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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 11:53

Le colonel Serjberg Oscar Stribolt) s'oppose à ce que son ami le pharmacien (Rasmus Christiansen) ne vienne courtiser sa nièce (Kate Fabian); le jeune homme comprend que c'est essentiellement la jalousie et la frustration qui poussent l'oncle à refuser le bonheur de sa nièce, et il imagine un stratagème pour lui faire entendre raison, qui implique une potion d'amour un tant soit peu bidon...

Lauritzen se cherchait, et avec lui sans doute toute la comédie Danoise... Les ficelles du boulevard, une vulgarité assumée et bourgeoise, sont les ingrédients essentiels des comédies qu'il a tournées avec le fort rondouillard Oscar Stribolt; et invariablement, les femmes deviennent un ensemble caquetant de jeunes gourdes qui ne peuvent aller que par groupes de quatre ou cinq; ici, elles se prêtent volontiers à la comédie, en faisant croire au colonel qu'il est irrésistible... D'ailleurs parmi les gens qu'il croit séduire, on peut aussi voir notre ami Carl Schenström en jardinier complice...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet DFI Schenström & Madsen Lau Lauritzen
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 10:03

Deux garçons, Fritz et Adolphe, sont vendus à un Cecchi, artiste de cirque qui va les entraîner à la dure pour qu'ils le suivent dans son métier. Avec deux jeunes filles, Louis et Aimée, ils deviennent partenaire sur la piste et inséparables dans la vie, unis face à la sévérité de leur mentor. Aimée en particulier est très attentive au bien-être de Fritz... A la mort de Cecchi, Fritz (Robert Dinesen) a une idée: créer un numéro unique et spectaculaire, Les Quatre Diables, mêlant acrobaties et sensations fortes. Ils deviennent une sensation, et du coup leur fortune change: Lucy, une belle jeune aristocrate commence à tourner dangereusement autour de Fritz...

C'est la première version d'une histoire qui sera souvent filmée, notamment par Murnau dont la version de 1928, un film perdu, est sans doute l'une des oeuvres les plus recherchées des années 20. Ce qui ne doit pas enlever d'intérêt à cette version qui a au moins deux mérites, à vue de nez: c'est la première, d'une part. Et en prime elle est toujours disponible! Mais son intérêt va plus loin... 

Car en 1911, le cinéma Danois domine, et impose en Europe la vision d'un cinéma qui s'installe dans la longueur, et qui explore les genres les plus divers. Un mélodrame, après tout, correspond en ces années d'avant-guerre à un divertissement qui pourra résonner dans tous les pays, un calcul simple mais qui s'avérera payant... Et les auteurs vont pousser le bouchon un peu plus loi, en choisissant notamment de tout faire reposer sur un final grandiose, dans lequel on verra enfin le numéro de cirque tant attendu, mais aussi un suspense fort: car nous savons qu'Aimée veut se venger de Fritz, et ces deux artistes sont d'ailleurs, parmi les quatre diables, ceux qui vont tenter le "saut de la mort", sans filet...

Nous le savons, parce qu'une scène nous montre Aimée souligner de son doigt cette mention (unde net, en Danois) sur une affiche. Le suspense repose donc sur l'attente par le public d'un dénouement fatal... Mais aussi sur le montage, qui délaie à loisir en étendant le champ des prises de vue. Le film est très moderne dans son découpage, et franchement en avance sur la plupart des concurrents de 1911; et la censure Danoise était sans doute moins pointilleuse qu'ailleurs, du coup si la suggestion reste de mise, on n'a pas beaucoup de doutes sur la teneur des rendez-vous entre Fritz et Lucy...

Le mélodrame Danois, avec ce film et avec Afgrunden de Urban Gad, devient donc particulièrement baroque...

Le film est disponible en streaming sur le site du DFI: les intertitres sont en Danois, mais c'est très facile à comprendre...

https://www.stumfilm.dk/stumfilm/streaming/film/de-fire-djaevle

 

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Published by François Massarelli - dans Muet DFI 1911
11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 18:28

C'est l'été, et dans la maison de M. Blomberg, il est de plus en plus difficile de faire la sieste, car les deux jeunes filles de la maison réclament une attention constante. Profitant d'un moment d'inattention de leur gouvernante, elles se rendent à la plage pour s'y baigner, mais elles rencontrent deux jeunes fils à papa, qui leur promettent de passer les prendre le soir même. Deux vagabonds à la recherche d'une bonne occasion ont entendu la conversation, et décident d'informer le père de la situation, afin de profiter du remue-ménage. Quand la police vient, à l'instigation du père, arrêter les deux jeunes hommes avant qu'ils ne s'introduisent dans la propriété, les deux clochards cambriolent la maison...

C'est  familier, bien sûr, et on reconnaît dans ce film séminal de la collaboration entre Lauritzen et ses deux vedettes principales, comme un schéma qui sera copieusement réutilisé: une belle maison de vacances au bord de la mer du nord, un climat doux d'été, un père jaloux de la vertu de ses filles, et deux jeunes gens de très bonne famille, confrontés à deux vagabonds en roue libre... Sauf que ceux-ci (Carl Schenström et Aage Bendixen) sont assez franchement antipathiques. Et Aage Bendixen est loin d'être Harald Madsen! La formule méritait sans doute 'être encore raffinée, ce qui explique le goût de trop peu fourni par ce film.

Quant au duo, qui serait en place dans le film suivant de Lauritzen avec Schenström, il est évident pour qui en douterait que, si Schenström a toujours été le principal moteur de l'association (C'est lui, "Pat", "Doublepatte" ou "Fy", le premier des deux noms dans toutes les langues), il avait besoin d'un partenaire, certes, mais pas n'importe lequel. D'ailleurs, imagine-t-on Laurel et Hardy sans Laurel OU sans Hardy? Il existe un film, un long métrage dans lequel Hal Roach avait tenté de placer Hardy en collaboration avec Harry Langdon... Il vaut mieux ne pas en parler.

https://www.stumfilm.dk/stumfilm/streaming/film/tyvepak

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Published by François Massarelli - dans Schenström & Madsen Muet 1921 Comédie DFI * Lau Lauritzen
29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 15:30

En 1927, dans les studios de Hal Roach, quelqu'un a eu la bonne idée de construire un film autour d'un duo, composé de deux solides acteurs, Stan Laurel et Oliver Hardy... Le reste est bien sûr historique, un partenariat irrésistible et fécond, comme on n'en a jamais vu ailleurs...  A moins que...

Sur les rudes côtes de la mer du nord, vit une petite communauté de pêcheurs, dans un petit village. Une vieille dame qui vit à l'écart, a adopté un enfant perdu, une vingtaine d'années auparavant: la vieille Malin (Petrine Sonne) vit toujours avec Tom (Erling Schroeder), qui bien sûr a bien grandi! Il est amoureux de la belle Karin (Karin nellemose), mais le père de celle-ci est totalement opposé à leur mariage et ils doivent se cacher pour se voir... Le village est depuis quelques temps la proie d'une certaine psychose, en raison de l'apparition nocturne de fantômes, qui poussent les gens à se terrer chez eux la nuit venue...

Deux vagabonds arrivent (Carl Schenström, le grand dépendu, et Harald Madsen le petit râblé), et avec l'autorisation de Tom et de Malin, s'installent au bord de la mer, dans une petite cabane... Leur séjour sera rude, car non seulement ils vont affronter la tempête quasi permanente, perdre leur toit, couler un bateau en allant pêcher, mais en prime, ils vont aussi résoudre les deux mystères du lieu: d'où vient Tom? et quelles activités louches se cachent donc derrière ces apparitions?

C'est un film de long métrage, très long même si on le compare aux canons hollywoodiens du genre: à l'époque, les films de Lloyd, Chaplin, Langdon et Keaton dépassaient rarement une heure et vingt minutes, mais ici, on arrive à cent minutes, soit une heure quarante. C'est que Lau Lauritzen, qui vient d'ailleurs de réaliser avec ses deux protégés un long métrage mammouth autour d'une adaptation de Don Quichotte, avait trouvé avec ses nombreuses comédies mettant en scène le duo Schenström-Madsen, un succès jamais démenti, et savait que le public le suivrait. On pourra toujours se plaindre que c'est un peu trop long, que les intrigues qui sont accumulées comme autant de feuilles de lasagne sont probablement trop nombreuses (ce qui est assez juste): mais tous les films du duo fonctionnent comme une mise en parallèle de la petite vie (ou survie) pépère des deux personnages d'un côté, et d'une communauté de l'autre; et la plupart du temps, le constat est sans contestation possible un échec: l'impossibilité pour ces deux enfants mal grandis de s'intégrer est évidente. 

Dans ce film pourtant, leu comportement proactif étonne: ils vont en effet, et sciemment, résoudre deux énigmes alors que d'une certaine façon il ne leur est rien demandé! Mais c'est aussi parce que pour Lauritzen, et pour le public danois (et le reste de l'Europe car ces films s'exportaient rudement bien), les gens qui vivent autour des héros ont gardé une vraie importance. Le metteur en scène a d'ailleurs toujours pris la précaution de filmer ses histoires dans un Danemark tangible, et c'est particulièrement vrai ici, dans cette rude communauté de pêcheurs qui sont loin d'être des rigolos, avec leur folklore... Avec ses naufrages aussi, dont un qui est filmé dans des conditions assez proches d'une vraie catastrophe. De plus, en lieu et place de la sempiternelle ballade sur la plage avec des girls en maillot trop grands pour elles (on les appelait les Lau's Beauties!), les jolies filles qui peuplent la salle où une danse folklorique est organisée, sont en costume national... 

Mais c'est toujours nos deux Doublepatte et Patachon qui volent la vedette, puisque dans la scène du bal, ils commencent par être rejetés par absolument toutes les femmes, et finissent par se résoudre à danser ensemble. Mais l'originalité de leur lecture du charleston (absolument hilarante) est non seulement un moment de grâce pour le spectateur, mais aussi un moment qui va révéler doucement, sans excès d'émotions, les deux personnages au reste de la distribution. Rien que pour ça, et pour l'excellente tenu du slapstick génial développé sur la plage, en plein vent (et avec un solide dose de sable dans la bouche) par les deux acteurs, le film vaut vraiment la peine.

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/vester-vov-vov

 

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Published by François Massarelli - dans 1927 Lau Lauritzen Muet Comédie Schenström & Madsen DFI *
23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 16:45

Une femme a perdu son mari, enlevé par une société secrète, des gens fortement interlopes masqués de noir... elle fait donc appel au plus grand détective: Sherlock Holmes en personne!

Le film totalisait à l'origine 388m, en une bobine: de quoi durer près de 20 minutes, dont il ne subsiste dans la copie disponible au Danske Film Institut, que 7 minutes. Le fragment ressemble d'ailleurs à un condensé à peu près logique, sans pour autant être d'une grande cohérence.

Le film confirme deux choses: d'une part, l'étendue des styles pratiqués par les cinéastes Danois à l'époque de leur splendeur et de leur rayonnement international, dont la guerre allait avoir raison. Ensuite, dès 1911, tous les prétextes étaient bons pour voler un peu de Holmes à Conan Doyle, et quand je dis "un peu", ce n'est pas peu dire, parce que ce Holmes-là, il n'est quand même pas très Sherlock...

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/den-sorte-haette

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Published by François Massarelli - dans Muet DFI Sherlock Holmes
23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 09:17

La Fille de la Nuit (Emilie Sannom), la mystérieuse et troublante intrigante, commence le film en étant, une fois de plus, en prison... Mais elle n'y restera pas, car elle a un complice dévoué, et ils ont un plan. Une fois évadée, elle s'intéresse de près à un mariage entre deux personnes, parmi les plus riches de tout le continent. Mais quel rôle joue cette petite tzigane qui les espionne?

L'un des disciples de Feuillade, donc, Kay van der Aa Kühle (oui, c'était bien son patronyme!) s'était fait une spécialité de mettre en scène des films d'aventures en série, et a même été l'un des premiers, sinon le premier, à nommer carrément le produit de ses tournages, en ajoutant tout bonnement un numéro au titre. Ce quatrième opus de la série (ont on voit assez vite qu'il repose sur la familiarité du public avec les personnages) est tout ce qui subsiste d'une série manifestement basée sur tous les trucs les plus réjouissants du genre: évasion spectaculaire, déguisements, décors appropriés, personnages mystérieux... C'est soigné, plaisant... Et incomplet: on n'a pas le temps d'en profiter longtemps car seules les deux premières bobines (dont les intertitres proposent quatre langues...) ont survécu.

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/nattens-datter-iv

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Published by François Massarelli - dans 1917 DFI Muet
23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 08:53

Avant de devenir le metteur en scène visionnaire qui a eu l'idée (ou auquel on a confié la mission, soyons prudent) de "coupler" Harald madsen et Carl Schenstrtröm, les deux magnifiques acteurs complémentaires, Lauritzen avait déjà roulé sa bosse dans la comédie de slapstick... Ceci est un exemple, datant des premières années de sa carrière, et mettant en vedette le rondouillard Oscar Stribolt dans son rôle favori: le mari bourgeois fêtard et tricheur...

Alors que se prépare son déménagement, le héros (Stribolt, donc) se sent de trop dans la maison où tout le monde s'énerve, et il choisit de prendre le large... Quelques heures et quelques liqueurs plus tard, quand il revient, il a juste oublié un détail: il n'habite plus dans cette maison... C'est la panique pour les nouveaux locataires...

C'est très anecdotique, et on sent que tout le monde s'est fixé comme mission d'aller à l'essentiel. Tout au moins peut-on apprécier que dans une filmographie aussi généralement austère que celle du Danemark, on ait pu avoir des films aussi frivoles. Incidemment, Stribolt (1872 - 1927) n'est pas un inconnu, c'était même, à sa façon, une star: non seulement il a souvent joué les bourgeois bons vivants chez Lauritzen, mais il apparaît dans Afgrunden (L'Abysse, 1910) d'Urban Gad, avec Asta Nielsen, et Benjamin Christensen, pour Häxan, a pensé à lui pour un ou deux rôles, dont un mémorable curé libidineux...

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/flyttedags-kvaler

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Published by François Massarelli - dans Muet Lau Lauritzen DFI Comédie
22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 16:50

Le DFI a mis en ligne Atlantis, en HD, et c'est une sacrée nouvelle! D'autant que le film propose des intertitres à la fois en danois et en anglais, pour ceux qui peuvent déchiffrer l'une de ces deux langues... Le film est à tous points de vue une grande date, et son accessibilité doit donc être fêtée comme il se doit! Tourné en 1913, il est un démarquage partiel de l'histoire du Titanic, en même temps que l'un des premiers très longs métrages, avec 114 minutes de spectacle.

Le Dr Von Kammacher (Olaf Fonss) est doublement affligé de malchance: non seulement son traité de biologie est refusé partout où il le présente, mais son épouse Angèle souffre de démence précoce et va devoir être internée. Pour fuir cette réalité, le scientifique s'embarque pour les Etats-Unis sur un caprice: il sait qu'une artiste qu'il a vue sur scène, la danseuse Ingigerd Hahlstrom (Ida Orloff), sera sur le bateau... Mauvaise idée, car le bateau va faire naufrage, et s'il vont survivre tous les deux, la suite ne sera pas de tout repos pour la belle danseuse volage et pour son amant ombrageux...

Côté pile, on a un film adapté d'un roman à succès de Gerhard Hauptmann, semble capitaliser sur le destin tragique du Titanic pour dresser un portrait apocalyptique de toute velléité de se rendre aux Etats-Unis (la première guerre mondiale se profile à l'horizon), et les mésaventures du Professeur Von Kammacher confirment que ce n'était pas une bonne idée en effet. En quittant le Danemark et sa famille, pour suivre la belle danseuse, il a clairement lâché la proie pour l'ombre. Cela étant dit, le bon docteur, si il est tombé sous l'influence vénéneuse d'une intrigante capricieuse, a un comportement souvent équivoque avec les dames, comme en témoignent deux scènes situées sur le bateau, et curieusement dépourvues de résolution: Von Kammacher a aperçu une femme, dans les cabines populaires, qu'il a désirée de suite. Quand elle est amenée chez le docteur pour traiter son mal de mer, le professeur qui rendait visite à son collègue séduit la jeune femme...

Côté face, le film est impressionnant par son étendue, et les moyens déployés par Blom: à l'opposé d'un cinéma mondial qui reste souvent strictement frontal, il joue en permanence avec la composition, contraste avec adresse les personnages situés en gros plan, avec des arrière-plans dynamiques; il place sa caméra au milieu des scènes de panique, et toute la séquence du naufrage est un tour de force, qui a du être difficile pour les acteurs, parce que la Mer Du Nord, où le film a été tourné, n'est pas à proprement parler un endroit riant et chaud... Et la façon dont Blom choisit une narration assez volontiers énergique, suivant son héros qui fait presque le tour du monde, se rendant à Berlin, puis décidant sur un coup de tête de prendre un avion pour Souhampton, et d'y attraper le bateau fatal... Il en ressort l'impression que Blom, tout en délivrant un message hostile aux pays étrangers, plaide en quelque sorte pour un cinéma international. Et le résultat, qui sera un énorme succès dans le monde entier, lui donne raison.

Pour finir, citons par acquis de conscience qu'un jeune acteur Hongrois était présent sur le tournage, qu'il joue un personnage secondaire, et qu'il était à l'aube d'une belle carrière, qui allait le voir, lui aussi, voyager... Michael Curtiz, alias Mihaly Kertersz, joue en effet un jeune médecin ami de Fonss dans les séquences Berlinoises...

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/atlantis

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1913 August Blom Danemark DFI
22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 16:38

Mis en ligne récemment par l'excellent site de streaming du DFI (allez y voir, et munissez vous de patience devant ces films danois qui ne parlent ni Français ni Anglais, d'autant qu'ils sont muets), ce court métrage incomplet est l'un des films pionniers, à la fois du pays et du genre: on se souvient du mémorable Histoire d'un crime de Ferdinand Zecca... Ce film Danois, dont il ne reste que 3 petites minutes, adoptait un angle différent, tout en étant éminemment dramatique: il contait l'exécution, narrée par le menu, d'une femme. Une infanticide, mais il m'est impossible de juger d'après les fragments que j'ai visionnés, si le film adoptait une vision morale, pour ou contre l'exécution...

Par contre, deux aspects doivent attirer notre attention: si le metteur en scène, par ailleurs photographe, s'évertue à garder sa caméra statique de bout en bout, d'une part il varie les angles de prise de vue d'une manière fort adéquate, et peu habituelle: la composition de ces plans fait penser à des films plus ultérieurs... Et puis malgré cette position statique, il demande à se s acteurs de jouer en fonction de ce qui se passe hors-champ, ce qui occasionne une impression très forte d'assister à quelque chose d'authentique. Pour le reste, on ne sera pas surpris d'apprendre que dans ce film qui conte l'exécution d'une femme, l'émotion est au rendez-vous, avec l'un des bourreaux qui détourne le regard d'une façon désespérée au moment où la jeune femme sort du champ et va à la rencontre de son destin...

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/henrettelsen

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Published by François Massarelli - dans Muet Danemark DFI
15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 12:30

Les deux acteurs Carl Schenström et Harald Madsen, respectivement un grand longiligne et un très petit râblé, étaient des stars au Danemark, de 1921 à 1942, soit jusqu'à la mort de Schenström. Mais cette célébrité ne s'arrêtait pas aux frontières, comme le prouve la liste de leurs surnoms: Fy en By en Scandinavie, Pat und Patachon en Allemagne, Long and short en Grande-Bretagne, et Doublepatte et Patachon en France; si le format de la plupart de leurs films, le plus souvent réalisés par Lau Lauritzen, reste le long métrage, ils ont souvent été considéré comme l'inspiration pour Laurel et Hardy, ce qui ne tient pas complètement debout, pour un certain nombre de raisons: leurs films n'ont jamais réellement percé aux etats-unis, même si certains y ont été projetés; Laurel et Hardy ont été "couplés" dans des films avant d'être un duo, et leur dynamique s'est créée toute seule, poussant le studio à répéter l'expérience; et enfin Roach a toujours mis ses acteurs en équipe, dès 1915: Lonesome Luke était aussi une équipe, avec Snub Pollard et Bebe Daniels autour de Harold Lloyd. Mais la présence physique inversée des deux acteurs, leur complémentarité, et le fait que de film en film, bien qu'il ne s'agisse jamais vraiment des mêmes personnages, ils aient peu ou prou maintenu le même rapport, pousse évidemment à la comparaison. Par contre, autour de Schenstrom et Madsen, le film leur échappait; ils étaient constamment une sorte de cerise sur le gâteau, au milieu d'une intrigue qui ne les concernait que peu, et vagabondaient de boulot en boulot, le grand menant le petit... Ils assistaient aux amours malheureuses de jeunes bellâtres pour des filles de bourgeois. Quelque fois, ils les aidaient. Dans certains films, Lauritzen a été ambitieux: Son Don Quichotte (1926) en particulier dépassait le cadre de la comédie, et imposait un jeu bien différent aux deux acteurs; la durée de 180 minutes en faisait un film autrement plus important que les aimables comédies de 90 minutes qui composaient l'essentiel du duo. Parfois, enfin, ils s'exportaient, et sous la direction d'un autre (Monty Banks, Gustav molander, Urban Gad, ou Hans Steinhoff par exemple), jouaient pour d'autres filmographies: Suède, Norvège, Allemagne, Grande-Bretagne, comme Asta Nielsen avant eux, le Danemark étant décidément un petit pays.

Pour terminer ce tour d'horizon, il convient d'ajouter que leurs films possédaient un air de famille, parfois obéissant à une formule, et qu'il y avait des passages obligés: il devaient se situer dans un environnement qui permette des belles prises de vue de la nature Danoise, il y avait des jolies filles, baigneuses en maillot, voire sans en certaines occasions. La vie des gens était celle du Danemark des années 20, un pays en apparence tranquille, sous les influences Scandinaves au nord, germaniques au sud, et empreint de ces deux cultures...

Schenström, contorsionniste, et Madsen, artiste de cirque aux multiples talents, sont d'abord une présence physique, enfantine. Quoi qu'ils fassent, ils ne peuvent qu'être visuellement ridicules, une exagération qui n'est pas forcément soulignée par les autres protagonistes. Ils vont ensemble, ce qui n'exclut pas qu'un scénario les fasse se rencontrer dans un film. Madsen est le plus lunaire des deux, avec sa cambrure exagérée à la Chaplin, et sa petite taille, sans oublier son air volontiers ahuri. Mais c'est aussi le plus bouillonnant, souvent celui par lequel le malheur arrive... Schentröm a beau jouer plus facilement l'adulte, il a des éléments enfantins lui aussi, une immaturité notamment sexuelle, qui passe par une timidité manifestée physiquement. Et l'un comme l'autre est amené parfois à s'impliquer corporellement, comme dans l'un des films ou ils se baignent effectivement dans une eau gelée...

Filmens Helte est l'un des meilleurs longs métrages du duo, d'ailleurs le plus vu ou revu, qui a fait l'objet d'une reprise en salle sous forme d'une compilation en 1979, et dix ans plus tard en France. Le film est amusant, montrant comment les deux héros sont amenés en catastrophe (le mot est très bien choisi) à remplacer au pied levé les deux jeunes premiers d'un film, tourné par un artiste autoritaire à la Stroheim. On assiste par ailleurs aux tribulations des jeunes premiers, qui ont quitté le plateau en raison d'un conflit avec le producteur, père de  leurs fiancées. Tout finira bien: le film désastreux sera un succès, les jeunes acteurs seront réintégrés, et le producteur consentira aux mariages.

Voilà, c'est tout... sauf que tout ceci serait excellent, s'il n'y avait un détail embarrassant: les films conservés du duo ont été achetés par la chaîne Allemande ZDF, et remontés en épisodes de 25 minutes, narrés en Allemand. Y compris les films parlants, dont on a tout simplement fait sauter la bande-son originale. dans une opération digne de la boucherie effectuée par Chaplin sur The gold rush, certains des films sont à peu près cohérents et possèdent encore l'essentiel de leur métrage. Mais que penser du Don Quichotte réduit à deux épisodes de 25 minutes, à la place de 180 minutes? Ce film est heureusement disponible en streaming sur le site du Danske Film Institut, sans sous-titre toutefois:

https://www.stumfilm.dk/en/stumfilm/streaming/film/filmens-helte

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Published by François Massarelli - dans Muet 1928 Comédie Lau Lauritzen Schenström & Madsen Danemark DFI *