1776... Le film renvoie à l'héroïque bataille de Bunker Hill, entre les forces Américaines, et les forces Anglaises soutenues par des mercenaires Allemands. A ma droite (côté Américain), Bugs Bunny. A ma gauche (côté Anglais), Sam Von Schamm, une nouvelle variation sur le personnage de Yosemite Sam...
La lutte est bien sûr inégale, et on se rappelle pourquoi Freleng avait si souvent recours à la confrontation entre ces deux-là: ca marche tout seul. Les gags, pilotés par Bugs Bunny et subis immanquablement par sam, sont toujours rythmés, impitoyables et d'une absolue clarté...
Bugs Bunny se promène dans la verte forêt enchanteresse des monts Ozark, en plein pays hillbilly... Il va inévitablement se trouver à portée d'escopette, pris pour un membre de la famille rivale...
En choisissant de faire des deux protagonistes (deux barbus des montagnes rocheuses, imaginez J.D. Vance en un peu plus intelligent) des frères, le scénario permet d'éviter de pousser la caricature, et donne un peu plus de poids aux antagonistes: car auprès de ces créatures à peine humaines, Bugs Bunny est d'une intelligence telle qu'un seul ennmi n'y suffira pas...
On sourit volontiers devant une caricature d'autant plus méchante, que McKimson lui-même est un Sudiste, qui l'a souvent rappelé à travers sa création du coq Foghorn Leghorn... Ce film, qui montre deux poilus épais aux entournures, les pieds nus, avec des fusils antédiluviens (et qui donnent aux animateurs de jolies idées), est plutôt réjouissant.
Deux souris, Hubie et Bertie, se rendent dans une maison de démonstration de la "maison de demain", crée par Frank Lloyd Wrong... Tout y est mécanisé,et les deux animaux sont confrontés à des gadgets technologiques délirants. Il s'attellent méthodiquement à la tâche de tout saboter...
C'est une reprise d'une situation déjà explorée dans un court métrage de 1938, Dog gone modern, mais avec deux chiens plutôt mignons, les "two curious puppies"; mais a la naïveté des deux chiots, le nouveau film oppose deux souris irresponsables... Les deux souris et leur dynamique permettent de maintenir l'intérêt...
On pense aussi a un court Disney avec Donald, Modern inventions...
Hubie et Bertie, les deux souris de The Aristo-Cat, reprennent du service: ils sont nettement mieux définis, et la dynamique entre eux est très laire: Hubie est le malin, et Bertie l'idiot de la paire... Hubie a les idées et son copain le suit aveuglément. Dans ce film, ils tentent de persuader un chat qu'il est un lion... Et qu'il lui fait s'attaquer à d'autres animaux, qui seront tous incarnés par un gros chien...
C'est profondément idiot, certes, mais ça défoule. Et l'animation est superbe, classique et très mobile... Chuck Jones est bien plus à l'aise dans l'absurde grinçant que dans la mièvrerie, de toute façon, ce film en est une preuve évidente...
Notons que le titre, un abominable jeu de mots comme souvent, est une parodie du titre d'un film de la Warner, cette fois Roughly speaking de Michael Curtiz...
Les souris ont toujours influencé les dessins animés, et les influenceront toujours... Ici, pourtant, elles ne sont qu'un prétexte, qui disparait assez vite: Porky découvre, alors qu'il souhaite dormir, qu'il a des rongeurs chez lui... Il va donc chercher à s'en débarrasser, d'abord par un piège... Qui ne marche pas. Il se résoud donc à prendre un chat, qui règle le problème, mais... Comment s'en débarrasser quand la bête invite ses copains pour une beuverie?
C'est drôle, rythmé, inventif... Les deux souris sont vaguement, lointainement inspirés de Hubie et Bertie, mais on les verra assez peu. De son côté, le chat a des faux airs de Claude, le premier du nom, qui était un chat trop gâté dans The Aristo-Cat...
Le film possède ses moments fabuleux de virtuosité dans l'animation, notamment dans un réveil de Porky Pig qui fait diablement penser à Bob Clampett, offrant une variation sur la démultiplication du mouvement expérimentée par ce dernier en compagnie de l'animateur Rod Scribner.
Cet "Aristo-cat"-là n'a pas de lien de parenté avec les chats de Disney, qui seront les héros d'un film de 1970... C'est le héros d'un unique film, dans lequel il croisera deux personnages qui en revanche auront droit à plusieurs apparitions: deux souris...
Le chat Claude (rien à voir avec l'autre chat du même nom, un filou roux qui apparaîtra dans quelques films du même Chuck Jones) est le chouchou de sa propriétaire, une bourgeoise assez excentrique, qui confie le cher ange à son majordome, Meadows. Mais le chat lui fait subir une telle série de malheurs qu'il donne sa démission: devant se débrouiller seul, Claude est bien mal parti, et il va recevoir des conseils d'une paire de souris, Hubie et Bertie, l'un plus malin et l'autre plus idiot, de vrais voyous en tout cas...
C'est un bon film, riche en gags et en caractères, avec une situation absurde qui est jouée jusqu'à ses dernières limites... En particulier, on conseille à Claude, qui ne connait rien, de s'attaquer à une souris, mais c'est en fait un gros, très gros bull-dog...
Un gros client, le gangster E.G. Robincat, arrive à la taverne de Tuffy, spécialisé dans l'accueil des chats: il veut manger une souris. Tuffy est dans l'incapacité d'amener une souris, c'est donc au garçon (qui est particulièrement bête) de trouver une victime. C'est Sniffles qui va s'y coller...
C'est assez quelconque, on a l'impression que le film a été fait pour remplir un trou dans la progrmmation. Le personnage Sniffles a de toute façon bien vécu, il s'agit de son dernier film... Comme dans The unbearable bear, il manque de gâcher le film définitivement en parlant trop... On apprécie la tentative de caricaturer E.G. Robinson, même si Avery vait été plus efficace dans Thugs with dirty mugs en 1938...
Sniffles a grandi... Un oeuf qui est tombé d'un nid de faucon se retrouve dans sa tanière, et quand il éclôt, la petite souris se décide à élever le poussin... Qui ne tarde pas à être 10 fois plus grand que lui... Sauf que quand il décide de se documenter sur l'animal qu'il a vu grandir, Sniffles en lisant un livre s'aperçoit que la bête mange des rongeurs...
L'ouverture du film, qui nous montre le périple de l'oeuf, est magistrale, avec un timing fantastique. On sent, à travers ce prologue qui prend son temps, que la production avait besoin de remplir un peu! C'est vrai que sinon, l'argument de ce film est mince comme une feuille de papier à cigarette... Sniffles, d'une certaine manière, a bien grandi, et au débit on entend même sa voix menacer de muer! Il reste désespérément naïf, mais le film est tendre, bien fait et plein de petites surprises...
Sniffles n'a pas été mis en valeur dans un court métrage depuis 1941, et sa série de cartoons pour enfants est désormais du passé: Chuck Jones le ravive pour un court métrage (il y en aura deux autres) où il devient juste un protagoniste secondaire... Le film a tou pour être excellent... Ou presque.
Un renard s'approche d'une maison qu'il désire cambrioler. Ce qu'il ne sait pas c'est que c'est la maison d'un policier, et que ce dernier, qui est sorti pour faire la fête, va revenir alors que le coup est en cours... Et par ailleurs l'affaire a un témoin: une souris inquisitive, naïve et très, très très énervante!
Le film nous montre Chuck Jones au sommet de son art: des personnages fabuleusement campés, admirablement esthétiques, et un timing fantastique! C'est la période durant laquelle il basait son style sur l'émulation d'avoir travaillé aux côtés de Bob Clampett et Tex Avery: l'animation se met au service d'idées délirantes, magistrales et souvent hilarantes... Les décors sont stylisés et maîtrisés à l'extrême.
Alors pourquoi "presque" excellent? Sniffles, tout simplement, est un personnge qui n'a jamais pu être défini au-delà de son côté gentil, mignon, pour enfants. Ici, il reçoit la tendance à parler tout le temps, qui rendait la petite chauve-souris Batty très énervante dans le film précédent...
Sniffles se réfugie dans un petit moulin, pour se protéger de la pluie, alors que sa petite voiture méanique est timbée spectaculairement en panne... Mais sur place il rencontre une petite chauve-souris, particulièrement bavarde (voir plus bas). Et ensemble ils doivent se protéger d'un chat...
C'est un étrange film, qui louche une fois de plus du côté de Disney, avec ce personnage de Sniffles qui manque décidément de caractère. Le décor de campagne à la nuit tombante est assez intéressante mais ne sert ici qu'à justifier l'idée de Sniffles de se réfugier dans le moulin. Et si je me suis souvent plaint de la tendance de Sniffles à parler trop pour ne pas dire grand chose, la chauve-souris qu'il rencontre est à ce niveau absolument insupportable...
Une étrange entrée en scène est d'ailleurs réservée à cet animal, qui ressemble dans un premier temps à une stylisation de vraie chauve souris, avant de ressembler à une improbable caricature de souris ailée, dotée de sabots (voir illustration)... L'expérience Sniffles est donc arrivée à son terme! Le personnage n'apparaitra plus aussi régulièrement, avant de disparaître...