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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 08:52

Un ténor, le grand Enrico Ferrarro (Jan Kiepura), quitte Vienne en compagnie de son insupportable manager (Clara Tambour): celle-ci est en effet d'avis que pour son chanteur, la seule façon de faire, c'est d'y aller au rendement, et elle lui impose un tempo d'enfer. Alors que le train qui doit les emmener vers toujours plus de tournées est stationné en gare, il lui fausse compagnie et prend un train pour les Alpes Suisses? Il se retrouve dans le même wagon qu'un escroc à la petite semaine (Pierre Brasseur), et les deux vont s'installer -aux frais du ténor, bien entendu- dans un hôtel de luxe, bientôt rejoints par le valet de Ferrarro. Suite à un quiproquo, la presse confond les deux hommes, et ils décident de s'en amuser, jusqu'à ce que Ferrarro, sous l'identité de son compagnon, rencontre une jolie demoiselle (Magda Schneider), la fille des hôtes de l'autre, qui par ailleurs est bien mal quand on lui demande de chanter...

Et pour chanter, ça chante. Pas dix chansons, non. Pas vingt. Ni même cinquante. UNE chanson si on excepte quelques rares incursions dans le répertoire classique, une chanson écrite sur un coin de table par le compositeur des films Osso, serge Véber, et cette fois fallait-il qu'il ait envie de la vendre. Parfois, une bobine de dix minutes doit bien contenir deux ou trois passages de cette abomination... Jan Kiepura est un ténor bien de son temps: sucré jusqu'au vomi, mièvre et bellâtre jusqu'à la nausée. Il joue comme un cornichon. Il est insupportable...

Ce qu'on ne peut évidemment pas dire de Pierre Brasseiur dont on devine qu'il n'est là ni pour l'art, ni pour la gloire: à 27 ans, le jeune acteur a encore à raffiner son art, mais il a déjà un talent fou pour voler la vedette. De façon amusante, dans certaines scènes inspirées directement de Cyrano de Bergerac, il joue justement l'autre, celui qui doit être aidé. pas pour son éloquence, mais bien pour chanter... Mais il a au moins l'air de s'amuser. Comme Magda Schneider, la trop rare, qui se débrouille ici très bien d'un rôle pour lequel elle doit être doublée en direct.

Anatole Litvak, pour sa part, a eu les pieds et poings liés sur un film écrit en amont pour trois productions, un tournage Allemand, un tournage Français et un tournage Anglais. Ca ne l'a pas empêché de trouver de l'énergie pour donner parfois du rythme à une histoire insipide et cousue de fil blanc, mais ne cherchez pas trop son élégance, elle est parfois enfouie sous la crème écoeurante du répertoire monomaniaque de Kiepura...

Et bien sûr, l'adaptateur français de ce film est Clouzot, qui parfois s'amuse:

Le maire (S'apprêtant à passer en famille une soirée avec celui qu'il pense être le ténor, parlant à sa femme) "n'es-tu pas excitée?"

L'épouse: "comme au jour de notre mariage"

Le maire: "ne parle pas de malheur!"

...et parfois se contente de faire son boulot. Quant à nous, spectateurs, nous n'avons aucune obligation.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Henri-Georges Clouzot