur, et semble anticiper sur Berth Marks, de Laurel et Hardy, par certains côtés... Tout en allant assez loin dans le graveleux.

L'intrigue globale du film, selon les historiens, concerne un jeune avocat (Banks) qui est engagé par une riche famille, dont la fille est interprétée par Jean Arthur. Il va les aider dans une histoire sombre de documents les incriminant... Il gagnera un procès et le coeur de la jeune femme...

Le plus intéressant ici, est donc ce passage de 16 minutes, correspondant sans doute à l'essentiel des deux premières bobines du film: Monty et Jean Arthur sont tous les deux dans un train, ne se connaissent pas, mais vont être pris pour un couple marié par le personnel, qui fera tout pour qu'ils partagent le meme comportaiment couchette, sous le regard concupiscent de tous les voyageurs... 

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Published by François Massarelli - dans Muet Monty Banks Clyde Bruckman 1927 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:20

Monty Milde (Monty Banks) est un homme heureux: un collègue vient de lui annoncer qu'il était enfin reconnu par le journal qui l'emploie, comme un reporter à part entière. Il se sent pousser des ailes, promet une maison à ses grands-parents qui l'ont élevé, et demande sa fiancée (Virginia Bradford) en mariage... Sauf que c'est un canular: Craven (Ernest Wood), le sale type qui lui a annoncé ça est son rival, et un homme sans scrupules... d'ailleurs, il envoie Monty, pas encore au courant de la blague, au casse-pipe: il a vexé dans un article un homme qui est victime d'un chantage odieux, car on lui a enlevé son enfant. Pour éviter la correction, Craven envoie Monty à sa place...

Après de nombreux courts métrages, Monty Banks a suivi l'exemple des plus grands (Chaplin, Keaton, Lloyd, Langdon et Arbuckle), il est donc passé au long métrage. Ce film représente un peu la quintessence de son style: une intrigue proche de ce qu'il aurait pu utiliser pour construire un court métrage de deux bobines, mais aux gags étendus, étirés, parfois avec une grande efficacité. Un style qui rappelle un peu les idées de Stan Laurel, en fait... Mais il se veut aussi, comme tant de comédiens, le reflet de son temps, de ses contemporains, et de leurs aspirations. Ainsi le fait de devenir reporter est d'une importance capitale pour lui. Quand il comprend qu'il a té victime d'une mauvaise blague, il est effondré, et l'acteur joue sans hésitations la scène comme une tragédie intérieure...

Néanmoins, Banks a construit sa réputation sur des acrobaties invraisemblables et ce film n'est pas en reste, culminant dans une poursuite dingue, Monty étant juché sur une échelle avec un bébé dans les bras, l'échelle elle même coincée dans une voiture qui fonce sur les routes en zig-zag de la Californie du Sud! Et en disciple de Roscoe Arbuckle (avec lequel il a tourné en 1918 et 1919) il se permet un gag de très mauvais goût: pris pour un kidnappeur, poursuivi par de nombreux policiers, Monty administre une impressionnante correction (sans lâcher son volant) à une poupée baigneur, puis le jette dans une rivière pour les semer, car il sait qu'ils vont se précipiter pour le sauver...

Même Chaplin n'aurait pas osé.

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Published by François Massarelli - dans Monty Banks Muet 1926 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:07

Dans ce court métrage, Monty Banks construit son intrigue autour d'un couple de jeunes mariés (Florence Roberts et Monty Banks), confrontés au début de leur quotidien: bien qu'il reste très patient et philosophe, le jeune marié constate que son épouse est une abominable cuisinière... une situation qui sera au centre du film de 1924 Home cooking, cette fois avec Ena Gregory. 

Pourtant, ici, Banks ne centre pas tout sur cet état de fait, et conte surtout la désillusion presque routinière d'un jeune marié qui avoue (presque à la caméra) qu'il a, heureusement, de bonnes adresses de maîtresses dévouées... Ce qui est peu banal. Ce serait impensable après 1921! Le film est très abîmé, plutôt incomplet, mais on a le temps d'y apercevoir le géant William Blaisdell en livreur de glace, qui confond le mari avec un représentant en livres que la maîtresse de maison lui demande de rosser...

L'hypothèse d'attribuer la réalisation à Pratt est liée au fait que certains films de cette même série Warner de 1920 et 1921, étaient réalisés par lui. Mais ça reste hypothétique, d'autres courts ayant été dirigés par Jack Warner lui-même...

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Published by François Massarelli - dans Monty Banks Muet