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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 13:43

Un Ford "Crépusculaire", un de ces films qui s'attachent à montrer la légende au terme d'une vie, c'est le plus souvent un western, ou comme dans Wings of eagles (1957), un film de guerre. Raison de plus pour s'intéresser à une rareté: non seulement The last Hurrah! est un film contemporain, le seul film de Ford à ma connaissance à incorporer la télévision, mais en plus il parle de politique. Frank Skeffington, maire d'origine Irlandaise d'une ville de nouvelle Angleterre, a décidé de briguer un dernier mandat. Lui et son équipe de campagne sont des vieux routiers de la politique, ils considèrent donc l'affaire comme entendue, et on asiqte à la force tranquille d'une équipe rodée en action, concentrant leurs efforts sur trois points: s'attacher à discréditer le principal opposant, Kevin McCluskey, un WASP trop lisse, et trop jeune; consolider les bases de l'électorat traditionnel en pratuiquant un clientélisme sans le moindre remords; enfin, essayer de contrer le ressentiment des WASP de la ville, peu enclins à voter pour un vieux lion Irlandais à la réputation sulfureuse, et dont skeffington sait qu'ils veulent sa peau, pour cette fois en particulier. La tendresse incroyable avec laquelle Ford dépeint son Frank Skeffington, d'ailleurs interprété par Spencer Tracy, le grand père idéal, ne doit pas nous leurrer: c'est un politicien, un vrai, c'est-à-dire un homme rompu à tout: le bas comme le haut, le moral comme le corrompu. Mais McCluskey, lui, n'a rien à se reprocher, et il est d'une fadeur sans mélange. Les excès (langagiers, fanfaronnades, et autres) sont autant de clichés fordiens qui sont là pour nous faire aimer un peu plus le personnage. Et comme les personnages en passe de vieillir oui de disparaitre des Westerns, le vieux politicien a sa part dans l'édification d'une Amérique que Ford aime par dessus-tout. Il était de bon ton de se déclarer Républicain à Hollywood, toujours tenté par la droite de la droite, et Ford n'a pas fait exception à cette règle; néanmoins, un grand nombre de ses films trahissent une tendance démocrate particulièrement prononcée. C'est le cas de celui-ci, qui insiste sur le coté généreux de la politique, présentée comme un sport par Skeffington, mais aussi comme un moyen, tout simplement, de servir son prochain, quitte à se servir au passage.

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Published by François Massarelli - dans John Ford