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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 09:55

La propagande à travers les dessins animés, c'est l'un des paradoxes les plus étonnants de ces années 40. Et aucun des grands acteurs du genre n'est épargné: les Fleischer envoient Superman batailler contre les nazis, Disney prend en charge une grande partie de l'effort pédagogique de guerre avec des cartoons produits spécialement, ce que les frères Warner font aussi, tout en lançant dans leurs séries de films, Looney Tunes et Merrie Melodies, des cartoons voyant Bugs Bunny ou Daffy Duck combattre les Japonais (Bugs Bunny nips the Nips de Friz Freleng, notamment). La MGM n'est évidemment pas en reste, et on pourrait citer le célèbre Blitz Wolf de Tex Avery, qui représente le très grand méchant loup Adolf contre trois petits cochons. Mais ce film est quelque chose de spécial, une halte intéressante au milieu de cette situation chaotique, dont les débordements (notamment racistes, il fait voir ce que les Japonais se sont pris dans la figure! Les nazis, c'est pas grave, on peut cogner, d'ailleurs si vous voulez mon avis on en aurait bien besoin aujourd'hui, mais c'est une digression) sont aujourd'hui gênants à voir.

The Yankee Doodle Mouse nous présente une bataille générique entre Jerry la souris, qui combat vaillamment les tentatives du chat Tom de l'attraper, et de la manger. Et il utilise à cet effet des techniques de système D très élaborées, parmi lesquelles on remarquera des capsules de bière pour le casque, une rape à fromage (Qui est une arme d'attaque, sous la forme d'une Jeep agressive, voyez le film) des pétards de tailles diverses, et utilise de la farine pour créer un écran de fumée. Tom fait bien ce qu'il peut mais la lutte est inégale. Le tout stué dans la maison habituelle se terminera à l(avantage de Jerry, qui envoie un message à "ses supérieurs" "Envoyez d'autre chats!"... Voilà pour l'esprit de l'époque; 

Mais à aucun moment, et c'est ce qui fait le prix de ce court métrage de propagande paradoxal, on ne verra ni Tom ni Jerry figurer l'un des acteurs du conflit en cours. Aucune allusion (Si ce n'est un malencontreux drapeau 'Stars and stripes' vers la fin) à la seconde guerre mondiale, et enfin, Jerry n'est ni un GI ni un Marine ni l'Oncle Sam, et Tom n'est pas Hitler. on a échappé au pire... Le but du film est de galvaniser les troupes en présentant, comme d'habitude, la lutte du chat et de la souris comme une version modernisée du match David contre Goliath.. Et c'est diablement efficace!

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 09:13

Ceci est le troisième des films de la série Tom and Jerry (Si on admet que Puss gets the boot, dont les personnages ont des noms bien différents, en fasse partie), et bien des choses sont déjà bien en place. C'est une fête visuelle permanente, dont les couleurs, dignes de la période de Noël durant laquelle il se situe, sont chatoyantes, variées et parfaitement rendues. On mesure le soin et le budget des dessins animés de la MGM (Celui-ci est produit par Fred Quimby), par opposition à l'unité de Leon Schlesinger à la Warner, plus économe, qui produisait les Looney Tunes et les Merry Melodies... 

Tom et Jerry y sont fidèle à eux-mêmes, l'un tentant de passer ses journées comme un gros chat, c'est à dire à ne rien foutre en se prélassant sur un coussin qu'on lui a obligeamment placé pas trop loin du feu, et l'autre s'aventurant dans une maison qu'il a décidé de faire sienne, qui est un immense terrain de jeu dont le jouet principal reste le gros chat qui n'est pas une si grande menace que ça, après tout. Et le film apporte quand même un intéressant développement, en montrant que s'ils sont ennemis, ils sont aussi complémentaires et indispensables l'un à l'autre. La conclusion les voit faire la paix...

La paix? Le film est sorti le 6 décembre 1941. Le lendemain... Mais lisez les livres d'histoire si vous ne le savez pas.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 08:58

L'idée était simple: un chat, une souris, et une maison. Bien sur, il est inévitable que la souris tente de se protéger du chat, auquel l'instinct (Et la domestique dont nous ne verrons jamais que la partie inférieure) commande forcément de chasser l'intrus. Simple et efficace, car c'est ici le début d'une longue et profitable histoire. Même s'ils s'appellent encore Jasper (Le chat, d'ailleurs nommé ainsi durant le film) et Jinx (La souris), Tom et Jerry sont déjà en place...

Ou presque: Tom-Jasper, dans cette première incarnation, est encore loin de son aspect si connu aujourd'hui. Il est, en particulier, très touffu, et on le croirait presque barbu... Et les mouvements du chat, parfaitement étudiés mais si proches (du moins c'est l'intention) de ceux d'un authentique animal, nous rappellent qu'avant d'être leurs propres patrons et d'avoir leur unité à la MGM, Hanna et Barbera ont travaillé pour l'insipide Rudolf Ising, qui s'était fixé pour mission de produire des dessins animés plus sirupeux et moins inventifs que pouvaient l'être les films d'après Bambi chez Disney. Heureusement, le caractère des deux animaux est déjà là...

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 18:23

Attention, effort de guerre! Bugs Bunny est dans une caisse à la dérive, et n'est pas inquiet: dans ce genre de situation, il y a toujours une île où aborder... Dont acte: une fois trouvée l'île paradisiaque, Bugs va malgré tout déchanter car il va se trouver face à un nippon en uniforme, et pas des plus fins. Mais le lapin qui n'a fait qu'une bouchée de Hermann Goering en a vu d'autres...

Effort de guerre, donc: y'a-t-il une façon de pouvoir voir ce film sans pour autant tiquer devant la peinture ultra-caricaturale du Japon, de ses coutumes, de son langage? 

Oui, après tout: c'est tellement une caricature, qu'il n'y a pas lieu de s'en inquiéter. Le film se déroule assez agréablement, mais Freleng et ses animateurs semblent, à la fin, nous donner un message subliminal: ce film n'est pas comme les autres. Afin de le souligner, ils donnent une lapine à Bugs Bunny, qui va décider, une fois un bataillon Japonais décimé, de rester. Et sa réaction est sans équivoque. De fait, on rejoint le territoire, plus adulte, des films de propagande de Private Snafu. Freleng savait très bien qu'on ne pourrait pas considérer ce petit film mineur, plaisant mais profondément politiquement incorrect comme autre chose qu'une halte, en dehors des sentiers battus.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Friz Freleng
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:33

Sorti en février 1934, Honeymoon hotel est le premier dessin animé en couleurs de la série Merrie melodies (le pendant "noble" des Looney tunes) de la Warner. Contrairement au concurrent Disney qui expérimentait déjà avec un Technicolor trois bandes d'une grande finesse, Schlesinger s'était laissé tenter par le procédé Cinecolor, qui est assez peu glorieux... Mais aussi assez peu coûteux! Curieusement, je trouve que ça donne au film un cachet assez particulier, avec des couleurs tellement délavées qu'elles ont l'air d'être issue d'un procédé de contrebande!

Le film qui montre les frasques de bestioles qui se rendent à un hôtel dont la destinée première est d'accueillir des nouveaux mariés, recycle bien sûr les chansons du film de Lloyd Bacon et Busby Berkeley Footlight Parade (1933), oeuvres de l'équipe Warren-Dubin, et il se vautre lui aussi sans complexes dans la gaudriole... Il reprend aussi la trame du numéro musical correspondant, dans lequel tout le personnel (plus ou moins reproduit ici, des lingères au détective en passant par les grooms) se présente en chansons... Des chansons dans lesquelles il est assez couramment question de l'acte nuptial. Donc pour résumer, ce n'est décidément pas Disney...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Looney Tunes
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:51
Who framed Roger Rabbit (Robert Zemeckis, 1988)

Ce film fait partie de la partie expérimentale de la filmographie de Zemeckis, comme d'autres, moins réussis (Beowulf, hum), ou plus brillants (Cast away). Pour une expérience, le moins qu'on puisse dire est qu'elle a su se partager, puisque le film a eu un succès international, et fait figure aujourd'hui de classique.

Parmi ses défauts, on passera sur l'incrustation de cartoons dans un film "live", qui est évidemment imparfaite comparée à ce qu'on pourrait faire aujourd'hui, mais ce qui me frappe, c'est à quel point le film est énervant: on y retrouve le rythme survolté et usant de 1941 ou Used cars...

Mais les qualités, notamment un retour à l'époque héroïque, soit 1930-1945, des cartoons qu'ils soient Warner, MGM, Disney, Lantz ou Fleischer, par le biais de références à Clampett, Iwerks, Jones, Avery, Freleng. Et Daffy Duck, en duo mortel avec Donald, est le VRAI Daffy Duck, le canard cinglé, pas le canard en dépression des années 50. Ah, et surtout, il y a le Dodo de Porky in Wackyland, si vous cherchez bien. Alors...

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Published by François Massarelli - dans Robert Zemeckis Animation
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 17:29

Daffy Duck,venu en forêt, espère tirer sur un ours... Mais il lui faudra faire attention à bien suivre une règle d'or: il y a un trait qui divise la forêt en deux, d'un côté, les chasseurs sont autorisés à tirer, de l'autre, il s ne le peuvent pas. Le film va donc voir Daffy Duck tricher avec obstination, et tenter de lutter contre un ours déterminé à ne pas se laisser faire...

C'est un film "à l'ancienne", pas trop catastrophique donc, dont les gags reposent essentiellement sur la lutte inégale entre Daffy Duck, un ours malin et un garde-chasse pointilleux. C'est l'unique film de Daffy Duck en solo produit par DePatie-Freleng, qui préféraient pour leurs courts métrages l'associer à d'autres héros, notamment Speedy Gonzales.

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Published by François Massarelli - dans Daffy Duck Animation Looney Tunes
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 17:17

J'ai tellement dit de mal de Bob McKimson dans le cadre de cette révision d'un grand nombre de films mettant en scène Bugs Bunny, il est cocasse de constater que me voici arrivé au dernier des films Warner "classiques" du lapin star... et que McKimson, justement, seul en lice en l'absence de Freleng parti chasser la panthère rose, et de Jones viré du studio et parti présider pour quelques films aux destinées de Tom et Jerry, est désormais l'unique vétéran de la WB à même de mettre un point final à la saga.

Ce qui frappe dans ce film ni pire ni meilleur que le Bob McKimson moyen, c'est le contraste entre le "nouveau" (deux personnages récemment développés d'un loup et de son fils constamment hilare) et l'ancien (Bugs Bunny à peu près conforme à son image canonique). Ces deux époques sont ici présentes à travers un changement graphique important, qui ne fait pas grand chose pour l'harmonie du tout. Bref, pas une grande date...

Avant de quitter une bonne fois pour toutes le Bugs Bunny "classique", qui ne reviendra plus dans le cadre désormais de moins en moins artistique des films sortis par Warner, dont les productions seront désormais assurées par d'autres, en toute indépendance, en à moindre coût, rappelons que cette ultime mutation est devenue tout simplement nécessaire en raison de l'omniprésence de la télévision. les dessins animés Warner seront donc désormais produits à la facilité, avec un coût inférieur, traduite "vite faits, mal faits"... Ironie suprême, la télévision les boudera, préférant rediffuser en boucle les classiques. On les comprend, remarquez.

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Looney Tunes
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 17:10

Chuck Jones parti, son équipe a continué sans lui dans le cadre des films Warner... Et donc, ceci est l'avant-dernier Bugs Bunny de la série continuée depuis les années 40, et aurait été probablement mis en scène par Jones si ce dernier n'avait pas été viré. Aurait-il été meilleur? Il ne m'appartient évidemment pas de spéculer là-dessus, mais... Quelle horreur! C'est moche, mal animé, poussif et sans relief. L'histoire concerne donc une aventure de Daffy Duck venu dans le grand Nord à la fin de l'été pour chasser le lapin et se faire une fortune en fourrure, mais manque de chance pour lui, l'hiver arrive.

Pour les Looney tunes aussi, d'ailleurs. Oubliez ce film.

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Published by François Massarelli - dans Daffy Duck Animation Bugs Bunny Looney Tunes
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 08:54

Dernier film de Chuck Jones pour Bugs Bunny, qui repose sur les recettes désormais éculées du train fantôme. Celui-ci a l'avantage de ne pas reposer sur l'infecte Hazel, mais le Dracula qui accueille Bugs Bunny dans son château est bien laid... L'ensemble du film tourne autour de deux formules magiques qui ont le pouvoir de transformer le vampire en chauve-souris, et inversement, et bien sur, Bugs Bunny, en toute innocence d'abord, puis sciemment, va les prononcer systématiquement au moment opportun.

Jones, après ce film, est parti voler de ses propres ailes, ou plutôt a été viré sans ménagement. La cause, c'est tout simplement qu'il passait son temps à contourner les clauses de son contrat d'exclusivité... Une fois parti de la Warner, il a continué à oeuvrer pour le cinéma et la télévision, mais (C'est un avis personnel que j'exprime, mais c'est le mien!!) n'a tourné aucun film qui vaille la peine d'être vue, hélas...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes