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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 16:49

Le général Titus Andronicus (Anthony Hopkins) revient d'une campagne victorieuse contre les Goths avec des prisonniers, mais il a payé un lourd tribut: vingt-et-un de ses fils sont morts au combat. Il se venge en exécutant devant la Reine des Goths, Tamora (Jessica Lange), son fils premier-né. 

L'empire est en plein tumulte: le dernier César vient en effet de mourir, et il lui faut un successeur: ses deux fils se disputent le trône, mais le sénat leur préfère Titus. Se jugeant trop vieux, celui-ci désigne Saturninus (Alan Cumming), qui s'empresse de se conduire en pourceau: il décrète que Lavinia (Laura Fraser) la fille de Titus, sera l'impératrice, mais quand l'autre héritier Bassianus (James Frain) l'enlève, Saturninus décide de libérer les Goths et de faire de Tamora sa femme. Si on ajoute les magouilles du Maure Aaron (Harry Lennix), amant de Tamora, la famille Andronicus est entrée dans une spirale irrépressible de vengeance et de violence...

Ce premier film de Julie Taymor est une adaptation d'une des pièces aujourd'hui les plus obscures de Shakespeare, rarement tentées sur scène, et pour cause: cette peinture d'un Rome en proie à une décadence carabinée avec un grand D... Orgies, sacrifices humains, viols, meurtres ritualisés et surtout, festins cannibales s'y succèdent, donc c'est surtut le genre de pièce qui peut être jouée à Avignon, mais au-delà, sa réputation peu ragoûtante (et le fait qu'un certain nombre de commentateurs, y compris du vivant du Barde) ont taxée cette pièce des premiers temps de sa carrière de profondément idiote, n'arrange pas les choses...

C'est parce qu'elle avait produit et mis en scène une version réactualisée (et remplie d'anachronismes) que la réalisatrice s'était adonnée à une version filmée. Celle-ci a été mal accueillie, et on comprend pourquoi... Il plane au-dessus de tout ce fatras un parfum d'inutile qui est souvent assez embarrassant. Il y a de bonnes idées, dans les choix de continuité par exemple, mais si l'essentiel du texte est bien là, les anachronismes finissent par tourner à la farce... Cela étant, on appréciera que le rôle de Titus Andronicus permette à Hopkins de rappeler à notre bon souvenir le rôle d'Hannibal Lectericus, en préparant de façon gourmande des pâtés avec ce qui reste des deux insupportables fils de Tamora, qui ont violé sa fille... Le but étant comme de juste de les donner à manger à leur mère. Ca valait bien le coup d'habiller l'acteur Gallois d'un costume de cuisinier qui lui va comme un gant.

Bref: Taymor fera mieux, beaucoup mieux même, avec les univers autrement plus graphiques de Frieda Kahlo (Frieda) et des Beatles (Across the Universe), mais ce Titus raté a au moins l'avantage d'être haut en couleurs (surtout du rouge), original (ça oui) et bien souvent franchement mal poli...

 

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Published by François Massarelli - dans Julie Taymor Shakespeare Yum yum
19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 18:17

Cayatte s'est fait une spécialité, durant les trente glorieuses, de solides oeuvres marquées par une passion pour la justice, ou plutôt, comme il sied à un avocat de formation, par le judiciaire, par le fonctionnement de la justice. Une oeuvre pas toujours fascinante, loin de là, propice aux numéros d'acteurs. Mais celui qui a commencé sous l'occupation s'est aussi fait la main dans le drame, et a réalisé un film inattendu, célèbre, excessif, et forcément illuminé par une collaboration avec rien moins que Jacques Prévert, qui venait de se brouiller avec son pote Marcel.

A Venise Angelo (Serge Reggiani), un souffleur de verre avec une belle tendance au boniment, fait la connaissance d'une belle dame qui est venu visiter son usine: Bettina Verdi (Martine Carol) est actrice et tourne un Roméo et Juliette dans les studios locaux. Il se rend sur place et se fait engager comme doublure de Roméo sous prétexte que la scène du balcon est jugée trop dangereuse par la doublure officielle... Il a la surprise de tomber nez à nez, sur le balcon, avec une autre femme la belle Giorgia (Anouk Aimée). Le coup de foudre est réciproque et immédiat. Mais si Giorgia est totalement innocente, elle est issue d'une famille compliquée, pour ne pas dire corrompue jusqu'à la moelle: les Maglia dont l'heure de gloire s'est finie avec la guerre, ne tiennent debout qu'en se prêtant à de petites combines pour Raffaele, un malfrat local (Pierre Brasseur): le père (Louis Salou) est un ancien fasciste ("qui n'a rien perdu de ses idées") et il vit muré dans sa rancoeur et ses souvenirs d'une "autre époque", flanqué d'une épouse délaissée, d'un beau-père gâteux, et d'un cousin ancien milicien avec la gâchette chatouilleuse (Marcel Dalio)...

...Bref, si la famille est pourrie jusqu'à la moelle, en revanche Giorgia est une fleur dans les ruines, la beauté née au milieu de la laideur! Mais tout ayant un prix, les Maglia se sont vendus à Raffaele en échange de leur fille, et le bandit apprécie peu de voir que sa fiancée s'est un peu trop facilement donnée à un moins que rien: ça finira donc mal.

Le scénario est d'André Cayatte, et il utilise avec une certaine adresse le parallèle constant entre le tournage de Roméo et Juliette, et dans les coulisses, ces amours naissantes entre deux doublures de rien du tout. Même si Anouk Aimée reste un peu verte, ses scènes avec Reggiani sont d'une grande sensibilité, et le traitement de la scène du balcon est une merveille, un moment durant lequel le temps s'arrête et pas que pour ses protagonistes. Reggiani monte pendant que les techniciens s'affairent dans le tumulte; sur le balcon, Anouk Aimée attend, le visage caché tant les lumières sont fortes. Quand elle enlève ses mains de ses yeux, on cadre Reggiani, et la surprise, suivie d'émerveillement, se lit sans aucune difficulté sur son visage. Les visages des deux acteurs sont cadrés séparément, mais de plus en plus près. L'amour fou vient de naître...

Cayatte et Prévert ont tout fait pour souligner constamment les contraires dans le film: la corruption des Maglia face à l'innocence de Giorgia, la méchanceté de Raffaele face à la passion de la jeune femme, les soucis matériels de l'équipe de tournage face à l'amour pur et sans bornes des deux amants. La laideur des uns est soulignée avec force non seulement par les dialogues (qui sont un pur régal même si tout le monde ne s'en tire pas aussi bien: Brasseur, lui, le fait sans aucun problème), mais aussi par l'excès de certains acteurs; je crois que Dalio n'en a jamais fait autant que dans ce film! il faut le voir, avec son pantalon d'uniforme de chemise noire et sa chemise ouverte, brailler des "pourritures!" à tout bout de plan... Mais ça participe d'une volonté consciente de condamner un monde en déliquescence, et ça va tellement bien avec les ruines qui sont visibles dans la plupart des scènes du film, surtout aux alentours de Vérone. Et ces ruines s'ajoutent efficacement avec l'impitoyable portrait de la laideur des anciens fascistes alliés à quelqu'un qu'on n'a aucun mal à imaginer en profiteur de guerre...

Vérone, justement, parlons-en: un gardien de musée se plain des équipes de tournage qui viennent tourner Roméo à Juliette sur place depuis le muet, mais je doute qu'il y en ait eu tant que ça... Parc contre, ce film bénéficie vraiment de son tournage sur place, dans l'urgence et le dénuement de l'après-guerre. Ca devient un écrin superbe pour un jeu de massacre dont ne se relèveront que les deux plus innocents des protagonistes... Et l'ombre de Shakespeare se fait parfois sentir dans le parallèle ironique entre nos amants contrariés, et leur illustre inspiration de carton-pâte. C'est lors du réglage d'un plan que nos faux Roméo et Juliette vont être symboliquement unis par un faux prêtre, c'est sur un faux tombeau gardé en réserve dans les coulisses pour une autre scène du film qu'il finiront. Bref, si on n'est pas obligé de se précipiter sur tous ses films, au moins Cayatte a-t-il un film plus que mémorable à son actif, qui allie la verve de Prévert à une situation pas si éloignée que ça des films Américains d'amour fou. avec leur mariage en toc, et leur alliance immédiate contre la laideur du film, Giorgia et Angelo auraient leur place chez Frank Borzage.

 

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Published by François Massarelli - dans André Cayatte Shakespeare
7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 18:18

C'est à l'origine un film purement promotionnel: la MGM venait de finir la production, sous la direction de George Cukor, d'un Romeo and Juliet spectaculaire, et très réussi. Le département des courts métrages a donc concocté ce court film dans le but de rappeler en dix minutes, images à l'appui, qui est Shakespeare, en limitant au minimum les images (et les sons!) du film de Cukor...

Tant qu'à faire, Tourneur a eu accès à une série de prises de vues de Stratford-Upon-Avon, et s'est ingénié à reconstituer l'Angleterre d'Elizabeth en Californie, avec une certaine réussite. Les vignettes, aussi bien commentées par Carey Wilson que dotées de leur propre dialogue, se succèdent, et c'est une belle réussite: didactique, promotionnelle, certes. Mais surtout alléchante... Avec évidemment un accent particulier porté non pas sur Hamlet comme d'habitude, mais sur l'aventure des amants maudits. Force devait rester à la promotion...

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tourneur Shakespeare
8 août 2019 4 08 /08 /août /2019 16:47

La Warner avait frappé un grand coup en 1935 avec la sortie de son Midsummer night's dream, co-réalisé par max Reinhardt et William Dieterle, il était inévitable que le prestige que le studio de Burbank avait retiré de l'opération, sans parler du succès du film, a donné des idées à plus d'un studio. La MGM, supposée être à la pointe des productions de prestige, ne pouvait que tenter le défi...

Peut-on faire du cinéma avec Romeo and Juliet, pièce cruciale de Shakespeare, et le faire bien? On a évidemment peur du théâtre filmé, à juste titre, et le drame de Vérone ne pouvait que difficilement pousser un studio de 1936 à être créatif. D'où un certain nombre de parti-pris: d'une part, le film est clairement situé à Vérone, dont u certain nombre de truquages vont reproduire l'espace, à défaut de pouvoir y tourner. L'époque choisie est celle de la pièce... Deux, le texte a été amputé du cinquième environ, mais avec soin. Ont été enlevé des moments de calme entre les actes, de comique pas justifié, et les adresses au public. Trois, le montage est exceptionnel, fouillant dans les visages, et en ce qui concerne l'héroïne, magnifiant le jeu de Norma Shearer...

Car Cukor aime s'entourer, et a choisi son camp. Entre le jeune gaillard déluré qui tombe amoureux d'une étoile filante, et la jeune vierge qui se prend la passion en pleine figure à ses premières amours, il n'a pas hésité une seconde, et c'est devenu Juliet and Romeo... La prestation de Norma Shearer, forcément, est exceptionnelle, et on oublie assez vite, seule concession au théâtre, qu'elle a dépassé depuis longtemps l'âge du rôle. Elle est secondée à merveille: Leslie Howard est excellent en Romeo, et John Barrymore, C. Aubrey Smith, Basil Rathbone ou encore Edna May Oliver ne pouvaient pas se tromper. Tous prennent un plaisir immense à dire le texte sacré, et Cukor garde le naturel de chacun en surveillance. Y compris Barrymore, qui de toute façon joue un fieffé gredin, coureur et buveur: naturel, vous dis-je.

C'est un modèle de théâtre adapté avec intelligence, et ça inaugure une phase brillante de la carrière de Cukor, au plus près, désormais, de ses actrices et de ses héroïnes, qu'elles soient Katharine Hepburn, Judy Garland, Greta Garbo, ou... Norma Shearer.

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Published by François Massarelli - dans George Cukor Shakespeare
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 09:48

Et donc ceci est le film qui gagna l'oscar du meilleur film pour cette année-là, contre Saving private Ryan (!) et The thin red line (!!): j'arrêterai de persifler tout de suite après vous avoir fait remarquer que ce n'est sans doute pas parce qu'il était meilleur, car ça se saurait...

Non, Shakespeare in love, c'est le cinéma Britannique des années 90: ça a le goût du cinéma Britannique, ça a l'accent, les acteurs... Mais c'est du prêt à filmer, brillant et alerte, souvent drôle, agréable aux yeux et aux oreilles, et au final vide comme du vent. Maintenant, du vent, du vent, on en aurait bien besoin par cette période de canicule. Donc on regarde un film dans la quiétude de son salon: pourquoi pas cet agréable passe-temps avec des allusions rigolotes à Shakespeare? On y trouve des anecdotes toutes plus fausses les unes que les autres, dont on est à peu près sûr qu'un jour on nous les ressortira dans des copies à l'université...

Et le pire, c'est qu'après tout ça rien n'y fait: cet ersatz de film se consomme sans aucun déplaisir, laissant comme le vent un modeste souvenir, avant de se faire oublier.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Shakespeare
22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 09:52

Une pièce mythique de Shakespeare, des décors naturels superbes dénichés en Italie, des jeunes ou moins jeunes acteurs du moment, choisis un peu partout (Grande-Bretagne, Etats-Unis, mais aussi France), quelques arrangements discrets, et... des bicyclettes. Inévitablement, on anticipe une salade pas forcément digeste. Et en fait, il y a de quoi!

La pièce n'est pas complète, et le "remontage" a eu lieu de manière à plus favoriser la partie 'humaine' que la partie magique. C'est dommage, car si Michelle Pfeiffer en reine des Elfes est probablement plus nulle que n'importe qui dans le film (Ce qui n'est pas son habitude, mais sa diction de collégienne, sur les vers de Shakespeare, fait très mal à mes oreilles), on trouve dans les scènes situées à l'écart des humains de belles qualités: Puck, pour commencer, c'est Stanley Tucci, et il faut le voir découvrir une bicyclette (Puisque je vous le dis) avec des réactions à la Harry Langdon...

Les rôles des amants maudits sont confiés à Dominic WEst, Christian bale, Anna Friel et Calista Flockhart (Alors superstar à la télévision, c'était l'époque de l'énorme carton de la série Ally McBeal): les deux actrices sont superbes de bout en bout, Friel en particulier. Les deux acteurs, ma foi, réussissent plus efficacement que leur mâchoire désespérément carrée ne pouvait nous laisser envisager. Sophie Marceau a peu à faire, Kevin Kline et Sam Rockwell se volent la vedette à tour de rôle, les costumiers se sont bien amusés, et nous.. un peu.

Mais bon. La Warner a sorti en 1935, une version hallucinante. Celle-ci? Non.

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Published by François Massarelli - dans Shakespeare Comédie
20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:00

...Ou comment aller totalement contre la politique des auteurs! Avec ce film, on est au coeur de la machinerie de la Metro-Goldwyn-Mayer des années 50, avec un réalisateur qui était essentiellement spécialisé dans le tout venant (Des séries B, des "Lassie", etc) de la firme, et une équipe dans laquelle chaque artisan, chaque technicien était entièrement investi dans le projet, derrière Wilcox, mais aussi derrière les décorateurs, menés par Arthur Lonergan, l'armée de scénaristes de la MGM dirigée cette fois par Cyril Hume... Le tout débouche sur un film d'une remarquable portée, à la fois sorte de trace ultime de la science-fiction des années 50, donc démodée sitôt passé un délai de cinq ans, et film intemporel et unique, une série B gonflée par l'astuce et le savoir-faire de ses techniciens en un produit de luxe, avec sa photo en couleurs et son Cinémascope des grands jours, dus à la patte du chef-opérateur George Folsey. Pour couronner le tout, et ajouter à l'étrangeté du projet, il n'y a pas de musique; mais plutôt des bruitages électroniques d'ambiance, qui jouent exactement le rôle qu'aurait joué une partition classique, et qui sont désormais indissociables du film et de son atmosphère.

Un vaisseau spatial terrien vogue vers une lointaine galaxie, à la recherche d'une expédition scientifique qui se serait abîmée vingt ans auparavant, à proximité d'une planète hospitalière appelée Altair 4. Au moment d'arriver à destination, les hommes de l'équipage (il s'agit essentiellement d'une mission militaire) ont la surprise d'entendre à la radio la voix du Dr Edward Morbius, un des scientifiques du Bellérophon, le vaisseau de l'expédition perdue, leur dire avec une certaine autorité de s'éloigner et de rentrer sur terre. Ils n'en font rien, et vont vite découvrir la retraite de Morbius, l'unique survivant retranché en naufragé volontaire sur la planète où il s'est trouvé comme en un paradis, étudiant depuis vingt ans les traces éparses mais fascinantes d'une civilisation disparue, les Krells, tâchant de comprendre de quelle façon ces êtres infiniment supérieurs aux terriens avaient pu s'auto-détruire alors que leur vie entière était une recherche de la connaissance, de la science et de la pureté pacifique... Les militaires vont aussi faire la connaissance de Robbie, le robot le plus perfectionné qui soit, mais surtout d'Altaira, la jeune fille née des amours de Morbius et d'une autre scientifique du Béllérophon... Mais tous ces humains sont ils les seuls êtres sur cette planète lointaine? Bien des événements vont contredire cette hypothèse.

D'un côté, avec Leslie Nielsen en maître de cérémonie, les soldats (Qui viennent au nom d'une alliance des nations belle utopie!) se rendent sur une autre planète avec l'innocence des ignorants, et face à eux, Morbius (Walter Pidgeon) est un home doté à l'origine d'un Q.I. hors concours, et qui a trouvé dans ses recherches autour de la civilisation Krell une source de nouvelles connaissances inépuisables. Son intelligence est sans limites, et il ne le sait pas encore. Le film joue beaucoup de la prestance et de la séduction naturelle de Pidgeon pour installer une forte ambiguïté: quelle part joue-t-il dans les étranges attentats dont sont victimes les terriens, dans leur vaisseau, puis des meurtres barbares dont sont victimes certains d'entre eux? Quelle part la technologie Krell, magnifiquement conservée car dotée de toute une machinerie interne d'auto-entretien et d'auto-alimentation, joue-t-elle dans le mystère? Ce sont là certaines des questions passionnantes et aussi un peu délirantes auquel ce film à la rigueur sciencefictionnelle typique des années 50 se charge de répondre... Tout en empruntant à Shakespeare et à The tempest, tant qu'à faire!

...Mais si on aime vraiment l'idée d'un film dont la trame se situe autour justement de l'absence, de l'invisible aussi, de l'insaisissable enfin (Mais qui est ce montre, et d'ailleurs, existe-t-il?), il n'en reste pas moins que le grand plaisir du film dérive essentiellement de cette science-fiction codifiée, du message d'humilité face à une science qui voudrait en savoir trop et ignorerait la nature même de l'humanité dans sa beauté ET sa laideur (Le monstre d'un côté, la jolie Altaira, jouée par la jolie Anne Francis, de l'autre, sont après tout deux faces d'un seul et même être, et rassurez-vous si vous n'avez pas encore vu le film, je n'ai malgré tout pas tout dit), dans ses décors superbes, son Cinémascope utilisé à fond, ses animations surannées (Dues à des équipes venues de chez Disney) et dans ses ridicules vaguement assumés. Série B de grande classe, ou film cosmique et grandiose déguisé en produit de grande consommation, qu'importe: c'est un classique.

Forbidden planet (Fred McLeod Wilcox, 1956)
Forbidden planet (Fred McLeod Wilcox, 1956)
Forbidden planet (Fred McLeod Wilcox, 1956)
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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Shakespeare
4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:48

Whedon ne fait rien comme tout le monde, et même si c'est en train de devenir partie intégrante de son image publique, un peu de la façon dont auparavant Tim Burton par exemple a été labellisé puis absorbé dans le sillage de son propre culte, on aime cette vision décalée, cette façon de prendre Hollywood, et le monde de la télévision, avec une approche systématiquement différente. Mais jusqu'à présent, l'heureux papa de Buffy the vampire slayer et Angel, le bienheureux metteur en scène des Avengers, le géniteur presque secret de Dollhouse et Firefly a pu s'imposer en auteur, comprendre essentiellement en scénariste autant, sinon plus, qu'en réalisateur ou producteur: ce qui lie les 144 épisodes de Buffy, par exemple, ce sont les personnages, le contexte particulier, et le talent à mettre en mots les situations rocambolesques vues à l'écran. Des critiques ont d'ailleurs parlé de 'Whedonese' pour désigner le langage particulier, fait de mots ou expressions altérés, de timing parfait et d'invention burlesque utilisé pour verbaliser les apocalypses généralement mise en scène par le monsieur ou par les réalisateurs (Drew Goddard, Tim Minear, ...) des épisodes des séries concernées. C'est pourquoi on n'imaginait pas Whedon s'attaquer à Shakespeare. Non pour des questions de noblesse ou d'intellect, ou quoi que ce soit d'autre, la culture du monsieur ne faisant aucun doute, mais envisager un film de Joss Whedon dont ce dernier n'aurait pas assuré ou supervisé le dialogue était jusqu'à présent bien difficile. Comment du reste imposer à un film adapté d'une comédie de Shakespeare une réplique aussi établie que le fameux "We've got a Hulk" de Iron Man (The avengers), ou le magnifique échange entre Nathan Fillion et Alan Tudyk qui ouvre Serenity:

 

Wash (Tudyk): This landing is gonna get pretty interesting.

Mal (Fillion): Define "interesting".

Wash: Oh God, oh God, we're all going to die?

 

(Wash: cet atterissage va être particulièrement intéressant.

Mal: Donne-moi une définition de "intéressant".

Wash: "Mon dieu, mon dieu, nous allons tous mourir!")

 

Donc, dans ce film tourné dans sa propre maison de Santa Monica, avec des acteurs qui sont venus vêtus de leurs propres habits (Comme pour la web-série Dr Horrible), Whedon a tourné en douze jours avec une équipe réduite, en vidéo numérique et en noir et blanc, une adaptation de Much ado about nothing, "beaucoup de bruit pour rien", l'une des plus connues, et plus réjouissantes, comédies du barde. Les acteurs ont été choisis comme d'habitude par Whedon, en raison de leur capacité à varier les émotions, et si la plupart sont issus de la comédie, beaucoup viennent de la télévision, et ce ne sera pas une surprise quand on connait Whedon, une grande partie d'entre eux viennent justement de l'univers Whedonien: pour commencer, les deux principaux acteurs, Amy Acker (Beatrice) et Alexis Denisof (Benedick) ont déjà incarné une paire amoureuse comique et compliquée avant que ça ne vire au noir, dans la série Angel; les deux 'adultes', Leonato et le prince Pedro, sont interprétés par Clark Gregg (The Avengers) et Reed Diamond (Dollhouse). Fran Kranz (Dollhouse) est ici Claudio, le fougueux amoureux d'Hero, et Sean Maher (Firefly) est le méchant Prince félon qui va précipiter le drame... On se réjouit de voir Nathan Fillion (Firefly, Buffy) et Tom Lenk (Buffy) se partager les rôles des pandores profondément stupides, qui malgré eux et malgré leur lourdeur font grandement progresser l'action tout en commettant d'odieux crimes contre la langue Anglaise...

 

Rappelons l'intrigue de cette pièce, située à Messine dans l'original, et visible à Santa Monica, de nos jours dans le film: lors d'une fête organisée pour le retour des héros de la guerre, le prince Pedro est venu avec le jeune Claudio chez son ami Leonato. Claudio tombe amoureux de la fille de celui-ci, Hero, et Beatrice la cousine de cette dernière se fait une fois de plus remarquer par ses chamailleries constantes avec Benedick, un des valeurreux compagnons de Pedro. Tout en arragent le mariage de Claudio et Hero, la compagnie va pousser les deux querelleurs impénitents à reconnaitre leur amour...

 

Ce n'est pas la première fois que Much ado about nothing est adapté au cinéma, avec un changement d'époque à la clé. La plus connue des versions précédentes, celle de Kenneth Branagh (1993) était tournée en Toscane, située vaguement dans un XIXe siècle approximatif, et comptait dans sa distribution un mélange déjà aventureux d'Américains et d'Anglais. Mais cette nouvelle version plaque le texte de Shakespeare sur une situation moderne, et de fait, ici, pas de tricherie (A part le recadrage inévitable d'une réplique attaquant les Juifs dans le texte original, impossible à justifier, et hors contexte de toute façon, et une légère condensation du texte original): c'est du Shakespeare pur jus. Mais la nouveauté, c'est qu'aucun des acteurs Américains ici présents ne tente de se faire passer pour Anglais, et que le texte passe très bien, sans heurts, de façon, mais oui, naturelle. Force reste bien sur à la comédie, que Whedon a su rendre très visuelle (En laissant Denisof et Acker faire l'essentiel du travail de comédie corporelle), et l'énergie déployée par tous, ainsi qu'une technique essentiellement de caméra à l'épaule (Dans une vraie maison, ce qui a du poser de nombreux problèmes techniques, n'en doutons pas) finissent par donner une robuste version d'une comédie déjà alerte. Contrairement à Branagh qui profitait de décors grandioses situés autour  de la belle propriété dont il faisait le théâtre des opérations, jamais Whedon et ses acteurs ne sortent de la maison et du petit (Tout est relatif) jardin attenant...



Parler de l'amour en des termes moins noirs qu'à l'habitude, c'est ce que Shakespeare aura permis à Whedon de faire ici, puisqu'on sait que l'une des lois qui régit le petit monde de l'auteur de Buffy, c'est que lorsqu'une histoire permet à un couple de vivre heureux ou d'exprimer leur amour dans l'espoir de le partager longtemps (Willow, Tara; Wash, Zoe; Angel, Cordelia...),  le désatre est inévitable. On aurait assez facilement attendu que Whedon s'attaque à Romeo and Juliet, bien sur! Pourtant, dans cette pièce, le barde William Shakespeare montre au contraire deux amours contrariés qui vont éventuellement triompher des barrières qui viennent se dresser devant les couples. Mais devant ce qui est bien sur la peinture d'une crise, on devine quelques secrets inavouables. Pour commencer, de quelle guerre reviennent ces messieurs en costumes, qui sortent de limousines dans lesquelles des pandores patibulaires les accompagnent? Ou sommes-nous exactement, et qui sont ces 'voisins' subalternes qui veillent au grain, agents de sécurité, agents secrets? Ensuite et surtout, Whedon a donné corps de façon insideuse à une réplique de la pièce, qui laissait entendre que Benedick et Beatrice avaient déjà été atirés l'un vers l'autre avant de devenir des querelleurs impénitents. Un flashback qui les montre faire l'amour confirme que les deux tourteraux, qui vont répondre de façon positive à leur affection mutuelle essentiellement par le biais d'un stratagème de leurs amis, n'en sont pas à leur coup d'essai. Et l'ouverture du film, détachée de tout contexte, nous montre un Benedick sombre qui quitte le lit de Beatrice, un matin. Ils se sont disputés, sans doute. Mais cette scène d'ouverture, qu'aucune explication ne viendra nous permettre de situer, est-elle supposée s'être passée avant ou après le film? Nul ne le saura, évidemment...



Aucun besoin d'appropriation de toute façon dans ce qui est une respectueuse expérience: Much ado about nothing est un film-hommage, à Shakespeare, et aux possibilités ouvertes du cinéma, permettant de passer du tournage monstre d'un blockbuster (The avengers) à la confection en douze jours d'une petite adaptation, tournée avec des amis chez lui. Et en prime, c'est un hommage amusé et amoureux aux acteurs qui sont tous venus en amis, et ont pris un malin plaisir à relever le défi, non seulement de parler le Shakespeare avec talent, mais aussi de s'exposer à des critiques qui ne manqueront pas de venir tenter de prouver que ce film n'était comme dit la formule consacrée, "ni fait ni à faire". Peu importe, car le résultat, dans un noir et blanc numérique qui ne s'imposait sans doute pas au-delà du marquage net d'une différenciation du film par rapport aux sagas de science-fiction qui ont fait la célébrité de Whedon, est une réussite, un film attachant, plein d'énergie, drôle au-delà du plaisir de retrouver des têtes familières dans des rôles inattendus. C'est un plaisir de cinéma, de texte aussi, qui réussit à laisser la pièce de Shakespeare à sa dimension de comédie impertinente, spirituelle, et physique.

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Shakespeare
18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:41

C'est un Mankiewicz libre comme l'air qui fait un retour remarqué au studio dont il a été congédié en 1943, aux commandes d'une adaptation de Shakespeare voulue et cornaquée par le producteur John Houseman. Celui-ci fait ainsi appel à un cinéaste accompli qui comprend aussi l'écriture afin de préparer un film qui soit à la fois fidèle à la pièce et riche en morceaux de bravoure. Ce sera pourtant difficile, le budget ayant été largement circonscrit par un studio qui se méfie d'une telle entreprise, et le cinéaste ayant décidé de ne pas broder autour de la pièce: ce qui frappe dans cette adaptation de Shakespeare, c'est peut-être qu'il n'y a pas grand chose de frappant, justement. C'est une excellente adaptation, avec bien entendu une lecture propre à l'équipe de production, Houseman et Mankiewicz en tête, mais le réalisateur a laissé la part belle au texte, sans chercher à dynamiser l'ensemble de façon excessive.

 

On retrouve donc le drame de Shakespeare, avec son ambiguité initiale, même si Houseman comme Mankiewicz ont clairement fait pencher la balance, tous les deux du même coté heureusement: à la suite de la spectaculaire relecture de Julius Caesar par Orson welles, qui faisait de César un tyran fasciste et de Cassius et Brutus des démocrates, ce nouveau film aurait pu, selon Mankiewicz lui même, s'appeler Brutus. Rappelons l'argument de la pièce: au moment ou Rome et en particulier un groupe de sénateurs et hommes publics regroupés autour de Marc Antoine, cherche à couronner César et lui donner un pouvoir accru, un autre groupe mené par Brutus et Cassius assassine le grand homme. Mais Marc Antoine et Octave, le futur empereur Auguste, les combattent et les comploteurs se suicident les uns après les autres. César, vu par Shakespeare, pouvait incarner l'accession au pouvoir dans toute son ambiguité. Il était un politicien, qui se méfiait des intellectuels (Son dégout de Cassius s'exprimait par un cinglant 'il pense trop') mais souhaitait gouverner par le sentiment et l'affection. Brutus, de son coté, était mené à participer à l'assassinat uniquement après avoir établi que cet acte serait nécessaire à Rome, plus que la survie de César. Mais il reste un homme juste, qui a à coeur de laisser s'exprimer les autres, ainsi, il laisse Antoine prononcer un discours qui retournera la foule contre les assassins. Cassius, plus radical que Brutus, est suffisamment manipulateur pour parvenir à ses fins, même si ses buts restent les mêmes que Brutus, et enfin Antoine est le fils spitituel de César, celui qui relève le flambeau après le crime dans une scène célèbre, au cours d'une adresse au peuple de Rome.

 

Dans le film de Mankiewicz, donc, Brutus est interprété par James Mason. Il est au centre: aimé par César, il est un homme d'une grande sensibilité, qui répugne à commetre le crime; démocrate, il agit en fonction d'une raison d'état qui lui est agitée avec insistance par Cassius devant se yeux. Il est affecté lui-même par la mort de César. John Gielgud, interprétant Cassius, en fait un personnage manipulateur, certes, mais aussi assez ambigu; il porte la responsabilité du jusqu'au boutisme des félons. César, joué par le très bonhomme Louis Calhern, est un quasi monarque suffisant et assez débonnaire, mais autour de lui, s'agitent de redoutables politiciens qui mettent en place un système totalitaire: les premières scèens du film sont sensées l'établir. De plus, le personnage de César, qui se méfie des intellectuels, tombe dans la catégorie des béotiens pour Mankiewicz... Le principal attrait du film réside dans le personnage de Marc Antoine: si Mankiewicz et Houseman en faisaient le méchant de l'histoire, son monologue dans lequel il retourne le public en sa faveur, en utilisant sa colère et son affection, le propulse dans une autre catégorie; Brando est assez exceptionnel dans ce rôle, et il vole sans aucun effort apparent la vedette à James Mason...

 

Le film était une belle entreprise, et reste une grande adaptation de Shakespeare, dont la plupart des acteurs (Presque tous rompus à l'exercice) se sortent bien; mais il est paradoxal que Mankiewicz ait aussi peu essayé de sortir des sentiers battus; peu d'efforts sont faits pour sortir le film de la logique théâtrale, de ses décors évidents. La bataille de Philippes est tournée à la va-vite, avec des moyens mais peu d'imagination. Reste la magnétisme des acteurs, et la puissance des personnages, Brutus en tête, qui préfigure Hamlet; lui aussi a son fantôme, lui aussi meurt entre deux mondes, sans jamais avoir réussi à faire valoir sa raison d'être. Quant à Mankiewicz, il a quand même fait une fois de plus un film dans lequel il est beaucoup question de cerner les contours d'un personnage par les autres, comme, avant César, Eve ou Addie Ross. Ce moment dans l'histoire (Histoire d'ailleurs soulignée en permanence par le dialogue de Shakespeare, le barde peignant ces politiciens Romains comme conscients d'acrire la marche du monde) garde après tout suffisamment de lens avec l'oeuvre de mankiewicz pour justifier pleinement sa place dans ce cursus... Shakespeare reviendra inévitablement avec Cleopatra, en 1963.

 

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Published by François Massarelli - dans Joseph L. Mankiewicz Shakespeare
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 12:58

Hamlet est une promenade désespérée dans la tête de quelqu'un qui est obsédé par la mort, d'où le fameux cliché (qui n'a pas échappé à la verve d'Alexis et Gotlib!) de représenter Hamlet penché sur un crane, débitant le plus fameux monologue de l'histoire du théâtre...

Branagh évite cette image-cliché, ou du moins la recompose en deux temps, choisissant pour son monologue une luxueuse galerie des glaces, l'un des décors les plus utilisés de son chateau d'Elseneur, et gardant à la fameuse scène du crâne son allure de douche froide poétique, qui passe de la comédie de caractère à la tragédie. Pour le reste, il rend amplement justice à la pièce la plus longue et énorme de Shakespeare, donne à voir cette somme de l'art Shakespearien comme si c'était la somme de son propre cinéma. Il y a un peu de transgression, dans le cadre transporté dans un hypothétique 19e siècle, comme c'était déjà la cas pour son Much ado about nothing; il rend aussi justice à l'humanisme Shakespearien en donnant des rôles et offrant de la figuration à des gens d'origines diverses et multicolores, sans aucune mise en contexte tout comme Much ado about nothing qui proposait déja ce mélange. 

Le seul défaut de ce film qui reprend donc enfin toute la pièce est d'avoir été resserré au montage, et certaines scènes en souffrent un peu (les fondus enchainés y trahissent une volonté de gagner du temps), même si la fabuleuse énergie et la fougue du metteur en scène et de ses interprètes y trouvent finalement un prolongement dans ce montage étourdissant... De penser que Hamlet, finalement, n'a été adapté au cinéma qu'une seule fois in extenso, ça fait réfléchir sur le fait que toutes les barrières n'ont pas encore été franchies dans le septième art. Cette promenade avec la mort est autant un bel écrin pour l'art Shakespearien un brin actualisé de Branagh, que l'accomplissement respectueux d'une excellente adaptation, un film de 242 minutes qui se voit tout seul, sans qu'on puisse décrocher.

On ne va pas résumer Hamlet, mais disons simplement que Shakespeare y entremêle tout ce qui fait son oeuvre, des rapports entre folie et pouvoir, entre crime et pouvoir, entre pouvoir et folie, à la manipulation et au déguisement, de la place des ancêtres dans la psyché d'un être humain, à leur incapacité à partir proprement de ce bas monde... Le principal thème reste bien sur la folie, véritable fil conducteur de cet impressionnant jeu de massacre.

Et en dépit des stars convoquées, qui font un petit tour et puis s'en vont (La encore, une petite manie de Branagh, qui avait déja fait le coup pour Much ado about nothing), on est chez Shakespeare, pas ailleurs, pour un film qui rend hommage à sa pièce la plus longue, et peut être la plus importante, celle qui est un résumé de l'oeuvre. Magistral, et tant pis pour les grincheux.

Hamlet (Kenneth Branagh, 1996)
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Published by François Massarelli - dans Shakespeare