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26 décembre 2024 4 26 /12 /décembre /2024 00:11

Les artistes du cirque Rainey ont pour vocation de donner leurs deux spectacles par jour, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau ("rain or shine"...). Ca tombe bien, dans la séquence qui sert d'exposition, il pleut de façon spectaculaire; On y apprend que les comptes ne sont pas au beau fixe, que la propriétaire, par ailleurs écuyère de son état, est inquiète pour l'avenir, mais le régisseur et homme à tout faire Smiley (Joe Cook), lui y croit. Par contre, toujours dans cette exposition, nous est montrée la rivalité haineuse dont est l'objet le protégé de la patronne, par des jaloux qui souhaitent faire main basse sur le cirque. Enfin, si les sentiments de Smiley pour la jolie miss Rainey ne font aucun doute, un jeune et fringant concurrent lui fait dangereusement de l'ombre, et les millions de ses parents pourraient bien décider la belle...

C'est un film paradoxal, sorti aux débuts du parlant et qui confirme de façon évidente le talent singulier et inné de Capra pour les tournages inventifs, pour le naturalisme aussi. Paradoxal, parce que Rain or shine était une comédie musicale sur scène, dont Capra a tout bonnement retiré les chansons et autres passages musicaux, tout en donnant à l'ensemble de la fraîcheur, en sortant sa caméra des studios ou étaient le plus souvent confinés les films des débuts du bruit cinématographique... Et bien sûr, à l'époque où on aurait été voir n'importe quoi du moment que ça chante et ça danse, le risque était gros! Mais le film possède un charme fou, avec cette énergie phénoménale dégagée par Joe Cook, mais aussi l'impression d'assister à de l'authentique, par le recours à de vrais artistes de cirque, qui se livrent à leur métier avec simplicité et assurance sous les caméras de la Columbia.

Mais surtout, pour qui connait bien l'oeuvre de Capra, cette ode à l'optimisme en toutes circonstances est presque choquante: en effet, les artistes du cirque Rainey perdent tout, et la seule chose qui tienne encore debout à la fin est justement l'optimisme de "Smiley"! Une fin triste pas trop mal vécue par ce dernier, qui se livre à deux ou trois dernières pirouettes avant de tirer sa révérence...

La fin est adoucie dans la splendide version muette et sonore (Avec intertitres de rigueur) qui était distribuée lors de la sortie internationale de ce film des débuts du parlant: des prises différentes, quelques scènes en moins, quelques scènes et gags en plus, et la science du rythme de Capra font de cette version alternative une belle découverte...

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Published by François Massarelli - dans Frank Capra Pre-code Muet 1930 **
26 décembre 2024 4 26 /12 /décembre /2024 00:09

Signé par Capra de son pseudonyme de l'époque (Frank R. Capra), ce qui aurait du être un petit mélodrame est en réalité un film flamboyant, qui brille en particulier par le personnage interprétéé par la grande Barbara Stanwyck. le fait que tous les acteurs ne lui arrivent pas à la cheville importe peu: c'est elle qui tient ce beau film debout.

Kay Arnold, une jeune femme dont l'occupation principale, bien que ce ne soit jamais dit, confine à la prostitution, devient le modèle d'un jeune peintre idéaliste (Ralph Graves), dont les parents riches voient d'un oeil inquiet son association avec la jeune femme. Quand ils essaient d'assumer leur amour, envers et contre tout, la jeune femme est ramenée à sa propre dimension, et un sacrifice est exigé d'elle.

La prostitution n'est pas le sujet du film, il s'agit plus pour Capra de montrer que les classes sociales n'ont pas de frontières, et qu'il est possible de s'amender, de changer et tout simplement de s'élever... S'élever: c'est ce que la caméra fait, dès le départ: on est en pleine soirée, dans une rue huppée, et soudain les passants manquent de recevoir des bouteilles sur la tête: la caméra, qui monte, nous révèle que là-haut, une fête dans l'atelier du peintre, se déroule. Les invités sont riches et futiles. Mais ce mouvement vers le haut trouve des rimes, tel ce moment lorsque le jeune homme sur sa rterrasse regarde vers les étoiles, alors que la jeune femme qui n'a pas encore succombé au charme de son employeur, insiste pour regarder en bas.

Enfin, lorsque la jeune femme est décidée à partir, son amie (Marie Prevost) qui a compris le danger, se rend chez le peintre pour le prévenir, et les 25 étages manquent d'avoir raison d'elle... il faut aimer pour s'élever, ou avoir une bonne raison, et ce ne sera pas une partie de plaisir. On retrouve l'idéalisme, la morale de Capra, mais aussi son talent pour rendre un film cohérent du début à la fin. Son don également pour entremêler la comédie et le drame, déjà bien en place à l'aube d'une carrière plus que fabuleuse: Ladies of leisure est un film très beau à voir, mais aussi dont le montage sûr et le jeu admirable de Stanwyck (Etait-elle capable de mal jouer? j'en doute) font un film étonamment fluide pour 1930...

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Published by François Massarelli - dans Frank Capra Pre-code Barbara Stanwyck
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 17:18

Ralph Graves joue ici Lefty Phelps, un joueur de football qui a fauté: il a marqué contre son camp et est devenu la risée de l'Amérique. Il s'engage dans le corps des Marines pour oublier, avec l'intention de se tourner vers l'aviation... Il est plus ou moins pris sous l'aile du sergent instructeur Panama Williams (Jack Holt), qui l'a à la bonne jusquà ce que les deux hommes deviennent rivaux pour les beaux yeux de l'infirmière Elinor (Lila Lee)...

C'est un produit de pure consommation, en quelque sorte: suite au succès de Submarine, en 1928, Harry Cohn a demandé à Capra de reprendre sinon l'argument ou les héros, au moins le style de son gros succès dans un nouveau film: cette fois les deux hommes sont des pilotes...

Le film est donc parlant, et on sent le réalisateur enclin à tout faire pour éviter les écueils techniques. ses personnages ne parlent pas trop lentement, et il en ressort un certain réalisme, qui sied bien avec le côté "dur à cuire" des deux personnages principaux. Le dialogue est d'ailleurs crédité à Capra lui-même. Techniquement, le film est très adroit, l'efficacité du metteur en scène n'étant jamais prise en défaut.

Sinon, on sent la touche de Capra l'auteur à travers cette carrière de militaire qui nait d'une gaffe monumentale, préfigurant la naïveté des Deeds et Smith... Et le metteur en scène s'amuse d'un gag (autour de Ralph Graves, malade après son premier vol, et pris d'une sérieuse envie de vomir alors que les soldats sont unis dans un salut aux couleurs) dans lequel il contourne à la fois la difficulté et la vulgarité.

Mais ce qui me frappe le plus, c'est qu'après avoir laissé Submarine plagier (et surpasser) A girl in every port, Capra ici reprend l'argument sentimental de Tell it to the marines, et réussit à faire un film bien plus distrayant que... Hell's angels. Vous me direz, c'est très facile...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Frank Capra
30 octobre 2024 3 30 /10 /octobre /2024 16:28

Le petit pays de Freedonia, situé quelque part (par là-bas), entre ici et là, fait face à une crise: sa bienfaitrice, Madame Teasdale (Margaret Dumont), menace de retirer ses avoirs des finances du pays, ce qui aurait pour effet de ruiner l'économie, et toute chance de retrouver le bonheur... A moins qu'on n'offre la direction du gouvernement à un homme de confiance: Rufus T. Firefly (Groucho Marx)...

Une fois annoncé le nom de l'acteur, et le nom du personnage qu'il interprète, on sait que tout est joué: un film de Frères Marx, généralement, c'est une structure savante concoctée par un studio, confiée à un yes-man en guise de réalisateur, peuplée d'acteurs qui font tous pour surnager, alors que les quatre stars font tout (et réussissent, généralement) pour dynamiter, hâcher menu, détruire le film de l'intérieur. 

Ce qui est amusant dix minutes, rarement plus... Pourquoi maintenant ce film se distingue-t-il tant des autres? Ne cherchez pas: on l'a confié à Leo McCarey, qui n'est pas un yes-man... Et il a déjà installé à la Paramount, après avoir bifurqué entre Roach, Pathé et Fox, un style de comédie musclé, sûr, et à l'écoute des comédiens... Mais à la condition de pouvoir faire un film, ce qui est toujours le problème avec les quatre frères cités plus haut...

Pourtant, le fait est que ce film est réussi: en maintenant évidemment un dosage des clowneries de Groucho et de ses frères (au fait, Zeppo, le plus "normal" des quatre, est le secrétaire de Firefly, et Chico et Harpo interprètent deux espions complètement farfelus, qui changent d'ailleurs d'employeurs comme de chemise), McCarey a réussi à tourner un film. Un film qui se tient, sans doute pas parce qu'il reste sérieux (il ne faut pas trop en demander), mais juste parce qu'il a élargi la palette des gags du quartet: en convoquant Edgar Kennedy, en confiant à Louis Calhern un superbe rôle de méchant dans lequel il réussit à survivre au chaos, en donnant une logique burlesque qui ne tient pas qu'au dialogue, au n'importe quoi de Harpo et à l'accent Italien abominable de Chico, il a fait un classique. 

Un classique qui doit sans doute autant à l'univers de Charley Chase, qu'à la Veuve Joyeuse, l'opérette (d'ailleurs elle fut l'objet de deux films, l'un de Stroheim, l'autre de Lubitsch) qui tenait lieu de classique à parodier... Pour ce qui est de Charley Chase, voir le film Long fliv the king (1926), de... Leo McCarey. 

Un classique du n'importe quoi assumé, ça en revanche, c'est sûr...

Et il y a la scène du miroir, qui est exceptionnelle... et muette. Et pourtant, cet insupportable moulin à paroles de Groucho Marx en est l'un des interprètes! Elle a une longue histoire tortueuse, car elle apparaît sous une forme ou une autre dans les oeuvres de Roscoe Arbuckle, Charles Chaplin, Max Linder, et... Charley Chase, dans un film réalisé par McCarey là encore: Sittin' pretty, dans lequel Charley et son frère James Parrott se livraient à la routine du miroir absent, en tirant profit de leur ressemblance impressionnante... Sans surprise, cette version reste la principale influence de celle contenue dans ce film.

 

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Published by François Massarelli - dans Marx Pre-code Leo McCarey
23 août 2024 5 23 /08 /août /2024 14:06

C'est l'été, dans une rue très populaire. Les dames prennent le frais, ou tentent de le faire. La conversation est gouailleuse, aimable, parfois un peu perfide: cette voisine d'une famille anglo-saxonne, par exemple, mme Maurrant (Estelle Taylor), se fait regarder de travers parce que tout le monde a repéré son manège... Dès que son mari, un dur de dur (David Landau) a le dos tourné, elle reçoit des visites d'un autre homme... Les gens se côtoient, partagent le même immeuble, mais ils sont d'origine différente: une famille Irlandaise, une autre Italienne, une Suédoise... Une famille qui n'en est plus une depuis que le mari est parti, et une famille composée d'un père juif d'Europe centrale (Max Montor), qui prêche le socialisme (ce qui irrite ses voisins) et de ses deux enfants qui font des études...

Sinon les enfants des uns et des autres sont plutpot jeunes. Parmi eux, les enfants Maurrant sont deux, la plus grande (Sylvia Sidney) en âge de travailler (et de se faire courtiser par son patron), et un jeune garçon qui doit essuyer les quolibets de ses copains en raison du comportement de plus en plus visible de sa mère... Les Jones, pour leur part, ont un fils (Matt McHugh) qui est un voyou, et qui partage l'antisémitisme décomplexé de sa mère (Beulah Bondi)... 

Le drame ne couve plus, il éclate sous nos yeux. En quelques jours, quelques heures même, le sang aura coulé entre deux joies, deux danses, deux engueulades, deux mensonges ou deux considérations sur le temps...

On ne quitte jamais la rue, qui devient le théâtre des vies souvent médiocres et sur le fil durasoir de ces personnages que la vie force à vivre ensemble. Le metteur en scène qui avait, c'est le moins qu'on puisse dire, largement la capacité à changer cet état de fait, a choisi au contraire de rester totalement fidèle à cet aspect de la pièce d'Elmer Rice. Ce dernier a été engagé par Goldwyn pour adapter lui même son scénario... Et Vidor, qui aime placer les goupes humains sous son microscope, réussit un miracle de direction d'acteurs, en donnant une même épaisseur à chacun des protagonistes, dans un film sans aucune concession...

 

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Published by François Massarelli - dans King Vidor Pre-code
18 août 2024 7 18 /08 /août /2024 19:12

Gar Evans (William Powell) est un homme de son temps: lessivé, enclin à la débrouille, il se laisse aller aux opportunités les plus inattendues, devenant en un clin d'oeil un homme d'affaire qui saute sur les inventions les plus saugrenues pour les présenter comme les idées les plus géniales possibles: sa dernière lubie est un caoutchouc supposé révolutionnaire, fabriqué à partir de déchets... Il a ses ennemis, mais aussi ses soutiens: parmi ces derniers, Francine (Evelyn Brent) est en passe de devenir son ennemie, car elle en a plus qu'assez de ses frasques. Mais si elle le lâche, il ne sera plus bon à rien...

William Powell en vendeur de tout et de n'importe quoi, habité par le démon de l'entreprise... Rien que ça c'est vendeur, et il se déchaîne... Mais le film reste quand même une oeuvre mineure, surtout qu'à l'époque et en quatre films, Mervyn Le Roy (Gold diggers of 1933, Little Caesar, Three on a match et I am a fugitive from a chain gang) avait admirablement résumé la période et ses incertitudes... 

Mais au-delà du pittoresque de la comédie et du faux suspense (Gar Evans va-t-il être rattrappé par la réalité? Va-t-il voir ses affaires péricliter lamentablement? La réponse à ces deux questions est assez évidente!), le film séduit par le grand n'importe quoi, le cirque de Powell, qui rejoint ici d'autres héros de la Warner, de William Powell lui même dans Fashions of 1934, de William Dieterle, à James Cagney dans Jimmy the gent, de Michael Curtiz, qui sont autant de sympathiques fripouilles qui tentent de surnager avec comme principe "plus c'est gros, plus ça passera"... Une sorte de portrait en creux d'une époque de grande débrouille, qui masque surtout une grande incertitude: tous les personnages, ici, ont une visibilité sur leur vie qui ne va pas au-delà de six mois...

C'est plus cet aspect du film qui le rend sympathique, que l'absence totale d'alchimie entre Evelyn Brent et William Powell...

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Published by François Massarelli - dans Mervyn Le Roy Pre-code William Powell
4 août 2024 7 04 /08 /août /2024 10:16

Sur un paquebot qui fait route vers Singapour, le playboy Hugh Dawltry (William Powell) rencontre une jeune femme, Philippa (Doris Kenyon), qui ne se laisse pas approcher... Elle est en partance vers son mariage avec le médecin George March (Louis Calhern), un chirurgien tellement accaparé par son métier que très vite, Philippa repense à l'homme qu'elle a croisé...

C'est la deuxième incarnation de William Powell, après ses rôles de méchant à répétition au temps du muet; si le rôle de Philo Vance pour Paramount (trois films) allait précipiter une autre mutation de ses personnages, ce type de film dans lequel il incarnait un playoboy irrésistible allait quand même beaucoup marcher! Une formule qui est ici intéressante, car elle provoque un conflit interne entre le ton, délibérément léger, de comédie (le pauvre George, qui n'a rien compris aux aspirations sensuelles de son épouse, ou encore la petite soeur délurée interprétée sans grande imagination par Marian Marsh), et la sensualité de la fable exotique...

Une scène en particulier est frappante, et a donné lieu à une mise en scène très élaborée: délaissée une fois de plus dans un des lits jumeaux (!) par son mari, Philippa se laisse aller à une rêverie érotique, sur la terrasse de son bungalow, alors qu'à 100 mètres, le voisin Hugh Dawltry semble partager ce moment. Green a utilisé avec bonheur des maquettes pour créer un plan séquence qui montre la caméra s'éloigner d'elle pour le rejoindre lui...

Doris Kenyon, qui était dans le métier depuis un certain temps (elle a tourné pour Alice Guy en 1916!), est une intéressante héroïne pré-code, dont l'érotisme est réel. Dommage que sa carrière n'ait pas pu être relancée au delà de quelques rôles...

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Published by François Massarelli - dans William Powell Alfred E. Green Pre-code
7 juin 2024 5 07 /06 /juin /2024 18:52

Un agent de change plus ou moins corrompu est assassiné dans sa maison, lors d’une réception. Il se trouve que le procureur Markham, un ami du défunt, avait amené une connaissance, Philo Vance (William Powell), dandy, homme du monde, et… détective amateur.

Sans doute le moins intéressant des trois films Paramount avec William Powell, celui-ci est situé dans le milieu de la finance, entre corruption et gangstérisme… Un montage particulièrement adroit, au début, présente aussi les conséquences d’un krach boursier… Une façon comme une autre de laisser l’actualité rattraper le film!

Pour le reste, William Powell est fidèle à lui-même, et il est toujours flanqué d’Eugene Palette, qui n’a pas son pareil pour incarner un sergent obtus, qui voit l’intégralité de l’affaire se dérouler sous ses yeux… avec un train de retard. Avec ses allusions, la présence d’alcool en pleine prohibition et celle d’un authentique bandit parmi les protagonistes, c’est aussi celui des trois qui se conforme le plus au climat des films pré-code.

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Published by François Massarelli - dans William Powell Pre-code
7 juin 2024 5 07 /06 /juin /2024 18:47
La famille Greene vit dans un vieux manoir, où tous les membres se boudent avec application : la vieille mère est absolument persuadée que tous ses enfants n’attendent que sa mort, les deux filles se jalousent mutuellement, les deux fils, des oisifs, affichent une inutilité de concours… Bref, c’est à mourir. D’ailleurs, ça va commencer par l’un des deux fils. Qui l’a tué ? Heureusement que le procureur Markham, en charge de l’enquête, est copain avec Philo Vance (William Powell).
C’est tout un style, déjà en place grâce à The Canary Murder Case : établir un univers, fait de médiocrité et de ressentiment, y introduire subrepticement un meurtre, illogique et même absurde, puis multiplier les morts violentes jusqu’à ce que Philo Vance, presque sans sourciller, n’assène la vérité. En attendant, le jeu de massacre est inévitable. C’est d’ailleurs pire que dans le film précédent, puisqu’ici, tout le monde se déteste et bien entendu sans la moindre cordialité.
C’est un petit film très soigné, qui gagne de l’idée de l’avoir situé dans une vieille demeure familiale… Le lieu est gorgé de caractère et le film se joue aussi du fait qu’il est situé en hiver, avec l’omniprésence de la neige, et du froid, qui vont tous deux jouer un rôle fondamental dans le dénouement…
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Published by François Massarelli - dans Pre-code William Powell
6 juin 2024 4 06 /06 /juin /2024 19:01

Le "Canari" a été tué... cette artiste de Music-hall s'appelait en réalité Margaret O'Dell (Louise Brooks) et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle avait des "amis", des riches ou moins riches hommes qui la couvaient de leurs affections... Et qui dit amis, dit aussi ennemi(e)s... Qui, donc, a tué le Canari? La police étant perdue, c'est Philo Vance (William Powell) qui mène l'enquête...

On n'a pas vraiment vu ce genre d'intrigue à l'époque du muet, le film policier de déduction semble taillé sur mesure pour le parlant! Et justement, ce film a été tourné en muet avant que la décision ne soit prise d'en faire un film totalement parlant. Pour la plupart des acteurs ça a pu être fait sans aucn problème... Pour Louise Brooks en revanche, c'était plus compliqué.

D'une part, le studio n'a jamais vraiment su quoi faire d'elle: seconde rôle, utilité, ou comme ici victime d'un meurtre, et donc condamnée à disparaître à la deuxième bobine. Ensuite, elle a eu l'outrecuidance de demander une augmentation. Qui lui a été refusée aussi sec... Enfin elle a refusé de renouveler son contrat et est donc partie pour l'Allemagne où elle a tourné quasiment sans attendre, dès son arrivée, le film Die Büchse der Pandora pour Pabst. Ne la revoyant pas venir pour retourner ou post-synchroniser ses scènes, le studio l'a remplacée pour des retakes (de dos) et un travail de doublage, par Margaret Livingston... ce travail de chirurgie de précision a été effectué par Frank Tuttle...

C'est un film hybride, aux images qui sont très proches d el'atmosphère du muet, mais avec des dialogues. On appréciera le fait qu'un film parlant de 1929 soit aussi soigné au niveau de sa mise en scène, mais le parlant des premiers temps est, inévitablement, daté... Surtout avec l'absence totale de musique, évidemment. William Powell, qui sortait enfin de ses rôles de villain magniifique, est excellent, bien sûr, mais Louise Brooks illumine l'écran sous l'objectif de Harry Fishbeck.

 

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Published by François Massarelli - dans Mal St.Clair Pre-code William Powell Louise Brooks