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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 17:18

Au secours! est une récréation dans l'oeuvre d'Abel Gance, encore que la raison d'être du film soit une volonté commune de travailler ensemble pour Gance et son co-scénariste et acteur, Max Linder. Celui-ci amène son style burlesque si particulier à l'univers de Gance, qui venait de terminer La roue (dont le tournage et le montage ont pris deux années, de 1921 à la présentation du film en 1923). Le court métrage, dont il n'est pas sûr qu'il ait été achevé, est un curieux mélange, donc, entre le burlesque mondain de Linder et les expérimentations tous azimuts de Gance. Celui-ci, pas très à l'aise dans la comédie, a profité du fait que le film n'était pas à prendre au sérieux pour se livrer à quelques excentricités. Le final de ce court métrage utilise quand même des éléments de montage rapide qui viennent en droite ligne de La roue...

 

Max et son épouse Edith (Gina Palerme) prennent un repos bien mérité entre deux films... L'homme aux guêtres et au chapeau haut-de-forme se rend à son club afin de voir ses amis, au lieu d'honorer son épouse, et là, se voit mettre au défi de rester une heure dans le manoir hanté du comte Maulette (Jean Toulout): les deux hommes parient, et si Max se laisse envahir par la peur et appuie sur un signal d'alarme avant minuit, il a perdu son pari... Phénomènes étranges, fantômes, valet en cire et animaux divers se succèdent, mais le pire est atteint lorsque le téléphone retentit et qu'Edith appelle au secours: il y a un monstre auprès du lit...

Bien sûr, tout ça n'est pas sérieux, on apprendra à la fin que ce n'est qu'une (lucrative) farce... Du reste, le metteur en scène comme son scénariste se sont permis de brouiller les pistes: si tout ceci ne se révèle qu'une blague de potache, il y a des images qui ne peuvent s'expliquer, comme cet étrange ballet, lorsque Max arrive au château, et qu'il est soudain précipité dans d'étranges convulsions de l'image, ou qu'il est suspendu à un lustre élastique, et qu'il provoque des compressions du cadre... On le voit, Gance s'est amusé à jouer avec l'image comme il l'avait beaucoup fait dès La folie du docteur Tube, mais aussi dans La roue, et allait continuer à le faire avec son film suivant. Il s'est aussi beaucoup ingénié à jouer sur la tension du personnage, demandant à Linde de jouer, voire sur-jouer, l'horreur, de façon assez impressionnante, d'autant qu'il s'agit d'un gros plan. Lumières, utilisation de truquages, et recours à ce bon vieil érotisme, un ingrédient dont Gance ne pouvait semble-t-il jamais se passer (On se demande comment Max peut laisser Edith en plan, quand on voit le grand jeu qu'elle lui sort, mais bon): pour un court métrage fait entre copains, c'est quand même remarquable. Cela dit il y a des trous dans l'intrigue, un coté rêve éveillé, qui permet d'ailleurs au film de passer depuis sa création pour un court d'avant-garde, ce qui cadre mal avec son coté farce. Le film, comparé à Paris qui dortEntr'acte ou Un chien Andalou, jure un peu.

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Published by François Massarelli - dans Muet Abel Gance Comédie Max Linder