La construction d'une niche: l'un des avantages de faire intervenir un protagoniste extérieur dans un court métrage de Tom & Jerry, est qu'on se retrouve avec une mission à accomplir... Qui s'avère évidemment impossible. Ici, Spike aura bien du mal, en raison de l'envahissante et permanente lutte entre Tom et Jerry, à terminer son travail. Mais fondamentalement, le sentiment est que ça aurait très bien pu se passer sans heurts, comme une sorte de routine entre voisins...
C'est bien sûr d'une architecture tranquillement croissante, les violences entre le chien et le chat devenant de plus en plus importantes au fur et à mesure. Avec le chien Spike, Hanna et Barbera avaient trouvé un antagoniste formidable pour Tom, et pour cause: il fait immédiatement partie de son univers... Et on remarquera l'abnégation du chien, qui s'acharne avec plus d'inventivité que de désespoir.
Dans le Pacifique, le commandant du bateau S.S. Aloha prévient son équipage, réduit à un membre, la mascotte Tom, que s'il venait à subsister une souris, une seule sur le bateau, il serait jeté à la mer... Et c'est le moment que choisit Jerry pour se montrer.
C'est plaisant, la rivalité transposée sur un navire change un peu la donne sans trop bouleverser l'univers de Tom et Jerry. Ce dernier est l'élément pertubateur, bien sûr, mais il garde une espièglerie manifeste. Pourtant de nombreux gags au début le montrent en échec. Sinon, sa motivation est claire, il a fait une croisière pour se rendre sur une $ile paradisiaque, le cliché des années 50!
A noter: les films mettant en scène Tom et Jerry en mer sont finalement assez peu nombreux. Mais y a aussi les aventures à la plage (Salt water tabby et la fin de Southbound duckling), sous l'eau (The cat and the mermouse) ou encore une recréation loufoque de l'aventure de Robinson Crusoe (His mouse friday)
Ca commence de façon inattendue: non seulement Tom est affalé sur le sol à ne rien, mais alors vraiment rien, faire, pendant que Mammy Two-shoes s'agite... En prime, Jerry sort de son trou, quasiment sous le museau du chat, et vit sa vie sans que ce dernier ne bouge l'ombre d'un coussinet. C'est que la dame a tout précu: elle a acheté Mechano, un chat robot à l'efficacité impressionnante, qui en deux temps trois mouvements, se débarrasse de Jerry... Tom n'a plus qu'à démissionner et décamper...
Dans un premier temps, le film devient presque un court métrage solo de Jerry, qui multiplie les tentatives pour tenter de contrer le robot, mais c'est peine perdue. La narration devient une efficace et hilarante suite d'anecdotes... L'influence du Coyote? Tom finira, une fois que Jerry aura trouvé la faille, par être rappelé.
Quoi qu'il en soit, si comme moi on ressent une certaine irritation, voire de la gêne, devant les dessins animés avec animaux-robots, eh bien, c'est l'exception inespérée!
L'intrigue de ce film comporte quelques similarités avec le dessin animé de Tex Avery Bad Luck Blackie, de 1949: l'idée d'un personnage qui apparait pour en sauver un plus petit, à la demande... Mais ça reste un film bien différent quad même:
Jerry vient en aide à Spike, le bull-dog, qui s'est enfoncé un clou dans la patte (et fait, quand même, sa diva!): reconnaissant, le chien lui confie une clochette; en cas de problème, Jerry n'aura qu'à la faire tinter et Spike accourra... Ce dont Tom, bien sûr, va faire les frais.
C'est un excellent film, méthodiquement construit, et qui bénéficie en moins de 8 minutes d'un rebondissement de taille: un décret soudain, annoncé à la radio, qui stipule que tous les chiens doivent être attachés, relance l'action au profit de Tom... mais pas pour longtemps.
Enfin, la violence physique coutumière est illustrée ici par de nouvelles idées... On n'oubliera pas de sitôt les dents trouées de Spike.
Après la redite de Smitten Kitten, non seulement ce nouveau cartoon est entièrement original, mais il renouvelle de façon spectaculaire l'univers de Tom & Jerry... En donnant à Tom non pas un, mais trois antagonistes particulièrement gratinés, ce qui va provoquer entre les deux héros l'union sacrée... Sans un gramme de solennité.
Mammy Two-Shoes accepte de garder trois adorable chatons, et confie l'essentiel de la tâche à Tom, qui s'aperçoit très vite qu'ils'agit en réalité de trois abominables petits monstres...
La façon dont Hanna et Barbera jouent sur la dynamique engendrée par les trois (affreux) garnements, leur discipline dans la tendance à faire le mal, et le timing du cartoon en général sont splendides. Et la bande-son, en prime, reste totalement rigoureuse, réduisant la parole à l'unique humain: aucun des trois chatons ne parle, pas plus que Tom ni Jerry. Mais l'alliance de ces derniers, à la vision du film, est d'une implacable logique...
Jerry assiste, atterré, au comportement de Tom qui flirte outrageusement, en se comportant de façon ridicule, avec une jeune chatte gloussante... Un diablotin-Jerry apparait pour nous donner le fonds de sa pensée, et rappelle à la souris les fois où le comportement de Tom amoureux a eu des conséquences négatives sur lui...
C'est le prétexte pour nous donner à voir des séquences compilées à partir de Salt water Tabby (1947), The mouse comes to dinner (1945), Texas Tom (1950) et Solid serenade (1946)... C'est un truc assez classique, les "séries" établies de dessin animé, notamment Bugs Bunny, le font parfois. On peut toujours comprendre que ça permettait à l'époque à des gens qui n'avaient pas vu les films, qui n'étaient pas encore entré dans le circuit de distribution et de recyclage de la télévision, de profiter d'excellents gags, mais... C'est quand même la preuve singulière d'un manque d'inspiration, non?
Jerry et Nibbles, les deux "Mouseketeers", s'attaquent aux victuailles d'un banquet, surveillé par Tom, garde du cardinal: celui-ci est sous pression, car s'il s'avère qu'il est impossible de veiller au grain, il sera exécuté...
C'est le premier film d'une série: il est vrai que l'équipe en a retiré un Oscar, ce qui explique sans doute la motivation d'y retourner à quatre reprises. Sans grande surprise, et de très loin, celui-ci est le meilleur... Et d'ailleurs, une fois admis le décor d'un hypothétique Paris d'antan, et les costumes et les épées, ça reste un dessin animé assez classique, avec les deux souris qui font main basse sur la nourriture (ce qui implique un grand nombre de gags physiques) et une défense musclée de Tom, mais qui ne suffira pas à empêcher l'inéluctable...
Et sinon, c'est le seul film du duo qui se termine sur une mise à mort par la guillotine! L'exécution de Tom inspire à Nibbles, le souriceau, cette réflexion générique, qui reviendra: "C'est la guerre". Deux réflexions s'imposent: l'une des grandes forces des films de Tom et Jerry, c'est le silence des deux protagonistes, alors ce personnage qui parle tout le temps, et dans un français approximatif, me porte sérieusement sur les nerfs. Et d'autre part, la guillotine à l'époque des mousquetaires? Hum...
Tout commence par l'envie forte, pour Tom, de manger un canari: en l'occurrence, un oiseau en cage qui se nomme Cuckoo. Jerry intervient, et les deux animaux font alliance... Pour commencer, ils s'installent dans un refuge pour oiseaux... Mais Tom qui a trouvé un corset l'utilise pour en faire une combinaison volante...
Comme si souvent, le film est complètement linéaire et d'une grande lisibilité. C'est drôle, simple et efficace. L'oiseau porte un peu la marque des petits animaux souvent utilisés pour être des alliés de Jerry: il est un peu trop gnan-gnan... Mais ça se laisse gentiment voir, et le gros des gags jouent avec une belle énergie sur les transformations physiques de Tom, soumis à très rude épreuve.
A la base, une mission toute simple: Tom décide de profiter du beau temps, pour s'installer sur le hamac et faire une sieste. Mais il y a déjà quelqu'un: Jerry, qui n'est pas disposé à laisser la place...
C'est un film brillant, entièrement consacré, avec une évolution riche et constellée de gags hilarants, à cette sieste qui n'aura pas lieu. Comme à l'habitude, la narration est d'une grande clarté et d'une grande fluidité, la violence aussi stylisée que profonde, et la tendance est à l'escalade: parmi les protagonistes invités, on commence avec une innocente grenouille, on finit sur un imposant bull-dog...
Venu en ville pour participer à un concours de volaille, Daffy Duck est en pétard: il vient d'apprendre qu'alors que les poulets de concours peuvent gagner un prix de $5000, les canards sont plafonnés à $5. Pour éviter que le voyage ne tourne au fiasco, une seule solution: se faire passer pour un poulet.
C'est le moment qu'a choisi le petit Henery Hawk, faucon en devenir, pour venir se servir et ramener un beau poulet pour que son papa soit fier de lui...
C'est l'un des derniers films dans lesquels le personnage d'Henery sera animé par un autre réalisateur que Bob McKimson. Ce n'est pas souvent que je le dis, mais cette version du personnage est justement bien plus fade que la lecture de McKimson! Ca reste un court métrage réussi, grâce à la loufoquerie de l'ensemble. Daffy Duck ici, est en pleine transition entre son personnage d'animal cinglé (tel qu'il a été créé par Clampett et Avery), et son incarnation en minable qui tente désespérément de survivre... Avec les moyens du bord.