Ce film est en quelque sorte une suite de High C's, qui fut l'un des pires courts métrages de Chase en 1930: un prétexte de comique troupier, des gags sans aucune originalité, et une intrigue qui favorisait les passages musicaux. C'est exactement le même cocktail: Chase et ses copains de régiment doivent retourner aux Etats-Unis, à la fin de la guerre. Mais le jeune homme a deux passagers à faire passer en contrebande (en plus des chansons qu'il nous impose): l'un d'entre eux est un singe, et l'autre est Thelma Todd, qui interprète Antoinette, une jeune femme française, et un rien délurée. Pour le reste, je pense n'avoir rien de plus à dire, car une fois de plus le film est totalement insignifiant...
Un ami de Charley Chase, Griff (Carleton Griffin) lui demande un service: sa petite amie (Dorothy Granger) accepte de sortir avec lui, mais uniquement si elle est accompagnée d'une amie. L'idée est donc de demander à Charley d'être le cavalier de cette autre dame. Sauf que c'est la deuxième fois que ce service est demandé et que la dernière fois qu'il a fallu amener danser un "canon de Pittsburgh", elle s'est avérée bien moins charmante qu'annoncée. Donc Chase décide d'accepter mais à la condition d'être aussi repoussant que possible. Manque de chance pour lui (qui arrive avec un costume usé et sale, mal rasé et une haleine sentant l'ail) la jeune femme avec laquelle il va passer la soirée est absolument charmante (Thelma Todd)...
Après quelques films médiocres, il fallait au moins ça pour relancer la machine. un film drôle, impertinent et bien structuré, et si possible bien dirigé... James Parrott avait plus d'un avantage pour être le réalisateur de ce court métrage. D'une part, il avait déjà travaillé avec Charley Chase avant la carrière de star de ce dernier (Charley dirigeait et James était le héros improbable des courts métrages qu'ils produisaient pour Roach); ensuite, il était un des excellents metteurs en scène avec lesquels Laurel et Hardy avaient fait leur baptème du feu sonore, et sa production était le haut du panier des studios Roach. Enfin... James était le petit frère de Charley, A.K.A Charles Parrott et la complicité entre eux n'était pas un vain mot. Et il est inutile de dire que si James était le metteur en scène en titre, son grand frère avait définitivement son mot à dire. Et ça se voit...
La logique implacable de la soirée est donc assumée de bout en bout par un enchaînement de gaffes, de soucis et de problèmes souvent physiques. Le clou reste évidemment le constat suivant: quand on est en train de danser, il est bien difficile d'échanger (sans arrêter la danse bien entendu) ses vêtements avec un copain qui lui aussi est sur la piste...
Film pré-code oblige, c'est aussi assez flagrant de voir le reflet d'une époque: Dorothy Granger et Thelma Todd, je parle ici des actrices et non de leurs personnages (qui portent, comme c'était généralement le cas, les mêmes noms) sont en compétition serrée pour montrer leurs avantage sau maximum, avec des robes taillées exprès pour. C'est sans doute dans ce film qu'elles iront le plus loins tout en restant décentes. Mais elles font pale figure à côté de Linda Loredo et Mona Rico qui tiennent leurs rôles respectifs dans la version Hispanisante du film tournée simultanément, La senorita de Chicago...
Une réception chez des parvenus (Edward Dillon et Lillian Elliott) va tourner au désastre... Pourtant ils avaient invité du beau linge: un sénateur (Dell Henderson) et son épouse (Elizabeth Forrester)... Mais afin d'épicer la soirée, la fille des maîtres de maison (Dorothy Granger) a décidé d'inviter un ténor (Charley Chase), qui travaille à la radio...
La radio, grand bouc émissaire de l'époque, est ciblée ici pour son abilité à semer la bêtise. C'est en très gros l'un des seuls enjeux d'un film fatigant par son absence d'intérêt. Chase se promène dans le salon où l'on reçoit, et dans l'intrigue, sans grande conviction, et accumule les gags supposés drôles, souvent basés sur des borborygmes et des bruits incongrus.
Tout au plus peut-on émettre l'hypothèse qu'un gag qui implique un bout de vêtement qui manque, ait inspiré, lointainement, l'admirable Bringing up baby, de Howard Hawks... Et la fin qui voit Chase affronter un docteur en médecine qui est une toute jeune femme athlétique, s'avère enfin suffisamment surréaliste pour éveiller au moins un sourcil. Pour le reste...: un film redondant, donc.
En France durant le premier conflit mondial, Charley Chase est un sergent qui mène une petite troupe, se met en conflit avec ses supérieurs, drague vaguement une jolie tenancière (Thelma Todd) qui parle un anglais impeccable (si ce n'est l'un des pires accents français qu'il m'ait été donné d'entendre), se bat évidemment, de façon loufoque assrément. Mais surtout, environ toutes les deux minutes de ce film qui en dire 28, il se livre intégralement à sa passion: chanter avec ses copains (et quelquefois avec l'ennemi)...
C'est la première fois qu'un de ces films de Charley Chase dépasse les deux bobines... Et ce n'est pas une bonne nouvelle. Non seulement l'absence d'intrigue et d'enjeu est irritante , et la gentille loufoquerie de l'univers du comédien n'y pourra rien, car il est décidément bien plus à l'aise dans son petit monde urbain, solaire et Californien... Mais certes, Chase savait chanter et jouer de la musique. Mais ce n'est pas ce qu'on attend de lui! Et le film aura en plus l'outrecuidance d'avoir une suite.
Charley Chase se fiance avec Thelma Todd, mais leur petite entrevue autour d'un bague encore plus petite, tourne court: les patrons du jeune homme lui demandent en effet de recevoir un client, et ont déjà tout arrangé, ce sera pour une joyeuse virée en ville en compagnie de deux femmes spécialement engagées pour l'occasion... Thelma voir touge et décide qu'elle sera l'une d'elles...
Forcément, le fait que la jeune femme s'incruste dans la fiesta pour surveiller son futur mari va tourner au désastre. ...Surtout quand l'autre femme du dîner (Dorothy Granger) va s'avérer si vulgaire que le client (Dell Henderson) va imposer à Charley de les échanger...
Cette situation corporatiste générique est un tel cliché (on le retrouve dans de nombreux films Roach, pas que chez Charley Chase, et cette forme de 'blind date' aux sous-entendus problématiques est parfois vue aussi dans l'univers de Laurel et Hardy) qu'on en finirait par douter que de telles pratiques (aux confins de la prostitution, donc) aient eu lieu. Mais le film restera situé dans le cadre plutôt sécurisé d'un restaurant, où comme de juste le moindre bruit de bouchon de champagne pousse les clients à jeter sur la piste de danse l'alcool qu'il dissimulent sur eux... C'est toute une époque!
Chase et Todd, parfaitement complices, jouent la carte du mélo et de la parodie du début à la fin, jouant de la plastique de leurs visages dans des mimiques exagérées, qui vont culminer dans les jeus de regard qu'ils se lancent après que Dell Henderson ait demandé à inverser les couples... C'est un excellent film.
Charley Chase hérite... de deux millions de dollars. Son avocat (ou plutôt, l'un de ses avocats,du cabinet Quimby, Quimby, Quimby et Quimby, interprété par Edgar Kennedy) le met en garde: ça pourrait bien attirer les "chercheurses d'or", des femmes qui n'en voudraient qu'à son argent. Désireux de profiter de son pactole, il se rend dans un hôtel de luxe, où il ne tarde pas à attirer les convoitises... Mais il se méprend sur les intentions de Thelma Todd, une habituée des lieux, qui est dans la même situation que lui. Il la prend pour chasseuse de fortune, et elle lui rend cette politesse. Alors quand la direction, par un concours de circonstances, les place dans la mêle suite, ça fait des étincelles...
Le film fait 25 minutes, ce qui est inhabituel. Mais il le mérite bien... Chase, en jeune homme aux bonnes manières embarrassé de devoir "sauver" toutes les dames qui l'entourent quand elles simulent une jambe cassée, est tout à fait à l'aise dans un scénario qui repose sur SON registre. Et comme d'habitude, la collaboration avec Thelma Todd est formidable.
Le film n'a pas peur non plus de laisser les images faire tout le travail, ce qui la rgement le cas dans la partie du film qui voit Chase suivi par des dames qui essaient tout pour capter son attention, mais aussi dans un jeu de réactions entre Thtelma et Charley. C'est, donc, un excellent court métrage... Notons que c'est le deuxième après Girl schock qui débute par une idée incongrue et kitsch à l'extrême: deux jeunes femmes court vétues qui déclament le générique. ...Elles ne sont pas très douées.
Lors d'une réception huppée chez son père, une jeune femme (Carmen Guerrero) entend ce dernier lui demander de reconsidérer ses fiançailles avec Charley Chase, en effet ce dernier est tellement timide et effarouché par les dames qu'en leur présence il se comporte en véritable andouille... Elle lui raconte la source de ce complexe, une anecdote liée à la guerre mondiale, lorsque le jeune homme s'est retrouvé coincé dans une tranchée avec un bataillon de dames Russes qui en ont fait leur dessert! attendri, le papa (Edgar Kennedy) décide d'accorder une seconde chance au jeune homme et accepte la collaboration d'un psychologue interlope (Jerry Mandy)...
C'est idiot (mais d'une façon complètement positive, bien sûr), et pour commencer ça ne tient pas debout: certes Chase est vraiment mal parti dans la vie (dès qu'une femme l'approche, il pousse des hauts cris et se débrouille pour pousser quelqu'un dans la piscine), mais le fait qu'il ne soit pas capable de séduire les femmes autour de lui n'est peut-être pas tant un inconvénient que ça dans l'hypothèse d'un mariage! Mais le film suit cette logique illogique sans trop de complexes...
L'intérêt c'est bien sûr de voir que le sort s'acharne à confronter Chase à ses démons et sa timidité, et qu'on accumule ici les occasions de bouffonnerie liées, précisément, à cette incapacité à se teni avec les dames. ca va loin, puisque même les statues vont souffrir de son incurable maladresse... Le psy véreux est hilarant avec ses gestes exagérés, la séquence de flash-back (qui semble ignorer que durant la guerre les russes n'étaient pas encore soviétiques, et que le pays, jusqu'à son retrait du conflit mondial, était du côté des alliés!) est glorieuse dans son impeccable loufoquerie. Et Edgar Kennedy (voir photo ci-après) est bien sûr tout bonnement fantastique...
Le titre d'abord... Fast work, en argot Américain des années 20/30, c'est la faculté qu'ont certains hommes de tirer parti de la présence de jeunes femmes, et d'attaquer la drague sans plus attendre. Ce que fait Charley Chase, qui travaille en fils à papa pour l'entreprise de transports (des taxis) de son père, lorsqu'une jeune femme v ient pour se plaindre. Mais June Marlowe '(la jeune femme, donc) ne sait pas que le héros a des circonstances atténuantes, en quelque sorte: il la connait car elle est une jeune femme de la société, proéminente dans la presse distinguée... et il est son plus grand fan.
Ensuite, la situation: les assiduités insistantes et à répétition du bohomme ont pour effet inattendu de provoquer la tendresse de la jeune femme, qui l'autorise à envisager une relation "si papa est d'accord"... Donc quand Charley rencontre un homme qui porte sur lui la carte du père en question, comment aurait-il su qu'il s'agissait en fait d'un évadé d'un asile d'aliénés (Dell Henderson, il est vrai, a travaillé chez Sennett) qui a pris au vrai père de June sa carte, mais la tend à qui veut la prendre, pour prétendre qu'il est cet éminent banquier...
Du coup, le fou (ou dingo, ou personne mentalement instable, l'argot de l'époque aurait parlé de nut) va se comporter comme le spectateur attend, mais pas comme Charley le souhaiterait, commandant au restaurant du poulet cru et trempant sa crème glacée dans du ketchup... et surtout demandant à son interlocuteur d danser avec lui. Mais le jeune homme, conscient des enjeux, va s'efforcer d'accéder à toutes les demandes...
C'est donc une parfaite illustration de la logique comportementale élémentaire appliquée à une situation loufoque, elle-même basée sur un enchaînement logique,et vaguement comportemental... Une histoire dans laquelle l'absurde crée l'obligation, et l'obligaton doit passer outre l'embarras. C'est du Charley Chase pur, donc. C'est un film qui fait, aussi, du bien, car il fait rire, et ça, c'est toujours de bon aloi.
Charley Chase est chez lui, raisonnablement attelé à la lecture d'un ouvrage, quand son épouse l'appelle et lui rappelle qu'elle ne rentrera pas, restant chez sa maman pour la nuit. Il la rassure, il restera bien tranquille chez lui à lire...
Du moins le croit-il. Car c'est le soir qu'a choisi Tiny Sanford, un ancien locataire du même appartement, pour venir faire un pélerinage nostalgique sur les lieux de son bonheur conjugal qui appartient au passé, désormais... Mais aussi l'épouse séparée de ce dernier, qui vient pour les mêmes raisons, puis d'autres zozos, tous avec des raisons différentes. Et évidemment, plus il y a de monde, plus l'image qui ne manquera pas d'être projetée de la soirée supposée tranquille de Charley, sera faussée, au moment où, inévitablement, son épouse rentrera!
Le film est d'une construction à la fois austère (trois décors, le salon de l'appartement, une chambre et le couloir) et savante (l'accumulation, toujours constamment logique, et de plus en plus embarrassante, de personnages tous plus décalés les uns que les autres). Le personnage de Chase n'a pas grand chose à faire, après tout il est chez lui, sinon tenter de gérer la masse des loufoques... Bref, il est dans son élément.
Pour commencer, notons que comme de trop rares films chez Roach, on s'est souvenu que le grand acteur Edgar Kennedy (l'un des deux grands acteurs chauves chez Roach) avait aussi été réalisateur de courts métrages chez Sennett et à la Warner... Du coup, lui qui avait participé à d'excellents courts de Laurel et Hardy en 1928-29 a également été amené à participer à la série des courts de Charley Chase lors de ces balbutiements sonores...
Charley Chase et Thelma Todd se rencontrent dans un café, où ils sont tous deux arrivés avec des clubs de golf. Ils ne sont pas golfeurs, mais lui vient d'acheter le matériel, et elle garde les clubs de son père. Ils sympathisent, puis Charley se retrouve à jouer avec des golfeurs chevronnés. Non seulement il est (par inadvertance) meilleur qu'eux, mais il sabote le jeu en permanence par sa bonne humeur, de moins en moins communicative...
Si le film reste moyen par son rythme, et souffre un peu, inévitablement, des restrictions du son, c'est quand même un sujet que le studio connaissait: Should married men go home en 1928 était un court avec Laurel et Hardy dans lequel le golf et la boue se mariaient en un festival de gags... Le réalisateur en était James Parrott, le propre frère de Charley Chase, qui comme tous ses copains de bureau, pratiquait le sport en question... Ce n'est absolument pas le film du siècle, mais c'est plaisant. Et Edgar Kennedy y fait l'acteur, pour moins d'une minute, mais on se souviendra de son passage...