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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 12:20

Elizabeth Sparkle (Demi Moore) est une jeune quinquagénaire qui court après son passé: actrice, elle a gagné des Oscars et comme le prouve la séquence d'ouverture, a eu droit à sa propre étoile sur le Hollywood walk of fame... Mais maintenant, les gens ne s'y arrêtent plus. Elle est depuis quelques années la présentatrice d'une émission consacrée à de l'aérobic, et ce serait déjà suffisamment humiliant... Mais son producteur (Dennis Quaid) ne veut plus d'elle: il veut une jeune, pas "une actrice qui a gagné un Oscar dans les années 30". Désespérée, elle se laisse aller, et a un accident de voiture sans gravité. Mais un médecin lui glisse une clé USB dans son sac: il contient un film publicitaire sur un programme mystérieux de remise en forme intitulé The Substance...

Elle décide de s'y consacrer. La manipulation consiste en l'injection d'un produit, qui entraîne la scission d'Elizabeth en deux: une version jeune d'elle-même, qui n'a pas l'air d'avoir trente ans (Margaret Qualley), et le corps de quinquagénaire de l'actrice. Chaque "moitié" a droit à une semaine d'indépendance, mais elle doit observer des règles très strictes, notamment respecter l'échange hebdomadaire...

Qui dit "règles très strictes" dans un film d'horreur ou assimilé entraine inévitablement le fait que ces règles seront violées... rappelez-vous Gremlins! Les conséquences sont forcément drastiques, et vont avoir pour conséquence le glissement de la comédie satirique vers l'horreur graphique. Et beaucoup d'excès, à mon humble avis. Mais le film commence superbement, en assumant sa verve humoristique, avec un aplomb remarquable. Dennis Quaid n'est jamais vu que de trop près, y compris quand il se gave (c'est répugnant) de fruits de mer... Le jeu des acteurs est outré, sauf peut-être celui de Demi Moore au début du film, qui y est remarquable (ce que je n'ai pas dit de toute ma vie, jusqu'à présent). Elle joue de son corps, en l'état, ce qui est rare et à souligner pour une actrice Hollywoodienne...

Mais justement, le propos du film est de s'en prendre à une civilisation qui court après le futur quel qu'il soit plutôt que de se reposer sur ses acquis, de chercher, mais oui, la substance derrière le futile, alros évidemment Hollywood, c'est l'endroit rêvé pour un tel conte. Un film sur le corps et son vieillissement, sur la pourriture inhérente à l'évolution de la matière, filmé souvent au plus près des corps. Il fallait pour une telle intrigue des actrices qui se laissent filmer littéralement sous toutes les coutures (hum...), et elles sont fantastiques en marionettes de leur propre vanité. Mais je le répète, le film est trop long (2h20) et excessif dans son recours à l'horreur. Le final dépasse les limites du supportable... De façon souvent plus navrante qu'effrayante.

 

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Published by François Massarelli - dans Beeerk Mettons-nous tous tout nus
7 octobre 2024 1 07 /10 /octobre /2024 16:07

Henry Spencer (John Nance) visite sa fiancée, et les parents de celle-ci. Il apprend qu'il y a un enfant, si on peut appeler ça un enfant... C'est une créature qui ressemble globalement à un lapin pelé prêt à passer à la casserole... 

J'admets que le film aussi.

Il y a un culte totalement ahurissant autour de ce film, d'ailleurs sorti initialement en France sous le titre de Labyrinth Man pour faire écho au grand succès du deuxième long métrage de Lynch, The Elephant Man... Lynch y expérimente avec la narration, adoptant un style narratif qui le rapproche du muet... Esthétiquement, il accomplit son film dans un noir et blanc impressionnant, qui ajoute autant au maaise qu'à l'impression d'étrangeté.

Maintenant...

Et le film montre aussi une anticipation de l'obsession (qui admettons-le atteint son apogée avec Twin Peaks) de mélanger invention surréaliste, horreur corporelle, et le domaine presque doucereux d'une chronique familiale... 

Le principal problème de ce film à mes yeux, c'est qu'il m'ait fallu le voir jusqu'au bout. Des fois, ça ne peut pas marcher...

 

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Published by François Massarelli - dans David Lynch Criterion Beeerk
29 juillet 2022 5 29 /07 /juillet /2022 18:17

Jesse (Elle Fanning) vient d'arriver à Los Angeles, et elle compte bien percer dans le mannequinat. Elle fait quelques photos, et une agence la prend en charge. Tout le monde est fasciné par elle, par sa beauté, mais l'effet qu'elle produit fait aussi des jaloux, et surtout des jalouses... Quelles sont les intentions de Ruby (Jena Malone), la maquilleuse, qui semble veiller sur elle, et surtout de ses deux copines mannequins?

Un peu conte de fées, tendance cruelle, un peu film d'horreur, un peu rêve surréaliste, le film de NWR (comme il aime signer, voir le générique ici) est un étrange objet, à la mise en scène sur-étudiée, jusqu'au moindre détail, et les ambiances semblent toutes travaillées pour faire de chaque plan une oeuvre picturale à part entière, avec des missions souvent multiples: raconter, mais aussi choquer ou surprendre. Le réalisateur utilise vraiment la beauté et la jeunesse évidente (elle était mineure lors du tournage) de Elle Fanning pour provoquer le spectateur...

Mais voilà: dans cette atmosphère parfois repoussante (musique synthétique, plus couleurs froides, esthétique de pub, néons envahissants), ça sent parfois le giallo à plein nez, et il faut aimer. Moi, pas. Je termine donc en affirmant haut et fort qu'il faut, aussi, une solide dose d'humour pour aller jusqu'au bout du film, et bien sûr ne pas être trop effrayé par le cannibalisme, cela va sans dire.

 

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Published by François Massarelli - dans Nicolas Winding Refn Beeerk
21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 11:13

L'homme est-il un loup pour l'homme... Ou un husky? ans ce remake du film The thing from another world de Christian Nyby, ou plutôt de Howard Hawks, Carpenter s'amuse à renverser le postulat du film initial, et signe un remake qui aurait pu être rudement intéressant... Si l'époque n'avait pas été à la surenchère des effets spéciaux. Parce que que s'il y a un mot qui me vient à l'esprit à propos de ce film, c'est... "trop".

Dans une base polaire de l'armée Américaine, un groupe de douze hommes trompe son ennui, jusqu'au jour ou ils ont une visite peu banale: un husky en fuite, poursuivi par un Norvégien en hélicoptère qui ne lésine pas sur les moyens de l'abattre: fusil, mais aussi grenades! Se sentant menacés, les Américains tuent l'intrus, et recueillent le chien...

Mauvaise idée.

Quand ils veulent ramener le corps du Norvégien à sa base, les Américains ont la surprise de tout découvrir dévasté, de tomber nez à nez avec d'étranges cadavres informes, et surtout de découvrir un sarcophage de glace vide. Les Novégiens ont trouvé quelque chose, mais quoi? Et surtout, où se cache "la chose"? ... ou plutôt, dans quel animal se cache-t-elle?

Devinez.

Dans l'original de 1951, "la chose" était un homme végétal ("A super-carrot", disait un protagoniste sans rire), nouvellement arrivé, ici l'équipe a décidé d'en faire un secret enfoui depuis des millénaires et désireux d'être retrouvé; de fait, la lecture initiale anti-communiste du film de Hawks était devenue obsolète. Hawks est un cinéaste que Carpenter connait bien, au point d'avoir fait un remake d'un autre de ses films (Rio Bravo) avec Assault on precinct 13; mais ici, s'il tend à montrer les hommes à leur meilleur quand ils travaillent, il nous montre surtout une humanité qui se mord la queue à force de ne rien faire, et surtout des hommes qui semblent n'attendre qu'un prétexte pour s'agresser... Des hommes dont la "chose" sera un révélateur de leur propre détestation: intéressant, surtout quand on sait la tournure qu'on pris les rapports domestiques entre les communautés de l'Amérique durant les trente glorieuses: donc, depuis la date de sortie du film de Hawks...

Celui-ci était grandiose pour son suspense naturel, et c'est ce qu'il y a de meilleur ici, cette dynamique de l'attente, rythmée par une musique de Ennio Morricone, qui est l'une de ses moins écoutables en soi, mais qui reste étonnamment fonctionnelle. Mais comme je le disais plus haut, en 1982, on demande du spectaculaire en matière d'effets spéciaux, avec transformation physique en direct, et là rien ne va plus. Car où voulez-vous placer des limites salutaires avec une créature qui se transforme à volonté, dont le but à peine caché est de rendre le film aussi dégoûtant que possible? Les avalanches de bestioles, de tentacules, de démembrements, achèvent de parasiter le film et son ironie.

Je vous vois venir: "aujourd'hui, avec les CGI, ce serait tellement mieux". Ne dites pas de bêtises: les CGI, ces sales petites bêtes qui ont envahi la vie de notre cinéma, ont ceci de particulier qu'ils sont tellement bien faits... qu'on les repère tout de suite, et qu'on n'y croit pas une seule seconde. Non, le  modèle à suivre, en 1982, aurait été Alien ou Jaws: limiter au strict nécessaire le recours à la vision de la créature. Hélas! Si les deux films en question ont de toute évidence eu une influence sur la production de Carpenter, l'air du temps et la tentation du monstre partout, ont eu raison de ce qui aurait pu être bien plus qu'un simple remake consommable.

 

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Published by François Massarelli - dans John Carpenter Beeerk
30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 08:55

Mal-aimé de la saga Alien, et pas forcément apprécié, ni même parfois connu, des fans de Jeunet, ce film sensé plus ou mettre fin au cycle (Comme le précédent, Alien3) est en réalité situé au confluent de trois univers. Il ne peut être pris que comme une rencontre, donc, entre d'une part l'univers d'Alien (Ripley, les "Xénomorphes", l'ombre de Weyland-Yutani), d'autre part les thèmes chers au scénariste Joss Whedon (Buffy the vampire slayer, Firefly, Angel, Dollhouse, dont le péché mignon est de questionner la féminité dans un contexte de science fiction ultra-référencée), et enfin le monde de Jean-Pierre Jeunet, fait de bricolage, d'une efficacité narrative se reposant sur un enchaînement logique d'événements, et bien sûr son excentricité visuelle... 

Rappelons l'histoire, tout d'abord: sur un vaisseau spatial appartenant à un conglomérat terrien, en collaboration avec l'armée, on attend une cargaison particulière. Des scientifiques présents sur le vaisseau ont réussi, à partir de prélèvements effectués avant la mort de Ripley (Dans Alien3), à cloner cette dernière, interprétée une fois de plus par Sigourney Weaver, évidemment. Après 8 tentatives, ils ont obtenu de la "ressusciter', elle est l'alien qui est en gestation dans son abdomen. L'alien a été 'extrait' de façon chirurgicale, ce qui était le but de la manoeuvre, mais contre toute attente, Ripley a survécu... Un médecin (Brad Dourif) a donc décidé de la garder en vie, ce qui n'était pas prévu au départ, pour voir...

La cargaison attendue, donc, est un chargement d'humains frais, en hibernation: quand la "reine" Alien va être opérationnelle, elle ne manquera pas de pondre, et il faudra, pour chaque oeuf, un humain prêt à devenir l'hôte d'un petit. La cargaison en question est amenée par des commerçants d'un genre particulier, à la fois convoyeurs et mercenaires, ils sont des spécialistes des jobs difficiles, dangereux, qui dépassent allègrement les limites de la légalité. Ils sont 6: Elgyn, le capitaine du vaisseau (Michael Wincott), sa compagne et mercenaire Hillard (Kim Flowers), Christie, rompu au maniement des armes (Gary Dourdan), le grand costaud Johner (Ron Perlman), gros bras, gros flingue et petite tête, Vriess (Dominique Pinon), qui se déplace en fauteuil roulant, ce qui ne l'empêche ni d'être efficace, ni d'être dur à cuire, et enfin la petite nouvelle, Call (Winona Ryder). Autant le dire tout de suite, c'est un robot, nouvelle génération, ceux qui sont créés et maintenus par des robots. Et elle est sacrément militante: elle s'est introduite sur le vaisseau-cargo dans le but d'infiltrer la mission de recréation des aliens, car elle a une mission: protéger les humains contre leurs mauvais instincts...

Trois choses vont donc se passer: d'une part, quand on manipule des aliens, ça finit toujours de la même façon. Ensuite, Call va tenter d'intervenir, simultanément à l'évasion des aliens, qui échappent à leurs gardiens et se retrouvent en liberté totale dans le grand vaisseau. Et Ripey, qui est rappelons le un clone issu de la résurrection d'une Ripley AVEC une reine alien à l'intérieur, est, pour le moins, imprévisible! Lors de la pagaille monumentale qui s'ensuit, elle s'allie avec les "commerçants"... Mais jusqu'où?

"Pagaille", disais-je: c'est le maître-mot. Depuis Alien (Ridley Scott, 1979), on est habitué à la montée progressive d'un suspense de plus en plus étouffant. Mais ce qu'on a ici, c'est plus l'annonce d'un catastrophe qui se produit trop tôt, suivie d'une longue, mais alors logue agonie du film. On aimait l'alternance, d'un film à l'autre, entre une invasion d'un vaisseau, ou d'une planète (Alien3, David Fincher, 1991) par un seul individu, et la plongée des humains dans un nid, un nuage, une marée, un océan d'aliens (Aliens, James Cameron, 1985)... Mais ici, ça tourne au trop-plein: trop de bestioles, trop de possibilités, et... trop de gore, ça oui. Ca tourne même au ridicule absolu quand la reine, qui provient du même mélange que le clone de Ripley, accouche littéralement d'un être mi-humain, mi-alien, qui est d'une laideur inconfortable, et qui va rencontrer l'une des fins les plus dégueulasses qui puissent être. Voyez le film avec une cuvette à cet égard... Donc, si le film offre à Ripley une "fin" plus décente que celle que lui avait donnée Fincher, il tend à gâcher l'héritage en permanence.

La faute à qui? On a envie d'utiliser le dicton anglais "Too many cooks in the kitchen spoil the broth", dont vous irez si vous ne la connaissez pas chercher la signification sur internet, autant que ça serve ces petites machines. Comme tous les autres films de la saga, il y a eu du monde sur ce bébé-là, et... y-avait-il un capitaine? On sait qu'il y en avait un sur tous les autres films, y compris quand la Fox et Brandywine Productions mettaient des bâtons dans les roues de David Fincher. On sait aussi que sur un plateau de Jean-Pierre Jeunet, il est le seul maître à bord, engagé à 300% sur son film. Mais... le langage, peut-être? la timidité face à la tâche titanesque? Jeunet n'est pas à son aise, ni dans le genre, qu'il connaît bien en tant que fan, ni dans les règles imposées, qui sont habituellement imposées... par lui. Ici, le cahier des charges n'est absolument pas de sa responsabilité, et ça se sent. Alors on retrouve certains aspects de son oeuvre, des inventions inattendues comme le cube de whisky, des bricoleurs de génie comme la troupe de mercenaires, ou encore quelques moments qui reposent sur un enchaînement d'événements, mais... c'est assez peu. Reste son efficacité? Oui, mais elle est mise à mal par le souci du langage, et un script dont les dialogues possèdent peu de subtilité ('Die, you motherfucker'). Au final, on sait que c'est du Jeunet, tout de même. Il y a Dominique Pinon!

Et Joss Whedon dans tout ça? Même si ça ne sauve pas le film, on constate que dans ce script probablement conçu au début des années 90 par le jeune aspirant scénariste, on retrouve beaucoup, mais alors beaucoup de ses thèmes. La prépondérance des femmes, avec ici quatre figures de féminité, de la maternité carnassière (la Reine), à l'amazone fragile (La scène durant laquelle Hillard perd son amant est touchante), en passant par les deux bizarres: Call, le robot que certains mercenaires auraient bien mise dans leur lit, et bien sûr la Ripley-Alien, qui est au centre de toutes les interrogations. Elle a été au bout de l'enfer, et en est revenue, comme Buffy, ou Darla (Dans la série Angel). Et comme elles, elle est revenue... différente. une constante, là encore des personnages féminins de Whedon: Fred/Illyria, Cordelia Chase, Echo, Skye, River Tam... Mais ce qui frappe aujourd'hui, c'est à quel point Whedon avait en tête, des années avant, une équipée à la Firefly: un équipage de bras cassés revenus de tout, effectuant des livraisons légales ou illégales, dans un vaisseau cassé de partout et rafistolé, et tous rompus au maniement des armes. Bon, admettons quand même que Firefly est bien, bien meilleur, et de très loin, que ce film dans lequel une fois de plus un(e) héros/héroïne questionne son humanité, film sympathique, mais...

...raté.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Jean-Pierre Jeunet Joss Whedon Beeerk