
En cette fin des années 40, Walsh est amené à refaire ses propres films à la Warner: ce n'était pas spécifique au metteur en scène de Gentleman Jim, du reste: n'avait-il pas, avec Background to danger (1943) et They died with their boots on (1942), revisité Casablanca (1942) et The charge of the light brigade (1936), respectivement, tous les deux de Michael Curtiz? Et ce dernier n'avait-il pas à son tour, en 1944, partiellement refait Casablanca avec Passage to Marseilles?
Mais si Walsh revisite en mode mou The strawberry blonde dans One Sunday afternoon (1948), il va mettre beaucoup plus de lui-même dans ce film: Joel McCrea y incarne Wes McQueen, un bandit qui s'évade de prison juste avant son transfert dans une grande ville, et cette évasion est favorisée par un ancien associé, dans le but de profiter de l'expertise de McQueen pour un cambriolage de train. Le coup va être réussi, mais tournera au désastre en raison de l'incapacité et de la duplicité des associés de Wes...
Dans High Sierra, impeccable film noir, Humphrey Bogart incarnait un bandit d'un autre âge qui tentait malgré tout de trouver s place au soleil, se trompait de muse, et finissait par trouver l'amour avec Ida Lupino, juste avant d'accomplir son destin au pied d'une montagne. L'Amérique semblait continuer sans lui, alors que dans Colorado Territory (dont le final grandiose reste le plus beau moment du film) on a le sentiment que le monde qui entoure Wes McQueen disparaît avec lui... A Ida Lupino, succède Virginia Mayo, qui est excellente en sauvageonne revenue de tout, avec une sensualité à fleur de peau; elle est la première d'une série de jeunes héroïnes avec lesquelles Walsh va pousser un certain nombre de coups de boutoirs sur la censure tatillonne des années 40 et 50...
Quant à ce film, qui raconte à peu près la même histoire mais entièrement adaptée au western, il ne s'imposait certes pas, et il n'apporte sans doute pas grand chose ni à l'histoire initiale, ni au personnage. La rédemption offerte au personnage, thème éminemment Walshien par excellence, passe ici par un don inattendu fait par les deux personnages principaux à une église, dont la cloche sonne au final... Sans doute Bogart est-il largement au-dessus de McCrea, mais cette fin à la fois baroque et digne finit par envelopper le film dans une vision de tragédie qui emporte tout sur son passage...

















