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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 17:05

Le film est adapté d'un livre à succès, publié en 1898 une fantaisie historique, qui s'amusait un peu à relier les points dans l'histoire de la soeur du Roi Anglais Henry VIII, Mary Tudor et de son bref mariage avec Louis XII de France. C'est au moins le quinzième des films interprétés par Marion Davies, mais il est probablement le plus important de ses films d'avant son passage à la comédie: préservé dans une copie intégrale de douze bobines, il montre bien de quelle façon l'actrice cherchait à faire évoluer le type de films dans lesquels elle jouait, contre l'avis de son compagnon - et producteur - William Randolph Hearst... Et à ce titre, c'est une pure merveille, totalement inattendue!

A la cour d'Angleterre, alors qu'Henry VIII Tudor (Lyn Harding) souhaite marier sa soeur au vieillissant Roi de France Louis XII, Mary Tudor (Marion Davies) rencontre le beau combattant Charles Brandon (Forrest Stanley), et c'est le coup de foudre réciproque. Mais Charles n'est pas un noble, et la décision de Henry est finale: Mary sera reine de France. Les deux amoureux tentent de s'échapper...

Ce n'est ici un résumé que pour les deux premiers actes, car le troisième concerne l'histoire du mariage particulièrement bref de Mary avec le vieux, très vieux roi de France, pour ne pas dire gâteux, très gâteux... Et dans ce dernier acte, ce n'est pas le vieux monarque qui est une menace, mais son fils le Duc François, futur François 1er (William Powell)! Une fois la belle Britannique arrivée, on sent qu'il a une idée en tête...

Pour William Randolph Hearst, Marion Davies était la perfection incarnée... ce qui devait bien la faire rigoler. Mais voilà: le magnat de la presse s'était improvisé producteur de films pour les beaux yeux de l'actrice, il lui semblait donc qu'elle avait droit aux plus nobles rôles dramatiques, et ses films devaient baigner dans le luxe: celui-ci, par exemple, on sent qu'on n'a pas lésiné. Mais Marion Davies s'estimait comedienne (En Anglais dans le texte), c'est à dire actrice de comédie. Elle souhaitait s'investir physiquement dans ses films, pas se contenter de porter des toilettes seyantes et sourire à des bellâtres... Ce film est donc un terrain de bataille, entre le producteur et l'actrice, et il serait assez aisé de voir dans la lutte "douce" entre Henry VIII et son opiniâtre soeur, un reflet de ce combat domestique. 

Mais c'est heureusement Marion qui gagne: aidée de Robert Vignola, qui la connaissait bien et avec lequel elle avait plaisir à travailler, ce film qui aurait pu être un véhicule étouffant et dispendieux, devient un écrin paradoxal pour les velléités d'indépendance de la dame... Vignola traite le matériau historico-mélodramatique à sa disposition comme un script de comédie, ou un film de Fairbanks. Marion Davies ne rate pas une opportunité de s'approprier le film physiquement, et ce avec une belle énergie. Si Forrest Stanley est un peu pâle, au moins certains acteurs la suivent-ils sans remords ni regrets, dont bien sur William Norris qui interprète un Louis XII qui serait bien libidineux... s'il en avait encore les moyens, le pauvre!

Douze bobines, donc, car le film a survécu dans son édition "Road-show", soit un peu plus longue que les copies d'exploitation classique. Le film est une splendeur... 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1922