Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 13:34

Alors qu'il se bat pour conquérir le coeur d'une jeune femme (Gertrude Olmsted), un jeune un peu niais sur les bords (Johnny Arthur) termine ses études de criminologie à distance, en s'attaquant au mystère de la commune: des disparitions étonnantes... La présence d'un sanatorium suspect, et le fait que d'étranges personnages se promènent dans la campagne en fête, aurait-il également à voir avec ces disparitions en série?

Réalisé en indépendant mais distribué par la Metro-Goldwyn-Mayer, The Monster est un de ces films qui hésitaient constamment entre film fantastique et comédie: ça commence d'ailleurs bien, voire très bien, avec une scène des plus intrigantes, et puis ça retourne vers une comédie comme il s'en produisait des caisses à l'époque, autour de la charmante niaiserie de la ruralité... Et surtout il faut attendre 30 minutes avant que le grand Lon Chaney (premier au générique, c'est après tout la même année que son inoubliable Erik dans The phantom of the opera) ne fasse son apparition...

Et c'est décevant: le film ne semble s'illuminer que quand West sort de ses cadres imposés, que ce soit le terrain de la comédie ou bien celui de la maison hantée avec tous ses sempiternels clichés. Et Chaney ne fait pas grand chose, ici, c'est le moins qu'on puisse dire. Non, le film ne devient vraiment intéressant qu'occasionnellement, par exemple quand on se retrouve face à une scène de funambulisme sous un orage avec un cinglé sur un toit; quelques plans ou séquences montrent bien une envie de montrer du bizarre... Mais on en revient toujours au tout-venant.

C'est toujours meilleur que l'abominable The Bat.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1925 Muet Comédie Lon Chaney
18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 10:00

Avant-dernier film muet de Tod Browning, ce film taillé pour choquer un maximum, montre à la fois les caractéristiques de l'univers tout entier de Tod Browning, et ses limites de plus en plus flagrantes. Marqué par un montage serré et très sec, il fait preuve d'une mise en scène réduite à l'essentiel, et tout y est question d'atmosphère: la photo bien sûr, le jeu des acteurs: en pleine jungle, ils sont sales, suants, malades et on est en plein réalisme brutal. Et toutes les péripéties vont délibérément vers le sordide...

Phroso (Lon Chaney), un prestidigitateur de foire, est fou amoureux de sa jeune épouse, mais se rend compte qu'elle souhaite partir avec l'aventurier Crane (Lionel Barrymore). Celui-ci le lui explique, et dans la bagarre qui s'ensuit, Phroso se blesse et restera paralysé en dessous de la ceinture. Ce qui ne l'empêche pas de se mouvoir: quand il apprend quelques mois après que son épouse a trouvé refuge dans une église, il s'y rend, et c'est en rampant qu'il vient constater qu'elle est morte... dans l'église, il y a une petite fille, et Phroso jure alors devant Dieu qu'il fera payer Crane et sa fille...

Près d'une vingtaine d'années plus tard, "à l'ouest de Zanzibar", en pleine jungle, Phroso dirige un petit trafic de vol d'ivoire. Il ourdit une machiavélique vengeance qui implique d'attirer Crane, et de méthodiquement transformer sa fille (Mary Nolan) en une épave alcoolique. Mais il souhaite aller plus loin, en prenant appui sur une loi indigène qui décrète que quand un homme meurt, ses épouses et filles doivent l'accompagner dans la mort...

Tod Browning, illusionniste jusqu'au bout, utilise tous les écrans de fumée possibles et imaginables pour nous faire passer la pilule de cette "loi ancestrale" susceptible de sérieusement dépeupler les villages, et d'ailleurs noie tout son film dans la fumée, la boue, la nuit. C'est l'un des films MGM les plus désespérément noirs de toute la décennie... C'est aussi, probablement, une épure du style,ou du non-style de Browning. On constate que trois années avant le tournage de son Dracula, il installe son atmosphère particulière en multipliant les images d'animaux qui grouillent, garde ses distances face à tout ce beau monde, et laisse faire ses acteurs qui tout adoptent un jeu fait de grimace et d'excès: on est loin de la machine à glamour, et on voit que le studio commençait à ne plus trop savoir quoi faire, ni de Chaney, ni de Browning.

L'acteur commençait d'ailleurs à opérer une transition vers une carrière à la Lewis Stone, et désormais n'était plus l'amant délaissé, mais bien le père frustré (même s'il avait joué un peu les deux dans Laugh clown laugh); et dans Thunder, son dernier film muet, il jouerait un vieil homme sur le point d'être mis de côté... Avec West of Zanzibar, c'est un peu à un baroud d'honneur que le comédien nous convie: il y interprète pour la dernière fois un infirme qu'il doit jouer aussi physiquement que possible et joue avec force de son visage extraordinaire...

Et le metteur en scène oscillait entre succès et films problématiques. Je pense que West of Zanzibar n'ajoute rien à sa légende, et se contente de faire semblant de renouveler une formule en poussant au plus loin le bouchon de la cruauté, du bizarre et du malaise. ...le tout dans l'illusion, bien entendu. Et encore, le film a la réputation d'avoir été sévèrement coupé par la MGM avant sa sortie (ce que prouvent des photos de scènes qui sont absentes du film, dont une troublante apparition de Chaney avec un costume d'homme-poule, quatre ans avant Olga Baclanova)! Cela étant dit, cet avant-dernier muet de Browning vaut bien mieux que son film suivant, Where east is east, un film absolument et résolument vide du moindre intérêt.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1928 Tod Browning Lon Chaney Muet
2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 17:23

Ce long métrage est donc le seul des films de Ida May Park à avoir survécu intégralement, contrairement à Bread et The rocky Road qui eux ne nous sont parvenus que sous forme fragmentaire, et... contrairement surtout à ceux dont rien n'a été retrouvé. Park y dirige Dorothy Phillips, une actrice qui jouait souvent les ingénues, comme dans The Rocky Road justement, mais qui est ici confrontée à plusieurs reprises à des situations risquées. Un atout majeur du film réside dans le fait que Lon Chaney y interprète quant à lui un personnage qui est à mi-chemin entre une interprétation de comédie d'un personnage peu sophistiqué à la Marcus Schouler (Jean Hersholt dans Greed de Stroheim), et un profiteur de la pire espèce, maître chanteur et malfrat salace aux mains baladeuses... Un rôle joué sans maquillage par le grand acteur.

Midge O'Hara (Dorothy Phillips) est une chorus girl, le genre à avoir quitté son trou perdu natal pour monter à la grande ville et se retrouver à l'arrière, sur scène, pendant toute une carrière. Mais elle garde l'espoir de trouver mieux, car elle a des copines, comme celle qui lui trouve un emploi pour une soirée un peu étrange: il y aura des hommes riches, au portefeuille prêt à l'emploi. Mais si elle souhaite s'en sortir, Midge n'est pas d'accord pour faire toutes les concessions... Elle va donc être confrontée à plusieurs personnages: Jack Chalvey (Harry Von Meter), un homme au bout du rouleau, amoureux transi d'une autre chorus girl un peu trop frivole, et qui menace de se suicider; le riche Henry Rockwell (William Sowell), qui prend Midge pour une fille facile et menace purement et simplement de la prendre de force à l'arrière de sa voiture, et Elmer Watkins (Lon Chaney), un ancien ami de la famille O'Hara, qui vient lui aussi à la grande ville, mais surtout pour y passer du bon temps! Et quand il voit Midge au milieu d'une troupe de chorus girls dans une fête un peu louche, il a vite fait de se faire des idées... Lon Chaney est, bien sûr, excellent dans un rôle avec autant de tiroirs.

Oui, le moins qu'on puisse dire, c'est que Midge va subir des avances d'un peu tout le monde. C'est à la lisière entre comédie et drame, en permanence, et une comédie d'un genre assez inattendu. On sent Ida May Park attirée par le jeu sur le fil du rasoir, entre situation scabreuse et résolution pour les familles... Dorothy Phillips tend à désamorcer par un jeu tout en ingénuité la dimension scandaleuse du film. Mais l'homme en prend pour son grade, dans un parcours de la combattante qui passe d'épreuve en épreuve. La scène qui est située au milieu du film, qui voit Henry tenter de violer purement et simplement Midge dans sa voiture est sans doute la plus difficile à accepter aujourd'hui, puisque le personnage va devenir l'un des futurs potentiels du personnage principal! A moins Park nous fait passer par ce biais l'idée que décidément les femmes en 1918 qui étaient attirées par la vie de bohème, pouvaient en effet passer par des extrêmes. 

Typiquement, un autre aspect du film qui aura du mal à passer est un personnage, qui agit d'ailleurs en tant que révélateur des turpitudes auxquelles peuvent être confrontées professionnellement les filles qui se sont choisi une profession dans le monde du spectacle: une domestique noire qui connaît la façon dont les fiestas un peu louches se passent, conseille à Midge de suivre le mouvement. Ce n'est pas l'aspect moral qui gêne, c'est le fait que la dame est interprétée comme dans n'importe quel film de Griffith, par une actrice en black face. Quoi qu'il en soit, après avoir vu ce film entier de Ida May Park, j'en reste à mon impression initiale: j'aimerais beaucoup voir Bread en entier...

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1918 Ida May Park Muet Lon Chaney
12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 00:31

C'est le troisième film tourné en 1925 par Browning et le troisième aussi pour la MGM: le metteur en scène revient de loin, et The unholy three et son succès, plus les retrouvailles avec Lon Chaney, connu à la Universal en 1919, ont été décisifs: il allait sombrer dans l'alcoolisme, il ne travaillait plus que pour des petites compagnies. Irving Thalberg, en lui offrant un contrat, lui a remis le pied à l'étrier, et lui a redonné confiance: c'est bien.

Seulement... j'ai déjà dit ailleurs que je n'étais pas convaincu outre mesure par The unholy three, le premier d'une série de thrillers MGM bizarres avec Lon Chaney, qui vont souvent virer au grand n'importe quoi. Je le suis encore moins par The Mystic, le deuxième film MGM, sur lequel on ne va pas s'étendre, pou l'instant du moins, par charité élémentaire! The Blackbird en revanche a une bonne réputation...

Limehouse, à Londres, est un peu comme le Barbary Coast de San Francisco: un endroit où tout est criminel, et les seuls riches qui y viennent entendent justement s'encanailler... Ou bien y travaillent. C'est le cas de West End Bertie (Owen Moore). Dan Tate (Lon Chaney) ne le porte pas dans son coeur, et pour cause, les deux voyous en ont après la même femme, une jolie petite française du nom de Fifi Lorraine (Renée Adorée). Tate va tout faire pour la conquérir, mais c'est Bertie qui va gagner la partie.

Il faut dire que Dan Tate, c'est tout sauf un parti enviable: violent, profondément craint et soupçonné de se livrer à tous les crimes possibles et imaginables. Pas comme son frère jumeau, qu'on a surnommé "L'évèque". Il est le dirigeant d'une mission située en plein coeur de Limehouse; on vient chercher une protection rare chez lui, et il en a remis plus d'un sur le droit chemin... Tout le monde l'adore... Et on vient souvent se plaindre de son frère, justement.

Et ça tombe bien: car le bon, handicapé sérieux, homme bon et ouvert, qui trouve des solutions et prend sous son aile toute la misère du monde, et l'ordure criminelle, ne sont évidemment qu'un seul et même homme, qui a trouvé la planque de rêve: c'est pas moi, c'est mon frère jumeau! Et j'ai renoncé à essayer de comprendre en quoi ça fournit un alibi à Dan Tate, d'avoir un frère jumeau estropié, qui est aussi bon que lui est fourbe. L'intérêt, évidemment, est ailleurs: dans la complicité morbide qui s'installe entre le film, le personnage et les spectateurs qui savent dès la première bobine la vérité; dans la réflexion qui s'engage alors sur la bonté et la criminalité: Dan Tate n'est donc pas si pourri? Et "L'évèque" est donc, fondamentalement, un criminel? pourtant les crimes de l'un sont réels, et la bonté de l'autre a des effets bénéfiques sur la communauté... C'est troublant, et on comprend que Lon Chaney qui aimait pousser son public dans ses derniers retranchements, ait pu être attiré par l'idée.

Seulement, une fois brillamment établi le début, il faut attendre la dernière bobine pour que le film, largement situé dans les bouges sans véritable vie de Limehouse, reprenne enfin vie, avec cette scène hallucinante durant laquelle Dan Tate meurt en essayant une fois de trop de forcer ses membres à adopter la posture tordue de l'évèque. Il lui importe de continuer jusqu'au bout à tromper son monde, et devant son ex-épouse, qui vient avec horreur de comprendre la vérité Dan Tate meurt sous l'identité d'un homme qui n'existe pas, son propre frère: il est satisfait: "I'm foolin' em", dit-il, je les trompe... Mais autour de lui,, c'est la tristesse: le seul homme qui faisait le bien est parti...

Ironique, cynique et sérieusement inquiétant, donc, le film va au bout de son étrange logique, mais déçoit: a trop vouloir développer une intrigue sentimentale très convenue, Browning perd l'intérêt pour son film. Et nous aussi...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Tod Browning Lon Chaney 1925
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 18:27

Les quelques années passées, à Hollywood, à honorer un contrat avec la MGM ont été pour Benjamin Christensen une période de frustration, dont aucun des films qui en ont résulté ne semble pouvoir atténuer l'effet : c'est bien médiocre, tout ça... Mockery, pourtant, promettait : un script original de Christensen, une histoire romantique et noire située dans le chaos des coulisses de la révolution Russe, et Lon Chaney dans un rôle qui tranchait considérablement sur ce qui commençait sérieusement à devenir la routine de ses interprétations pour le studio.

Ca commence de manière intéressante : dans des bois jonchés de cadavres, un homme, le paysan Sergei, erre sans but. Il croise la route d'une jeune femme, habillée en paysanne. Ils vont faire équipe mais elle prend tout de suite la direction des opérations, en lui faisant promettre de l'obéir en tout point... Les premières séquences réussissent à capter notre intérêt, et après tout nous sommes come ce paysan dépassé par les événements : nous ne savons pas ce qui se passe, et n'avons as la moindre idée de l'identité de la jeune femme, qui prétend s'appeler Tatiana (Barbara Bedford). Et une complicité va s'établir entre les deux, jusqu'à ce qu'ils se réfugient dans une cabane au fond des bois : là, Sergei va offrir de son temps, et de sa tendresse, en lavant les pieds de la jeune femme, dans une scène d'adoration quasi religieuse. ...Mais quelques instants après, une troupe de révolutionnaires viennent, et menacent la jeune femme, qu'ils soupçonnent d'appartenir à la noblesse. Ils décident de torturer Sergei, qui selon le vœu de Tatiana prétend être son mari, mais il n'en dira pas plus.

Quand les troupes blanches arrivent, Tatiana est sauvée et se présente sous le nom de la Grande-Duchesse Alexandra. Elle promet à Sergei d'être son amie, et ils partent avec les troupes vers une ville, où ils vont se réfugier chez un riche profiteur de guerre, joué par Mack Swain : un rôle important, dans lequel il ne jouera pas trop de son expérience de comédien chez Sennett : étonnant. Une fois en ville, Alexandra ne se préoccupe plus de Sergei, mais file le parfait amour avec le jeune Capitaine Dimitri, interprété par Ricardo Cortez. Sergei, de son côté, se sent abandonné et sans rien comprendre commence à écouter les sirènes révolutionnaires qui le manipulent...

On aurait attendu de Benjamin Christensen qu'il se rende maître de l'image, comme il l'avait fait au Danemark. En lieu et place, on a un film mis en scène d'une façon plate et purement fonctionnelle : c'est que le réalisateur d'Haxan a besoin d'être chez lui, dans SON studio, et a probablement du mal à gérer les horaires de la MGM, de 9 à 17 heures tous les jours sauf le week-end, et sans doute à accepter de n'être qu'un des rouages du mécanisme. Son film, s'il part d'une bonne idée, manque de tout : des images qui aillent un peu plus loin que le simple enregistrement de scènes, de décors qui changent un peu (une fois en ville, on ne quitte quasiment plus la maison de Mack Swain), et même d'un héros : car le fait est que Sergei ne comprend rien de ce qui l'entoure, et de fait aucun des « nobles » ne donne envie de les apprécier. Pas plus que les révolutionnaires, qui sont traités à la truelle par le metteur en scène. Et par moments, le malaise qui s'installe est plus dû à l'indécision du spectateur devant la confusion qui règne : ceci est-il une comédie, ou un drame? Plus grave, on a l'impression que personne ne le sait vraiment !

Chaney réussit par sa présence seule à sauver quelques moments (le début, je le disais plus haut), mais c'est peu, bien peu...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1927 Lon Chaney Benjamin Christensen
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:58

Trouvé à Dawson City au milieu de centaines de bobines de film, dans un sale état (parmi lesquelles au moins un autre long métrage Universal avec Lon Chaney réalisé par De Grasse et sorti juste avant celui-ci, If my country should call), il ne manque qu'une bobine à ce film, la première. On prend donc le drame en cours de route, et c'est embêtant car il est quand même assez peu facile à suivre... C'est un mélodrame situé partiellement dans les bois, qui nous montre un homme exilé pour un crime qu'on accepte de comprendre mais pas au point de l'excuser, un père ultra-religieux qui en veut à sa fille (Dorothy Phillips) d'avoir trop de liberté, et on y voit aussi celle-ci se mettre en quête de clés pour améliorer la vie de ses amis.

Et Lon Chaney, quand à lui, a un rôle embarrassant et ambigu, pour une fois sous son vrai visage: il est un métis, et pour une bonne partie du film il serait volontiers le méchant, qui convoite la jeune héroïne. Mais seulement voilà: s'il y a bien un point sur lequel ce film n'est pas clair, c'est le suivant: l'a-t-il, ou ne l'a-t-il pas, violée? Le montage et les conventions nous disent que oui. Le film, explicitement, ne nous dit rien. Mais le comportement de la jeune femme, qui pour finir se rapproche de son tourmenteur, et lui demande de l'aide, nous dit le contraire... 

De toute façon, on est une fois de plus avec ce film, en plein mélodrame, sans grande invention, qui se laisse regarder, mais qui, clairement quand on sait de quoi Lon Chaney est capable, nous laisse sur notre faim. D'ailleurs, il est le meilleur acteur du film.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Lon Chaney 1916 Film Perdu
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:46

Seules trois bobines sur cinq ont survécu de ce film, et encore: pas dans un très bon état. Mais si l'histoire en est morcelée (il en manque en particulier le début, et sans exposition le travail du film sur le spectateur s'en trouve amoindri), il se comprend aisément et se suit sans problème grâce à la reconstitution des fragments manquants par Jon Mirsalis, spécialiste imbattable de Lon Chaney.

Le personnage principal en est une femme, interprétée par Dorothy Phillips: épouse et mère de famille, elle s'émeut de ce que son mari (Frank Wilson) comme son fils (Jack Nelson) puisse un jour déserter le foyer pour répondre à l'appel du drapeau. Et lorsque l'occasion se présente, comme Margaret ne parvient pas à empêcher son mari de partir, elle songe à utiliser un moyen radical pour retenir son fils: son frère, e Dr Ardath (Lon Chaney) a en effet mis au point un produit qui agit sur le coeur, simulant une crise cardiaque: elle décide d'en donner à son fils à son insu, afin de la garder près d'elle...

Comme les autres films de De Grasse que j'ai pu voir, celui-ci est impeccablement mis en scène, profondément mélodramatique et hautement improbable. Mais surtout on y décèle la tendance ambigue du Hollywood des années 10 autour de la première guerre mondiale: partir en Europe? Ne pas partir? Et pourquoi faire? Qu'adviendra-t-il des soldats qui partiront? Ménageant tout le monde, le film apporte plusieurs réponses, et se vautre dans une fin pacifiste qui n'est pas du meilleur goût. Quant à Chaney, il est, drapé dans sa dignité de médecin, l'instrument du destin... Jusqu'à un certain point.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1916 Lon Chaney Film perdu
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:35

Les films Universal de Lon Chaney, tournés entre 1913 et 1917, étaient plus d'une centaine; seule une petite poignée a survécu, et pas dans un très bon état. A l'heure actuelle, on en découvre encore des fragments, mais il est sans doute bien tard, le nitrate "n'attend pas" comme le rappelait la campagne de sauvegarde des films organisée il y a quelques années aux antipodes...

Chaney est un personnage secondaire dans une grande majorité de ces films, dont celui-ci: seules les deux premières bobines ont survécu, et l'acteur ne jouerait pas dans la troisième. Il est un homme des bois, un père rigoriste qui a tenté de tuer son épouse quand elle s'est enfuie avec un homme de la ville. Il est désormais flanqué d'une fille qui ressemble de plus en plus à sa mère, et qui lui donne des sueurs froides par ses velléités de liberté. Apprenant qu'il veut la marier à un voisin, d'un type un rien trop rugueux à son goût, Jen (Cleo Madison) s'enfuit...

Elle va se rendre vers la grande ville, où elle va trouver l'amour, mais aussi les complications, puisque le monde est toujours petit dans les mélodrames, et l'homme qu'elle aime fréquente des cercles qui ont, bien sûr, connu sa mère. Joseph De Grasse fait, comme on dit, le boulot, dans un film qui profite du contraste entre les environnements rustiques de la première bobine (Chaney est toujours à l'aise dans les bois, y compris avec une longue barbe!) et la ville"corruptrice " de la deuxième bobine. Quant à la troisième bobine, eh bien... il n'y en a plus!

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1915 Lon Chaney Muet Film Perdu
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 09:37

Une jeune femme, Bessie (Hope Hampton) qui vient d'avoir le coeur brisé, vient trouver refuge dans une petite pension de famille un peu miteuse. Son voisin, Tony Pantelli (Lon Chaney) est un petit malfrat; ça ne l'empêche as d'avoir un coeur d'or: il va veiller sur la jeune femme, ui en a bien besoin...

Pendant ce temps, l'homme qui a causé le malheur de Bessie, Ashe Warburton (E. K. Lincoln), est en villégiature en Grande-Bretagne: il trouve une coupe médiévale aux étranges propriétés: elle brille dans la nuit... Pour certains, il pourrait s'agir du Saint Graal. Désireux de soigner Bessie, décidé à jouer un tour de cochon à Warburton, Tony qui vient d'apprendre le retour de ce dernier, décide de voler l'objet: on dit qu'il a des vertus curatives.

C'est un mélodrame comme il en a existé tant à l'époque du muet. Si l'intrigue est assez conventionnelle, elle est rehaussée d'une mise en scène particulièrement soignée. Brown, qui a été à très bonne école en tant qu'assistant de Maurice Tourneur, se fait plaisir dans des compositions très recherchées, et avec la lumière et l'ombre. L'un des passages les plus connus du film, quand Tony va se faire arrêter, est traité d'une manière formidable, en un seul plan : Tony ouvre une porte et sur celle-ci, l'ombre d'un policier armé se dessine...

The light in the dark est un film perdu, dont il nous reste une abréviation, ressortie dans le circuit religieux sous le titre The light of faith. C'est une trahison du film, hélas, qui ne prend ni gants ni la moindre subtilité pour nous asséner le fait que la mystérieuse coupe (couverte de radium par un escroc dans le film original) EST le Graal, sans le moindre doute... Mais le film a pu ainsi, au moins partiellement, être préservé. Et Lon Chaney, au milieu de tout ça, est royal...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1922 Clarence Brown Lon Chaney Film perdu
26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 16:37

S'il est un film qui est une halte bienfaisante dans l'univers de Lon Chaney, c'est bien celui-ci, réalisé par un metteur en scène méconnu mais qui se met clairement au service de son histoire et de ses stars. Chaney, pour la première fois depuis Outside the law, y est un oriental, et l'intrigue est étonnante:

En Nouvelle-Angleterre, dans une ville de pêcheurs, très rigoriste, on apprend qu'il y a eu un naufrage, qui a emporté la vie d'un certain nombre d'hommes du coin. Parmi eux, le violent Daniel Gibbs (Walter Long), marié à Sympathy (Marguerite de la Motte), et qui lui mène la vie dure... Un des rares survivants du naufrage est un Chinois, Yen Sin (Lon Chaney), qui n'est pas du village, mais comme il a tout perdu, et en dépit des réticences des locaux ("on n'est pas des païens") il va s'installer dans une péniche, faire son travail de blanchisseur et s'intégrer du bout des lèvres...

Arrive un nouveau pasteur, John Madden (Harrison Ford): il est jeune, il est beau, et il séduit la belle Sympathy; quelques temps plus tard, ils se marient, et ont une fille. Ce qui ne fait pas les affaires de Nate Snow (John Sainpolis), un homme du village amoureux de la jeune femme depuis toujours. Madden s'est attelé à évangéliser Yen Sin, ce qui n'est pas une mince affaire, mais il gagne au moins son amitié... 

Un jour, un drame secret arrive pour Madden: il reçoit une lettre de Dan Gibbs qui le fait chanter... Ne pouvant s'en ouvrir auprès de la population, il commence à souffrir le martyre et est obligé de se séparer discrètement de sa femme et de sa fille... 

C'est un petit film, produit par l compagnie Preferred Pictures (De B. P. Schulberg, futur cadre à la Paramount), mais ça ne l'empêche pas d'être de grande qualité: d'abord, par son refus du spectaculaire dans la peinture de petites gens; ensuite par l'ouverture d'esprit incroyable qui est ici manifestée (les protestants de Nouvelle-Angleterre y sont montrés dans leur intransigeance religieuse, et c'est yen Sin qui va les conquérir, voire les sauver, et non le contraire); enfin par la façon dont la mise en scène laisse vivre et respirer les acteurs: sans nul doute, l'influence de Chaney sur la production a du être énorme... Quant à lui, si parfois il en rajoute un peu trop dans la courbette, son maquillage est impressionnant, et la création du personnage de Yen Sin, joué avec une incroyable tendresse, fait quand même partie de ses très grands moments: c'est dire...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Lon Chaney Muet 1922