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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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12 juin 2025 4 12 /06 /juin /2025 14:29

C'est à peu près avec ce film que Clint Eastwood a enfin fini par être considéré comme un auteur. C'est assez paradoxal, d'autant que Pale rider, au regard de films comme Honky tonk man ou Bronco Billy, est quand même facilement considéré comme un Eastwood mineur... Mais il présente une facette formelle fascinante en même temps qu'une relecture double de quelques tendances westerniennes, en même temps qu'un éclairage sur l"idéologie Libertarienne telle que le metteur en scène la conçoit... C'est aussi un de ces beaux westerns situés en Californie du nord, qui utilise avec bonheur la belle nature montagneuse locale. Et ce dès les premières séquences qui accompagnent le générique, avec une mise en parallèle par le montage de la vie paisible de mineurs indépendants, et de la chevauchée des hommes de main d'un gros entrepreneur local, qui s'apprêtent à mener une expédition punitive sur le campement des pionniers...

Californie, deuxième moitié du XIXe siècle; En pleine ruée vers l'or, un conflit d'intérêts oppose les hommes du magnat local Coy LaHood (Richard Dysart), qui envisage d'engloutir toute la région afin d'en exploiter les richesses, et un groupe de mineurs indépendants, que le riche industriel harcèle afin qu'ils lui cèdent les droits à leurs terrains. On s'intéresse en particulier à Hull Barret (Michael Moriarty), Sarah Wheeler (Carroe Snodgress) et Megan Wheeler (Sydney Penny), une étrange famille presque recomposée: Sarah est la mère de Megan, son mari a disparu, et Hull a juré de s'occuper des deux femmes, sans pour autant profiter de la situation; après un raid des hommes de LaHood qui ont une fois de plus tout saccagé, Megan prie: elle souhaite un miracle... c'est à ce moment qu'un étranger, manifestement un révérend, vient s'installer à LaHood, et va intervenir pour aider les mineurs indépendants.

Aussi frontal qu'un western de Eastwood peut l'être, Pale rider puise à deux sources dont le rapprochement est inattendu, mais reste logique quand on connait un peu le metteur en scène: inspiré de Shane, de George Stevens, le film semble aussi largement s'abreuver chez Leone, notamment à travers les personnages de shériff et d'adjoints vêtus de ces longs manteaux qui sont censés protéger les vêtements des cavaliers de la poussière; ils viennent en droite ligne de Once upon a time in the west... A la fascination exercée par Shane sur un petit garçon, Eastwood ici oppose l'amour ressenti non seulement par Sarah, mais aussi par la jeune Megan, à l'égard de ce mystérieux cavalier venu de nulle part comme pour répondre à sa prière.

Eastwood donne de la place dans son film, comme il l'a d'ailleurs souvent fait, à la vision des hommes au travail, dans leur organisation, un thème riche qui renvoie au cinéma de Hawks. Dans ces compositions ou les personnages sont campés devat des magnifiques vues de montagnes, on sent le souvenir des grands westersn intérieurs de Mann... Mais le film n'est pas que référentiel: par ailleurs, Eastwood a depuis longtemps révélé sa profonde adhésion au libertarianisme, cette philosophie politique qui va d'un certain anarchisme à l'Américaine, jusqu'aux ultralibéraux les plus acharnés: le principe fondamental des libertariens, c'est de considérer que chacun doit avoir le droit d'entreprendre, ce qui légitime aussi bien le courage des mineurs indépendants, que la volonté d'hégémonie de Coy LaHood; mais chez l'humaniste Eastwood, la liberté absolue n'est circonscrite que par la nécessité de respecter les autres. on notera que dans ce film, comme chez Capra ou d'autres réalisateurs populistes des années 30 (McCarey, La Cava), LaHood tente d'utiliser aussi bien la justice que la loi (Un shériff qui a des méthodes expéditives) afin de l'aider dans ses démarches fascisantes. Un  propos qui là encore renvoie au cinéma des années 30, chez les réalisateurs qui se méfiaient d'un gouvernement Rooseveltien qui intervenait trop dans tous les domaines. LaHood, qui a donné son nom à la ville locale, entend contrôler tous les magasins, toute l'industrie, toutes les consciences...

La dimension fantastique du film est une réalité dans la continuité de son déroulement, sans jamais être explicitée; eastwood aime laisser les portes ouvertes, et s'il maintient par le biais d'un fondu enchaîné un certain doute sur le lien entre la fameuse prière et l'arrivée de l'inconnu interprété par Eastwood, jamais celui-ci n'apportera d'explication quand à son identité, son arrivée, ses motivations... Ange exterminateur, il s'oppose à sept cavaliers (Sept!) que leur uniformité rend clairement diaboliques, et le shériff Stockburn périra criblé de balles, dont la disposition rappelle les plaies dans le dos du héros, justement: on sent, on sait que c'est sans doute Stockburn qui a causé ces blessures, laissant sans doute le "prêcheur" pour mort dans un lointain passé, mais comme dans High plains drifter, on n'en saura pas plus... Comme chez Leone, les pièces disparates d'un puzzle lié au passé, suffisent à donner au personnage une motivation, voire ici une certaine morale...

Le troisième et avant-dernier western d'Eastwood est un film soigné et extrêmement distrayant, dont l'éclairage qu'il offre sur la civilisation sur la frontière lors de la fameuse ruée vers l'or permet d'éclairer une certaine idéologie replacée dans un contexte urgent: bien sûr, on comprend mieux une idéologie de l'auto-défense des intérêts privés dans un domaine ou les petites gens sont confrontés à un personnage comme LaHood. Eastwood, généreux comme d'habitude, n'en fait pas un fromage, il en fait un film, dans lequel on retrouve avec plaisir les accents locaux des protagonistes, reproduits avec une certaine verve, et on est bien dedans, le temps que ça dure...

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Western
21 mai 2025 3 21 /05 /mai /2025 21:28

Josey Wales (Clint Eastwood), un homme qui aurait du passer totalement inaperçu, mais qui est né à l'histoire suite au massacre de sa famille par une troupe de nordistes, est un homme en colère, un être humain blessé dans sa chair et dans sa liberté. Sa vengeance est inéluctable...

C'est que le film commence par une scène qui voit l'atmosphère passer d'un lyrisme rural évident (Josey Wales, aidé de son tout jeune fils, commence à labourer sa terre sous le regard bienveillant de son épouse) au drame le plus sombre (une troupe de bandits plus ou moins affiliés au Nord viennent de s'introduire dans le Missouri, et incendient sa ferme après avoir tué sa famille)... Un acte fondateur, qu'on le veuille ou non: après avoir enterré les siens, Wales va paticiper à sa façon à la guerre qu'il avait auparavant évité en intégrant une troupe de Jayawkers, des bandits et des soldats Sudistes qui vivent de pillage en revendiquant d'être loyaux à la cause du Sud. Quand la guerre finie, on leur propose l'amnistie, tous ou presque acceptent, pas Josey Wales...

Bien lui en prend: ses camarades sont massacrés. C'est donc entouré, habité par l'omniprésence de la mort autour de lui qu'il se lance dans une fuite permanente, pourchassé par les autorités et les chasseurs de primes...

La production de ce qui s'avèrera être le deuxième western réalisé par Eastwood n'a pas été de tout repos. Malpaso, la compagnie de l'acteur, avait engagé Philip Kaufman (il est probable qu'Eastwood ne se sentait pas pret à se lancer en tant que réalisateur dans une telle production) pour le réaliser... Mais le tournage n'a pas commencé dans une ambiance satisfaisante pour sa vedette-producteur, et celui-ci a donc pris la décision de remplacer son metteur en scène, afin de mener la production à un rythme plus satisfaisant. L'affaire est célèbre, d'abord parce qu'Eastwood a eu maille à partir avec le puissant syndicat des réalisateurs, et ensuite parce que quels que furent les défauts de Kaufman sur le film, le résultat final est considéré comme un chef d'oeuvre, et même l'un des westerns majeurs des années 70.

Le western n'est pas exempt de lyrisme, depuis les films fondateurs, ceux de John Ford ou James Cruze qui nous montraient la conquête de l'Ouest et l'avancée d'une civilisation (à tort ou à raison, selon les films)... Ce lyrisme s'est déplacé vers des films de plus en plus riches, de plus en plus complexes, et les oeuvres présentant des héros de plus en plus éloignés des contraintes de la loi (Ethan Edwards ou The Ringo Kid, chez John Ford, sont des bandits avérés). La mutation du genre dans les années 60, entre les révolutions stylistiques d'un Leone et le néo-classicisme transgressif d'un Peckinpah, a créé un nouveau genre, un western dans lequel un souci de plus grand réalisme d'un côté, et un sens du baroque de plus en plus affirmé, ont rebattu les cartes. Eastwood vient de lç, comme le prouvait son premier western, l'impayable, et profondément jouissif, High plains drifter...

Mais avec ce film, c'est un autre paire de manches: Opposant à son héros des films Italiens (largement repris dans High plains drifter et dans Two mules for sister Sara, de Don Siegel) un personnage de fermier soudain freiné dans sa tentative de vivre tranquille par une guerre qu'il n'a pas souhaité, Eastwood invente un nouveau personnage, qui cette fois existe au delà d'un simple type. Il a une histoire, une vengeance à accomplir, des ennemis à fuir. Il va construire, presque malencontreusement autour de lui, une troupe de marginaux: Jamie (Sam Bottoms), un autre Jayhawker qui a survécu au massacre; Lone Watie (Chief Dan George), un Cherokee d'un certain âge; Little Moonlight (Geraldine Kearns), une femme Navajo; enfin, deux femmes du Kansas, Sarah Turner (Paula Trueman) et sa petite fille Laura Lee (Sondra Locke) se joignent à la fuite, entre les escarmouches, les dangers divers et l'élimination lasse mais certaine des chasseurs de primes rencontrés en chemin...

L'humour ne manque pas, mais le film est surtout notable pour son admirable grand écart entre le lyrisme picaresque de son épopée inattendue, et la façon dont il nous montre une vision totalement privée de la moindre glorification des faits militaires, des actes de justice, dans un Sud en proie au chaos d'après-guerre... Que le film ait été inspiré d'un roman pro-Sudiste, écrit par un admirateur de la cause du Klan, importe peu: Eastwood en fait sa première grande méditation sur l'engagement et l'héroïsme dans l'histoire Américaine... Un film majeur qui a fait de lui, qu'on le veuille ou non, un réalisateur incontournable.

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Western
30 avril 2025 3 30 /04 /avril /2025 13:04

Ce film, le deuxième du réalisateur Eastwood, vient compléter le premier de façon rudement efficace: difficile en effet de voir en ce personnage incarné par le metteur en scène, le même reflet légèrement déformé de lui-même qu'il s'était amusé à peindre dans Play Misty for me. En lieu et place, il est crédité en tant que "The stranger", un homme qui ne sera jamais identifié, du moins dans la version originale, j'y reviendrai et j'en profiterai une fois de plus pour dire à quel point le doublage est une sale manie... Cet étranger, par bien des égards, semble prolonger un autre personnage codifié et bien connu pourtant, ce "Blondie", surnommé de façon impropre "l'homme sans nom" dans trois films de Sergio Leone. Et cet étranger apporte aussi un bonne dose de surnaturel, dans une intrigue westernienne formidable et propice à de la violence, bien sûr, mais aussi du baroque et un humour noir qui n'hésite pas à franchir les limites du bon goût. Et le tout fait un film parfaitement réjouissant...

Lago (Dans un état qui n'est jamais nommé, mais le film a été tourné en Californie), une petite ville minière sur les bords d'un lac austère mais assez majestueux reçoit la visite d'un étranger. mal accueilli par trois hommes au saloon, il est agressé par ces mêmes bandits alors qu'il se fait raser chez le barbier de la ville. Il les tue tous les trois, sort de la boutique, et se fait accoster par une femme. Après un échange vif avec elle, il l'emmène dans une grange... Elle parlera ensuite de viol, mais il semblerait que ce n'en soit pas un. Bref, l'étranger dérange, agace, et fait peur, dans une ville où bien des conversations rappellent, à l'occasion, un événement qui s'est passé quelques années auparavant, et dont l'évocation semble faire peur à tous: la mort d'un homme, fouetté à mort par trois bandits, trois malfrats qui s'apprêtent à sortir de prison, et revenir en ville pour y régler un vieux compte. La population se décide à engager le nouveau venu, certes désagréable dans son attitude, mais qui sait y faire avec une arme, et à lui confier la sécurité de la ville en cas de retour des trois hommes... Il accepte, mais va surtout, semble-t-il, profiter de la situation pour s'amuser aux dépens des villageois...

L'une des belles idées du film a déplu, semble-t-il, au distributeur Français: on ne saura jamais, en effet, le nom du "héros", cet ange exterminateur qui vient de nulle part et y retourne, ce qui est clairement suggéré par l'ouverture et le final du film. Une scène, située vers la fin, a donc été triturée en France de manière à incorporer une réplique supplémentaire qui indique, sinon le nom, en tout cas un indice qui me semble arbitrairement ajouté à l'intrigue. Bref, non content d'avoir été créé sur demande de Mussolini, non content d'être techniquement une infamie (Il n'existe pas de bon doublage, point final), le doublage dénature les oeuvres, la preuve est faite...

Mais revenons au film: à la peinture amoureuse du western proposée par l'Italien Leone, Eastwood ajoute une variation sur un thème de vengeance qu'on a souvent vu dans les films depuis les années 60: quelle que soit son identité et sa nature, cet étranger sait ce qu'il est arrivé au marshal Jim Duncan, fouetté à mort. Sans que quoi que ce soit puisse le légitimer (L'étranger n'est jamais venu à Lago), il semble en porter le souvenir en lui, et ce souvenir se réveille lorsqu'il se tient à l'endroit où le crime a eu lieu, ce qui semble confirmer une connexion de type surnaturelle avec le défunt. L'homme, véritable outsider absolu (Hors la ville, hors la loi, et même hors le crime!) est une incarnation de la vengeance, sur une bande de médiocres...

Et c'est là sans doute que le film est réjouissant: car on découvre au fur et à mesure de ses idées farfelues, toutes plus provocatrices les unes que les autres, que ce que cherche à faire l'homme dans l'exécution de son contrat, c'est d'être aussi désagréable que possible en se servant copieusement et gratuitement dans les magasins, en nommant les édiles et les hommes de loi à sa guise (C'est un nain qui va devenir le shérif, selon le bon vouloir de l'homme qui a carte blanche!).. et en les laissant se débrouiller un peu avant de leur venir en aide quand le besoin s'en fait sentir! Cette stratégie fait bien sûr partie de la punition du village, qui va aussi se retrouver peint en rouge (Et renommé "Hell") pour accueillir les bandits de retour... Tout ça n'est pas très sérieux, bien sûr, mais on peut y voir sans doute une expression Anglaise prise au pied de la lettre, "paint the town red", ce qui veut le plus souvent dire "faire la fête"... Mais on s'en rend vite compte, c'est la fête d'un seul homme.

Mis en scène avec le même style que son film précédent, un mélange de simplicité directe, et d'une façon de prendre son temps à l'imitation de Leone (auquel la musique de Dee Barton, à la manière d'Ennio Morricone, renvoie indubitablement), ce film rappelle à sa façon comment l'Ouest s'est parfois construit, à coups de fouet parfois, et de quelle façon une communauté peut parfois avancer en se retournant contre un membre et un seul, ce qui ne peut évidemment que déplaire au farouche partisan des libertés qu'est Eastwood depuis toujours. Bien sûr, ce film est léger, il n'est pas un réquisitoire à la Wellman, mais ce dernier n'est pas pour rien un modèle revendiqué par Eastwood...

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Western
2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 09:16

Un richissime propriétaire de ranch, Grant (Ralph Bellamy), engage quatre hommes, des aventuriers dont certains se sont illustrés au^rès de Pancho Villa, pour récupérer son épouse: il affirme qu'elle a été kidnappée contre rançon par un bandit Mexicain, Jesus Raza (Jack Palance). Les quatre mercenaires sont tous des durs à cuire, avec chacun sa spécialité: Rico Fardan (Lee Marvin), qui dirige l'opération, est un spécialiste des armes en tous genres; Hans Ehrengard (Robert Ryan) un expert en chevaux; Jake Sharp (Woody Strode) a été un excellent scout pour l'Armée, et il a une connaissance experte du tir à l'arc; enfin, Bill Dolworth (Burt Lancaster) est un maître en ce qui concerne les explosifs... Ils se mettent en route, attirés par la prime conséquente.

Une histoire comme celle-ci, pourrait-on penser, n'a pas besoin de grand chose pour fonctionner toute seule, si ce n'est quelques péripéties, et des décors adéquats. Les déserts du Sud de la Californie, et quelques paysages mexicains, arides et désoés, font éffectivement l'affaire. L'époque dans laquelle se déroule le film est le tout début du XXe siècle, comme en témoigne l'arrivée de Lee Marvin en voiture au départ... Mais très vite les héros vont s'éloigner de la civilisation et sans faire de psychologie de pacotille, ils vont retrouver à bien des égards certains idéaux de leur jeunesse comme on effectue un voyage dans le temps.

Le révélateur sera une femme, Maria (Claudia Cardinale): c'est l'épouse de Grant, et il sera révélé au cours du film qu'elle n'a en fait pas été kidnappée... La vérité changera totalement la donne... Mais le caractère même des quatre "professionels" va aussi jouer un rôle dramatique. Les tensions occasionnelles entre eux ainsi que leur nature profonde (Hans est un sociopathe avéré, et Dolworth est revenu de tout, suf de son obsession pour les femmes) rythment le film: vont-ils aller au bout de la quête ou pas? Vont-il trahit Grant pour aller récupérer un trésor, comme le suggère Dolworth? Ce dernier est par bien des égards, le maillon faible dans la troupe...

Pourtant le film va montrer de quelle façon l'aventure réveille leur romantisme profond, en rappelant à certains d'entre eux les révolutions auxquelles ils ont contribué...

Et surtout, il y a des explosifs, des bagarres, des attaques de bandits mexicains, et Lee Marvin. Comment voulez-vous résister?

 

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Published by François Massarelli - dans Western
17 novembre 2024 7 17 /11 /novembre /2024 17:11

Une compagnie (véreuse) de chemin de fer est en pleine installation d'une nouvelle ligne dans l'ouest. Sous le couvert de sa mission d'assistant aurpè du gouverneur de l'état, l'honorable William J. LePetomane (Mel Brooks), l'infâme  Hedley Lamarr (Harvey Korman) décide de tout faire pour faire fuir les habitants de la tranquille petite ville de Rock Ridge. Il a une idée diabolique, celle d'envoyer dans le conté un nouveau shérif... Afro-Américain, pensant que ça les achèvera... Bart (Cleavon Little), le nouveau shérif, arrive en ville et va très vite mesurer à quel point les habitants lui sont hostiles...

Je ne pense pas qu'il y ait vraiment eu avant ce film un western parodique qui osait autant mettre complètement en désordre la belle structure du western, à part bien sûr dans le dessin animé. Auparavant, les comédies-western (certains films de Harold Lloyd ou de Keaton, et bien sûr Way out west avec Laurel et Hardy) plaçaient leurs héros dans le cadre westernien, mais laissaient malgré tout l'intrigue assurer la sécurité du genre! Ici... Non. Brooks a tendance à jeter l'intriue avec l'eau du bain... Mais pas trop vite, c'est ça qui est très appréciable.

Le but de Mel Brooks, pour autant, n'est pas (que) de dynamiter le genre à coup de gags, de dérapages, de digressions, d'anachronismes, de parodie. Il a fait tout ça et plus encore, mais surtout il a osé faire de ce film loufoque situé dans l'ouest un plaidoyer anti-raciste où il tire à boulets rouges sur le racisme et l'intolérance fondatrice de l'esprit des pionniers... Comme le dit Gene Wilder à Cleavon Little dans une scène semi-improvisée, "ce sont juste de simple fermiers... Des gens de la terre... fait d'un roc commun dans l'ouest... Tu sais: des abrutis." Et le film sert admirablement cette thématique, sans jamais se tromper de cible, c'est formidable!

Bon, il propose aussi son lot de scènes dont l'humour est basé sur un excès d'un personnage, Hedley Lamarr étant particulièrement sujet à ce type de chose (il a un rire diabolique tellement mauvais que ce ne peut être pris au sérieux), des gags fondés sur la bêtise (Slim Pickens est particulièrement obtus), des parodies ciblées (Madeline Kahn en chanteuse Allemande qui chante faux et mal avec une voix atroce, comme Marlene Dietrich donc), des gags scatologiques (la très célèbre scène écrite par quelqu'un qui a bien vu que les cow-boys, dans l'ouest, mangeaient souvent des fayots en boîte, et donc...), la destruction du quatrième mur, comme le moment où Lamarr parle de sa future nomination aux Oscars, où bien sûr le moment où la bagarre précipite tous les protagonistes sur les plateaux voisins dans les studios Warner, et de petits anachronismes... Et comment oublier l'apparition de Count Basie et de son orchestre, au détour d'un chemin?

C'est donc un classique, généreusement transgressif et souvent jouissif, qui n'a finalement pas perdu de sa verve et de sa vigueur, à l'heure où les vannes de la liberté et de la décence risquent de se fermer aux Etats-Unis... Notons au passage que ce film au titre si absurde et profondément westernien, comme The Naked Spur, par exemple, a été sorti en France sous le titre glorieusement débile de Le shériff est en prison. Ne jamais sous-estimer les distributeurs français sur leur débilité.

 

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Published by François Massarelli - dans Mel Brooks Western Prout
22 octobre 2024 2 22 /10 /octobre /2024 13:41

Une actrice de New York, fatiguée de tout, décide de se lancer à l'aventure et elle se rend dans l'Ouest. Dans le train, elle rencontre une autre femme, qui est attendue dans une petite ville de la Frontière par des cow-boys payés par sa tante pour lui faire une petite farce de mauvais goût: ils vont la kidnapper, elle qui s'est plainte de la fadeur des aventuriers modernes...

Mais à l'arrivée, la nièce ayant été retenue en chemin, c'est l'actrice qui est kidnappée par un groupe d'hommes (Dont le plus grand n'est autre que Francis Ford soi-même), qui ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés...

Ce film complètement farfelu (et d'une manière très assumée) est incomplet: c'est une production de Gaston Méliès, le frère de Georges, qui avait eu pour mission dans un premier temps de elayer la production Parisienne de son frère par a la création de courts métrages locaux aux Etats-Unis. Mais Gaston Méliès, plus adaptable que son frère, a très vite pris son indépendance et a lancé une production systématique de westerns qui s'avéreront une grande influence sur la future Universal, et sur les films Ince.

C'est un petit bonheur, en particulier, de voir Edith Storey en actrice qui mène par le bout du nez les piètres acteurs (mais braves cow-boys) dont elle ne fait qu'une bouchée.

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Francis Ford Edith Storey
19 octobre 2024 6 19 /10 /octobre /2024 09:37

Une vallée en Arizona, à deux pas de Monument Valley, a inspiré des promoteurs qui y ont ouvert un lieu de colonisation... Mais les colons successifs vont se frotter aux habitants des lieux, des Apaches de plusieurs familles (antagonistes) qui ne sont pas disposés à les laisser s'installer.

Ici s'arrête la dimension "racontable" de ce film de trois heures... pour s'en tenir à son "premier chapitre", le seul sorti. La sortie du deuxième a été pour l'instant annulée...

On a beaucoup parlé de ce film forcément, d'abord parce que Kevin Costner, acteur plus que compétent et après tout fort estimable, n'avait pas sorti de film personnel depuis 20 ans, et surtout c'est le metteur en scène-auteur de Dances with wolves. Mais ce dernier, sorti en 1990 et accueilli en triomphe, avait beau être un long film, c'était surtout "UN" film. Ici, on nous en annonce trois autres... 

Le projet est très ancien, Costner a toujours voulu mettre en chantier cette saga, et le développement en a été très long. Mais le plus fou, c'est qu'il ait été mené apparemment, du moins pour les deux premiers chapitres semble-t-il, au bout.

Mais le film aussi est long, ce qui n'est pas un problème en soi, je ne vais évidemment pas vous faire une liste des chefs d'oeuvre avérés qui dépassent les trois heures de visionnage. Seulement pour faire un film de 180 minutes, il faut intéresser le spectateur, un minimum d'attraction est nécessaire. Ici, on revendique de raconter une histoire, mais elle se noie dès les premières secondes dans la tentation de la contemplation fascinée de ces paysages westerniens fabuleux.

On en vient à ce paradoxe: un western long, magnifique à voir, mais étiré au-delà de toute possibilité pour le spectateur de comprendre ce qu'on lui raconte, ou de s'intéresser à ces redondances systématiques. En Anglais, on le traiterait d'indulgent, et on parlerait de "mess of a film". D'ailleurs, c'est ce qu'il en est dit. 

Les vraies questions, dans ces conditions, seraient plutôt "va-t-on oser sortir la suite?"... et "qui, de toute façon, irait la voir?"...

 

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Published by François Massarelli - dans Western Kevin Costner
26 août 2024 1 26 /08 /août /2024 15:17

1829: Le trappeur Flint Mitchell (Clark Gable) se lance dans une expédition en territoire Blackfoot; mais pour éviter l'hostilité des natifs, il s'arrange pour se marier avec la fille d'un dignitaire Nez Percé, Kamiah (Maria Elena Marques), qui a été adoptée par Bear Ghost (Jack Holt), chef d'une importante famille Blackfoot... Ce qui est un arrangement économique au départ va profondément changer le trappeur du Kentucky.

C'est une ode à l'Amérique des pionniers, aux vastes étendues sauvages à apprivoiser, à ces Américains que tout opposait mais qui réussissaient à s'allier pour vivre ensemble, côte à côte... C'est aussi une aventure particulièrement impressionnante en soi, un film qui a certainement été une expédition délirante à lui seul! Clark Gable en trappeur, ça interpelle, mais après tout, pas plus que de le voir en chasseur au fin fond de l'Afrique dans Mogambo... Et la galerie de personnages est passionnante, s'il n'y avait un problème: sautez le paragraphe suivant pour en savoir plus!

Adolhe Menjou joue un trappeur béarnais d'origine, qui sert d'interprète aux trappeurs qui doivent parlementer ou dialoguer avec les familles natives; il jouera un rôle crucial dans la communication entre Flint et son épouse, contribuant ainsi à humaniser le héros; John Hodiak est Brecan, un écossais qui a décidé de vivre parmi les Blackfeet du Dakota; Alan Napier interprète un autre Ecossais, le capitaine Lyon, venu d'Europe avec son kilt, et ses souvenirs de la bataille de Waterloo; à côté de ces personnages sympathiques, Ricardo Montalban incarne la menace: il joue Iron shirt, l'héritier Blackfoot qui ne veut pas laisser les trappeurs s'installer, et leur déclare ouvertement la guerre.

Une intrigue simple, mais qui permet une narration ensoleillée des mésaventures dans les grands espaces... La vision fascinante d'une période située bien avant les années rendues traditionnelles par les canons du western... On voit bien ce qui a fasciné Wellman dans ce film. Le problème c'est que le metteur en scène a réalisé une oeuvre jugée trop longue, et avait bien sûr pris son temps dans sa version. Les coupures étaient inévitables (avec l'aide d'une narration en voix off, du fils de Flint Mitchell, un procédé artificiel, mais qui fonctionne plutôt bien malgré tout), et la galerie de personnages en souffre à mon avis, certains devenant de brèves caricatures. Ils apparaissent ou disparaissent, déséquilibrant l'ensemble. Le film, qui représentait pour Wellman une aventure lyrique, est devenu le symbole même du compromis fâcheux... Dommage.

Reste que ce film est une superbe plongée aux origines du western, une histoire d'amour atypique dans laquelle deux forts caractères vont apprendre beaucoup l'un de l'autre, et une oeuvre qui fourmille de détails: à ne pas manquer, une scène de pourparlers qui aurait pu être totalement inspide, et devient hilarante quand on se rend compte que les personnages, tout en devisant sur leurs rapports d'amitié à venir, se refilent tous en douce une puce...

 

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Published by François Massarelli - dans Western William Wellman
17 août 2024 6 17 /08 /août /2024 10:07

On pouvait toujours faire confiance à Thomas Ince pour s'attribuer le crédit d'un film... Ici, le héros est Francis Ford, et comme pour d'autres films réalisés à la compagnie Bison 101, c'est vraisemblablement lui qui est aux commandes de ce court étrage de deux bobines... Un film dramatique, qui fait un usage systématique des rouages et traditions du western mélodramatique tels qu'ils étaient désormais établis... 

L'intrigue est simple: dans un avant-poste de l'Ouest, les Sioux préparent et effectuent une attaque spectaculaire, mais un télégraphiste de l'armée (Francis Ford) et sa petite amie, la fille du colonel (Ann Little) vont inverser le destin et sauver une partie du bataillon...

Il est important de mentionner le personnage de la jeune femme, qui subtilise un uniforme et prend un cheval, pour se rendre sur le lieu de la bataille et sauver son amoureux, cheveux au vent: d'une part le film ne le fait pas et crédite le succès de l'entreprise au seul héros, en contradiction avec ce que nous avons vu. Et d'autre part le metteur en scène a joué de l'esthétique de cette chevauchée désespérée d'une amazone inspirée!

L'esthtétique, d'ailleurs, est importante dans ce film, qui montre que si John Ford a toujours admis avoir pour sa part "un oeil pour la composition" (et un seul comme chacun sait), son grand frère n'était pas en reste, et ce film que je lui attribue sans vergogne  fait un bel usage de la profondeur de champ, du début à la fin, certes souvent à des fins mélodramatiques (la jeune femme qui fuit une maison assiégée, visible dans un coin de l'écran, pendant qu'au fond une diligence arrive), mais souvent avec des résultats stimulants: la tribu au premier plan qui aperçoit en haut d'une colline au fond du champ un guetteur qui leur fait des signaux, par exemple: c'est toujours très soigné dans un film qui nous rappelle l'importance d'un grand cinéaste oublié. 

 

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Francis Ford Thomas Ince
27 juin 2024 4 27 /06 /juin /2024 11:14

John Bunny est un cowboy, dont la rotondité a eu pour conséquence qu'il est devenu la cible de blagues facile sur le ranch où il travaille. Il décide de rendre aux rieurs la monnaie de leur pièce... Il s'envoie un faux télégramme qui annonce l'arrivée de sa soeur jumelle, Kitty, et une fausse lettre qui lui demande de se rendre au tribunal pour une affaire, pile au moment où sa "soeur" doit arriver... Au moment venu, "Kitty" est fêtée et devient, à l'unanimité, la cuisinière du ranch. Les cowboys commencent à multiplier leurs propositions de mariage...

Pour ce dernier point, un élément est à ajouter: l'un des cowboys est complice et il suggère aux autres d'effectuer leurs demandes pour le geste seulement, car "Kitty" n'est sans doute pas une représentante des canons de la beauté de cette rude époque de pionniers...

Bon, je le dis ici sans détour: je n'aime pas John Bunny. Je sais qu'il était une superstar de la comédie à cette époque, mais il est vraiment d'un, voire de deux, autre(s) siècle(s)... Ses rondeurs ne sont pas en cause bien entendu, mais le problème c'est qu'à une époque où on disait à un acteur "tu es rondouillard, tu dois faire de la comédie", il restait possible à l'acteur en question de développer son art au-delà de cette simple condition physique. A part des grimaces, je ne vois pas ce que Bunny apporte à son activité... Si on voulait être méchant, on pourrait le comparer à Oliver Hardy. Mais on ne le fera pas, Hardy était un génie, Bunny était probablement oublié dix ans après ce film.

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Published by François Massarelli - dans Western Vitagraph Muet