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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 08:06

Héliogabale (Fernand Herrmann), l'empereur Romain (sur lequel beaucoup de fadaises ont probablement été dites), s'adonne à ses plaisirs favoris: choisir des courtisanes, s'entourer de jeunesses, aussi bien filles que garçons, et festoyer en bonne compagnie, sans oublier, bien sûr, de jeter quelque serviteur aux lions à l'occasion...

Ce film fait partie d'une des branches du cinéma de Feuillade les plus éloignées de son style 'policier": les films dits "esthétiques"... Le terme était du cinéaste lui-même, qui avait dans un article publié en mai 1910 dans la revue Ciné-Journal exprimé ses ambitions pour un cinéma artistique et exigeant... Ce qui lui permettait sans doute d'amener Léon Gaumont à lui donner des budgets plus conséquents! Cet aspect se retrouve dans ce qui est quand même un court métrage plutôt luxueux, en terme de décors et de figurations.

Un passage à retenir, probablement: le moment où une "orgie" (essentiellement un repas, agrémenté de danses en toge!) qui bat son plein est interrompue par l'arrivée des lions. Quelques années plus tard, Feuillade raffinera ce genre de situation dans une hallucinante scène inquiétante des Vampires.

Quant à ce pauvre Héliogabale (Antonin de son nom d'empereur), c'était semble-t-il un libertin, qui affichait une androgynie et une liberté sexuelle qui ne pouvait que déclencher sa diabolisation par l'église (ce que le film reprend fidèlement, on y verra Fernand Herrmann flatter le minois d'un tout jeune homme); il n'a pas eu longtemps pour ses turpitudes, qu'elles soient authentiques ou fantasmées par quelques moines moyen-ageux en quête de copie: né en 204, devenu empereur à 14 ans, il mourra à 18. Assassiné, bien entendu.

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:57

La Gaumont avait une mission, imposée par le patron Léon Gaumont: éduquer les masses, dans le bon sens et le bon ordre... Il est donc attendu qu'il faille à un moment ou un autre s'occuper de religion. Après un film (un long métrage, denrée rare en 1906) mis en scène par Alice Guy (La vie du Christ, 1906), Louis Feuillade a souvent pris le relais. 

On assiste donc à une série de tableaux religieux aux compositions sulpiciennes, dans lesquelles le grand cinéaste s'applique sans aucune trace de son génie à illustrer platement la supersitition de son patron, le tout relié par des intertitres à la navrante platitude...

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade Muet
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:49

Le titre est on ne peut plus explicite: Bout de Zan (René Poyen), le gamin des rues, vole en effet un éléphant à une famille de forains (qui disparaissent immédiatement du film, car à cette époque, la Gaumont n'avait pas plus de considération pour les gens du voyage, sauf bien sûr s'il fallait en faire des voleurs dans les films), et commet quelques facéties avant que lui et l'animal ne soient recueillis par une dame charitable (Renée Carl) qui aime les enfants et les animaux...

C'est peu dire qu'il y a peu à dire... Les films de Bout de Zan, petit précurseur à chapeau et chaussures trop grands pour lui, d'un Jackie Coogan, était très populaire, et ses films le plus souvent tournés par Feuillade étaient l'occasion pour le petit acteur de faire de copieuses bêtises. Il use et abuse du regard à la caméra, cette marque distinctive et antédiluvienne de la comédie telle que Feuillade la concevait...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:31

Dans la famille de Bébé (Clément Mary), on reçoit l'oncle du garnement, qui lui offre un cadeau: il s'agit d'un petit fusil... Prudent, le père (Paul Manson) garde les cartouches à plomb, mais son fils les lui reprend en douce, et entreprend d'utiliser son cadeau... En déclenchant comme il se doit de lamentables catastrophes.

On passera sur l'ironie de la situation, la façon dont les parents (La mère est jouée par Renée Carl) accueillent avec ravissement le cadeau fait à leur fils, et foce est de constater que ce film est assez peu intéressant: oui, Feuillade, le poète noir de l'art muet, le prince des films policiers baroque, avait aussi à sa charge des séries infantiles dans lesquelles un enfant de riches tire allègrement sur les fesses d'une domestique (Jeanne Saint-Vincent, ornées d'une cible...

Parlons-en d'ailleurs: cette anecdote du film montre assez bien le mépris de classe affiché fièrement comme un étendard par la Gaumont, et qui durera jusqu'au début des années 20 avant que les cinéastes n'y mettent bon ordre... Pour finir cet article sur un film sans grand intérêt (au delà du proverbial aspect "historique"), il me semble significatif de dire que l'actrice Renée Carl, la tragédienne par excellence chez son mentor Louis Feuillade, est ici vue à plusieurs reprises hilare. Etonnant, non?

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 14:39

La jeune Virginia Craig (Virginia Lee Corbin) est l'héritière d'un business qui tourne, mais... des malhonnêtes, conduits par un avocat véreux de la famille, tentent de prendre le contrôle de ses millions et de son entreprise. Elle s'enfuit, poursuivie par des hommes de main peu scrupuleux. Elle est recueillie par un de ses employés (Monty Banks), qui n'a aucune idée de qui peut bien être cette jeune personne fragile et perdue qu'il a amenée chez lui. La cohabitation est aidée et plaisante, mais de courte durée: les affreux retrouvent la trace de la jeune femme, et lui font croire que Monty était en fait un gangster qui tentait de mettre la main sur son argent...

C'est un film miraculé, qui a longtemps été disponible uniquement sous la forme d'un court métrage de deux bobines, retitré Chasing choo-choos... Il était entièrement centré sur la spectaculaire et fort belle poursuite finale. Une copie complète de la version d'exportation a été trouvée en Allemagne... C'est formidable parce que non seulement c'est une belle copie, mais le film est lui-même excellent...

Si la formule est assez classique pour un long de Monty Banks (en gros, une intrigue assez grossière qui mène à des scènes de poursuite ou de fuite, avec acrobaties partagées entre Monty Banks lui-même et le cascadeur Harvey Parry), la première partie se situe dans un cadre qui nous renvoie à tout un pan de la comédie burlesque américaine, les films faisant intervenir des cohabitations: Chaplin et The Kid, Langdon et Three's a crowd, et Harold Lloyd et The Kid Brother, sont des exemples notables. Mony Banks n'est pas en reste, établissant en plus avec Virginia Lee Corbin (qui avait seize ans, mais était déjà une comédienne très compétente) une complicité remarquable. Celle-ci se poursuit d'ailleurs jusque sur les scènes de poursuite en train, et l'actrice paie en permanence de sa personne, n'étant en aucun cas une potiche!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Monty Banks 1927 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:35

Monty Banks a donc travaillé avec Clyde Bruckman, l'un des plus intéressants réalisateurs spécialisés dans la comédie burlesque (The General, qu'il a co-dirigé avec Buster Keaton, et The battle of the century, avec Laurel et Hardy... C'est dire). Ce film, hélas, est réduit à bien peu de choses: trois fragments, dont deux sont très courts. Le plus long, situé de nuit dans un train, confronte Monty Banks à Jean Arthur, et semble anticiper sur Berth Marks, de Laurel et Hardy, par certains côtés... Tout en allant assez loin dans le graveleux.

L'intrigue globale du film, selon les historiens, concerne un jeune avocat (Banks) qui est engagé par une riche famille, dont la fille est interprétée par Jean Arthur. Il va les aider dans une histoire sombre de documents les incriminant... Il gagnera un procès et le coeur de la jeune femme...

Le plus intéressant ici, est donc ce passage de 16 minutes, correspondant sans doute à l'essentiel des deux premières bobines du film: Monty et Jean Arthur sont tous les deux dans un train, ne se connaissent pas, mais vont être pris pour un couple marié par le personnel, qui fera tout pour qu'ils partagent le meme comportaiment couchette, sous le regard concupiscent de tous les voyageurs... 

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Published by François Massarelli - dans Muet Monty Banks Clyde Bruckman 1927 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:20

Monty Milde (Monty Banks) est un homme heureux: un collègue vient de lui annoncer qu'il était enfin reconnu par le journal qui l'emploie, comme un reporter à part entière. Il se sent pousser des ailes, promet une maison à ses grands-parents qui l'ont élevé, et demande sa fiancée (Virginia Bradford) en mariage... Sauf que c'est un canular: Craven (Ernest Wood), le sale type qui lui a annoncé ça est son rival, et un homme sans scrupules... d'ailleurs, il envoie Monty, pas encore au courant de la blague, au casse-pipe: il a vexé dans un article un homme qui est victime d'un chantage odieux, car on lui a enlevé son enfant. Pour éviter la correction, Craven envoie Monty à sa place...

Après de nombreux courts métrages, Monty Banks a suivi l'exemple des plus grands (Chaplin, Keaton, Lloyd, Langdon et Arbuckle), il est donc passé au long métrage. Ce film représente un peu la quintessence de son style: une intrigue proche de ce qu'il aurait pu utiliser pour construire un court métrage de deux bobines, mais aux gags étendus, étirés, parfois avec une grande efficacité. Un style qui rappelle un peu les idées de Stan Laurel, en fait... Mais il se veut aussi, comme tant de comédiens, le reflet de son temps, de ses contemporains, et de leurs aspirations. Ainsi le fait de devenir reporter est d'une importance capitale pour lui. Quand il comprend qu'il a té victime d'une mauvaise blague, il est effondré, et l'acteur joue sans hésitations la scène comme une tragédie intérieure...

Néanmoins, Banks a construit sa réputation sur des acrobaties invraisemblables et ce film n'est pas en reste, culminant dans une poursuite dingue, Monty étant juché sur une échelle avec un bébé dans les bras, l'échelle elle même coincée dans une voiture qui fonce sur les routes en zig-zag de la Californie du Sud! Et en disciple de Roscoe Arbuckle (avec lequel il a tourné en 1918 et 1919) il se permet un gag de très mauvais goût: pris pour un kidnappeur, poursuivi par de nombreux policiers, Monty administre une impressionnante correction (sans lâcher son volant) à une poupée baigneur, puis le jette dans une rivière pour les semer, car il sait qu'ils vont se précipiter pour le sauver...

Même Chaplin n'aurait pas osé.

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Published by François Massarelli - dans Monty Banks Muet 1926 **
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 23:07

Dans ce court métrage, Monty Banks construit son intrigue autour d'un couple de jeunes mariés (Florence Roberts et Monty Banks), confrontés au début de leur quotidien: bien qu'il reste très patient et philosophe, le jeune marié constate que son épouse est une abominable cuisinière... une situation qui sera au centre du film de 1924 Home cooking, cette fois avec Ena Gregory. 

Pourtant, ici, Banks ne centre pas tout sur cet état de fait, et conte surtout la désillusion presque routinière d'un jeune marié qui avoue (presque à la caméra) qu'il a, heureusement, de bonnes adresses de maîtresses dévouées... Ce qui est peu banal. Ce serait impensable après 1921! Le film est très abîmé, plutôt incomplet, mais on a le temps d'y apercevoir le géant William Blaisdell en livreur de glace, qui confond le mari avec un représentant en livres que la maîtresse de maison lui demande de rosser...

L'hypothèse d'attribuer la réalisation à Pratt est liée au fait que certains films de cette même série Warner de 1920 et 1921, étaient réalisés par lui. Mais ça reste hypothétique, d'autres courts ayant été dirigés par Jack Warner lui-même...

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Published by François Massarelli - dans Monty Banks Muet
1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 12:19

Dans ce film réduit de moitié, Monty Banks et Catherine Bennett préparent un dîner, mais l'oie prévue est décidée à ne pas se laisser cuire... Elle s'enfuit, il faut donc aller la chercher...

Et pour ce faire, escalader un immeuble bien connu des amateurs du cinéma muet, car il a déjà servi dans quelques plans de Safety last! d'Harold Lloyd (dont on rappellera que l'ascension vers chaque nouvel étage a été tourné sur une façade différente pour efficacité maximale... Ce n'est pas le cas ici)! L'approche de Monty Banks est différente, dans la mesure où l'oiseau qu'il poursuit ne l'oblige pas à tout escalader. Et c'est efficace une fois qu'on aura accepté, ici, que l'hommage au grand comédien qui l'influence clairement, passe aussi par une reprise de nombreuses idées. 

N'empêche, là où Lloyd et Harvey Parry se partageaient les plans afin d'obtenir un effet spectaculaire, l'acrobate Monty Banks effectue toute la séquence seul, affublé de chaussons spéciaux "maquillés" en chaussures de ville. Saine précaution, mais quelle belle performance...

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Published by François Massarelli - dans Muet Monty Banks
1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 12:11

Monty Banks, qui travaille dans un grand magasin, est (comme le titre l'indique subtilement) toujours en retard. On le voit d'ailleurs quitter son domicile à bicyclette, avec un dispositif qui lui permet de finir ses ablutions et de ses raser tout en pédalant! mais il arrive en retard quand même. Irrité par lui, son patron (William Blaisdell) constate en plus que la jeune employée (Catherine Bennett) qu'il convoite est en réalité bien plus intéressée par Monty. Il le congédie mais les deux jeunes gens décident de se marier...

Oui, bien sûr qu'il sera en retard à sa propre cérémonie de mariage! Ce film drôle, qui situe son sujet fermement dans la vie quotidienne d'un groupe de personnes qui travaillent, témoigne de l'influence des nouveaux thèmes partagés par Lloyd, Chase, et tant d'autres: une vie à travailler, tenter de monter les échelons, etc... 

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Published by François Massarelli - dans Monty Banks Muet