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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 17:15

Avec ce film, Lloyd prend son temps dans la veine très Américaine des comédies qui tournent autour de l'illusion d'élévation sociale représentée par la tentation de singer la noblesse, voir à ce sujet le très classique Ruggles of Red gap... Il est donc groom dans un hôtel, qui a pour principale occupation de piquer les vêtements des riches qu'il côtoie pour faire semblant: il est tellement doué qu'on pourrait aisément dire que l'habit fait le moine! Il est repéré par un escroc qui essaie de l'utiliser pour s'attirer les bonnes grâces d'une nouvelle riche et épouser sa fille. Harold va donc devoir jouer les comtes en goguette et être le clou d'un week-end riche.

Après une exposition longuette consacrée à la famille Irlandaise dont la mère est décidée à imposer le régime mondain à sa fille et son mari, on a une apparition de Lloyd en trompe-l'oeil double: on le voit en gros plan, en haut de forme, parlant avec une allure très empruntée. la caméra se recule, et on s'aperçoit que le dandy est en fait seul, devant un miroir. A la fin de la séquence, il doit rendre sa veste à un aristocrate, et il se révèle un groom... C'est simple, efficace, drôle, et on sait tout sur le jeune homme en deux minutes très enlevées. La première bobine est surtout consacrée à établir les deux mondes amenés à se rejoindre: l'hôtel où travaille le jeune homme, et la famille qui se perd dans l'illusion de la richesse.

D'autres passages splendides montrent la maîtrise de l'équipe, notamment une série de gags imaginés par Lloyd alors que, passant pour un noble, il raconte ses chasses. C'est d'ailleurs l'essentiel de la deuxième bobine: Lloyd se fait passer pour le comte qui raconte ses succès à la chasse... Et la dernière bobine est surtout consacrée à une désastreuse chasse au renard durant laquelle Lloyd a perdu son pantalon. Tout mène à ce moment qui agit en qualité de catharsis: c'est par la grâce du pantalon perdu que l'humanité reviendra... 

Pas le meilleur film de Lloyd, bien sur, mais d'un niveau très solide quand même...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Harold Lloyd 1921
13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 18:06

Ce film n'est pas une parodie, mais... une comédie postale! Une fois de plus le script est surtout un très très vague prétexte à déchaîner le feu du gag, et à dresser James Finlayson et Stan Laurel l'un contre l'autre... une fois de plus, les deux comédiens tiennent à peu près la même place dans ce court métrage, qui met Laurel, client de la poste (Qui en ces lointaines années  semble couvrir un nombre impressionnant d'activités!), et Finlayson qui est "inspecteur des postes". Son rôle semble être de s'assurer que les clients d'un bureau de poste peuvent sans trop de problème penser à timbrer leurs lettres, et que la morale soit sauve dans le rayon "photographie" du lieu...

C'est très léger, pas toujours fin, et Laurel et Finlayson finissent par se poursuivre dans les trieuses de courrier. A ma connaissance, c'est un cas unique de ce genre de situation dans l'histoire du cinéma, mais je ne suis pas infaillible.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 16:52

James Finlayson est un vieil homme, aisé et fort bien logé, le Baron Buttontop... mais il a un regret: celui d'avoir chassé sa fille qui avait fugué en compagnie d'un goujat et bien sur celui-ci l'avait laissée enceinte... Il fait rechercher la mère et l'enfant (Stan Laurel), qui a maintenant 25 ans, et est un conducteur de calèche. Et en dépit d'une certaine aversion pour le gamin (Qui, il est vrai, n'a pas inventé l'eau chaude), il va se débrouiller pour le faire se marier avec un beau parti, miss Flavia de Lorgnette (Mae Laurel), qui pour reprendre un intertitre, dispose de trois bonnes raisons pour qu'on l'épouse: elle vaut trois millions de dollars...

Bien sur, tous ces films parodiques mettant Stan Laurel aux prises avec James Finlayson, ridiculisant du même coup les genres cinématographiques en vogue en en extrapolant tous les poncifs, finissent par revenir au même... Mais il y a là-dedans une joie enfantine de tout casser sans trop réfléchir, en ne se prenant jamais au sérieux, et une véritable recherche qui passerait inaperçue, si tous ces films n'avaient pas un jour débouché sur une oeuvre comique parée de la plus grande des richesses, et d'une rigueur à toute épreuve...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 07:31

Ce film inaugure une série de courts métrages en deux bobines qui sont clairement orientés vers la parodie à tout prix, et qui mettent en scène Laurel en héros improbable, le plus souvent opposé à James Finlayson. Dans Roughest Africa c'est un genre qui est parodié: le documentaire exotique, forcément riche en dangers de toutes sortes... 

Stanislaus Laurellus est donc le professeur en charge de l'expédition, parti d'Hollywood pour effectuer une reconnaissance de l'Afrique après le dangereux désert Volstead (Le Volstead Act étant la loi qui impose la prohibition aux Etats-Unis, on comprend pourquoi c'est un désert). Son caméraman/fidèle compagnon est l'infortuné Finlayson. Les figurants et acteurs de compléments (Dont George Rowe qu'on ne peut que reconnaître d'un coup d'oeil) sont grimés en "sauvages", avec blackface et guêtres, les animaux n'en demandaient pas tant, et on va le dire une bonne fois pour toutes...

C'est complètement, désespérément idiot.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 16:32

Continuant d'explorer les métiers les plus divers, George Jeske dirige une fois de plus Stan Laurel dans un film ou il travaille. Il est cette fois employé dans un verger Californien, à cueillir et trier des oranges. D'où le titre... le film concentre beaucoup d'agressivité, c'est une constante du reste, dans ses 12 minutes, ainsi qu'un certaine ingéniosité de bricolo du dimanche: on fait fonctionner une trieuse à partir du pédalier d'un vélo!

Et le final de ce film a au moins le mérite d'utiliser un instrument qui est propice à rendre les poursuites intéressantes: c'est un tapis roulant. Pour le reste, on voit l'équipe habituelle autour de la "star" Laurel: Pas de Finlayson à l'horizon, mais Katherine Grant est là, ainsi que le petit George Rowe, avec son énorme moustache de traviole et son strabisme compliqué. Pour finir, mais cela va sans dire, aucun rapport même lointain entre ce film et l'album du même nom, concocté en Californie lui aussi par le groupe XTC, en 1989.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:27

Il ne reste que trois minutes de ce film, situées au début, et comme avec Accidental accidents, on a l'impression qu'il est quand même intact dans la mesure ou ce qui subsiste est la lente, patiente, et méthodique montée vers un gag: le jour de ses noces, le distrait Jimmy Jump fait des efforts pour ne pas oublier de se rendre au lieu de la cérémonie. Pourtant.... il oubliera quand même quelque chose. Devinez quoi...

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Muet Comédie
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:25

Dans ce nouveau court métrage d'une bobine, Chase précise un peu plus avant son style, en se mettant en scène en employé d'une banque. Il est donc un homme qui travaille, et qui aspire, en ces douces années 20, à une vie normale. Ce sera son principal champ d'action dans la plupart des films qui suivront, avec toujours un petit détour par le mariage, soit sous son versant quotidien, une fois marié, soit par l'éventualité d'un mariage à venir. Dans ce film, il est amoureux, et c'est réciproque, de la fille (Beth Darlington, exit Blanche Mehaffey) de son patron, mais a deux obstacles à franchir... ou contourner: Le père de la belle a déjà un soupirant en tête, un Européen (Donc un nobliau, vu en photo, ridicule jusqu'à l'extrême), et en prime le collègue de bureau, un matamore insupportable de grossièreté, a aussi des vues sur la jeune femme. Il est d'ailleurs désagréable en tout, puisqu'il est payé deux fois plus que Charley-Jimmy Jump, et trouve que ce n'est pas assez...

Le début du film nous montre la vie dans le bureau ou ils travaillent, avec une tentative déséspérée de Jump pour oser demander une augmentation, avec les mêmes méthodes qu'un Harold Lloyd, mais sans les mêmes résultats, puis on assiste au tour de cochon joué par la grosse brute, qui est invité comme Jimmy Jump à une fête chez le patron, et qui prétend au héros qu'il faut s'y rendre en costume d'équitation. La deuxième partie commence ar l'arrivée (En voiture cahotante et... en costume d'équitation!) de Jump à la maison, puis l'échange de vêtements avec un majordome (Noah Young, impeccable), et enfin Charley Chase, curieusement, devient... un héros.

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Muet Comédie
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 09:01

Une fois de plus, Bebe Daniels est une jeune femme à marier, et son père Bud Jamison, parmi les nombreux prétendants de tous âges et de toutes tailles, lui a préféré le plus médiocre, interprété par Snub Pollard. Et une fois de plus, c'est après avoir établi cette situation que Harold Lloyd entre dans la danse. On voit très bien son apport à ce film qui serait sinon bien parti pour être un sempiternel jeu de quiproquos et de course-poursuites certes roboratives, mais dénuées d'invention: il est introduit par un plan qui joue avec le spectateur, tenant en laisse un chien qui reste longtemps hors-champ, et qui au regard de l'effort qu'il semble nécessiter, pourrait bien être énorme... Il ne l'est pas, il est même minuscule. Lloyd, qui adorait ce genre de gag, nous a bien eu.

L'intrigue est basée sur le fait que la famille de Bebe et Bud doit se rendre à un marathon, dont le départ est situé vers la fin de la bobine. Donc, l'enjeu, c'est d'être celui qui emmènera Bebe Daniels au marathon! Mais Lloyd finira, bien sur, par disputer l'épreuve à son corps défendant, non sans avoir contribué à sa façon à un gag récurrent, classique et mémorable...

Le gag dit "du miroir" fait partie de ces morceaux de bravoure qu'on trouve dans tellement de films (sans parler de ceux qui ont pu disparaître) qu'il est inutile d'en chercher l'origine. Le principe en est simple: un personnage, situé d'un côté d'un miroir brisé, va exécuter exactement les mêmes mouvements qu'un autre personnage situé lui de l'autre côté, ignorant du fait que le miroir est cassé; chaque comédien ayant eu recours à ce gags a eu à sa disposition des gagmen différents, qui ont tous contribué à personnaliser le gag, de Billy West à Charley Chase en passant par Max Linder et les frères Marx. Moins glorieusement, le film possède un gag lourdingue avec un comédien qui joue une domestique en blackface... Autre époque.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Harold Lloyd
5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 18:21
The midnight patrol (Lloyd French, 1933)

Continuant sur la lancée de Me and my pal, voici encore un court métrage qui passe tout seul, et qui ajoute une nouvelle pierre à l'édifice de l'absurde morbide, un trait lié à Stan Laurel lui-même...

L’agent Laurel et l’agent Hardy ont été engagés le jour même, et ils sont particulièrement inefficaces, ce que les bandits eux-mêmes ne peuvent que remarquer, et ils ne se font pas prier: Stan en surprend même en train de voler les roues de leur voiture de patrouille, alors que les garçons sont au volant! Ils ne se rendent pas compte que le "commerçant" qui les accueille dans sa boutique, est en fait un cambrioleur! Ils vont enfin intervenir pour un supposé cambriolage, et arrêter le chef de la police qui avait oublié ses clés. Celui-ci trouvera à la fin du film une solution radicale pour se débarrasser d’eux... Je vous la laisse découvrir, elle est laconique, mais très efficace.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach Comédie
1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 14:31
Me and my pal (Charles Rogers, Lloyd French, 1933)

Après quelques retards au démarrage, dus à l’attention du studio entièrement concentrée sur The devil’s brother, les courts métrages de deux bobines ont soudainement été l'objet d'une embellie phénoménale. Les prétentions de tout le monde ont été revues à la baisse, et un certain nombre de scripts très "Laureliens" ont été développés, résultant dans quatre perles… Voici la première.

Hardy s’apprête à se marier, autant avec les millions de son futur beau-père (James Finlayson, en "Mr Cucumber!) qu’avec sa fiancée, et il a chargé Stan de prendre les mesures qui s’imposent: notamment, celui-ci a ramené un cadeau bien intentionné: un puzzle pour les longues soirées d’hiver. Au lieu de se charger des derniers préparatifs, Stan se lance dans le puzzle, et la contagion aidant, le mariage programmé a vite du plomb dans l’aile.

Dans ce film réalisé par Charles Rogers, et donc largement piloté par Stan Laurel soi-même, Laurel et Hardy démontrent que tout l’art de la comédie courte ne repose pas sur le fait de pouvoir aller d’un point A à un point B : il suffit d’avoir l’intention d'aller d'un point A à un point B, et d'en être empêché. En vérité, une fois le puzzle ouvert, non seulement ni Laurel ni Hardy ne quitteront la maison, mais le reste du monde va s’installer à domicile, happé par le puzzle. Et bien sur, la maison sera détruite au final.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach Comédie