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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 21:40

Produit par la compagnie Thanhouser, qu'on n'en finit pas de redécouvrir, ce petit film est un témoignage des liens parfois inattendus entre les compagnies de l'avant-Hollywood (ce film est fermement ancré à l'Est!) et les industries de l'époque... Il raconte l'immigration d'un homme d'Europe de l'Est, qui rejoint son frère aux Etats-Unis...

L'homme, Bela, vit chez ses parents, où il les aide à travailler la terre dans un oayx qui pourrait aussi bien être Hongrois que Tchèque, au vu de certains des langages qui sont présents sous une forme ou sous une autre dans l'environnement des héros! Peu importe d'ailleurs, car ce qui compte c'est qu'il accepte l'invitation de son frère qui est déjà parti pour les Etats-Unis. Il passe, bien sûr, par Ellis Island, et une fois enrôlé dans l'industrie, il s'émerveille de la belle vie qui est la sienne...

Bien sûr que c'est une forme sans ambiguité de propagande, sponsorisée par des nombreuses associations, corporations et probablement directement de patrons eux-mêmes, désireux de recruter parmi les forces vives des pays Européens, et il faut bien dire que dans la première scène, ces Tchèques ou Hongrois ont bien l'air à la peine. Le film offre un raccourci de la vie de nombreux immigrants, mais omet de rappeler que le rêve Américain qu'il nous présente... est un rêve. Etun rêve on peut toujours le faire toutes les nuits, ce n'est pas pour autant qu'il se réalisera.

Ce petit film pourtant ne manque pas de charme, en proposant en particulier des vues volées de Ellis Island, où le héros incarné par Harry Benham se mêle aux authentiques immigrants. D'une certaine manière, ce film un peu naïf anticipe sur un étrange film raté de King Vidor, An American Romance...

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Published by François Massarelli - dans Muet
3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 21:59

Quand on voit ce film, il est souvent trompeur: une boucle d'environ 50 secondes (ce qui pour l'époque de tournage serait une durée tout à fait appropriée) tourne en effet sur Youtube, alors qu'il ne subsiste de ces 20 mètres (la durée originale, environ une minute) que... 5 secondes. 

Pas de quoi pavoiser, alors? Ca dépend: certes, on préfèrerait retrouver un film de Méliès dans toute sa durée, et si possible en bien meilleur état! Ici, c'est clairement une copie de copie, un fragment dont on se demande d'ailleurs comment il a bien pu être sauvegardé! Oui, mais...

Ces quelques secondes de film sont parmi les plus émouvantes qu'on pouvait trouver. Car si on avait bien réussi à conserver et préserver le film numéroté symboliquement 1 des catalogues de la Star-film (Une partie de cartes), on ne possédait pas le deuxième. Et ce deuxième film est la première incursion de Georges Méliès, cinéaste, dans l'univers de Georges Méliès, prestidigitateur...

On y voit donc le facétieux maître de cérémonie, prétendant être en plein exercice de ses fonctions de magicien, alors qu'il n'a recours qu'à la magie du cinéma. Et il avait déjà compris que pour manipuler le regard des spectateurs, les films, il n'y avait que ça de vrai...

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 23:06

Seule une poignée de films parmi les dizaines qu'il a réaliés au tout début de sa carrière de cinéaste (qui n'était pas loin s'en faut sa première carrière et encore moins hélas au vu de son destin, sa dernière) subsiste aujourd'hui: l'affaire est hélas connue, non seulement le temps n'a pas été tendre avec une oeuvre consignée sur des supports aussi fragiles, mais en plus le maître lui-même, de dépit, de rage ou de désespoir, a détruit une grande partie de ses films. Il en reste, probablement, moins de 30%.

Il est donc réjouissant qu'en 2026, on puisse encore trouver un film... Une oeuvre de 1897, réalisée par Georges Méliès alors qu'il n'avait pas encore été un "metteur en scène" pour un an. Une de ces oeuvres à transformation dans lesquelles un Méliès encore jeune et bondissant, maître théâtral de cérémonies, s'amuse à montrer un objet magique, ici un automate qui change à volonté de taille... Enlevé, vite fini et totalement en phase avec l'héritage théâtral de Méliès.

Le film a été retrouvé, comme de juste, dans une archive... Le temps des découvertes dans les vieux greniers, j'en ai peur, est bel et bien fini.

 

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 16:00

A New York au début du XXe siècle, le Bowery est le quartier populaire par excellence: dans les cafés à la réputation douteuse, toute une faune vit d'expédients: M. Adolphe (Agostino Borgato) a un business lucratif, il fournit les mendiants en fausses bosses, machineries qui les transforment en cul-de-jatte, et toutes ces sortes de choses... Dans le milieu, il n'y a pas plus élégant que Charley (Percy Marmont), surnommé Easy Money pour l'aisance avec laquelle il obtient la charité des passants. Ils le croient manchot et difforme, alors qu'il est en pleine santé. Quand une jeune femme du quartier (Juliet Brenon) meurt à cause de la tuberculose, elle a confié à Charley la garde de sa fille. Il l'élève, et elle le rend heureux, mais... une fois adulte (Mary Bryan) elle a du mal à ne voir en lui que son tuteur, et il se rend compte qu'elle est amoureuse de lui. 

Pendant ce temps, la menace d'un concurrent de Charley, Whitey le faux aveugle (John Harrington), se précise: il sait le parti qu'il peut tirer de la réelle identité de Charley, l'homme du monde qui a construit son aisance sur un mensonge...

C'est un film remarquable, et qui ne ressemble à aucun autre: Brenon, sans doute, avait à coeur d'en faire une plongée dans un monde étonnant, celui des mendiants, monte-en-l'air et autres escrocs à la petite semaine. Bien sûr, il convient d'accepter ce que dit le film, à savoir que la quasi totalité des mendiants dans le quartier où se situe l'action seraient des escrocs... Mais on doit aussi reconnaître que le film choisit délibérément de prendre le point de vue d'un homme, Charley, qui de par son propre choix a trouvé un business lucratif dans ce qui s'avère être une escroquerie (probablement tolérée par la police qui semble avoir d'autres chats à fouetter, ou peut-être qui se fait avantageusement graisser la patte, comme on dit), mais reste malgré tout un brave homme à l'élégance morale évidente...

Une ambiguité soulignée par le fait que si Whitey est bien, lui, un très sale type, il bénéficie malgré tout du respect de Charley qui ignore qu'il est un faux aveugle, puisque seul Adolphe est au courant... Un paradoxe ironique, qui paie particulièrement à la fin du film, puisqu'il s'agit de la confrontation entre les deux hommes.

Le meilleur du film est probablement la recréation pittoresque du New York d'avant la guerre, de l'époque où quand un Américain faisait la manche parce qu'il était estropié, c'était pour d'autres raisons qu'une blessure de guerre... C'est un mélodrame vigoureux, plutôt avantageusement joué, sauf en ce qui concerne John Harrington, justement, qui en fait des tonnes. Il est vrai que son rôle est celui d'un homme insupportablement maléfique! A noter à ses côtés, dans la dernière bobine, l'apparition non créditée d'une jeune actrice qui effectuait ses premiers pas devant la caméra... Ces quelques minutes de Louise Brooks sont l'une des raisons qui ont sans doute permis la sauvegarde et la localisation de ce film, et c'est dans un bluray qui est consacré à l'actrice qu'on peut en voir une restauration. Maintenant, je le répète, on ne la verra que deux ou trois minutes...

 

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Published by François Massarelli - dans 1925 Muet ** Herbert Brenon Louise Brooks
26 février 2026 4 26 /02 /février /2026 17:44

Ce film est incomplet, et est une sorte de rareté: réalisé par Santell pour la First National, où Louise Brooks, dont la Paramount ne savait manifestement pas quoi faire, était en "location" pour un petit second rôle...

Jimmy et Scotty sont deux employés d'une maison de jeu, mais Jimmy (Jack Mulhall) décide de se lancer dans un vrai job; Scotty (William Collier Jr), par amitié, le suit... Il propose à son ami de lui présenter sa petite amie Diane (Louise Brooks), dans l'espoir que celle-ci lui présente une amie pour Jimmy. Quand ce dernier, qui est extrêmement méfiat à l'égard des femmes, rencontre Jeanne (Dorothy MacKaill), ça se passe très bien entre eux...

...Mais des péripéties, principalement situées en fin de bobine 4 et dans la bobine 5, soit des éléments perdus du film, vont leur mettre des bâtons dans les roues. Les fragments conservés sont splendides, une raison de plus de pester contre le sort qui s'acharne contre le cinéma muet américain... Mais si on s'intéresse à Louise Brooks, alors autant le savoir: sur les 33 minutes qui restent de ce film (manifestement mineur), elle n'en occupe que 4. Non, la vedette, clairement, était Dorothy Mackaill.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926 ** Louise Brooks
26 février 2026 4 26 /02 /février /2026 11:39

Ce long métrage de 1926,produit par la Paramount et réalisé par Frank Tuttle, fait partie des films perdus, même si on peut en voir des bribes: je m'explique plus loin. La star en était Esther Ralston, et l'intrigue de comédie tournait autour d'un concours de beauté, auquel participaient d'autres actrices, parmi lesquelles Louise Brooks...

Pour commencer, il convient de rappeler que le film muet a été produit à une époque où le médium était hautement périssable, et pas spécialement préservé. Le film étant un objet d'art aux existences multiples (des dizaines de copies étaient tirées de plusieurs négatifs) mais dont la survie ne dépassait pas toujours les dix années, et les modes changeant vite, un studio en 1928 n'avait pas la moindre utilité dans un film de 1918, alors imaginez le traitement subi par les films muets une fois le parlant arrivé...

Il ne subsiste aucune copie de ce film, comme du reste de 70% environ de la production Américaine d'avant 1928. Par contre, si tant de films perdus, bons ou mauvais, ont été purement et simplement oubliés, il y a un certain nombre d'entre eux qui sont particulièrement cherchés aujourd'hui, eu égard à leur appartenance à une filmographie importante (Murnau, Ford, Stroheim), ou la présence d'une star de premier plan: celui-ci fait partie du lot.

Mais comme je le disais plus haut, il est possible de "voir" The American Venus aujourd'hui, à travers des bandes-annonce d'époque, qui ont miraculeusement survécu (en ayant le bon goût de ne pas être constituées uniquement de textes, ni des mêmes fragments de l'intrigue!): des images du film, disjointes, et choisies pour leur effet direct. Il se dégage de ces images (dont certaines en Technicolor) l'impression que cette comédie de Tuttle était l'un des films ultimes sur ce que l'on appelle le "jazz age"... Des fragments de copies sont également réapparues, dont une séquence en Technicolor. Et il existe aussi un court, très court fragment d'un essai de Louise Brooks en couleurs... Toutes ces pépites ont été agrégées par les historiens en un ensemble de 8 minutes qui n'essaie pas de nous reconstituer le film, mais donne très envie d'en voir plus!

 

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Published by François Massarelli - dans Film perdu Muet 1926 Louise Brooks Technicolor **
21 février 2026 6 21 /02 /février /2026 17:47

Ce film de 1924 est le témoin d'une rude époque: la Columbia était une minuscule compagnie, qui n'avait pas encore trouvé le moyen d'exister face aux géants du cinéma Américain, les Paramount, Fox, First National (qui n'avait pas encore été absorbée par la toute jeune compagnie Warner) et la toute nouvelle Metro-Goldwyn-Mayer... Devenue Columbia, après que Harry Cohn ait utilisé l'étiquette CBC (Cohn-Brandt-Cohn), ce long métrage mélodramatique est donc l'une de leurs premières productions.

Du tout venant, dans sa globalité, malgré un certain soin. On est en plein mélo: dans la famille Gower, la fille Mildred (Alma Rubens) est la personne raisonnable: à cause des frasques de sa mère (Eugenie Besserer), elle est obligée de se marier avec le riche (et vieux) Lemuel Sidall (William Welsh), qui lui mène une vie infernale... Elle aurait préféré le beau docteur Donald Keith (Frank Mayo)...

En une heure, le film nous fournit toute la tension mélodramatique nécessaire: l'attente face à un mariage qui menace d'être étouffant, les jalousies délirantes de Sidall (dont la santé fragile est une constante épée de Damoclès), la rencontre inopinée entre les tourtereaux, à quelques heures du mariage fatidique, et une croisière improvisée riche en rebondissements...

Le meilleur moment? Un plan inattendu lors de la nuit de noces, alors que William Welsh s'avance vers elle, on nous montre un beau gros plan d'Alma Rubens, en un éclair... Cette dernière, contrairement à la compagnie Columbia, n'en était pas à son coup d'essai...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924
11 février 2026 3 11 /02 /février /2026 17:53

Alors que le parlant s'installe, Lang et Von Harbou mettent en chantier ce qui sera leur dernier film muet, un film extravagant et inventif, mais qui peine aujourd'hui à passionner au même titre que d'autres oeuvres du tandem... Ceux-ci ont, il faut le dire, mis la barre haute, et tout comme en dépit de ses mérites, le précédent film Spione (Les Espions) ressemblait à une redite (En gros, l'atmosphère de Mabuse, sans Mabuse!), et peut aujourd'hui décevoir le spectateur de Metropolis, Die Nibelungen ou Dr Mabuse der Spieler, la dernière production de Lang pour UFA semble parfois terne malgré ses avancées, sa cohérence et le soin particulier apporté à ses décors. Après tout, si ce n'est pas la première fois qu'un cinéaste envoie ses acteurs sur la lune, c'est toujours l'occasion de mettre les petits plats dans les grands.

Comme tout film de science-fiction, La femme dans la lune crée des précédents incontournables tout en se livrant pieds et poings liés au ridicule en cas de progrès scientifique dans le domaine qu'il explore. Donc, depuis la sortie de ce film, on sait qu'il n'y a pas d'atmosphère sur la lune, mais pour le reste, Lang et Harbou se sont entourés de scientifiques qui ont essayé de rendre le film aussi intelligent que possible. Comme on ne se refait pas, le cinéaste a expérimenté en matière de suspense avec un concept qui est aujourd'hui devenu tellement monnaie courante qu'on ne le remarque même plus: le compte à rebours, au moment du décollage de la fusée qui emporte les héros, est une première! Ce qui nous rappelle à quel point Lang, qui avait déjà bricolé des pendules de 10 et de 24 heures (pour Metropolis et Spione) est un poête pour lequel le temps est une matière première fascinante...

Rappelons brièvement l'histoire, qui permet d'assaisonner la science fiction d'un savant dosage d'espionnage à la Lang: L'ambitieux Helius projette, avec l'aide du professeur Manfeldt, un savant rejeté par l'académie pour avoir fait état de sa certitude de la présence d'or sur la lune, de se rendre sur le satellite. Son idée attire les convoitises, en particulier celles d'un groupe international d'affairistes véreux, mené par un Américain qui répond au nom de Turner. Ceux-ci réussissent à faire pression sur Helius pour que Turner participe à l'expédition, qui emmênera sur la lune non seulement Helius, Turner, et le professeur Manfeldt, mais aussi un couple d'amis de Helius, dont la femme qu'il aime, Friede, et un passager clandestin de 10 ans...

Le suspense du film est concentré sur deux passages remarquables: le lancement de la fusée, dont Lang délaye le départ avec un saidisme remarquable, et vers la fin du film le moment ou Turner, sur la lune, commence à se retourner contre ses "hôtes" et essaie de faire cavalier seul en repartant sans les autres. Un passage dont Hergé se souviendra quelques années plus tard... L'esthétique de la lune reconstituée dans les plateaux UFA est remarquable, même si elle est totalement fausse par rapport à la vérité scientifique! mais le principal défaut de ce film, dont les premières 75 minutes (Les plus traditionnelles pour Lang, qui se réfugie dans le feuilleton à rebondissements) restent à mon sens les meilleurs moments du film (Avec une interprétation dominée par le grand Fritz Rasp dans le rôle de Turner), qui tombe durant la partie lunaire dans un certain ennui... L'idylle et le triangle amoureux laissent gentiment froid, et un sacrifice final peine hélas à nous remobiliser.

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Published by François Massarelli - dans Fritz Lang Muet Science-fiction 1929 **
8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 16:01

Entre 1924 et 1928, Lang a surtout cherché à s'éloigner du style qu'il avait adopté avec Dr Mabuse, der Spieler: en se lançant dans l'évocation successive d'un impossible passé mythologique (Die Nibelungen, 1924), puis en essayant de visualiser le futur urbain de la planète (Metropolis, 1926), il a développé un nouveau cinéma, fait de grandeur, qui tranche avec l'évocation nerveuse et à peine voilée de la crise Allemande dans le Mabuse de 1922. Mais l'échec de Metropolis a sans doute joué un rôle dans le retour au cinéma de genre avec ces Espions de 1928, un thème bien sûr déjà exploré avant Mabuse avec le diptyque Die Spinnen, Les araignées, si influencé par le cinéma de Feuillade. Puisque le mot "genre" est prononcé, autant aller tout de suite dans cette direction: si Lang lui-même a qualifié ce nouvel opus de modeste film d'espionnage, pour montrer à quel point il s'éloignait des préoccupations de Metropolis, le film qui fit un tel flop dans sa carrière internationale qu'il en devenait gênant pour tout le monde, il ne faut pas s'y tromper: tous les grands films de Lang, qu'ils soient ambitieux ou non, qu'ils soient des succès ou non, ont deux facettes: ils traitent à la fois du rêve et du cauchemar, parfois même ouvertement, comme dans ces merveilleuses scènes de Metropolis ou Freder part en vrille, cherchant l'amour de Maria et ne trouvant devant lui qu'une statue de la Faucheuse... Spione ne change en rien cette règle, puisque le film, qui traite d'histoires d'espions, d'aventures trépidantes, et de péripéties excitantes, cache lui aussi la mort en ses moindres recoins...

Mais bien sûr, Spione le fait en accumulant les rebondissements, avec un rythme appuyé: dès le début, largement commenté ultérieurement par Lang lui-même, le metteur en scène s'amuse à nous placer au coeur d'un chaos de délits et de coups d'éclats, avec bandfits qui subtilisent des documents, tuent des espions rivaux, jusqu'à ce qu'un protagoniste de cette étonnante introduction ne pose une question fatidique: qui est responsable de cette situation? Un homme répond, face à la caméra: Ich. C'est le banquier Haghi, interprété par Rudolf Klein-Rogge, comme l'était déjà Mabuse... Lang a décidé de ne pas nous le cacher, et le film deviendra vite un jeu de chat et de souris, entre Haghi et les services secrets, représentés par l'agent 726 (Willy Fritsch). Les affaires se résovent en traitrises, infiltrations, séduction et autres tractations. Comme toujours chez Lang, le signe, qu'ils soit de communication (Les messages, télégrammes, et autres signes distinctifs) ou de symbole, est roi, et le rythme très rapide du film ne permet pas au spectateur de souffler.

Pour autant, le film ne se contente pas, contrairement à ce qui a souvent été dit, de reprendre une formule ou de sitiller de façon mécaniques des effets très bien orchestrés. Lang prlonge une réflexion entamée dès Mabuse, sur la loyauté, la morale aussi, à travers ces nombreux protagonistes de sbires souvent réduits à trahir, ou à commettre de simples meurtres pour le compte du chef. Et à travers Haghi, il montre les pouvoirs de l'argent (Le colonel Jellusic, un militaire qui aime un peu trop le confort, va trahir pour les beaux yeux d'une femme et surtout pour une liasse qu'elle exhibe négligemment), de l'amour et de la luxure (Le vertueux colonel Matsumoto va se laisser aller avec une très jeune femme qui va le pousser au suicide)... C'est aussi l'amour toutefois qui sera la source de rédemption de l'héroïne, heureusement, ce qui permet au film de remplir son contrat en faisant triompher le bien. En attendant, on aura vu à quel point la fin inévitable de tous ces gens, d'ailleurs liée à la notion de loyauté, que ce soit pour une cause ou un pays, c'est la mort, et on assistera à trois suicides... La part de cauchemar insistante, et qui reviendra de film en film chez lang, a ici fait un grand nombre de victimes...

Terriblement distrayant, moderne et souvent drôle, le film est en plus marqué par le jeu de six acteurs de chox, qui compsent des rôles inoubliables, à des années lumières des clichés expressionnistes: Gerda Maurus, une débutante découverte par Lang qui essaie avec elle de rééditer l'exploit de Brigitte Helm, Fritz rasp, Rudolf Klein-Rogge, la jeune Lien Deyers en garce impayable, Lupu-pick et surtout l'impeccable Wily Fritsch, superbe jeune premier qui a droit à un cadeau rare chez les acteurs masculins de Lang à cette époque: pas de maquillage. Et le film a sa dose de souterrains, trains en furie, cave emplies de gaz, coups de théâtre, scènes nocturnes... Contrairement à sa réputation, c'est bien un grand film de Lang.

Spione (Fritz Lang, 1928)
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Published by François Massarelli - dans Fritz Lang Muet 1928 **
5 février 2026 4 05 /02 /février /2026 23:47

La jeune Charity (Mary, dans la version visionnaée, interprétée par Mae Marsh) épouse le fringant soldat William (Paul, interprété par Ben Hendricks Jr): le mariage se déroule fort bien, mais il s'ennuie. Quand son régiment est appelé pour une opération en Inde, il sent que c'est une opportunité pour lui...

Des mois plus tard, il vit la belle vie en Inde, mais s'ennuie de nouveau: il part en mer, pendant la croisière sur un petit voilier, il s'approche trop près d'une jeune femme: son petit ami est à la barre, il fait tomber l'officier! Il sera sauvé par une jeune femme (Laska Winter), une nouvelle victime!

Le film est réduit à deux courtes bobines et totalise désormais 20 minutes, sauvées grâce au format 9,5mm. Tout y est donc fortement réduit, et on devine que le remontage du long métrage (initialement 70 minutes) a précipité les choses! La version disponible, la seule existante, concentre en 20 minutes tous les actes répugnants d'un fragueur invétéré, qui déclenche sur son passage le trouble chez toutes les femmes rencontrées ou presque... On se demande un peu pourquoi, mais voilà, de même que le monsieur est moustachu, séducteur et diabolique, les femmes y sont romantiques et naïves. Autre temps...

C'est le dernier film de long métrage (ou du moins c'était) de l vénérable Vitagraph. La compagnie va être absorbée dans la Warner, via la création de sa branche Vitaphone. C'est un film réalisé par le pionnier du studio, J. Stuart Blackton, l'un des derniers pionniers de la première décennie du cinéma aux Etats-Unis (en ces années 20, il partage cet honneur avec Sidney Olcott et David Wark Griffith). Lui aussi a fait évoluer son style, pour autant qu'on puisse en juger par cette version abrégée. Néanmoins une chose évidente, c'est le soin de l'équipe de tourner u plus près d'un rivage, en plene tempête... Ce qui donne un film on ne peut plus tonique, dans lequel hélas la part de Mae Marsh, qui joue l'épouse légtime souvent trahie, reste bien modeste...

 

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Published by François Massarelli - dans J. Stuart Blackton Muet * 1925