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15 octobre 2023 7 15 /10 /octobre /2023 09:40

Charley Chase travaille dans l'immobilier, il a une bien à vendre et a trouver trois représentants d'un industriel qui sont intéressés, et particulièrement intéressés aussi par l'idée de sceller le contrat dans une joyeuse fiesta... Au moment où le film commence, notre héros a engagé trois jeunes femmes (Anita Garvin, Thelma Todd et Dolores Brickman). On est en droit de penser que les intentions sont ici quelque peu coquines... C'est justement ce que pense le propriétaire de l'hôtel. C'est sûrement ce qu'on pensé les actionnaires du groupe dont font parties les trois invités, qui ont été remplacés par trois hommes qui n'ont rien de frivoles. Charley doit donc gérer son changement de programme, maintenir l'atmosphère légère, atténuer la vulgarité de ses invitées et garder en tête qu'il lui faudra aussi persuader les trois hommes tatillons de signer un contrat...

C'est un sujet pour film Roach, en effet, et le metteur en scène n'est plus Warren H. Doane, qui n'a pas vraiment montré un génie particulier... Horne est plus établi, plus qualifié disons, mais le film reste bancal... Les bonnes idées tendent à faire long feu et (c'est généralement un défaut rédhibitoire) le film repose beaucoup sur le dialogue. 

On appréciera pourtant les sorties et l'extraordinaire plastique expressive (je parle du visage, bande de fripons!!) d'Anita Garvin, qui joue ur un registre inattendu pour elle, puisqu'ici elle n'a rien d'une grande dame. Si ce n'est par la taille... Et un gag final qui nous rappelle la façon dont Charley Chase pouvait s'immiscer de façon importante dans les films dont officiellement il était l'acteur et juste l'acteur: une espèce de ronde avec jet d'eau, dans un ballet loufoque... Mais au vu de ses possibilités, le film reste décevant...

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Pre-code
13 octobre 2023 5 13 /10 /octobre /2023 09:41

Alors qu'il roule à tombeau ouvert dans des montagnes reculées, pour échapper à un policier à moto (Edgar Kennedy), Charley Chase aperçoit une merveilleuse créature (Thelma Todd) à la mode montagnarde. En compagnie du flic, qui semble avoir oublié de l'arrêter, il va rester sur place pour la séduire, quitte à se faire passer pour un montagnard local...

C'est complètement, éperdument, absolument, résolument, idiot. Ne nous méprenons pas: ce n'est en aucun cas une critique, juste un constat réjoui... Charley Chase a toujours, ou en tout cas depuis 1923 et ses débuts en tant que vedette de films de courts métrages chez Hal Roach, été le monsieur de la grande ville, sain et les pieds sur terre, que les circonstances plongeaient en toute logique dans une situation insondablement crétine. Et ici, on est servi, on a donc ce qu'on cherchait...

Donc, il y aura déguisement, et rapprochement, sans jamais négliger de cocher les cases inévitables de ce genre d'histoire, située dans les bois montagneux des Appalaches ou de quelque endroit du genre, avec des gens ô combien rustiques. Il y aura un putois, des habits de trappeur et des danses folkloriques... La plus grande part des gags du film sera basée sur l'image et non le son, et même si la deuxième partie sera largement dominée (parlant oblige!) par les danses et la musique, l'élément visuel n'est jamais oublié. 

Et en prime, on constatera émerveillé que Chase est doué pour le banjo, l'ocarina, la guimbarde, le violon et le chant. et que Kennedy, en toutes circonstances, reste le merveilleux grognon si à l'aise dès que son rôle lui permet de distribuer des contraventions, mais totalement perdu quand on lui enlève son uniforme.

D'ailleurs, quand je dis que c'est idiot, je peux avancer un argument de poids: rien en effet ne peut justifier la décision de Kennedy de rester avec Chase, à moins que ce ne soit pour le marquer à la culotte et de rester en sa compagnie pour mieux pouvoir l'arrêter! Ce qui e contexte moins loufoque aurait été un trou béant du script se retrouve à ajouter à l'atmosphère de gentille folie douce... Une folie douce dans laquelle on se moque quand même gentiment mais fermement d'un groupe humain, le genre montagnard, pointilleux de la gâchette, le genre à tirer sur les forces de l'ordre quand on les rencontre, prêts à envahir le Capitole à la moindre occasion!

Quant à justifier qu'on soit en territoire pré-code, on notera la propension de Chase à perdre son pantalon, et sinon, Thelma Todd, qui a juste besoin d'apparaître (y compris en robe 1890) pour faire monter la température...

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Pre-code
4 octobre 2023 3 04 /10 /octobre /2023 16:07

Au Mexique, sur un port, des marins ortent d'un bateau qui fait escle. Deux en particulier vont nous intéresser, ils sont interprétés par Charley Chase et Edgar Kennedy... L'un et l'autre ont l'intention de passer du bon temps en compagnie de jeunes mexicaines, mais ils deviennent très vite rivaux.

C'est un tout petit film, rendu un peu compliqué dans la mesure où la bande-son manqueà l'appel... Chase partage vraiment la vedette avec Edgar Kennedy, ce qui est intéressant en soi, mais ils ne sont pas partenaires eu même titre que Laurel et Hardy. Le film est assez poussif, peu inventif, et déroule des gags souvent assez convenus... 

L'un d'entre eux est lié à des non-dits, lorsqu'un autochtone vu d'abord de dos avec un sombrero, s'avère être Max Davidson. La réaction de surprise hilare des deux compères est de l'humour ethnique, ou je ne m'y connais pas...

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Pre-code Max Davidson
4 octobre 2023 3 04 /10 /octobre /2023 15:56

"To step out", en langage familier, c'est faire la fête, se dévergonder, voire "aller voir ailleurs" d'un couple... C'est presque ce que Thelma Todd, mariée à Charley chase, qui n'a quasiment pas mis le nez dehors depuis leur mariage! Il va donc faire la nouba, et après un début de soirée chaotique, il croise le regard de braise de la belle Anita Garvin (qui joue une fille de la classe ouvrière, qui elle par contre sort tous les soirs)... Les voilà partis au restaurant pour une soirée qui tournera vite au désastre.

Le film est notable par un détail inattendu: on n'en a conservé qu'une copie parlante privée de bande-son (ce devait donc être une copie accompagnée de disques à la façon de Vitaphone)... Pourtant, si on regrette l'état forcément incomplet, et en partiulier de perdre un peu de la transformation hallucinante de la belle Anita Garvin, qui a tant joué les parvenues, en une cruche vulgaire, le film fonctionne plutôt bien. Il a été restayré et doté de dialogues sous fore de sous-titres, qui restituent bien la progression: ils sont tirés du découpage qui a été conservé, et ils ont pu être amendés en fonction du mouvement des lèvres des protagonistes...

Le film est typique de l'époque dans la mesure où il se situe en boîte de nuit, mais aussi parce qu'il fait évoluer le personnage vers une saoulôgraphie qui nous rappelle paradoxalement qu'on est en pleine prohibition... Bien de son époque, aussi, le commentaire sur le mariage, avec Charley qui vérifie la température de son épouse quand celle-ci lui suggère de sortir seul...

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Pre-code
4 octobre 2023 3 04 /10 /octobre /2023 15:44

Thelma (Todd) sort des coulisses d'un théâtre, et Eddie (Dunn) son partenaire, la suit. Il veut lui emprunter de l'argent, mais elle refuse... Alors qu'elle s'assied au volant de sa voiture, il s'introduit dans le véhicule et commence à essayer de lui prendre son sac à main de force. Assistant à la scène, Charley (Chase) intervient et tente de s'interposer, non sans mal... Quelques instants plus tard, l'agent de police Edgar Kennedy, voyant une scène peu banale dans une toute petite voiture (trois corps enchevêtrés, certains se mordant, essayant tous de s'accaparer le sac à main), intervient...

Dunn s'enfuit, mais pour le policier, désormais, Chase est coupable de tentative de vol. Il se réfugie dans le théâtre, où Thelma le laisse entrer. Elle l'engage en remplacement de son partenaire pour un ballet qui sera franchement tout, sauf une réussite...

C'est un film qui commence par une situation excellement posée, sur les chapeaux de roue, et qui culmine dans les cinq premières minutes avec ce fatras de pieds, de mains, de corps accumulés dans une voiture. Un gag d'ailleurs totalement visuel, si vous voyez où je veux en venir. Pourtant, on est en plein cinéma parlant, et les choses ont beaucoup changé pour Charley chase. Son personnage, au temps du muet, évoluait dans le domaine de l'entreprise privée "sérieuse", il jouait souvent des hommes à la vie active et saine, habillé d'une façon qui trahissait un niveau social enviable... Désormais, soit il travaille dans le show bizz, deux des trois films précédents le présentaient en chanteur et chef d'orchestre, soit il évolue dans un milieu qui le fera fréquenter ce milieu... Ici, c'est Thelma Todd qui est artiste, mais le deuxième bobine se concentre sur la répétition désastreuse d'un numéro de haute voltige qui fait vite long feu, qui est basée sur deux aspects: Chase n'a pas son pareil pour danser de manière ridicule et être convaincant en novice (alors qu'il était un excellent danseur), et en prime, il est totalement ridiculisé par le costume qu'on lui fait porter...

Mais le pire c'est qu'il s'en amuse... voilà, un film qui montre bien qu'on essaie au moins e trouver au personnage une certaine logique, un comportement qui puisse s'expliquer, ce qui n'était pas toujours le cas dans les trois courts métrages précédents. On progresse, donc...

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Pre-code
4 octobre 2023 3 04 /10 /octobre /2023 10:19

Charley Chase a rencontré lors d'un voyage en train une ravissante jeune femme (Thelma Todd) qui l'invite chez elle (elle vit avec son papa) pour une journée. Mais le jeune homme a déjà rencontré le père (Anders randolph) et ça ne s'est pas bien passé, en raison des éternuements intempestifs de Charley... L'après-midi ne sera pas une réussite.

Le film non plus, qui tente parfois maladroitement d'intégrer le son dans une comédie loufoque assez classique. On ne peut s'empêcher de penser que le père aurait été beaucoup plus percutant s'il avait été interprété par Edar Kennedy (qui était certainement occupé dans un tournage pour Laurel et hardy à ce moment là!)... Le final dans les montagnes russes est du'ne idiotie militante, et c'est un compliment: on retrouve le côté absurde des situations qui permettaient à Charley chase d'exprimer son art, un mélange délicat de comique d'observation et de honte publique! 

...Le principal atout du film reste bien sûr que Charley Chasea enfin trouvé une partenaire qui peut rivaliser avec lui, puisque la jeune femme n'est autre que Thelma Todd. Après Martha Sleeper entre 1924 et 1926, ce sera sa leading lady la plus significative, une vraie égale en comédie.

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Pre-code
4 octobre 2023 3 04 /10 /octobre /2023 10:14

Charley Chase doit récupérer au port la mère de sa fiancée, qu'il n'a pasencore rencontrée, et il sait qu'elle vient de subir une opération. Il s'attend à une vieille dame malade et se retrouve devant une femme du monde, qui flirte outrageusement avec lui: l'opération était une intervention de chirurgie esthétique...

C'est le deuxième film parlant de Charley Chase après The big squawk, et le moins qu'on puisse dire est qu'il est pire. Non seulement techniquement parlant (le son, cet élément si fragile à manipuler pour les équipes, et qui rend la comédie si vulgaire par endroits), mais aussi par un scénario qui n'a ni queue ni tête. Charley Chase repose aussi beaucoup sur la répétition de gags, un élément qui fonctionnait beaucoup mieux chez Laurel et Hardy en raison de la personnalité des deux comédiens, mais qui iciressemble à une redondance pure et simple... 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Charley Chase
4 octobre 2023 3 04 /10 /octobre /2023 10:03

Charley (Chase) est amoureux de Nina, mais celle-ci le rend éperdument jaloux en dansant avec d'autres hommes. Un copain lui suggère de la rendre jalouse à son tour, en prétendant qu'il a un rendez-vous dans un chalet à l'écart de la ville avec une jeune femme. Bien sûr, il s'y rendra seul, et la fiancée, en venant constatera qu'il s'agit d'un canular. Mais c'était compter sans le sort: quand Charley se rend au chalet, il ne sait pas qu'il le partage avec une troupe de jeunes femmes qui s'y sont réfugiées pendant un orage (sous le patronage loufoque de Gale Henry)...

Le chalet a déjà servi, dans un court métrage mémorable, The caretaker's daughter  de Leo McCarey, avec Charley Chase justement. Celui-ci étant très probablement le véritable auteur de ce film, on le voit ici jouer avec des variations de la physionomie très particulire du décor, une maison dans laquelle un escalier monte à des chambres, toutes visibles depuis le rez de chaussée, une disposition idéale pour un ballet loufoque... Et ici, pour des déambulations en nuisette de starlettes, car en 1929 et en ces débuts du cinéma parlant, c'est une manie qui commence à s'installer durablement!

Le film est typique en tous points de cette période. Pour commencer, comme la plupart des premiers films parlants des "équipes" des studios Hal Roach, son titre est inspitrée d'un son ou d'une allusion au bruit. Ensuite... le parlant, en 1929, n'est pas au point, et la bande-son montre que Elmer Raguse, qui présidait aux destinées de la dimension sonore des films Hal Roach, tatonnait encore. Du reste, Chase se fond mal dans le cinéma parlant, en effet... Pour l'instant du moins: le film n'est pas une réussite en dépit de quelques moments de loufoquerie militante.

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Pre-code Hal Roach Gale Henry
25 septembre 2023 1 25 /09 /septembre /2023 18:11

La première scène justifie à elle seule le titre: une rue de Shangai, la nuit, avec des marins de tous les pays qui se retrouvent en bordée, entre (forte) consommation d'alcool et fréquentation de dames obligeamment présentes... Les hommes se saoulent, fraternisent, chantent (fort) et consomment...

Ce qui surprend aussi, c'est le fait que le film, en l'état, ne soit ni muet ni parlant: c'est un hybride, une copie partiellement sonorisée avec musique et bruitage et le cas échéant des chansons, mais dont les dialogues sont constitués d'intertitres sauf lorsque les répliques, privées éventuellement de leur sens, ont un intérêt dramatique ou documentaire... Un ordre solennel donné par un officier, par exemple...

Le film raconte l'odyssée dangereuse d'un sous-marin qui prend la mer et dont le destin de l'équipage va être mis à rude épreuve, car suite à une collision avec un navire, il a coulé et commence à se remplir d'eau. Le capitaine fait partie des victimes de la collision, et un sous officier, Price, assume le commandement. Une course contre la montre s'engage, et un autre suspense se met en place: un des officiers a été reconnu à Shangai par un Anglais qui a vu en lui un "fantôme", un marin qu'il croit mort... Qu'en est-il?

C'est une expérience étrange, que de n'avoir pu conserver qu'une version très intermédiaire d'un film... A sa sortie, Men without women existait certainemnt sous la forme de copies totalement muettes, à destination des salles rurales des Etats-Unis, mais surtout d'une version parlante qui était évidemment celle qui faisait autorité. Mais en l'absence de versions étrangères, le marché non anglophone ne pouvait profiter du son que dans cette version hybride, qui maintenant l'atmosphère sonore du film sans rendre le dialogue impossible à comprendre (les intertitres des copies étaient adaptés dans les pays qui importaient cette version).

C'est un film d'aventures dans lequel les hommes n'ont que peu de temps à consacrer au fait de penser aux femmes, le titre étant surtout là pour attirer le spectateur. On reconnait John Ford, fasciné par cette histoire d'un groupe d'hommes à la dérive (aucun jeu de mots ici), qui vont unir leurs efforts pour le bien commun, certains allant au sacrifice. Une fascination facilitée par la profonde sympathie du metteur en scène pour ces marins, qui ne seront certes pas les derniers de son oeuvre (Seas beneath, Submarine Patrol, reprendront partiellement ce type d'intrigue, et d'autres films suivront, donc The long voyage home...).

Pour l'anecdore, c'est l'un des nombreux films pour lesquels Marion Morrison a joué le cachet chez Ford en attendant qu'on lui confie de meilleurs rôles: ce sera chose faite avec The big trail cette même année, mais ce sera sous le pseudonyme de John Wayne. On verra aussi un des complices de la première heure à la Fox, le grand J. Farrell MacDonald, caution Irlandaise oblige, un vétéran qui savait se mouiller, c'est le moins qu'on puisse dire.

 

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Published by François Massarelli - dans 1930 Muet John Ford Pre-code *
13 mai 2023 6 13 /05 /mai /2023 20:55

Dan (William Powell), un prisonnier évadé, se trouve dans un bar à Hong-Kong: il a tué un homme, un bandit redoutable, mais la loi est la loi, et son évasion a eu lieu durant son transfert vers la prison de San Quentin où il était prévu de l'exécuter.

Joan (Kay Francis), une belle dame de la haute société de San Francisco, voyage en extrême orient pour oublier son destin: atteinte d'un mal incurable, elle n'en a que pour quelques mois, quelques semaines même si elle continue. Elle se trouve dans un bar, à Hong-Kong...

Les deux se retournent et se retrouvent nez à nez l'un avec l'autre, condamnés au coup de foudre... Dès le lendemain, ils seront sur le même bateau, en route chacun vers son destin, l'une flanquée d'un médecin qui se désespère de voir sa patiente aux prises avec des émotions qui pourraient la tuer, l'autre accompagné d'un policier embarrassé de devoir accompagner Dan jsqu'à sa mort programmée. 

Ce n'était pas la première fois qu'un film réunissait Kay Francis et William Powell, dont l'alchimie était rendue évidente par leur capacité à évoluer aussi bien dans la fantaisie que dans les sentiments. Mais ici, c'est le souffle romantique qui gagne, rendu d'autant plus poignant par le fait que chacun des personnages est non seulement condamné, mais en plus a décidé de le cacher à l'autre... Il en ressort une impression d'urgence, dont Garnett a l'élégance de la rendre très subliminale. Mais quand ils se rencontrent, aucun doute possible: nous savons que nous avons assisté à un coup de foudre, dont le motif des deux verres cassés (qui permettra d'ailleurs quelques gags) sera un écho jusqu'à la toute fin du film.

Le film repose totalement sur l'alchimie entre les deux personnages, mais aussi sur leur talent propre, singulièrement; on a rarement vu Kay Francis utiliser autant le magnétisme de son regard sans pour autant tomber dans le cliché, ou William Powell suggérer la gravité sous-jacente avec aussi peu d'efforts.

On repose ici sur une tradition tellement ancrée dans les années 30 qu'elle serait presque un genre à part entière, celle du film de croisière... a ces deux personnages mentionnés plus haut, et ce brave policier sentimental incarné par Warren Hymer, viennent s'ajouter deux personnages qui à la fois aident l'intrigue, et la saupoudrent d'une dose de comédie: un pickpocket alcoolique (Frank McHugh), qui va contribuer à des tentatives de sauver Dan, et une fausse comtesse (Aline Mac-Mahon) dans un de ses rôles les plus touchants. Le tout enveloppé dans la classe des productions de la Warner des années pré-code, et en prime le film ne dure que 67 minutes... 

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code William Powell