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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 15:37

On appelait ce genre de films les race movies, des oeuvres entièrement interprétées par des acteurs Afro-Américains, pour être projetées devant des public intégralement noirs... La plupart de ces films ont une médiocre réputation, et beaucoup ont été faits sur un budget ridicule, et ça se voit.

Pas avec celui-ci: c'est même une exception en son genre... Le film a bénéficié d'un soin aussi bien dans la direction d'acteurs, les éclairages et le montage, qui en font un pur produit de son temps, soit la fin du muet, au moment où les dernières grandes leçons du cinéma Européen finissaient par intégrer la façon de faire de la plupart des studios. Par contre si The scar of shame est un film soigné dans sa réalisation, il reste un mélodrame assorti d'une solide leçon de morale, répétée par plusieurs personnages-clé...

Dans une pension de famille respectable, deux hommes cohabitent: un est corrompu, l'autre pas. Ils vont graviter autour de la même femme, une enfant élevée par un beau-père violent et alcoolique. L'un va essayer d'en faire une prostituée, l'autre une respectable musicienne... Mais les dés sont pipés, car la jeune femme n'a pas eu la chance de naître dans une famille qui lui aurait donné non seulement l'envie mais aussi les moyens d'assumer ses ambitions de bonne morale...

Divisé en trois actes, le film a un scénario qui aurait pu être celui d'un film Griffith de 1911! On y sent les tendances habituelles de ces films qui projettent (consciemment ou non, il ne m'appartient pas de le savoir) les préjugés de la société à travers ces personnages noirs, donc le plus corrompu de tous les personnages est privé de maquillage blafard, et les stéréotypes culturels abondent, dans une volonté d'édifier parfois gênante. Pourtant, on a ici accès à un tissu social qui était représenté aussi chez Oscar Micheaux, et qui était presque une société parallèle, avec ses propres règles de vie dans un environnement qui leur était systématiquement hostile... Cette réalité est diffuse en l'absence des blancs, qui sont totalement exclus de ces films, mais elle est bien là.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1929 **
21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 09:16

Un théâtre présente une revue de music hall: on va alterner entre les coulisses et la scène, en suivant principalement trois personnages; le régisseur, une grosse brute (Oliver Hardy), l'accessoiriste, une personnage lunaire (Larry Semon) et l'actrice principale de la revue (Lucille Carlisle)... De temps à autre, le film se promène dans le public où certaines personnes se distinguent.

Tiens, une fois de plus le modèle de Chaplin est évident, mais je n'aurai aucun scrupule à le dire: ce The show est nettement plus intéressant que le film éponyme de Chaplin, auquel il pique sans vergogne l'idée d'interpréter un certain nombre de personnages en plus de son accessoiriste. Le Chaplin était il est vrai largement basé sur les souvenirs de music hall anglais de son auteur, et il a été tourné en 1915, autrement dit une éternité avant celui-ci.

Cette fois encore on peut exprimer des doutes sur l'opportunité pour Semon d'interpréter le personnage principal, et la structure manque encore une fois de colonne vertébrale, mais il y a une troublante envie de faire du cinéma, ici: le film, très ambitieux, prend son temps pour installer le décor, filmé dans l'ouverture depuis le public. Et le final (qui est un rêve) est spectaculaire, avec un certain nombre de gags et de cascades spectaculaires liées à un train! C'est sans doute à la fois un des meilleurs films de son auteur, en même temps qu'un témoignage sans appel sur les raisons qui précipiteront sa chute: son comique extravagant devait coûter cher, très cher...

Reste à rappeler ce qui est une obsession pour Larry Semon: les gags "colorés"... Qui consistent le plus souvent à souligner de façon embarrassante les différences de couleur entre acteurs blancs et noirs, ces derniers étant cantonnés bien entendu dans les rôles subalternes; ici, c'est d'une part une camériste noire qui se retrouve blanchie par de la poudre de maquillage, et sinon le public se voit transformé en une troupe de Al Jolson par un accident qui implique de la suie. Autre temps... etc.

 

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Published by François Massarelli - dans 1922 Muet Larry Semon Comédie Laurel & Hardy **
21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 09:10

Dans une boulangerie-pâtisserie modèle, la visite du grand patron tourne au cauchemar, car tout s'emballe: les employés  (...pas tous) s'avèrent des escrocs qui tentent de partir avec la caisse, un autre employé (Larry Semon) déclenche catastrophe sur catastrophe, et des animaux de tous poils (Souris, chat, mais aussi un singe capucin, très prisé à Hollywood) flanquent la pagaille...

En dépit d'une certaine longueur, le film partage avec la plupart des courts de Larry Semon une structure assez molle: un lieu, des gags durant 17 minutes puis un grand final avec si possible poursuite spectaculaire... Ca se laisse voir, le personnage de Hardy est spectaculairement mis en valeur, et les intertitres se débrouillent pour placer tous les jeux de mots possibles et imaginables avec dough (pâte), crust (croûte) et bread (pain)...

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Published by François Massarelli - dans 1921 Muet Comédie Laurel & Hardy Larry Semon **
21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 08:57

Dans une rue particulièrement mal famée, des gens vivent à l'écart des braves gens, sous la coupe d'une brute épaisse (Oliver Hardy). Les propriétaires de leurs logements tentent de récupérer les loyers, mais en vain: il y a comme un esprit de résistance, auquel participent les épouses et les enfants... Un vagabond (Larry Semon) est alors engagé en dernier recours, alors qu'une jeune femme qui venait dans la cadre d'une opération de charité se retrouve coincée sur place...

Comment ne pas penser à Easy street de Chaplin? On ne peut pas: il est évident que le film, ses enjeux et ses ingrédients "dramatiques" en viennent tout droit. Cela dit, bien sûr, Larry Semon n'est pas Chaplin et ne prétend absolument pas l'être, même si selon toute probabilité le film a été tourné dans le même décor. S'il en reprend le point de départ en changeant le métier de son héros, il ne va pas non plus s'efforcer d'épurer le résultat final comme l'a fait Chaplin, et il va partir à la recherche de gags dans tous les sens...

C'est le paradoxe de Semon: ses films, réalisés à l'époque pour la vénérable et poussiéreuse compagnie Vitagraph, sont généralement dotés d'un budget conséquent, et sont longs (celui-ci tutoie la demi-heure à une époque où les courts métrages s'efforcent de rester autour de vingt minutes), et donnent l'impression d'avoir un fort budget... Mais l'auteur se vautre et se complait dans une inspiration aussi souvent basique et terre-à-terre que possible. Son héros est sympathique, mais soyons franc: l'intérêt réside essentiellement dans la formidable personnalité de son méchant. Alors dans les moments où Hardy disparaît de l'écran, l'intérêt s'émousse...

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Published by François Massarelli - dans 1921 Muet Laurel & Hardy Comédie Larry Semon **
7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 09:58

Richard Gaylord Jr (Richard Dix) est un bourreau des coeurs, et du portefeuille de son richissime papa: toutes les intrigantes qu'il séduit finissent par lui valoir des ennuis judiciaires (il existe une loi  à l'époque qui régit l'aliénation d'affection), et le père lui confie un travail dans les Pyrénées, au Pays Basque, pensant que les femmes là-bas le laisseront tranquille... 

Mais il va rencontrer une jolie basque, ainsi qu'un très ombrageux rival: le capitaine Julio, intrigant notoire (William Powell)...

C'est mignon tout plein, cette comédie de six bobines est amusante, sans être bien entendu un chef d'oeuvre. On aimerait un peu plus de fantaisie (à ce titre, Womanhandled de Gregory La Cava était bien plus intéressant). Mais voilà: Dix se considérait comme un homme d'action avant tout, et il ronge son frein dans une bonne part du film. William Powell, sans surprise, est impérial dans toutes ses scènes...

Et sinon, on parle beaucoup de ce film parce qu'il montre le premier rôle cinématographique de Harpo Marx.

Et bien que le film soit muet, il... 

parle.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1925 **
10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 19:04

Un jeune homme (Creighton Hale) doit partir pour l'Afrique, afin d'y effectuer des recherches. Son oncle est persuadé qu'il n'y tiendra pas deux heures, et sa fiancée (Thelma Todd) aimerait qu'il reste et l'épouse plutôt que de partir au diable... Lors d'une soirée qui dégénère, les deux jeunes gens sont tout à coup au milieu d'une foule d'événements incompréhensibles, et pris en otages dans une mystérieuse maison: manifestement, ils sont les jouets d'une secte Satanique...

Derrière le Satanisme du titre, se cache l'un de ces innombrables films de maison hantée, si courant et se ressemblant tous, dans les années 20 et 30. Mais la différence vient de l'incroyable sens de la composition du réalisateur, et de son talent pour non seulement montrer, mais aussi faire croire. Il nous promène comme il promène ses protagonistes dès le départ, et c'est intéressant de voir de quelle manière Christensen nous maintient en haleine, tout en se vautrant en permanence dans le grotesque: les maquillages, la lumière, les décors, les changements brusques d'ambiance, Tout y passe...

L'interprétation est notable sur un certain nombre de points, par exemple le fait que Thelma Todd y trouve son premier grand rôle; Creighton Hale, qui joua souvent les naïfs pris dans la tourmente d'une maison hantée (notamment dans le célèbre The cat and the canary de Paul Leni) nous rappelle qu'on est d'abord devant une comédie, aussi. On y verra sinon so-Jîn Kamiyama, acteur de second rôle bien connu, ainsi que Angelo Rossito. Mais pour toute personne qui aura vu Häxan, L'X mystérieux et La nuit vengeresse, ce film restera toutefois anecdotique, ... les jours de Christensen à Hollywood étaient comptés.

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet Benjamin Christensen **
1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 16:23

Voici le dernier film muet d'un metteur en scène (et producteur) qui avait, enfin, tout compris... Asphalt est un accomplissement sans égal dans le cinéma Allemand. Qu'il vienne d'un pionnier aussi aguerri que May, à une époque où les jeunes loups (Dieterle, Pabst et son ancien poulain Lang en tête) régnaient sur la cinématographie Allemande est assez ironique. Le film aussi, jusqu'à un certain point.

L'intrigue s'installe doucement, en prenant son temps, dans un Berlin d'abord capté par des caméras en liberté dans la ville, puis subtilement reconstitué en studio: Albert (Gustav Fröhlich) est un agent de police exemplaire, et Else (Betty Amann) une voleuse talentueuse, qui se sert de sa beauté fatale pour détourner l'attention des bijoutiers qu'elle dérobe. Quand la seconde se fait attraper sur le fait, c'est au premier qu'on fait appel. Else, en pleurs, lui fait pitié, et il accepte de l'accompagner chez elle pour qu'elle aille y chercher ses papiers. C'est évidemment un prétexte pour temporise et le séduire, ce qui ne manque pas d'arriver...

Le lendemain, d'un côté le jeune homme a des remords de ne pas avoir fait son devoir. La jeune femme, elle fait face à un sentiment inattendu: elle est amoureuse... Lorsque Albert revient avec la ferme intention de reprendre ses esprits, ils sont tous deux confrontés à la réalité: ils sont mordus. C'est le moment que choisit un amant de la jeune femme, un voleur international (Hans Adalbert Von Schlettow), pour faire irruption: ça va mal finir!

Je disais plus haut que Joe May a tout compris: car sans jamais se plier aux règles étouffantes du Kammerspiel, Joe May laisse les images de Gunther Rittau (toutes d'un superbe clair-obscur comme seul le cinéma de ces merveilleuses dernières années du muet savait le traiter) raconter son intrigue. Il laisse aussi les acteurs vivre au mieux leur trajectoire et obtient de ses interprètes une impressionnante véracité émotionnelle. Il privilégie aussi les plans rapprochés et les gros plans et adopte un montage rapide, d'une clarté absolue. C'est un modèle de narration qui ne prend jamais son temps, mais ne dévie jamais de son but. Et comme on est en Allemagne, cette sombre histoire qui va se terminer dans un commissariat de police est évidemment l'occasion pour un destin tragique de se jouer de ses personnages...

...Non sans avoir accumulé les scènes de bravoure, souvent vécus à hauteur du point de vue de Betty Amann, dont la beauté particulière et le style ont été inspirés par Louise Brooks, mais inspirera aussi au-delà du film, d'autres actrices: qu'on pense à Dita Parlo, par exemple. La scène de l'arrestation, avec Gustav Fröhlich presque méconnaissable (sans le maquillage, difficile de retrouver le visage poupin du Freder dans Metropolis), est un modèle de suspense dévoyé: on sait que la voleuse est coupable, on a peut quand même que ses accusateurs en découvrent la preuve, dont nous savons nous, où elle se trouve... Et si la scène de la confrontation finale est du grand art, il y a aussi une scène de séduction dans laquelle la caméra se place au plus près des corps, et sans aucun accomplissement douteux, sans jamais outrepasser les limites du bon goût, Joe May nous livre une scène de séduction à forte teneur érotique, grâce au jeu tout en précision de Betty Amann, dans le rôle d'une femme qui prend le pouvoir sans se rendre compte qu'elle va tomber amoureuse...

Bref: c'est un chef d'oeuvre!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Joe May 1929 **
30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 17:49

Une troupe de cinéma (l'actrice Asta Nielsen, d'autres acteurs, et un caméraman) décident de partir pour les montagnes du nord de l'Italie, afin de capter sur le vif, les lieux qui son le théâtre des douteux exploits d'un redoutable gang de bandits, le gang Zapata. Une fois arrivés, ils se déguisent en bandits et se filment à terroriser la population. Seulement, d'une part la population n'envisage pas de se laisser faire, et d'autre part la vraie bande de Zapata, qui passait par là, leur ont volé leurs vêtements civils...

C'est après avoir tendu un miroir de mélodrame au cinéma qu'Asta Nielsen a décidé de le faire aussi avec la comédie. Sans doute fallait-il fournir, car ce film tourné en pleine montagne ressemble à s'y méprendre à un film vite fait pour peu de frais... Ce n'est pas complètement de la comédie, plutôt de la farce un peu grossière, mais elle permet au moins à Nielsen, avec j'imagine la complicité d'Urban Gad, d'affirmer sa prépondérance sur son équipe, mais aussi d'explorer un peu un thème qui reviendra chez elle: l'androgynie. Sous le costume de Zapata, elle a commis une action d'éclat en laissant partir une jeune femme, après lui avoir décoché un baiser en guise de clin d'oeil... Celle-ci est désormais amoureuse de "son" bandit; quand Asta Nielsen s'introduit chez elle pour y voler de la nourriture, elle se jette sur l'objet de ses désirs... Les désirs d'Asta/Hamlet, dans le film d'Heinz Schall et Svend Gade, seront nettement plus troubles.

 

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Published by François Massarelli - dans 1914 Muet Asta Nielsen Comédie Urban Gad **
19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 10:20

Browning fonctionnait à la formule... De la même façon qu'il va développer une série de films souvent très semblables dans les années 20, autour de la personnalité de Lon Chaney, et souvent identifiables à un gimmick (Par exemple The road to Mandalay est "le film dans lequel Chaney est borgne", ou The Unknown "celui dans lequel Chaney n'a pas de bras", pour situer), les films de gangsters qu'il a développés autour de l'actrice Priscilla Dean dont il était le réalisateur attitré, obéissent tous à un certain nombre de règles... Y compris celui-ci, leur dernière collaboration: une femme de mauvaise vie, des choix humains, des collaborateurs malfaisants et un amour rédempteur, le tout dans une ambiance criminelle et nocturne prononcée.

Cassie Cook (Dean) est une trafiquante d'opium qui travaille dans un bouge à Shanghai, en compagnie de l'escroc Jules Repin (Wallace Beery). Une menace sur leur petit trafic se précise en la personne de Jarvis (Matt Moore), un contremaître Américain d'une mine locale, qui est en vérité un agent des services secrets dont la mission est de démanteler le trafic local, partagé entre Repin et Cassie, et le maléfique Dr Li (William Mong). La fille de ce dernier, Rose (Anna May Wong), est amoureuse de Jarvis, mais elle ne sera bientôt pas la seule, puisque Cassie va elle aussi succomber au charme du  bonhomme, ce qui va sérieusement mettre en danger les plans des trafiquants d'opium...

Comme d'habitude: c'est un fatras mélodramatique, dans lequel Dean incarne une fois de plus une femme qui a fait des mauvais choix, mais dont une partie des codes moraux qu'elles a conservés lui permettra de passer de nouveau du bon côté. Comme dans Outside the law, ce sont des facteurs humains qui vont jouer dans sa rédemption, puisque outre l'amour de Jarvis, elle va bénéficier de l'aide inattendue de sa rivale Rose Li, mais aussi elle va s'ouvrir à l'humanité en aidant un gamin d'origine Américaine lors d'une émeute. Elle est aussi montrée exprimant de la compassion pour une de ses compatriotes victimes de ses trafics... Le casting principal (Dean, Beery, Moore) est intégralement repris du film précédent, White Tiger.

Mais peu importe, car dans ce film bien fait (la Chine de Browning est parfois plus crédible que le Chinatown de Outside the law, ou le Limehouse de The blackbird), ce qui compte c'est d'une part que ça vire au chaos et que le metteur en scène qui sommeille depuis quelques années en Browning entre deux bouteilles, se réveille sur les trois dernières bobines, et il fait preuve d'une énergie, d'un sens du montage et du découpage, qui font plaisir à voir, dans des scènes d'incendie et de panique...

Enfin, il bénéficie dans ces sept bobines de suffisamment d'espace filmique pour y développer des personnages intéressants, dont un vieil homme, Murphy, qui parvient à être tour à tour comique et touchant (J. Farrell McDonald), et surtout Rose Li... On sait aujourd'hui que le temps d'écran dévolu à Anna May Wong par Browning dans son film n'était sans doute pas lié au hasard ou à la simple réalisation du talent de l'actrice (qui est réel, de toute façon), mais probablement plus à des turpitudes que Browning ne devait sans doute pas partager avec son épouse. Mais comme on dit, cela ne nous regarde pas: ce qui compte, c'est que Rose Li ajoute une dimension inédite et excitante au film, en prenant sur elle une importante partie de la charge émotionnelle du grand final spectaculaire, où elle se sacrifie tout en réglant tous les problèmes d'un ou deux coups de feu vengeurs... Alors que clairement, dans le film Browning ne s'était pas beaucoup intéressé à Priscilla Dean! Il faut dire que cela faisait 6 ans qu'il était son metteur en scène quasi exclusif.

Une dernière note: en dépit de sa relative réussite, Drifting est le dernier film de la première période Universal de Browning, qui va connaître les vaches maigres avant de repartir sur The unholy three à la MGM grâce à deux hommes: Lon Chaney et Irving Thalberg. Dean, elle, était lessivée... une dernière chose qui intéressera les collectionneurs de cinéma "physique": le film est disponible chez Kino aux Etats-Unis dans une édition Blu-ray qui contient aussi White tiger, ainsi que la seule bobine survivante de The Exquisite Thief (1919), et c'est un disque toutes zones...

 

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Published by François Massarelli - dans 1923 Muet Tod Browning **
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 16:54

Ce film est un moyen métrage produit et présenté par une organisation Autrichienne créée dans les années 10 afin d'accompagner les juifs déplacés d'Europe dans leur nouvelle vie à Vienne et alentour. Il consiste en une première partie qui sous couvert de raconter une histoire (une famille Juive victime de la haine de classe et d'un pogrom dans la Russie nouvellement soviétique) expose en fait la façon dont l'organisation recueille et vient en aide aux exilés.

C'était un film amateur, mais extrêmement soigné à défaut d'être original, qui était présenté aux conférences organisées par l'association et qui était sensé provoquer la levée de fonds. Il a été préservé et est montré en prime du film récemment retrouvé Die stadt ohne juden, de 1924.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923 **