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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 10:16

William Shakespeare (Paul Mescal) se marie, contre l'avis de ses parents, avec une jeune femme locale, Agnes Hathaway (Jessie Buckley)... Ils ont trois enfants, dont deux jumeaux, Hamnet et Judith. William passe de plus en plus de temps à Londres dans le milieu du théâtre où ses comédies rencontrent un succès croissant, et il a désormais son propre théâtre, le Globe. Quand Judith contracte la peste bubonique, Hamnet l'attrape aussi; il meurt dans une intense souffrance. William était en route, persuadé d'arriver trop tard et que sa fille serait morte, il découvre que son unique fils est en fait la victime... La bonne entente du couple se désagrège, Will retourne à Londres, il y travaille d'arrache-pied à un projet ambitieux, pendant que la rancoeur d'Agnes va grandissant...

Le film commence par une petite notation sur l'origine de son titre et la proximité entre Hamnet, nom authentique et historique du fils de l'auteur dramatique le plus célèbre et le plus emblématique de Grande-Bretagne: du côté de Stratford-Upon-Avon, nous dit-on, le prénom Hamnet peut aussi s'écrire Hamnet. Ces remarques nous plongeraient normalement immédiatement dans l'universs du Barde... J'ai pourtant un peu triché, par rapport au film tel qu'il se déroule et au roman de Maggie O'Farrell: le nom de Shakespeare ne viendra que très tard dans l'intrigue, et sera peu prononcé, de même que son prénom (le plus souvent réduit à "Will"). Mais à supposer que l'on vienne au film sans aucune connaissance de la carrière (voire de l'existence... c'est désormais envisageable) de William Shakespeare, de Hamlet,ou de Stratford-upon-Avon, on n'a que des bribes de liens avec l'histoire du dramaturge...

Et pour cause: le point de vue n'est pas le sien, ici. Dès le premier plan, il s'agit d'Agnes, de sa particularité (elle le dit elle-même elle ne s'identifie pas comme Chrétienne), de son attachement à la forêt, aux traditions ancestrales qui vues de l'extérieur sont proches du paganisme, et pour un observateur lointain, de la sorcellerie même. Petite dame vêtue de rouge, elle détonne... L'image d'elle qui nous est montrée en ouverture du film est celle d'une jeune femme lovée dans le creux d'un arbre. Elle garde avec elle un gant de fauconnerie, et passe une bonne partie du premier acte avec un oiseau, qui va servir de point de départ de ses conversations avec le jeune tuteur de latin qu'elle croise et qui la convoite.

De cet attachement à la terre et à la forêt, Agnes conçoit effectivement la vie comme étant du concret, du tangible. Son corps est au coeur de bien des plans, de ses mains qui sont noircies par la terre, à ses pieds souvent nus quand elle est chez elle... Si elle aime son faucon qui vole haut (et continuera à voler jusqu'à la fin du film), Agnes est attachée au sol, à l'herbe, la terre, les arbres, les plantes... Son mari, au contraire, sera souvent perdu dans les méandres de son intellect, et on verra une séquence qui nous montre Agnes essayant de faire redescendre William sur terre, elle au fond, couchée dans la pénombre, lui au premier plan, noircissant feuillet après feuillet... La caméra, souvent, est statique, et laisse les acteurs prendre leur temps. 

Les passages à Londres sont peu nombreux, avant le dernier acte, dans lequel Agnes viendra au Globe, qu'elle ne connait pas (elle a refusé de suivre William à Londres, ce qu'il accepte): elle a appris que son mari présentait une pièce intitulée Hamlet, et elle vient demander des réponses à ses interrogations. Le dernier acte du film nous montre la source de la désagrégation du couple comme étant l'incapacité des deux amants à effectuer leur travail de deuil... ou en tout cas leur incapacité à le faire ensemble et de la même manière. C'est sur la scène du Globe qu'Agnes comprendra comment son mari a pu affronter la réalité...

Les faits connus de la vie de Shakespeare n'ont jamais permis d'affirmer de façon claire et définitive qu'il y ait eu un lien entre le décès d'Hamnet en 1596 (on ne connait pas effectivement les causes, mais la peste reste le plus probable) et la création d'Hamlet (Qui fut présenté pour la première fois entre 1598 et 1601). Mais la spéculation va bon train, et le film, à la suite du roman, s'en fait l'écho. En concentrant ses efforts sur le point de vue de la jeune femme, âme de la famille et celle qui est resteée jusqu'au dernier souffle de son fils, et en recréant de façon impressionnante le décor de leur vie campagnarde, loin de Londres, le film accompagne cette hypothèse qui nous permet de voi ici les mécanismes contradictoires du deuil, de la perte, de la rancoeur d'un couple qui s'aime, et de quelle façon la grandeur de la tragédie nait du drame intime; de quelle façon la tragédie ensuite aidera à appréhender, comprendre, et peut-être accepter la mort d'un enfant.

Ce dernier acte est une montagne d'émotion, dans un film indispensable. William Shakespeare ne se révèlera finalment que sur scène, à travers l'une des plus importantes de ses oeuvres, sous les yeux de son épouse... Une fin de parcours impressionnante pour des personnages bien définis au delà des clichés et des images d'Epinal du "grand auteur". Le film ne se finit pas sur le triomphe de l'art, mais sur l'émotion immense du public...

 

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Published by François Massarelli - dans Shakespeare
17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 17:00

On pouvait compter sur les Italiens pour deux choses en ce début des années 10: d'une part, faire exploser les limitations frileuses imposées par les Américains, par exemple, sur des spectacles cinématographiques, et d'autre part ne pas se contenter d'allonger la sauce: ils en faisaient du cinéma...

Cette adaptation d'une pièce assez méconnue de Shakespeare, The Winter's tale, incluant aussi bien des agissements troubles et occultes dans un royaume plus ou moins pré-Chrétien (Tiens, comme King Lear!) qu'une sombre histoire d'obsession jalouse et la rédemption de tout un royaume par une femme, est donc traitée sur près de 45 minutes, et bénéficie de toute l'attention de son metteur en scène, qui a soigné l'interprétation - intense, comme il se doit - ainsi que les aspects visuels: la nature, des décors plausibles, une attention au détail permettent à ce film de faire enfin le lien entre les premières adaptations parfois un peu maladroites et toujours expéditives, et les futurs chefs d'oeuvre d'un cinéma qui se sera enfin affranchi de la trace théâtrale de Shakespeare...

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Published by François Massarelli - dans 1913 Shakespeare Muet **
16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 16:54

Avec cette adaptation cinématographique d'une des plus lourdes pièces de Shakespeare, le cinéma Anglais se démarque de deux façons de ses homologues Français, Italiens, Américains et autres: tous utilisaient Shakespeare pour rehausser leur prestige, alimenter la distribution en films de tous genres, à moindres frais, et traitaient les sujets en condensant de manière dramatique, puisque la plupart de films à ce stade ne dépassaient pas une bobine. Ici, on passe à deux, et ça change tout puisque Benson multiplie les scènes et réussit en 25 minutes à donner une meilleure idée de la continuité de la pièce...

Mais il y a l'autre point qui fait la différence: Benson était un homme de théâtre, sa troupe s'était spécialisée dans l'oeuvre de Shakespeare, et... bien souvent, voire quasi-systématiquement, ce film est une captation de scènes, jouées à la va-vite (mais on peu effectivement lire le texte sur les lèvres assez souvent...), et ce n'est pratiquement jamais du cinéma.

On notera une étrange ironie: la fin est perdue, on ne pourra donc pas voir Benson, en roi meurtrier et fou, clamer sans le son qu'il donnerait son royaume pour un cheval.

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 13:34

Un naufrage envoie deux amants, Viola et Sebastian, sur deux points éloignés d'une île. L'un et l'autre vont essayer de se rejoindre mais Viola, la plus exposée, participe sous le déguisement d'un homme aux intrigues de la cour d'Ilyrie, où la princesse locale tombe amoureuse d'elle, n'ayant pas reconnu une femme sous son habit... 

La pièce est l'une des plus légères et exubérantes comédie de Shakespeare; par certains côtés, les points communs avec la Tempête sont troublants, mais l'atmosphère est clairement à la farce. Le ton adopté dans cette comédie Vitagraph rondement menée est idéal, et on voit que les Américains ici transposent avec talent le climat particulier de Shakespeare... Mais la comparaison de ces adaptations Vitagraph avec les Italiens tournent à l'avantage de ces derniers sur un point au moins: ici, les acteurs doivent gesticuler pour attirer l'attention, dans des compositions souvent surchargées... Les acteurs Italiens, eux, ont d'emblée toute l'attention de la caméra, et aucune distraction ne vient perturber le spectateur de ces films à l'ancienne...

le rôle de Malvolio, bouffonnerie numéro un dans la pièce, est ici interprété par Charles Kent, l'auteur du film: il s'est manifestement fait plaisir...

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare Comédie Vitagraph
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 12:30

Le Roi Lear, une pièce complexe et riche autour de la notion de pouvoir, dans une intrigue située volontairement hors de la chrétienté afin de brouiller les cartes, est l'un des "usual suspects" de la façon don les premiers temps du cinéma se sont frottés à Shakespeare, choisissant soit les pièces les plus connues (Romeo and Juliet, Hamlet Macbeth) soit les passages les plus pittoresques. La pièce qui nous occupe ici appartient clairement à la deuxième catégorie. J'ai déjà, ce jour, dans un autre article, résumé très brièvement la pièce, je ne vais donc pas le faire ici...

Le Roi est interprété par Ermete Novelli, qui tend à jouer la folie avec les yeux d'abord, des gestes grandiloquents ensuite; je mentirais si je prétendais qu'il est subtil! Sa fille Cordelia est par contre un modèle de retenue, et sans surprise, c'est la future grande diva Francesca Bertini à l'aube de sa carrière. Le film, comme Le marchand de Venise du même auteur, bénéficie de décors aussi naturels que possible, d'une part, et d'un coloriage au pochoir de toute beauté. Pour le reste, on est encore dans le cinéma d'avant le montage, chaque scène étant un plan et chaque plan une scène.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 12:11

Un marchand emprunte à un usurier, Shylock, de l'argent mais ne peut rembourser ses dettes: Shylock qui a subi la moquerie de ses concitoyens décide de le pousser selon la loi à lui donner justice, ou il devra payer en donnant sa vie... Parallèlement, Shylock doit faire face à la décision de sa fille Jessica (Francesca Bertini) qui a fui avec un Chrétien...

Cette pièce qui nourrira toujours les pires discussions sur l'ambiguité à cause même du personnage de Shylock, un juif représenté avec toute la panoplie de ce qui peut alimenter l'antisémitisme, est un cas d'école: une comédie qui vire au drame, ou un drame citadin traité à la farce, on ne sait plus trop... Avec son ambiguité déjà mentionnée, la personnage de Shylock est devenu l'un de ces rôles du répertoire Shakespearien qui vous font un acteur, et le personnage a un monologue célèbre consacré, précisément, à sa nature humaine (If you prick us, do we not bleed? If you tickle us, do we not laugh... etc)... Inévitablement absent ici. 

Le film, situé et tourné à Venise (ce qui est, il faut le dire, un sacré bon point pour le film) est une production de la branche Italienne de la compagnie Le film d'Art, propriété de Pathé à l'époque: Il Film d'Arte Italiano s'est fait une spécialité de productions ambitieuses, dont plusieurs adaptations de pièces de Shakespeare. Gerolamo Lo Savio y présente une jeune actrice appelée  devenir l'une des plus importantes actrices de la période, Francesca Bertini, dont le jeu généralement tout en intériorité (moins ici, toutefois, elle est encore à ses débuts) contraste furieusement avec le style outré de Ermete Novelli, qui interprète un Shylock de comédie... Mais qui fera encore pire dans Re Lear la même année!

Le film, conformément aux habitudes de Pathé et aux goûts du public Italien, est sorti dans une version colorée au pochoir, et des copies partiellement affublées de ces teintes ont survécu.

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 12:02

Produit par la Vitagraph, ce film est une réalisation de l'acteur Billy Ranous, l'une des metteurs en scène attitrés de la compagnie, aux côté de Charles Kent ou J. Stuart Blackton, lui-même le principal patron du studio. S'il était un comédien compétent, Ranous se révèle ici un réalisateur embarrassant, et devant composer un film de 15 minutes avec une pièce-fleuve, semble choisir de garder tout ce qu'il peut, donnant parfois l'impression de plus assister à un marathon qu'à une interprétation de Shakespeare...

Le fait que le film ait beaucoup souffert des ravages du temps, et ai subi la perte d'un certain nombre de photogrammes, n'arrange pas les choses et donne l'impression d'assister à un festival de jump-cuts... L'omniprésence de scènes tournées en studio ne tourne pas non plus à l'avantage du film: voyez le Stonehenge de la photo ci-dessus pour vous en convaincre.

L'intrigue de ce sombre drame est située dans l'Angleterre d'avant la chrétienté, et concerne un roi vieillissant (Billy Ranous) qui décide de diviser son royaume entre ses trois filles: dans le chaos politique qui s'ensuit, il perdra la raison et sa fille préférée Cordelia (Julia Swayne Gordon) perdra la vie...

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 11:46

La fameuse pièce féérique de Shakespeare a connu de nombreuses adaptations au cinéma: celle-ci produite par Vitagraph est sans doute la première, et elle a survécu. La continuité en est parfois un peu compromise, mais c'est assez courant avec un matériau comme Shakespeare, confronté à des adaptations qui totalisent moins d'un quart d'heure...

Durant une nuit magique, deux couples de nobles qui souhaitent échapper aux exigences de mariages arrangés de leurs parents, sont soumis aux caprices de Puck (Gladys Hullette), un esprit de la forêt, pendant que la reine des elfes Titania (Florence Turner) se querelle avec une magicienne, Penelope, qui va lui mener la vie dure. Pendant ce temps, une troupe de théâtre amateur se prépare à donner un spectacle en l'honneur des mariages annoncés, et non seulement ils sont assez mauvais, mais en prime ils sont la cible de l'espièglerie de Puck...

Cette production de prestige est l'occasion pour la compagnie de montrer ses qualités et son approche constamment dynamique de l'oeuvre du dramaturge Anglais: si certains films (je pense à King Lear) sont parfois trop dynamiques pour ne pas dire expéditif, l'exubérance du casting joue ici en faveur du film, qui adapte après tout l'une des plus belles et des plus enchantées de toutes les comédies de Shakespeare... Et le fait d'avoir tourné en pleine nature, au coeur même d'un paysage (du New Jersey bien sûr) qui ressemble à celui décrit par Shaekespeare, rend le film plus intéressant encore. Et la magie particulière de cette nuit de rêve est facilitée par les truquages: stop-motion, surimpression... On notera quelques infidélités à la pièce, notamment dans le choix de faire de Gladys Hullette un Puck androgyne, ou le choix de remplacer le roi des elfes par une magicienne, ans doute pour donner un rôle-clé à une actrice de la compagnie. Si c'est le cas, nous pouvons constater que c'est raté, puisque le nom de l'actrice ne nous est pas parvenu.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Shakespeare Florence Turner
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 11:32

C'est toujours assez difficile, en 2020 et au-delà, d'imaginer qu'on ait pu se contenter aux débuts du cinéma, d'une dizaine de minutes pour filmer Shakespeare... Mais les tout premiers temps, après Lumière et Edison, partaient d'une illustration encore plus austère, limitée le plus souvent à des vignettes de moins d'une minute. En élargissant le propos sur une bobine entière, les cinéastes pionniers pouvaient au moins, d'une part, rendre compte des pièces qu'ils adaptaient de façon plus riche, ou d'autre part se permettre de montrer quelques scènes élaborées qui résumaient à elles seule toute la saveur d'une oeuvre. Tous les exemples de ces réductions auront de toute façon pour effet de ne montrer qu'une vision très incomplète, notamment mais c'est une évidence, privée de son élément souvent le plus reconnaissable: le dialogue.

Cette Tempête de 1908 est une production d'une bobine entière, dont les noms des acteurs ne sont pas connus (du moins pas par moi) et provient de Grande-Bretagne. Le propos y est clairement de résumer la pièce en choisissant un certain nombre de scènes-clé, et en même temps de profiter des moyens du cinéma pour concurrencer efficacement le théâtre. Ainsi le film est-il majoritairement tourné en décors naturels, incluant à plusieurs reprises la mer, bien sûr, un avantage certain pour cette adaptation de ce qui est l'un des derniers chefs d'oeuvre du barde... L'original montre la confrontation sur une île lointaine, des rescapés d'un naufrage, et du mystérieux Prospero, un magicien qui va tout faire pour séparer les rescapés du naufrage, afin de se protéger, et de protéger sa fille... Le film se décompose en tableaux qui illustrent la pièce: comme souvent avec ces courtes adaptations, la connaissance de la pièce de Shakespeare est un plus.

L'un des moments les plus intéressants est la vision magique d'un naufrage, par Prospero, qui est dans on repère. Le mur de sa tanière disparaît et on voit, à travers, la mer sur laquelle une maquette en surimpression nous permet d'assister au naufrage: les moyens du cinéma pour étendre l'univers narratifs sont ici mis à profit d'une manière très originale.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare
9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 18:19

Ce petit film Britannique des premiers temps du cinéma, tiré d'une production de la pièce (King John) de Shakespeare par l'une des superstars de la scène Shakespearienne au tournant du siècle dernier, Herbert Beerbohm Tree: la seule scène conservée (un plan, comme capté d'une pièce mais en réalité effectué en studio) est la mort du protagoniste, interprété par Beerbohm Tree... Celui-ci, manifestement, déclame le texte avec conviction, ce qu'il fera aussi dans de nombreux films, tout aussi muets que celui-ci, et semble, disons, histrionique en diable... 

Mais bon, il y a un début à tout, car ce tout petit fragment (1 minute et quelques secondes) d'un tout petit film qui ne paie pas de mine est, vous l'aurez sans doute deviné, la première trace d'une adaptation cinématographique de Shakespeare... 

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare