Un renard, attiré par un poulailler modèle, doit composer avec un chien extrèmement concentré sur son travail de garde, et se fait passer pour un chien errant souffrant de la faim... Le moins qu'on puisse dire, c'est que le chien n'est pas dupe...
McKimson aimait les confrontations entre un animal relativement malingre et des bestioles plus massives; mais cette fois, le gros chien très costaud est le garant de l'ordre établi... Entre le chien, au vocabulaire calme et posé (il fait même une démonstration musclée de sa décontraction), et le renard stressé, la dynamique est très efficace...
Et le renard fournit un commentaire en voix off qui fera irrésistiblement penser au film noir...
Désespérément, un renard s'attaque à un poulailler, mais il ne parviendra pas à tromper la vigilance du coq de garde...
Bien que le film soit du à McKimson, le coq n'est pas Foghorn Leghorn, mais un mastar générique, bien rendu, et faisant face à un renard qui lui non plus ne me semble pas avoir fait une réapparition (pour autant que je le sache, car je ne pense pas avoir vu les 1000 film des séries Looney tunes et Merrie Melodies...)... Une bouffée d'air frais, donc, en perspective.
Comme toujours avec ces films basés sur la faim et l'inversion des rapports de force entre un prédateur et une cible, ça fait mouche... On regrettera que le renard soit un rien trop bavard cependant...
Etonnant: un film de Bob McKimson avec Foghorn Leghorn, tourné en 1960... Et contrairement à ce qu'on attendrait du réalisateur et du personnage, le film est plutôt bon. Sauf qu'il faut bien admettre qu'il louche sérieusement du côté de Chuck Jones!
Foghorn Leghorn, nostalgique, a quitté sa ferme pour rejoindre le Sud... Il s'installe donc à l'ombre d'une plantation, où deux oiseaux de proie (des faucons affamés) vont le considérer comme une denrée de choix!
Ce qui revient à McKimson, outre le personnage (j'ai déjà tellement écrit à quel point je n'aimais pas ce coq, pas besoin de le réécrire), c'est une certaine tendance au bavardage... Mais là où le film rejoint l'univers de Jones, c'est dans le côté disjoint des gags, tous liés à de lamentables tentatives de la part des oiseaux de se saisir du coq... Sinon, celui-ci e se déplace jamais sans des plumes de rechange, de la marque Acme bien entendu...
Une prison assez typique des années 30, on y trouve des prisonniers endurcis, qui sont tous plus rides les uns que les autres... En particulier, nous voyons deux de ces gibiers de potence, qui ont une routine bien établie: le plus grand fait les bêtises, et le plus petit se fait punir! Le directeur de la prison est un faible un peu loufoque, qui ne voit pas le comportement parfois limite des prisonniers autour de lui... Alors quand un prisonnier s'évade, c'est la pagaille...
Dans les années 30, le film de prison est un genre à part entière, qui a donné quelques films importants, les plus célèbres étant sans doute The big House (George Hill, 1930), 20,000 years in Sing-sing (Michael Curtiz, 1933) et Each dawn I die (William Keighley, 1939)... C'est un peu à une parodie de ce genre que se livrent les deux réalisateurs Cal Dalton et Ben Hardaway... Une équipe qui donne souvent des films surprenants, d'une vitalité et d'une énergie aboslument affolants, aux antipodes des oeuvres tellement plus compassées de Harman et Ising, qui il est vrai n'ont pas dirigé beaucoup de Looney Tunes ou de Merrie Melodies...
Répertorier les gags présents dans ce film serait fastidieux, tellement il y en a, mais il vait la peine d'être découvert, à plus forte raison dans la merveilleuse copie rendue disponible sur un blu-ray Warner récent. Mon préféré étant par ailleurs une allusion à un film majeur de Curtiz, Angels with dirty faces: les metteurs en scène se sont amusés à parodier une scène dramatique dans laquelle l'auteur Hongrois représentait en ombres chinoises l'exécution d'un gangster au moyen de la chaise électrique...
Une visite loufoque du zoo, où on trouve un paquet de chameaux (camels) fumeurs, un bus de la compagnie Greyhound (le Greyhound étant aussi un chien de race, sa présence au zoo devient logique), un chimpanzé qui trouve que l'homme qui l'observe lui est tellement semblable qu'il ne leur reste qu'à échanger leurs places... Et tout un tas d'autres animaux loufoques, placés là en raison d'un jeu de mot ou d'une allusion à la culture populaire...
Sur ce dernier point, on perd évidemment beaucoup du sens, mais ça fait un peu partie de la poésie particulière de ces travelogues et autres visites, faux documentaires et autres faux films didactiques qu'affectionnait tant Avery parce que ça lui évitait d'avoir à raconter une histoire!
A noter, l'une des quelques apparitions de Egghead, le personnage qui allait bientôt grossir et changer de nom: on l'appellera bientôt Elmer Fudd. En attendant, Avery l'utilisait beaucoup comme fil rouge. C'est le cas ici...
Une petite fille, dans une nurserie, sort de son lit pour manger un morceau, et les personnages de son papier peint s'animent dans une version délirante et musicale de La Belle et la Bête... La Bête a très vaguement un visage inspiré de Jimmy Durante...
Les deux principaux intérêts de ce film, un court métrage assez typique de la série Merrie Melodies, n'ont pas grand chose à voir avec son intrigue très conenue... Pour un cartoon Warner, s'entend. Non, d'une part Beauty and the beast est une preuve éclatante de l'emprise de Disney et de ses Silly Symphonies sur le monde du dessin animé, et de la façon dont Leon Schlesinger modelait ses productions sur son concurrent principal. Le film est en couleurs, mais c'est le Cinecolor, un technicolor du pauvre, en deux filtres au lieu des trois pimpants affichés par Disney...
Et surtout, c'est le premier court métrage des Merrie Melodies qui soit dirigé par Friz Freleng, lui-même un transfuge de Disney... Il était revenu de ses premières expériences avec un savoir-faire impressionnant dans l'art de synchroniser animation et musique...
Les patrons des deux bouledogues, le père Spike et le fils Tyke, partent pour la soirée, et confient la maison aux deux chiens, en leur demandant de faire attention à ne pas laisser leur chat faire ce qu'il veut... Spike en profite pour faire la leçon à son petit sur la technique de chien de garde. Mais le chat de la maison a décidé de convoquer ses trois copains pour faire la fête...
C'est assez classique, avec une mission clairement identifiée (les chiens gardent la maison) et des trouble-fêtes: les trois chats. Pour bien faire, peut-être aurait-il fallu que leurs tentatives soient un peu plus efficaces, car ici, ils auront beau faire, ils ont affaire à forte partie.
Après deux courts métrages, Hanna et Barbera vont malgré tout abandonner l'idée de continuer cette série, qui était un spin-off de Tom & Jerry: le chat de la maison, d'ailleurs, avait été en concurrence avec Tom sur un court métrage, et par ailleurs, les deux maîtres des chiens sont un couple qu'on aperçoit dans certains courts métrages de la fin de la série des Tom & Jerry réalisés par Hanna et Barbera.
Spike and Tyke, les deux chiens qui apparaissent parfois dans les Tom & Jerry, passeraient une journée assez tranquille à faire une sieste bien méritée, s'il n'y avait eu deux éléments inattendus: d'une part, un chien errant qui vient s'installer dans le quartier. De l'autre, une opération de la fourrière... Entre les trois chiens, seulement deux colliers... Commence alors un jeu de chaises musicales dans lequel Spike essaie d'empêcher le chien inconnu de prendre le collier de son fiston...
C'est un ballet assez enlevé entre les deux chiens "établis" et le vagabond, qui joue ici le rôle du cheveu sur la soupe. On constate à un moment que la vraie menace, à savoir l'agent de la fourrière (d'ailleurs il s'agit d'un personnage repris d'un court métrage de Tex Avery), est finalement assez débonnaire: du moment qu'il ramène un chien errant, peu importe après tout.
C'est le premier de deux courts métrages de Spike & Tyke, qui sont vraiment dans le sillage de Tom & Jerry: même design, même univers, et même musique de Scott Bradley au générique, d'ailleurs reprise par le chien vagabond qui chantonne dans la scène d'ouverture...
Ce film reprend une bonne part de l'action et des protagonistes du film Busy Buddies de 1956: une baby-sitter plus intéressée par sa conversation au téléphone néglige le bébé qu'elle a la charge de garder, et il incombe à Tom et Jerry qui auraient mieux à faire, de s'occuper du petit. Mais la jeune fille les accuse de tous les maux!
La fin est différente, et le traitement tente d'incorporer l'idée que Tom et Jerry sont constamment interrompus dans leurs tentatives de se massacrer mutuellement. En soi, c'est une idée intéressante, mais le film sert surtout de constat: ayant pris en plus de la réalisation, le job de produire leurs films, se retrouvent avec une charge trop importante. Et de toute façon, ils ont pris la décision d'arrêter la série, qui sera reprise par d'autres...
Après avoir fait leurs adieux aux parodies des Trois Mousquetaires, le duo Hanna et Barbera tente une nouvelle approche qui restera sans suite: Tom et Jerry (et la petite souris en couche, Tuffy) sont donc désormais des animaux vivant dans l'univers de la forêt de Sherwood...
Robin Hood a été fait prisonnier, ses compagnons désespèrent de le libérer... Mais Jerry et Tuffy, menés par ce dernier, décident de prendre l'affaire en mains. Seulement Tom, veille au grain et fait tout ce qu'il peut pour empêcher les souris d'arriver à leur but...
C'est un film assez moyen, dans lequel les soucis du quotidien sont remplacés par des chassés-croisés autour de la clé de la cellule du héros (qu'on ne verra évidemment jamais). Une fois de plus le court métrage semble faire l'impasse sur Jerry qui devient un faire-valoir de Tuffy... Et l'animation est réduite à sa plus simple expression.