Les souris se font poursuivre par le chat... Il faut faire quelque chose. Sniffles pense tout haut: et si on lui mettait une cloche, pour pouvoir l'entendre arriver? Ses copains le poussent à le faire...
Prenant le contrepied de Bedtime for Sniffles, le précédent film de la série qui montrait Sniffles seul en piste pendant 8 minutes! Le chat, véritable menace, manque un peu de caractère même s'il effectue bien sa mission, celle d'être le très méchant animal du film... Mais le problème du film, c'est que Sniffles parle... Il parle même de plus en plus, comparé à ses premières aventures. Ca ne va pas aller en s'arrangeant.
C'est la nuit de Noël, et Sniffles attend "Santa Claus"... Il a tout prévu, car s'il est un tout petit souriceau, qui risque de tomber de sommeil, il va boire du café et s'occuper l'esprit pour rester jusqu'au moment-clé... Du moins il va essayer!
C'est un cartoon solo, dans lequel toute l'animation nous montre un personnage tentant par tous les moyens de repousser l'inévitable! C'est magistral, et c'est une fois de plus la preuve de la curiosité insatiable de Chuck Jones, et de sa virtuosité...
On retrouve l'univers de Sniffles and the bookworm: cette fois, il est établi que Sniffles et son voisin le ver, deux petits êtres qui vivent dans un étalage de bibliothèque, sont amis. Sniffles a lu un livre où il est question des collectionner des oeufs. On y parle en particulier des oeufs de hibou, et ils décident de se mettre en quête, mais les deux petits animaux ne se rendent pas compte qu'il s'agit d'un prédateur pour eux.
La naïveté des deux personnages, bien sûr, est la principale motivation du film, ainsi qu'un décalage entre eux: car tout en étant profondément naïf, Sniffles est bien plus dégourdi que son copain, qui est assurément une vraie poule mouillée... Le film est très soigné, et une fois de plus, Jones joue ici pour les enfants avec ce film bien fait, mais toujours aussi sage. Par ailleurs, on constate qu'il recycle une partie des arguments de Little brother rat.
Sniffles décide de quitter la ville pour aller trouver le repos à la campagne... Mais il y vit des aventures tellement effrayantes, qu'il préfère retourner chez lui.
C'est bien sûr une question de perception, dans ce film qui est l'un des plus "disneyiens" de son auteur (ce qui n'est pas étonnant quand on sait que la mission des Merrie melodies était précisément de cibler le public des films Disney): Sniffles ne rencontre pas des créatures horribles, il imagine qu'il est en danger... C'est soigné, et esthétiquement ça représente très bien la qualité exceptionnelle du travail de Chuck Jones... Sans le grain de folie qui allait bientôt en faire un auteur de cartoons de premier plan.
Peut-être sous l'influence de ce court métrage, Hanna et Barbera vont réaliser en 1945 Mouse in Manhattan, l'un des meilleurs films de Tom et Jerry, dans lequel Jerry va à son tour expérimenter une escapade en solitaire...
Sniffles vit dans une bibliothèque, où il se repose caché dans les étalages de livres. Un ver, qui vit dans un livre, le repère et prend peur de la (pourtant toute petite) souris... Il va solliciter l'aide de personnages de livres qui ont tout aussi peur que lui...
C'est la rencontre entre Sniffles, la souris qui vit sa troisième aventure (sur douze en tout), et un personnage qui va devenir récurrent. Contrairement à ses courts métrages en solo, les aventures de Sniffles et du ver se situent dans un monde à part, où l'univers des livres se mélange avec le monde "réel"... D'une façon qui anticipe sur l'éblouissant Book revue, de Bob Clampett... Mais en tellement plus sage!
A noter: le "bookworm" n'est pas une espèce de ver, mais bien une expression qui désigne une personne qui adore la lecture... Et comme le terme se traduit par "Rat de bibliothèque", difficile de traduire le titre de ce film sans le dénaturer.
Ce film fait partie de la série des Merrie Melodies, qui faisait concurrence à Disney et ses Silly Symphonies. Contrairement à Tex Avery qui utilisait la série pour y pervertir des contes, des chansons et des documentaires et travelogues, à Friz Freleng qui appliquait quasiment à la lettre la formule Disney (raconter une histoire assez basique en utilisant au maximum la musique), Jones choisit une approche de narration basée sur les personnages.
Dans la petite communauté des souris, on se fixe des défis: chaque souris doit faire preuve de courage, et par exemple Sniffles vient de ramener une moustache (enfin une vibrisse) de chat... Sa prochaine mission, aller chercher un oeuf de Hibou... Mais le chat n'a pas dit son dernier mot...
C'est assez Disneyien, avec des animaux (le hibou et la souris) qui fraternisent face au danger... Et la rencontre entre Sniffles et un petit hibou anticipe d'autres rencontres ârfois inattendues, telle celle de Bugs Bunny et d'un Pingouin... Sinon, le personnage de Sniffles, la petite souris, n'est pas passionnant à proprement parler.
Les questions posées par un tel film sont nombreuses, les réponses plausibles aussi; mais si toutes les questions sont à peu près légitimes, aucune réponse ne peut être satisfaisante... Car ce film est en quelque sorte interdit d'antenne, de diffusion, et de publication officielle sur DVD ou Blu-ray. Officielle, j'insise bien. On le trouve sur un certain nombre de pirates, mais aussi sur l'un des DVD "Retour de flamme" chez Lobster... Un écrin qui va comme un gant à ce drôle de bijou...
Car All this and rabbit stew est un film exceptionnellement bien goupillé, du Tex Avery à son apogée, qui bénéficie en la personne de Bugs Bunny d'un personnage qui l'inspire... En même temps, c'est presque un remake d'un autre film d'Avery, voire de deux: dans A wild Hare, Bugs est aux prises avec Elmer Fudd en chasseur. Dans The heckling Hare, c'est à un chien glorieusement idiot qu'il s'attaque. Ici, il est aux prises avec un jeune Afro-Américain, et ce n'est pas une lumière.
On pourra se tortiller dans tous les sens, en invoquant l'époque... L'environnement, le goût des productions de Schlesinger pour tous les humours ethniques, et le goût de tous les studios de dessin animé ou de comédie pour l'utilisation des stéréotypes douteux, il n'en reste pas moins qu'on ne peut ignorer qu'il sagit d'un film raciste, et qu'on ne poura en aucun cas mettre ça sous le tapis.
C'est aussi un film drôle, enlevé, rythmé de main de maître, par un Texan qui n'a jamais reculé devant un gag potentiellement raciste... Ce film fait partie des Censored 11, 11 films Warner que la firme se refuse obstinément à nous laisser voir, alors qu'il serait tellement plus sain, dans une opération de pédagogie, de laisser transparaître ce qui fit cet esprit que les gens bien (je ne parle donc pas ici des fascistes de tout poil, dirigeants interlopes de partis, potentiel-le-s candidats à la présidence française, présidents des Etats-Unis ou éventuels ministres de l'intérieur) n'ont heureusement plus, tout en ayant la capacité de laisser notre libre arbitre se frotter à des oevres avec lesquelles nous avons le droit de ne pas être d'accord.
Qu'elles soient affligeantes ou, comme c'est le cas ici, profondément humoristiques, il est bon que nous ayions le loisir de les juger sur pièces, sinon le monde entier va finir par dire des conneries.
Le gros chien Marc Anthony entend ses patrons (Oui, ils ont adopté le petit chat trouvé par Marc Anthony dans le film Feed the kitty, qui répond au patronyme de Little Pussyfoot) discuter de l'efficacité du chaton en matière de chasse aux souris. Craignant de voir le couple se débarrasser de son ami, le chien déploie des trésors d'ingéniosité pour élever sa réputation... Sans que ça ne donne de résultats très probants: il n'y a pas plus gentil que Pussyfoot...
La souris avait déjà joué un rôle important dans une scène de Feed the kitty. Ici, c'est une bestiole diabolique, qui va vite venir à bout de l'innocence de Pussyfoot. Comme d'habitude, ce film est admirablement observé, mis en scène, et tout ici tient aux réactions des personnages, principalement Marc Anthony, merveilleux caractère à l'expressivité exceptionnelle....
Il est probable que bien des personnages mythiques de dessin animé de court métrage ont ainsi commencé leur carrière: par une apparition dans un one-shot, soit un film à part. Il suffit de penser à One froggy evening du même Chuck Jones, ou pour quitter la Warner Bros, à Screwball Squirrel, inventé par Tex Avery pour les besoins d'une attaque virulente anti-Disney à la MGM. Marc Anthony, le gros chien, n'a pas fait bien sûr une carrière proche de celle d'un Bugs Bunny ou d'un Daffy Duck, loin s'en faut, mais son apparition dans trois Merrie melodies de la WB entre 1951 et 1953 a assuré au gros chien tendre et ami inconditionnel inattendu d'un tout petit chat, un culte durable...
Dans Feed The Kitty (1951), le plus connu, le bouledogue Marc Anthony croise la route d'un minuscule chaton, commence par se comporter en chien vis-à-vis du petit, qui n'en a cure: il adopte tout de suite le gros animal, qui fond littéralement, et le rapporte chez lui; ça tombe mal, la patronne est justement en pétard dans la mesure ou le gros chien a tellement de jouets qu'elle n'en peut plus de ranger. Il va donc falloir dissimuler la présence du petit chat...
On est donc en territoire domestique, un domaine cher à Hanna et Barbera avec leur série fétiche Tom et Jerry; le succès de celle-ci explique sans doute le fait que la WB ait demandé à Jones de revenir de temps à autre à ce couple paradoxal d'animaux. Pour autant, on peut commencer par douter que le metteur en scène soit le créateur idéal pour ce type de dessin animé, ce qui expliquerait sans doute le fait que seuls trois courts métrages aient été réalisés: Jones avait besoin d'espace, de folie, pas vraiment de quotidien et de quiétude.
Mais dès le départ, il va se livrer à une observation, en axant toute la dynamique de ces films sur l'ingéniosité muette et le dialogue gestuel permanent de Marc Anthony, l'un des personnages les plus gentils (Un terme souvent gênant!) de toute l'histoire du dessin animé. Par ailleurs, Jones mise sur le contraste entre l'hyper-conscience de Marc Anthony, devenu le narrateur de ces histoires, et l'inconscience absolue du petit chat, due autant à la jeunesse qu'à l'insouciance, un état enfantin qu'il faut maintenir coûte que coute! Et le résultat est là: ces trois films, jamais mièvres, sont parmi les films les plus tendres faits à la Warner.
Lorsque, dans Feed the kitty, Marc Anthony a caché le chaton dans la farine, et qu'il voit sa maîtresse se lancer dans la préparation de cookies, il ne sait bien sur pas que le petit a quitté sa cachette, et le film devient ensuite basé sur les réactions du chien devant l'horreur de ce qu'il imagine: il ne peut rien faire contre sa maîtresse qui utilise un robot mixeur pour la pâte à gâteaux, et s'imagine à la fin que le cookie qu'on lui donne est tout ce qu'il reste de son ami. Les réactions du chien sont drôles, inventives (Et seront d'ailleurs reprises dans Monsters Inc, de Pete Docter, en guise d'hommage appuyé), mais elles sont surtout sincères et déchirantes, au premier degré...
Le coyote tente de chasser l'oiseau, et ça ne marche pas... comment voulez-vous décrire un tel film quand on a vu tous les courts métrages de la série, et qu'aucun d'entre eux ne diffère dans ses intentions?
Le film est plaisant, mais on y sent l'évolution évidente dans deux sens bien affirmés: d'un côté, la stylisation de plus en plus poussée des décors, de l'autre l'animation de plus en plus schématique.
Pour le reste... C'est une définition de la routine affirmée! On notera l'apparition de gags à ramifications multiples, qui cassent légèrement l'impression (revendiquée et soulignée en rouge) de redite...