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7 novembre 2025 5 07 /11 /novembre /2025 22:31

Eastwood n'est pas à l'origine de ce film, comme du reste pour la plupart de ses films... Greffé tôt sur le projet qui était cher à son copain Morgan Freeman, il en a fait un film fédérateur (Voir le succès non négligeable du film), optimiste (Le connaissant, on est particulièrement étonné) et totalement en phase avec une thématique personnelle qui inclut aussi bien des films qui s'intéressent à la vieillesse d'un personnage (Heartbreak Ridge, Unforgiven, True crime, Space Cowboys, Gran Torino) que ceux qui montrent le bilan du passage de quelqu'un sur terre, qu'il soit père ou artiste, et l'oeuvre ou l'image laissée (Honky Tonk Man, The rookie, Bird, Absolute power, Space Cowboys, Million Dollar baby...). Invictus est, une fois de plus, l'histoire d'un passage de témoin, grande figure Eastwoodienne donc, mais pour la première fois, ce passage de relais s'effectue à l'échelle d'un pays, avec la grande histoire...

Nouvellement élu, nelson Mandela (Morgan Freeman) réalise bien vite qu'il ne pourra pas rester le président que d'une partie des citoyens de son pays, fut-ce la majorité écrasante. Désireux de montrer qu'il est le président de tous, y compris de ceux qui outenaient l'apartheid et n'ont certainement pas voté pour lui, il va s'intéresser au rugby, un sport qui reste majoritairement blanc aussi bien sur les terrains que sur les gradins. Le président se rapproche de François Pienaar (Matt Damon), le capitaine de l'équipe nationale, les Springboks, qui traversent une mauvaise passe. Il lui demande, dans l'intérêt de la nation, de gagner la coupe du monde, justement organisée en afrique du Sud en 1995...

Nelson Mandela s'intéressant au rugby afin d'unifier un pays qui en a cruellement besoin, et se prenant au jeu comme un vieux gamin, c'est l'une des images les plus tendres, comiques et solaires de tout le cinéma de ce vieux grognon de Clint Eastwood. Du coup, le rugby, sport de gros phacochères testostéronés, se pare de vertus inattendues, et incarne le renouveau, la naissance réelle du nouvel esprit national voulu par le chef d'état: la "rainbow nation". On peut hausser les épaules devant tant de bons sentiments, mais ça marche, et le public du film participe...

Eastwood joue beaucoup sur la confrontation des personnages en présentant souvent les personnages par deux: en associant ici Mandela et le capitaine de l'équipe des Springboks, François Pienaar, et là deux gardes du corps d'ethnies différentes qui ont été forcés (par le président) à travailler ensemble, mais franchement les uns et les autres contre leur gré. Derrière les bons sentiments et la façon dont souvent les liens se créent, Eastwood montre quand même la difficulté à suivre, pour les uns, le renoncement des socialistes de l'ANC devant les choix du président, des choix qu'ils ne comprennent pas toujours; la façon dont les Springboks, même intégrés (l'un de leurs joueurs-clé est un noir) sont réticents à faire le jeu d'un président pour lequel ils n'ont pas voté.

Peut-être pourra-t-on s'interroger devant la facilité avec laquelle sont conquis par Mandela ceux qui ont été élevé dans la croyance que tout homme politique noir est forcément un teroriste, tout comme la conversion au rugby du vieux dignitaire est semble-t-il faite en un tournemain. Mais on ne peut qu'applaudir devant la façon dont Eastwood a saisi le pouls du pays en 1995, d'une façon que n'aurait pas reniée Capra. Et lorsque en maitre absolu de ce qui se passe sur l'image, il nous assène une incroyable distorsion du temps pour faire profiter au maximum le spectateur du suspense vécu devant un match dont l'issue nous est connue, on tire son chapeau, ou sa casquette à Eastwood: à la fin de la deuxième heure, à propos, un homme d'âge mur, au milieu de la foule, aux couleurs des Springboks, semble impassible, mais il avait pourtant de quoi pavoiser: cette apparition signature du metteur en scène n'est pas un signe Hitchcockien, c'est une sorte de satisfecit discret, mais qui en dit long.

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Groumf
8 mars 2024 5 08 /03 /mars /2024 18:38

C'est 1920, il est donc prohibé de s'imbiber ce qui pousse de nombreux américains de tout âge et de tout standing à le faire! Justement, la veille, Jimmy (Harrison) et Bobby (Vernon), deux amis, ont un peu poussé le bouchon. Jimmy reçoit une lettre de son père qui lui reproche sa conduite... et ses fréquentations: il décide de retourner à la maison familiale en compagnie de Bobby, qu'il fait passer pour un fils de pasteur...

Bobby est vite accepté même s'il trouve la farce difficile pour son moral... Par contre la soeur de Jimmy lui reproche clairement de ne pas être "un homme des cavernes", comme elle dit... Le journal apprend à tout ce beau monde qu'un dingo parcourt les campagnes des environs, qu'il est retourné à l'état sauvage, et qu'il est TRES dangereux... Ca donne aux deux garçons une idée de farce...

On les voit venir gros comme une maison, fatalement... Mais c'est un film gentiment loufoque, qui montre le mauvais esprit assumé et affiché de façon militante, face aux imprécateurs de la prohibition, une réforme qui a probablement été la plus dommageable pour les multitudes! On voit aussi toue une époque qui ne s'embarrasse pas de subtilité dans les clichés, avec son hilarant "homme des cavernes" en liberté. Bon, tout ça c'est du cinéma, hein. Oui, mais avec une massue.

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Published by François Massarelli - dans Muet Al Christie Groumf
2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 21:46

Dans aucun des romans, dans aucune des nouvelles écrites par Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes n'a jamais dit "Elementary my dear watson", pas plus que "Elémentaire mon cher Watson". C'est comme ça, c'est une légende tenace, mais c'est tellement associé au personnage, qu'on a fini par l'y associer.

Me Tarzan, you Jane, c'est pareil: ni dans le livre, ni dans les bédés, ni surtout dans ce film. Ne cherchez pas, oubliez cette andouille de Christophe Lambert, le (pourtant chouette) dessin animé Disney, les livres la bédé, etc... Tarzan, c'est celui-ci: Johnny Weissmuller, accompagné de Maureen O'Sullivan, sans fils, sans langage ou presque, sans encombrant héritage Greystoke: brut de décoffrage, nu, pas dépourvu devant les dames, il ne lui faut pas longtemps pour comprendre (Et lui faire comprendre sans trop la brusquer) que sa compatibilité avec Jane est inéluctable et ne passe pas nécessairement par une grammaire parfaite.

Le projet revient de loin, totalement assujetti à la présence de tonnes de pellicule ramenées d'Afrique où le réalisateur Woody S. Van Dyke a tourné une partie de Trader Horn. La façon dont les images "authentiques" ont été intégrées à l'intrigue et au découpage de ce film par ailleurs totalement tourné aux Etats-Unis est l'un des étranges mais fascinants témoignages de ce qu'était la MGM lors de son âge d'or. Le film est une construction impressionnante, faite d'aventure sous sa forme la plus classique, dont les héros sont totalement Anglais, de fascination pour l'ailleurs exotique symbolisé par l'Afrique et ses mystères, mais aussi de notations discrètes mais insistantes sur l'esprit colonial: chacun, d'une certaine manière, y trouvera son compte: on pourra pester devant cette tendance à montrer les noirs assujettis qui se réfugient derrière le bwana pour qu'il les protège, tout comme on pourra noter que Jane Parker, qui représente une autre vision de la modernité, se tient à l'écart des comportements ouvertement racistes et apparaît plus ouverte à la différence...

Woody S. van Dyke a probablement ressenti comme une certaine forme de régression en tournant ce film de studio après son équipée délirante en Afrique. Mais en tant que responsable des kilomètres de rushes de Trader Horn, et en tant que véritable baroudeur, il n'avait pas son pareil pour mêler le factice et l'aventure: White shadows in the South Seas était là pour en témoigner. Et il a pu diriger avec une efficacité légendaire le film, qui fonctionne encore plus de quatre-vingts ans après... Les dialogues d'Ivor Novello sont impressionnants, par leur intemporalité toute Britannique, et le jeu permanent avec le non-dit... Sans parler de la simplicité des échanges entre une Anglaise qui se rend compte qu'elle n'a plus à sacrifier aux faux-semblants, face à un bon sauvage qui a tout à coup une soif d'apprendre particulièrement claire.

Et puis on joue avec le mythe, du début à la fin: les membres de l'expédition, venus chercher le cimetière des éléphants, la passe infranchissable qu'il faut ne serait-ce qu'atteindre, parce qu'elle est est tabou dans la région, les tribus versées dans le sadisme le plus cru, et enfin le bon sauvage, qui contrairement à son homologue de bande dessinée, n'est pas un lord Anglais et ne parle pas: il est nu, cru, brut. Et il représente pour Jane qui a l'âge approprié (et tout le matériel nécessaire, ce que Tarzan ne manquera pas de remarquer) l'état de nature le plus idéal qui soit. Un appel criant à la transgression... Jane abandonne tout pour le suivre (Y compris dans les peaux de bêtes de sa tanière), nous aussi. Après, on fera les lectures qu'on voudra de cette recréation d'un mythe ô combien occidental, mais peu importe: il est éternel.

Réjouissons-nous que la Warner vienne de sortir en HD une édition complète de ce film, juste introduite par un rappel: "autre temps, autre moeurs", etc... Bref: prenant les spectateurs pour des adultes responsables, ils ont sorti un film qui est inscrit dans la mémoire de beaucoup, et qui profite particulièrement bien du lifting...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Woody Van Dyke Groumf
22 novembre 2023 3 22 /11 /novembre /2023 13:34

Muriel Evans envisage de se marier avec Charley Chase, mais le jeune homme n'a pas aux yeux de sa belle-mère potentielle un pedigree suffisant... En faisant des recherches, il déouvre qu'il a un ancêtre pourtant extrêmement célèbre: Tarzan...

Je viens de relire ce synopsis, et j'ai moi-même du mal à y croire. C'est un film parfaitement loufoque, dont je pense qu'il a surtout été motivé pour l'absurdité de voir Chase et Muriel Evans en peaux de bêtes. Pourquoi pas après tout? Et ça occasionne d'autres lubies inattendues, comme une conversation avec le principal acteur orang-outan, Charles Gemora, qu'on a rarement entendu parler, y compris dans son film le plus célèbre, The Chimp; ou encore une scène avec un lion dont la voix ressemble à s'y méprendre à celle de James Finlayson.

...Par ailleurs ce film marque le retour d'un metteur en scène qui a beaucoup marqué la carrière du comédien, et pour cause: c'est lui-même. Chez Roach, on s'est sans doute enfin rappelé que le comédien n'avait pas besoin, après tout, d'un autre artiste que lui-même pour réaliser ses propres bêtises... 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach Pre-code Groumf
12 septembre 2023 2 12 /09 /septembre /2023 18:11

Un pas en avant, deux pas en arrière… Chez Hal Roach en 1927, on a beau avoir vu le résultat de l’assemblage de Laurel et Hardy dans Do detectives think ?, il n’en reste pas moins que les deux films qui suivent ne sauront pas tirer parti de cet enseignement, et on retourne donc à la case départ.

Plutôt qu’à la case départ, c’est à l’âge de pierre que Hal Roach emmène ses stars, Laurel, Hardy et Finlayson, avec ce petit film improvisé dans un coin désertique du Nevada. S'il n'y avait la même équipe que dans le film précédent, c'est à dire Laurel, Hardy, Finlayson et Viola Richard, on croirait être revenu cinq ou six années en arrière! On a le droit de se laisser aller à la bouffonnerie de l’ensemble, mais ce film est peu intéressant comparés à ceux qui le précèdent et le suivent. Il n’apporte rien (Pas plus que le film His prehistoric past de Chaplin, mais au moins celui-ci a-t-il été réalisé durant la préhistoire du burlesque, en 1914), et Laurel et Hardy ne se voient qu’épisodiquement. Laurel, héros de l’ensemble, est de nouveau le clown agressif et excessif qu’il était en 1923/24, absolument ridicule dans un costume fait de peaux de bêtes, d'une perruque blonde et bouclée, et de chaussures en peau de mammouth. Inutile de dire que les gags sont trop exagérés... 

Maintenant, justement, je le disais: on peut se laisser aller à l'étrangeté poétique de ce film qui à aucun moment, de toute façon, ne se prend au sérieux... Vu dans une copie enfin décente (grâce à une récente restauration), on passe un agréable moment en se frottant parfois les yeux de crainte d'avoir mal vu...

Bien qu’attribué à Frank Butler, celui-ci n’aurait réalisé que quelques compléments et retouches, et c’est en fait Roach lui-même qui a réalisé le film. Quant au titre, il ne se justifie que par une remarque de Hardy, si vous ne l’avez jamais vu, je vous laisse découvrir. Ca vous donnera une nouvelle raison de voir le film, après tout...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie Groumf
3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 11:45

Lord et Lady Greystoke se rendent en Afrique où le noble va s'attaquer au problème de l'esclavage, en pleine recrudescence... Mais en chemin, leur bateau subit une mutinerie. Sauvés par Binns, un marin loyal, ils s'installent dans une cabane de fortune, pendant que Binns est fait prisonnier par les marchands d'esclaves. Lady Greystoke donne naissance à un fils et ne survivra pas. Un chimpanzé qui entend le bébé vient et avec ses congénères, tue Lord Greystoke et s'empare du petit, car il vient d'y avoir la mort d'un petit chimpanzé et sa mère est inconsolable... Vous devinez sans doute la suite.

C'est le premier de tous les films de Tarzan, adapté directement d'Edgar Rice Burroughs, et grâce à son contrôle sur la production, très fidèle à sa vision... Tarzan a donc un contexte, une histoire et même une illustre lignée, ce qui fait de lui un Anglais: c'est souvent dit et répété, il n'est plus blanc, il est Anglais! Et c'est parce qu'il l'est, nous dit-on, qu'il a tant de facilités à dominer la jungle, mais aussi à apprendre, et pas seulement des singes. On pourra rire devant son apprentissage en un éclair, mais cette naïveté fait partie des charmes du film (bien plus que les relents d'eugénisme qui traversent les oeuvres de Burroughs, et que les films MGM sauront brillamment mettre à la poubelle!

Tarzan (Elmo Lincoln) est Anglais, d'ailleurs, jusqu'au point de comprendre qu'il ne faut pas céder à ses pulsions avec Jane (Enid Markey) quand elle le lui indique: "vous êtes un homme, après tout!"... Et Tarzan achève de devenir le noble qu'il a toujours été... Bon, pour ma part, je préfère les batifolages aquatiques de "moi Tarzan, toi Jane"...

Le racisme du film est indéniable, et à double tranchant. D'une part, on nous montre les Arabes comme d'horribles exploiteurs de chair humaine, et d'inquiétants bandits, et ce du début à la fin. Mais quand ils enchaînent Binns au côté d'un Africain, le film semble envoyer un message trouble, comme si le plus désolant chez ces esclavagistes, était de mettre à égalité un blanc et un noir!

Enfin, une petite note pour ce bas de page: on lit régulièrement que la grande Lois Weber aurait été la scénariste du film, ou en tout cas aurait participé à la rédaction d'une adaptation. Elle lançait sa propre compagnie à l'époque, n'avait aucun lien avec la First National qui a distribué ce film, et avait sans doute d'autant moins de temps pour cela, qu'elle tournait un nombre considérable de longs métrages par an... Donc en attendant des preuves de cette allégation, on va la tenir à l'écart de ce petit film gentiment historique...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1918 Groumf **
1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 16:29

Comment voulez-vous traiter de ce film exactement comme on aurait parlé de, disons, Intolerance, The Kid, Out of Africa, Amadeus, Pierre Bond 007: Dr No, Gone with the wind, Les Sept Samouraïs, The Godfather, Casablanca...

J'arrête la liste, vous m'avez compris. Pourtant, je vais essayer l'impossible: défendre RRRrrrr!!!, ses à-peu-près, son humour bête et idiot, mais jamais méchant, ses Robins de bois, et toutes ses tentatives. Car oui, ici devant vous, je vais rejoindre le club des critiques qui jugent les films à la fois sur les intentions et sur leur propre chapelle. Comme les critiques des Cahiers qui vont par principe défendre un Pierre Truffaut, je vais défendre le film de Pierre Chabat, qui est mon ami.

Oui, bon, ce n'est pas "mon ami", hein: c'est juste que depuis Objectif Nul, en 1986, je suis accro à ce gars-là. Il me plait, il me fait de l'effet, quoi. Et son film précédent, je l'avais pris en pleine poire, heureux de rire comme un bossu (pourquoi "comme un bossu", et pas "comme un goitreux", ou "comme un amputé des orteils"? La langue française, parfois, a de ces mystères...), et d'y retrouver à la fois l'esprit de Pierre Goscinny et celui des Nuls, justement. Et je pense que s'il était fort satisfait de ce film, qui non content de rapporter des Brouzoufs, était en plus célébré un peu partout, il fallait à Pierre Chabat passer à autre chose, et si possible en particulier, quelque chose qui ne repose pas trop sur des effets numériques. Bref, faire un film de vacances.

Cette histoire de crime des temps anciens, justement, a été tournée systématiquement en live-action ou presque, et c'est ma foi un bol d'air frais. Et les acteurs y sont d'un nombre assez limité. Et le script n'est pas forcément aussi contraignant que celui de Mission Pierre... Mais je ne suis pas en train de dire que c'était facile, surtout pour le metteur en scène qui était, il faut bien le dire, l'un des moins habillés des acteurs, du début à la fin: juste des cheveux, quelques os... Et puis c'est tout.

Alors les deux gros problèmes du film, si j'en crois la critique (unanime) qui s'est jetée sur le film pour dire qu'il était... Nul (bravo, l'invention, en même temps c'était tentant), c'est d'une part l'histoire, qui est ridicule.

Ce n'est pas faux, mais c'est aussi assumé.

...et le jeu des acteurs, les Robins de bois, qui repose en permanence sur une version froide des événements, rendue caduque par une sorte de commentaire constant, et des digressions sans fins. Certains acteurs jouent de leur manque absolu de compétence, et s'en font une carapace: c'est le cas de Pierre Martin-Laval, qui a le don de ne jamais accentuer les mots là ou il faut, par exemple. D'autres sont passés maîtres dans l'art de dire des choses qui ne disent rien (Pierre Foïs), ou de ne rien pouvoir prendre au sérieux (Pierre Bathélémy, quand il propose et commente l'invention du mot "crîîîme", par exemple). Et les acteurs en question étant aussi les responsables du scénario, une certaine cohérence dans l'incohérence se dessine. 

Alors on sourit, on rit, parfois on ricane. Mais s'il se crée parfois une sorte de gêne devant ce film, il regorge aussi de moments où on a une folle envie de l'aimer. On y suggère une partie de Biche-Volley. On y parle des femmes: à la question "Quel est ton type de femme," un autre répond "Vivante". On y joue sur les mots, les gags récurrents à froid ("Ca va être tout noir!", suivi de "ta gueule!"), et les situations, la plus ahurissante étant le moment où Pierre Rochefort se prend lui même en otage.

Oui, Pierre Rochefort: c'est un film assez bien fréquenté, finalement, si on excepte Pierre Depardieu.

Et pour finir, le film est tellement hors-catégorie, un peu comme Schizopolis de Pierre Soderbergh, mais pas pareil, qu'on ne peut que chercher à faire avec lui ce qu'on n'aurait pas cherché à faire avec lui si on avait eu une opinion différente.

Et ça, c'est incontournable.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Groumf Alain Chabat
17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 10:41

A la fin de son contrat Keystone, Chaplin aspirait à pousser son expérience un peu plus loin en continuant sur la voie qu'il avait tracée avec, hélas, trop peu de films de qualité. La machine à rire de chez Mack Sennett ne lui permettait que peu souvent de vraiment investir le temps nécessaire à la sophistication dont il rêvait. D'où, sans doute, ce film en forme de farce, ou plutôt de rêve: Chaplin s'endort, et se voit à l'age de pierre, couvert de peaux de bêtes, et disputant à Mack Swain les clés du royaume de Wakiki Beach.

Coups de massue, jeunes femmes en peaux de bêtes sauvages (D'ailleurs for mal ajustées, à moins que ce ne soit volontaire... c'est l'actrice Helen Carruthers qui en fait les frais), et quelques anachronismes savamment choisis (notamment les chapeaux) sont la règle de ce genre de films. On sourit forcément, même si on dit que tout ce petit monde avait forcément mieux à faire. Mais après tout, Griffith qui tournait Man's genesis, un court métrage supposé sérieux sur le même sujet deux ans plus tôt, n'était pas forcément moins ridicule.

A noter que Lloyd, Keaton et Laurel & Hardy feront à leur tour le détour préhistorique: Respectivement avec When clubs are trump (1917), The three ages (1923), et Flying elephants (1927). Par contre, pas de Langdon en peaux de bêtes à ma connaissance...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Groumf
28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 09:22

A-t-on besoin d'un autre King Kong?

Je ne vais pas répondre à cette question parce que la réponse est évidente. D'ailleurs, on n'a besoin d'aucun film, théoriquement... Bon, donc un film n'est qu'une façon de provoquer ou solliciter les émotions avec des images qui bougent, donc ce deuxième King Kong est aussi légitime que Le gendarme et les gendarmettes, ou Citizen Kane. Après tout...

Maintenant est-il bon, en soi? 

Ca c'est une autre paire de manches. Cette grosse production de Dino de Laurentiis a ses moments, ses charmes: le choix de tourner sur une île, avec des décors qui en imposent... Un parti-pris de privilégier le jeu sur la marionnette, avec un acteur en costume pour jouer Kong, complété par des effets optiques pas trop miteux... une envie de remettre les pendules à l'heure vis-à-vis des préjugés raciaux et culturels du premier film (Mais ceux -ci sont répétés dans la séquence qui introduit la population indigène)... Jeff Bridges mouille sa chemise, et Jessica Lange enlève la sienne...

Disons que ce petit film kitsch fera les délices éventuels d'un samedi après-midi pluvieux, si on n'est pas trop regardant. Voilà.

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Published by François Massarelli - dans Groumf
4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 18:43

Je pense que lorsque John Lennon a été assassiné, on a du en informer Ringo Starr sur le plateau de ce film... Ce qui compte tenu du genre (Comédie burlesque sans aucune retenue) et du sujet (Des hommes des cavernes) n'a pas du faciliter les choses. Quoi qu'il en soit, le souvenir de Lennon est bien présent, puisque le film commence, "un zillion d'années avant notre ère", un 9 octobre... Il s'agit d'un film situé à l'âge de pierre, et les premiers hommes vont apprendre à se tenir de bout, à utiliser le feu, à fabriquer et utiliser des armes, et à domestiquer un improbable dinosaure qui comme ses congénères présents dans le film, n'a pas compris le sens du mot "anachronisme".

Ringo Starr en homme des cavernes? Ca doit être idiot!

...Oh que oui.

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Published by François Massarelli - dans Groumf Navets Comédie