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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 11:02
André Chénier (Louis Feuillade, Etienne Arnaud, 1910)

La révolution Française vue par Gaumont, c'est souvent assez drôle, finalement: on y montre à quel point cette tuerie a été dramatique pour toutes les bonnes familles décimées par les sans-culottes, ces vermines de basse extraction, sales et pouilleux, qui ne comprenaient rien à rien, surtout au génie humain! A l'opposé de Pathé et sa vision plus centriste voire plébéïenne, notamment avec les films de Capellani, Gaumont flattait la droite, en poussant toutjours plus avant les idées réactionnaires et les grillles de lecture qui prévalaient dans la bonne société de l'époque. Le film est attribué, bien qu'il fasse seulement 10 minutes, aussi bien à Arnaud, le spécialiste des films historiques en tableaux, qu'à Louis Feuillade, le metteur en scène des genres les plus variés de la maison Gaumont: et pour cause: d'une part on fait ici appel à ses acteurs de prédilection (Renée Carl, René Navarre), mais il y a aussi des évocations poétiques qui passent par des trucs techniques certes rudimentaires, mais qu'il maitrisait: surimpression, split-screen...

André Chénier, poête hélléniste, révolutionnaire mais très critique face à la terreur, devient ici juste un homme au dessus de la masse, et les complexités de sa pensée sont aussi mises en arrières que lesévocations de sa vie sont simplifiées, le plus souvent dans le sens d'une glorification de la société à deux vitesses qui était la sienne. On a donc des scènes intéressantes, remarquez: Chénier, lors d'une communication du docteur Guillotin sur sa machine à tuer, a la vision du futur de tous les hommes présents, qui vont tous être guillotinés, justement... mais le film, assez typique des bandes au kilomètres de 1910, se contente d'enquiller les "tableaux" historiques (La part d'Etienne Arnaud?) sans trop aller dans le fond, et nous laisse sur notre faim. Léonce Perret, de loin, interprète un Chénier un rien ventripotent, et on pourra faire remarquer que l'acteur avait aussi réalisé lui même dans la même série un Molière, confiant ainsi le rôle de Jean-Baptiste Poquelin jeune à... Abel Gance. La ronde des cinéastes!

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade