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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 16:23

Un homme désespéré d'avoir perdu la femme de sa vie, une mort dont il peut plus ou moins s'accuser, rencontre quelques temps après les faits un sosie de son épouse disparue, et tombe bien sûr amoureux... Ca rappelle forcément des souvenirs, et le fait que la musique de ce film soit signée de Bernard Herrmann n'arrange rien à la confusion entretenue par De Palma. Celui-ci avait déjà largement repris des thèmes de Psycho dans Sisters, dont la musique était aussi signée par Herrmann. La première partie est, contrairement à Vertigo, très courte: en 1959, la vie de Michael Courtland (Cliff Robertson) est un conte de fées, mais il perd tout lorsque son épouse et sa fille sont enlevées. La police le persuade de ne pas livrer la rançon, afin de garder le dessus sur les ravisseurs, et lorsque les bandits constatent qu'ils se sont faits avoir, ils s'enfuient. leur voiture explose lors d'un accident, et aucun des corps ne sera retrouvé...

Quinze années plus tard, Robertson accompagne son associé Robert Lasalle (John Lithgow) à Florence, et rencontre une jeune restauratrice d'art dans une église; Sandra (Geneviève Bujold) est le portrait craché de son épouse Elizabeth. Il la courtise, l'emmène dîner, puis... se décide à l'épouser. Pour ce faire, il revient à New Orleans avec elle. Une fois arrivée dans sa grande maison hantée par le souvenir permanent d'Elizabeth et Amy, Sandra semble perdre pied avec la réalité, exactement comme si en plus de plagier Vertigo, De Palma se mettait à loucher avec insistance sur Rebecca...

L'intrigue, bien sur, est gonflée, on n'y croit pas une seconde. Ce qui rappelle qu'il y a toujours un élément vaguement camp chez De Palma... Ce qui l'intéresse ici, c'est de manipuler le spectateur devant la manipulation dont est (bien entendu) victime le héros. Et de lui donner des indices dans tous les sens, en cadrant juste ce qu'il faut cadrer. Le film n'a pas été au bout de ses audaces, dans la mesure ou du début à la fin il y a des soupçons d'inceste: une scène posait problème, et a été traitée en rêve. Sinon, le metteur en scène a recours à la psychanalyse, bien sur, comme il sait si bien faire, et on constatera qu'il utilise souvent Herrmann en complément dramatique: certaines scènes, privées de musique, seraient anodines. Elles en deviennent intéressantes... C'est le génie.

Celui de Herrmann, bien sur. De Palma n'est qu'un plagiaire sans aucun intérêt, ni le moindre talent, si ce n'est celui d'être un perroquet, et son film ne vaut pas tripette. Il y accumule les clichés Hitchcockiens, et on retrouve comme chez Truffaut cet étrange impression d'assister à un brouillon de film plutôt qu'un produit fini.

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Published by François Massarelli - dans Noir