Tom poursuit Jerry, encouragé par Mammy Two-Shoes: pour l'aider celle-ci tente d'attaquer la souris avec un balai, et donne un coup particulièrement bien asséné... au chat. Celui-ci en devient amnésique et se prend pour une souris... Ce que Jerry va moyennement apprécier, puisque même en souris, Tom n'est pas partageur. Jerry mais aussi Mammy-Two-Shoes tentent donc, chacun de son côté, de redonner le sens de la vie à Tom, ce qui passe inévitablement par des coups sur la tête...
De la violence, donc, beaucoup de violence: on est bien chez Tom et Jerry! C'est loufoque au possible, et ça a l'énorme avantage, outre d'être un film "convenablement dingo", selon la formule de feu Boris Vian, d'être unique en son genre... La logique implacable de la série est respectée jusqu'au bout, et on admirera la fin ouverte...
Tom et Jerry, en pleine poursuite comme d'habitude, vont croiser le chien Butch et son petit qui vaquent à leurs occupations quotidiennes, et ça ne va pas se passer très bien pour Tom... Butch fait savoir qu'il est interdit de toucher à son fils.
C'est un canevas assez récurrent, dans lequel Jerry est amené, soit à chercher protection auprès des deux chiens, soit comme ici à laisser faire la nature, la malchance de Tom et surtout l'agressivité méthodique du chien! Un passage hilarant montre Tom qui se retrouve avec le chiot, qu'il camoufle en le faisant passer pour une poule...
Sinon, le film est tellement salissant, qu'il se finira pour Tom dans une machine à laver...
Tom est un naufragé solitaire, et il commence à souffrir de la chaleur, d'épuisement, et surtout de faim. Il aborde une île, et il y découvre... un Jerry-Vendredi, dont il ferait bien son dîner. Mais la souris, pour se défendre, décide de se faire passer pour une souris sauvage et cannibale... Sans savoir que l'île est habitée par une tribu d'hommes de petite taille, qui ont sérieusement les crocs...
On ne va pas s'étonner trop de ne pas l'avoir beaucoup vu ces dernières années, celui-ci: l'occurrence de Jerry en black face (voire black body), les clichés délirants sur les tribus cannibales (l'os dans les cheveux, le pagne, et la syntaxe défaillante: "Cat Barbecue") garantissaient apriori à ce film foutraque et décérébré d'être enfermé à double tour dans un purgatoire conséquent... Mais est-il drôle?
Tom a beaucoup célébré la nuit précédente, et rentre au petit matin, totalement fatigué. Mais Mammy-two-shoes lui fait comprendre qu'il n'a pas intérêt à s'endormir sur son travail: il a une souris à attraper. Jerry qui a compris sa chance, fait tout au contraire pour qu'il s'assoupisse...
C'est une intéressante inversion de ces dessins animés dans lesquels la tâche (impossible) du héros est de ne pas révéiller un autre protagoniste. Ici, Jerry fait tout pout endormir Tom, qui justement ne demande que ça! C'est drôle, et enlevé.
Et l'invention permanente, de Tom comme des auteurs, est admirable. Des cure-dents utilisés pour garder les paupières ouvertes, au scotch pour les attacher à la nuque, tout y passe...
Jerry est tellement débordé à cause du comportement irritant de Tom, qu'il fait appel à son cousin "Muscles", qui est dans son quartier la terreur des chats... Fidèle à l'esprit de famille, Muscles répond favorablement à son invitation et vient régler son compte au chat...
Dès le départ de cet excellent cartoon, on fait la connaissance de Muscles, qui est un sosie de Jerry, mais doté de la voix d'un "tough guy", et habillé d'un pull distendu jaune, et d'un chapeau melon... C'est un peu lui le héros du film, Jerry disparaissant totalement ou presque, une souris apeurée.
Le thème de l'aide extérieure est élargi à Tom, qui fait lui aussi appel à des congénères, une société de chats-voyous qui sont supposés faire le ménage chez les souris.
Ils sont aussi supposés faire le poids, mais contre "Muscles"? Non, pas possible... Par contre, ce dernier est uniquement visible dans ce court métrage.
...Et donc, il y sera question de billard. C'est d'ailleurs le décmencheur: Tom joue au billard, eten envoyant boule après boule dans la machine, il dérange Jerry qui habite dans la table...
Le reste est une succession de gags tous plus logiques et absurdes les uns que les autres, qui montrent l'étendue de l'inventivité de Tom pour empêcher Jerry de trouver la quiétude, et la puissance de feu de Jerry quand on l'énerve!
Le degré d'invention dans la violence, et inévitablement de violence dans l'invention, dépass tout ce qu'on a vu jusqu'à présent... La salle de billard a particulièrement inspiré les réalisateurs et les animateurs, notamment en fournissant la présence logique d'objets et machines qui fournissent de la nouveauté (le distributeur de sodas est un bon exemple) et toutes les variations sur les manoeuvres de billard permettant de toucher dirctement à la physionomie du pauvre Tom sont très impressionnants...
Tom se rend chez la belle Toodles, une jeune chatte blanche raffinée... Il lui offre Jerry, enrubanné, qui n'est pas forcément décidé à se laisser faire et va avertir "la concurrence": un autre chat, le vagabond Butch, qui n'y va pas par le dos de la cuiller...
On a déjà vu ce genre de situation, dans laquelle Tom tente de séduire une jeune chatte, et c'est la première fois que le rival principal n'est pas Jerry lui-même (même si...), mais un autre chat. Celui-ci inspire sérieusement les animateurs... La véritable interaction entre Tom et Jerry est limitée au maximum, mais le face à face Tom / Butch ne manque pas de relief...
Tout part d'un larcin... Tom se sert une cuisse de poulet alors que la bestiole sort juste du four, et il fait suffisamment de bruit pour alerter Mammy Two-shoes. Quand celle-ci intervient, il fait accuser Jerry, pris la patte sur la cuisse, et le chat expulse manu militari la souris... pour mieux reprendre le poulet, qu'il dévore en un clin d'oeil.
Jerry prend acte, s'avise de la présence de Spike, le gros bull-dog, et il conçoit un plan très simple pour sa vengeance: tout faire pour que Spike en ait après Tom. Il suffira d'un os.
C'est éblouissant, et ça le serait sans doute bien plus encore s'il n'y avait eu une transgression majeure: Tom parle! Si on oublie cette franche faute de goût, c'est une constante montée en gamme de la violence inter-animale, entre le chat qui ne comprend rien à ce qui lui arrive, et un gros chien particulièrement jaloux de son os... A la fin, Hanna et Barbera font s'éloigner les trois protagonistes, plutôt que de tenter de trouver un final à l'escalade... Sage décision.
Note à l'usage des non-linguistes et autres béotiens de la langue de Droopy: to frame ne veut pas seulement dire "encadrer", mais peut aussi servir à désigner la manoeuvre qui consiste à porter une faute sur la personne qui ne l'a pas commise...
Un concert a lieu à l'Hollywood Bowl, prestigieuse salle en plein air à Los Angeles. Le chef d'orchestre arrive, c'est Tom (et il n'est d'ailleurs pas tout à fait seul, dans la mesure où tous les musiciens lui ressemblent érangement), et il se lance... Bientôt rejoint par Jerry, qui lui aussi consuit l'orchestre: une lutte endiablée s'engage.
C'est encore un film qui doit beaucoup à Fantasia, à n'en pas douter, et qui nous rappelle la concurrence entre la Warner et la MGM à travers Cat's concerto (pour Tom et Jerry) et Rhapsody rabbit (avec Bugs Bunny, et réalisé par Friz Freleng), qui étaient sortis la même année, et possédaient suffisamment de similitudes pour que que les deux studios puissent accuser l'autre de plagiat! Mais pas de risque ici, tout ce qui fait le sel de ce film est entièrement lié l'univers de Tom et Jerry, strictement...
C'est une construction formidable qui part d'une interprétation par Scott Bradley de pièces de Johann Strauss (Das Fledermaus), et de Liszt (Les Préludes); l'idée de l'arrivée d'un deuxième chef d'orchestre, pour conduire conjointement, voire prendre la place du premier, est en soi parfaitement absurde, mais ça passe tout seul, d'autant que force reste fermement au gag...
C'est le quatre juillet, et les deux souris Nibbles et Jerry se réveillent. Nibbles est très excité, il va pouvoir expérimenter avec des pétards et autres feux de bengales, mais Jerry tente de le tempérer... Quand Tom s'en mêle, c'est l'escalade.
Quand Nibbles est de la partie, Jerry devient immanquablement l'adulte, par opposition à ces dessins animés dans lesquels il est clairement le trouble-fête... Mais ii, tout tourne autour de l'obsession du souriceau pour les pétards, et bien sûr le fait que quoi qu'il arrive, quoi que Jerry fasse pour contrer ses plans et son enthousiasme, il y aura forcément des pétards, petits et gros, qui exploseront, et ils le feront systématiquement au visage des deux héros...
...Surtout Tom. Nibbles joue surtout ici le rôle de déclencheur, celui par lequel les problèmes arriveront, et si Jerry aura droit à quelques explosions rigolotes, c'est surtout Tom qui va payer. ...Cher.