Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 17:55

 

Un show en pleine dépression? Un show sur la dépression, plutôt!  Et pour le monter, les bonnes volontés sont les bienvenues. On suit les aventures de Carol, Trixie, Polly, et de leur voisin le mystérieux compositeur Brad, qui chante si bien mais se fait prier pour venir sur scène. Et lorsqu'il se laisse enfin faire, les ennuis commencent, puisque le jeune homme est l'héritier d'une puissante famille de financiers de l'est qui prennent assez mal son intronisation dans le milieu du show business...

Bien sur, il y a plus de chances de voir ce film rangé sous une bannière "Busby Berkeley" que Le Roy. Pourtant, tout en venant après deux films formidables également dus à la patte Berkeley, mais signés par Lloyd Bacon, en charge des scènes jouées (Footlight Parade et 42nd Street), cette comédie se prète assez bien à la comparaison avec les autres films majeurs de Le Roy. D'une part parce que contrairement aux deux films de Bacon qui obéissent à la même règle fondamentale (faisons un show, mettons des bâtons dans les roues du producteur, et attendons la fin pour lâcher les gros numéros de Busby berkeley), celui-ci tourne autour d'un prétexte de comédie plus traditionnel, et permet aux comédiennes et aux comédiens de développer une histoire pas entièrement dissoute dans le spectacle. Ensuite, en faisant intervenir Warren William et Guy Kibbee en hommes du monde qui tombents amoureux de deux showgirls, la vraie comédie de moeurs est plus encore de la partie. Et on retrouve la mise en scène discrète de Le Roy, son talent pour limiter le passage du temps en quelques mètres de pellicule, et son ton direct, quasi journalistique, à mille lieues du baroque des autres metteurs en scènes-artistes de la WB.

Quant à Berkeley, eh bien, ses scènes sont parfaitement intégrées, et vont encore plus loin que dans les films précédents, en particulier le grand final, Remember my forgotten man, qui prend le parti de montrer la crise et l'un de ses effets pervers de façon brutale et noire. Curieuse façon de terminer ce qui reste une vraie, une authentique "comédie" musicale, et décidément l'un des fleurons du genre. Et tant qu'à faire, rappel: il y a Joan Blondell et Warren William, et les petites manies de Berkeley en matière de numéros musicaux hallucinogènes. Donc c'est rigoureusement indispensable! Sans parler du fait que les films dans lesquels le jeune premier s'attelle à dépiauter les vêtements de sa petite amie avec un ouvre-boîte, ça ne court pas les rues...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Pre-code Musical Busby Berkeley Mervyn Le Roy Danse
7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 09:02

Ce Dracula hispanophone, miraculé des archives poussiéreuses de la Universal, a tout pour être une curiosité, une note en bas de page de la grande histoire du cinéma. Ce qu'il est. Mais pas que... A l'origine de sa conception, deux choses: d'une part, la compagnie décide de se lancer dans la production de films d'épouvante afin de créer un genre à part entière dont deux ou trois de leurs films, dans le passé, ont pu contribuer à tracer les contours: The cat and the canary (1927) et The man who laughs (1928), tous les deux de Paul Leni, mais surtout The Phantom of the opera (1925), de Rupert Julian sont donc les précurseurs de toute une vague, qui commence avec le Dracula de Tod Browning. D'autre part, en ces temps de réadaptation de toute la machine cinématographique, la question des langues étrangères se pose de manière importante: comment importer les films dans des pays qui ne parlent pas la langue? Les sous-titres ne s'imposent pas encore, et si cet abruti de Mussolini a inventé le doublage, cette pratique éhontée, il n'est pas encore accepté par tous (et ne sera d'ailleurs jamais accepté par les anglo-saxons, qui eux ont du goût). L'idée de créer des versions multiples vient de là: une équipe tourne une version en langage natif, une autre dans un autre langage.

Si l'essentiel de cette production parallèle, dont la préservation ne s'imposait pas aux yeux des studios, a disparu, les versions étrangères sont aujourd'hui disponibles pour quelques films précis (Anna Christie, The big house, The merry widow, certains Laurel et Hardy), mais ce sont des curiosités. Le cas de ce Dracula, tourné la nuit quand Browning occupait le studio le jour, reste vraiment à part.

C'est que quand je dis que Browning occupait le studio le jour, c'est une façon de parler: son unité, oui. Karl Freund, le grand chef-opérateur, dont la présence est attestée dans quelques plans de caméra mobile de toute beauté, était bien là, et les acteurs, évidemment, aussi. Mais l'acteur David Manners a toujours soutenu n'avoir jamais été dirigé par Browning; pire, certains plans et des séquences entières sont purement et simplement bâclés. Bref, le grand classique a tout du vilain petit canard. Et ça se voyait lors du tournage, à tel point que Melford avait pris l'habitude de se rendre sur le studio avant la fin des périodes de tournage de l'équipe de jour, afin de jauger le désastre, et de concevoir des idées personnelles pour sauver SON Dracula, ce film en langue Espagnole qu'on lui avait assigné.

Le résultat est sans appel: bien plus cohérent, plus long aussi (103 minutes au lieu des 74 de l'original), mieux interprété, mieux monté, bénéficiant de meilleurs soins de la part des équipes techniques, le Dracula Espagnol reste le meilleur des deux: sans Bela Lugosi, bien sûr, remplacé par Carlos Villarias, un acteur compétent, qui lui ressemble vaguement, mais qui sur-joue aussi bien (ou mal) que l'illustre histrion Hongrois. L'intrigue, adaptée d'une pièce, reste bien sûr assez tarte, et on est encore dans les années de formation du cinéma parlant, donc la diction reste lente et lourde. Pablo Alvarez Rubio, lacteur qui transpose le rôle de Renfield, a beau en faire des tonnes, il sera toujours meilleur que l'abominable Dwight Frye! A ce propos, le montage favorise Renfield, au point de fournir des explications plus étendues sur son comportement. Car le montage du Dracula de Browning a sans aucune logique amputé les développements de plusieurs scènes, qui ici sont montrées in extenso, rendant la chose au moins plus fluide et plus cohérente. 

Je ne dis pas que ce Dracula est un chef d'oeuvre, loin de là: simplement, on voit que Melford, confronté à un pensum, a au moins fait son boulot consciencieusement, et a rendu une copie décente: deux choses que Browning a été incapable de faire avec son Dracula, l'un des pires navets de son oeuvre.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Pre-code George Melford
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 18:40

Ce film de 1932, longtemps perdu, est l'un des plus connus et des plus respectés dans la catégorie «Viens dans ma maison et fais-moi peur », mais ce n'est pas le premier du genre, loin de là... Rien qu'à la Universal, productrice de ce long métrage, un classique réjouissant de 1927 l'a précédé, avec sous la direction experte de Paul Leni une redéfinition complète du genre, hérité du théâtre et il faut le dire, bien poussiéreux (voir à ce sujet le très insupportable film The bat, de Roland West, afin de s'en convaincre): The cat and the canary...

Dans la continuité de cette renaissance d'un genre, il était logique que le style 'gothique' des films d'épouvante de la compagnie débouche sur une nouvelle histoire de maison hantée ! C'est selon les vœux de James Whale, auréolé du succès de son Frankenstein, que Universal s'est lancé dans cette adaptation d'un roman de J.B. Priestley, situé au Pays de Galles. Whale a fait venir le scénariste Benn Levy, et s'est entouré de nombreux acteurs Britanniques en plus de Boris Karloff : Charles Laughton, Ernest Thesiger ou Eva Moore, complétés par le Canadien Raymond Massey, ainsi que les Américains Lillian Bond, Gloria Stuart et Melvyn Douglas...

Une nuit, au Pays de Galles, une voiture et ses trois passagers doivent s'arrêter, tant la tempête fait rage. Une vieille maison située près d'eux leur tend les bras... Façon de parler, car l'accueil de la famille Femm sera particulièrement froid, pour ne pas dire étrange: c'est le commencement d'une nuit d'insécurité dans une vieille demeure habitée par une famille de dingos profonds qui cachent un secret: l'un d'entre eux, le pire de tous, est enfermé, et... leur domestique, le géant Morgan, est une brute, il boit, et il cache des ressources insoupçonnées en matière de friponnerie...

Whale se fait plaisir de bout en bout, c'est une évidence, et tous les personnages deviennent les poupées du metteur en scène, qui s'amuse à doser ses confrontations, entre des personnages qui passent souvent de la simple excentricité à la folie furieuse: je parle des Femm, essentiellement, mais les voyageurs ne sont pas en reste. Et surtout, le film trahit les goûts de son réalisateur pour les penchants nocturnes du cinéma Allemand (qu'il s'amuse quand même à parodier, dans une séance d'ombres chinoises menée par Gloria Stuart), maîtrisés et réadaptés au cahier des charges de la Universal post-Dracula...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans James Whale Pre-code
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 17:07

Pour son deuxième film à la Paramount, Lubitsch a une mission délicate: faire oublier quelques échecs ou semi-échecs embarrassants (Eternal love, en particulier, son dernier film muet réalisé en indépendance totale), d'une part; d'autre part intégrer de façon intelligente le médium du cinéma parlant, à l'heure où bien des metteurs en scène du muet voient leur poste remis en question par les studios... Et enfin, relancer sa carrière. Ce sera une triple mission accomplie, assortie du lancement de pas moins de deux stars: Maurice Chevalier, paradoxalement, et Jeannette MacDonald...

Mais tant qu'à faire, le metteur en scène va aussi créer de toutes pièces un nouveau genre, à l'heure où le musical végète d'une façon misérable, de films-revues en fausses comédies musicales qui mélangent numéros de music-hall joués dans l'intrigue, et mélodrame plus ou moins bien fichu: Lubitsch, avec The love parade, va inventer un genre totalement nouveau de film-opérette dans lequel il va intégrer la musique, la chanson et dans une moindre mesure la chorégraphie à la continuité filmique: à l'exception des musicals de la Warner qui vont perdurer avec génie, tout le genre viendra désormais en droite ligne de ce film...

Cette "parade d'amour" raconte donc les aventures coquines de la reine Louise de Sylvania (MacDonald) , qui après tant d'années à hésiter, a enfin trouvé l'âme soeur en la personne du beau comte Alfred (Chevalier), de son patronyme seyant Renard. Mais si l'alchimie entre les deux est indéniable, le prix à payer pour Alfred est trop grand: abandonner sa masculinité afin de devenir le prince consort ne va pas aller sans être compliqué...

N'y cherchons pas un message, juste une série de variations géniales sur le thème de la friponnerie la plus pure; avec ses personnages (auxquels il convient d'ajouter Jacques, le valet joué par Lupino Lane) et sa situation, son monde à deux vitesses (les nobles et les domestiques) qui avancent de concert, et la science du sous-entendu, associée non seulement à la suggestion de l'image, mais aussi au pouvoir du langage, fait absolument merveille.

Sans parler du fait qu'avec Chevalier et MacDonald, n'en déplaise aux détracteurs de l'un et de l'autre, Lubitsch a trouvé deux interprètes fantastiques: Chevalier est doté d'un timing impeccable et d'un talent incroyable pour faire passer tout ce qui n'est pas dit dans les sous-entendus, ce que Wilder saura rappeler dans le brillant Love in the afternoon; et MacDonald n'a pas son pareil pour assumer totalement de jouer un personnage de friponne au désir bien chevillé au corps.

Bref, avec cette Love Parade, Lubitsch effectue sans doute la plus décisive de ses métamorphoses...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Comédie Ernst Lubitsch Musical Pre-code Criterion
26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 16:51

Commençons par deux évidences: d'une part, ce film de 1932, le dernier des musicals Paramount réalisés par Lubitsch, est un remake de The marriage circle, qui transpose l'adaptation d'une pièce de Lothar Schmidt dans l'esprit d'une opérette; d'autre part, The marriage circle est un chef d'oeuvre dont le remake ne s'imposait pas. Mais une nouvelle "opérette" de Lubitsch avec Maurice Chevalier et Jeanette McDonald? Et en prime un auto-remake d'un de ses propres films par le grand Lubitsch? On ne va certainement pas faire la fine bouche...

Le docteur Bertier (Maurice Chevalier) et Madame (Jeanette McDonald) s'aiment: la preuve, les policiers de Paris les surprennent dans les bras l'un de l'autre dans un parc de la capitale, enlacés dans une embrassade gourmande et nocturne... Tellement occupés qu'on ne les croit absolument pas mariés. Mais ce mariage idyllique va être soumis à rude épreuve: la meilleure amie de Colette, Mitzi Olivier (Geneviève Tobin), véritable croqueuse d'hommes certifiée, vient en effet de déménager de Lausanne avec le professeur son mari (Roland Young), et si elle se réjouit de retrouver son amie Colette, elle va rencontrer le docteur Bertier avec le plus grand intérêt... Ce que ce dernier va d'ailleurs sentir passer, mais pas forcément à son corps défendant.

Le prologue installe le style du film avec autorité: un mélange permanent entre comédie parlante, scènes chantées, et musique accompagnée de récitatifs rimés, qui permettent à tout un chacun de participer à la comédie musicale, sans pour autant prendre le risque du ridicule, et aux chanteurs chevronnés d'intégrer la musique à la mise en scène, de façon fluide. Bref, c'est le style établi par Lubitsch depuis Love Parade en 1929. Et le ton est résolument égrillard, c'est le moins qu'on puisse dire. D'une certaine façon, One hour with you complète ou plutôt prolonge The marriage circle, avec un certain nombre de scènes qui permettent à Lubitsch d'aller un peu plus loin dans l'audace. Deux scènes, l'une est célèbre, montrent bien cet aspect du film: lorsque Adolph (Charlie Ruggles), le soupirant éternel de Colette lui téléphone pour annoncer sa venue à la soirée qu'elle organise, déguisé en Roméo, il a la surprise d'entendre son amie lui dire que ce n'est pas un bal costumé... Reprochant à son domestique de l'avoir induit en erreur, il s'entend rétorquer par celui-ci qu'il avait envie de le voir en collants... L'autre scène "nouvelle" est celle où, durant la soirée, Bertier et Mitzi se retrouvent seuls à l'extérieur, avec une métaphore insistante représentée par un petit jeu autour du noeud papillon: Bertier ne sait pas le nouer, et Mitzi passe son temps à le lui défaire, ce qui les oblige à passer du temps, intimement enlacés, Mitzi concentrant son attention sur la nécessaire satisfaction de Bertier...

Mais le film a changé le ton de l'histoire originale, aussi, pour des raisons semble-t-il personnelles: Lubitsch, qui devait être seulement le superviseur de la production, a changé en cours de route de fonction, remplaçant au pied levé George Cukor (qui le lui reprochera toute sa vie), afin de relever un peu la sauce, parce qu'il trouvait les premiers efforts de Cukor insuffisants (Et accessoirement parce que Chevalier ne le supportait pas). Et Lubitsch, justement, sortait d'un divorce particulièrement compliqué... Donc le metteur en scène a tout fait pour teinter ses marivaudages, finalement assez flous dans le film muet de 1924 (A-t-il, ou n'a-t-il pas?) de réalisme. Ici, bien qu'il s'en défende, tout concourt à nous faire penser que le Docteur Bertier a bien été infidèle... Et l'image du couple idyllique du début (et du premier film) en prend, quand même, un sacré coup...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Ernst Lubitsch Musical Criterion
20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 10:05

Au début du XXe siècle, à San Francisco, quand les familles Chinoises (les "Tongs") s'opposent, on fait appel au Hatchet man, un médiateur désigné qui rend la justice... de manière expéditive. Son arme? Une hachette, manipulée d'une main experte. Wong-Low-Get (Edward G. Robinson) est cet homme, et la mission qu'il doit accomplir au début du film n'est pas de tout repos, pas plus qu'il ne l'accomplira de gaieté de coeur. En effet, il doit exécuter son meilleur ami, Sun-Yat-Ming (J. Caroll Lynch), celui-là même qui, sentant le vent venir, s'apprête à tout lui léguer, y compris la garde, puis la main de sa fille Toya. Une fois sa mission accomplie, Wong-Low-Get accède donc à la fortune de son ami, et devient le tuteur de sa fille, sans jamais lui cacher que le but ultime est de se marier avec elle.

Les années passent: les coutumes changent, et la communauté Chinoise de San Francisco s'est adaptée. On ne parle plus de "Hatchet man", et Wong-Low-Get est désormais un paisible et prospère négociant en soie, qui attend patiemment le jour si lointain où, sa pupille Toya (Loretta Young) devenue majeure, il pourra enfin l'épouser... Lorsqu'il faut reprendre les affaires de la communauté, toujours soumise à des troubles, l'ancien justicier se retrouve flanqué d'un certain nombre de gardes du corps, dont le séduisant playboy Harry En Hai (Leslie Fenton), que la jeune épousée a déjà rencontré sur une piste de danse: elle tombe amoureuse...

On n'attendait pas William Wellman sr ce terrain, et d'ailleurs, il y a de fortes chances que pour lui non plus, la mission n'a pas été un plaisir. Il s'acquitte de son travail de metteur en scène avec tact et métier, et dirige un Edward G. Robinson fidèle à sa légende, dont on a parfois le sentiment qu'il est engagé ici sur un terrain qui renvoie à Lon Chaney: un amour inconditionnel pour une femme plus jeune, des liens quasi filiaux, une personnalité sombre, à la fois aimante et criminelle... Et l'orient! Si pour Lon Chaney en son temps, le fait d'incarner les Chinois était souvent un défi de maquillage qui débouchait sur des conventions théâtrales ou cinématographiques admises, il y a quand même une gêne à voir tant d'acteurs anglo-saxons dans les rôles de Chinois: Loretta Young, Tully Marshall, Charles Middleton ou Leslie Fenton, voire, un nom particulièrement familier, Edward Peil... Et ça ne passe généralement pas. 

Mais Wellman étant Wellman, il passe assez rapidement outre la stupidité conventionnelle et prévisible du script, pour s'amuser: plans-séquences muets dans tous les sens, jeu sur l'atmosphère et la lenteur (il semble rivaliser avec tous ses acteurs engager pour jouer lentement car "ça fait Chinois et mystérieux"), et se permet comme d'habitude de nous frustrer de la scène de flambée de violence au moment où on s'attend à la voir. Et il semble prendre plus de plaisir encore que Leslie Fenton (Qui a, et je m'excuse de cette considération mais il faut que je le dise, une vraie gueule de raie, et le maquillage n'arrange rien!) à s'occuper de Loretta Young, dont au passage je tiens à préciser que, seule épargnée parmi tous ces acteurs, le maquillage est plutôt honnête.

Bref, on a tendance à ronger un peu son frein, devant cette histoire de vengeance un peu prévisible, et devant cet homme qui prétend être le serviteur légitime et aveugle de la justice de Buddha, avec son tout petit ustensile ridicule... Jusqu'à ce que... Non, je vous laisse voir.

...Mais si jamais il y eut un film qui nécessite impérativement d'être vu et revu pour ses dernières soixante secondes, c'est celui-ci.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans William Wellman Pre-code
8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 17:39

Africa est, comme le film My Pal Paul du même Walter Lantz, un dessin animé qui a pour but de contribuer à promouvoir sans trop en avoir l'air le musical The King of Jazz, dont il reprend certain éléments du cartoon qui en était l'introduction. En villégiature en Egypte, le lapin Oswald y danse avec une reine d'Egypte un peu (mais pas trop) sexy, et se bat avec des lions, et autres animaux...

Ce serait totalement anecdotique, sauf pour un ou deux détails du générique... Les noms qui y figurent sont impressionnants: les voix en sont assurées par Pinto Colvig, qui allait être la voix de Goofy quelques années plus tard pour Disney. Un autre nom lié à Disney était l'animateur principal, Clyde Geronimi, qui allait un solide réalisateur de la firme de Burbank durant une trentaine d'années. Sinon, les noms de Ray Abrams et Fred "Tex" Avery sont également ceux de futurs animateurs et réalisateurs de talent...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Animation Pre-code
8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 17:29

C'est en 1927 que Ub Iwerks et Walt Disney ont créé ce personnage, qui sera ensuite distribué par Universal. Mais le personnage s'avérant insatisfaisant, Disney va demander à Iwerks de revoir sa copie, avec, je ne sais pas, moi, une souris par exemple? 

Donc bonjour Mickey, exit Oswald: celui-ci, dans un premier temps, a été continué pour alimenter les programmes Universal, ce qui explique qu'on en ait quelques minutes en ouverture de l'extravagant musical en Technicolor consacré à la musique de Paul Whiteman, The King of jazz

Dans ce film produit dans la foulée, Oswald cherche à se pendre. Il est secouru par rien moins que Paul Whiteman, qui chante et danse avec lui, avant qu'ils décident de ne plus être copains. Du coup, le chef d'orchestre essaie de pendre le lapin...

Vous avez bien lu: on est bien loin de l'esprit policé des dessins animés ultérieurs! Mais il ne faut surtout pas chercher la cohérence dans un court métrage d'animation des débuts du sonore, où chaque geste est d'abord pensé en fonction de la synchronisation, et non afin de donner libre cours à la motivation d'un personnage! Et le film avait probablement pour fonction d'être une sorte de publicité subliminale pour le dispendieux musical... dont il recycle quelques éléments d'animation. Notons pour finir que parmi les animateurs de ce film, figurent Clyde Geronimi (futur animateur et réalisateur chez Disney), mais aussi Ray Abrams (Qui allait, lui, travailler un peu partout, dont la MGM à l'époque de Tex Avery).

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Animation Pre-code
25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 14:39

L'unique film du metteur en scène de Broadway John Murray Anderson, spécialisé dans les "prologues" pour séances de cinéma (Voir à ce sujet l'excellent Footlight parade de Lloyd bacon, chaudement recommandé pour l'excellence de ses séquences musicales réalisées par Busby Berkeley), est cette production controversée de 1930. La principale controverse en réalité provient du titre: on attend évidemment en 2018 d'un film qui s'appelle The King of Jazz, qu'il nous présente du jazz, ou qu'il y ait un rapport avec la musique Afro-Américaine... Or il n'en est rien. Et pour cause.

Car en 1930 si rien ni personne ne peut vous empêcher quelle que soit votre origine ethnique d'écouter Duke Ellington, Louis Armstrong ou... Paul Whiteman, le mélange n'est pas possible sur pellicule. Sur scène non plus, d'ailleurs! Donc ce King of jazz est dédié à celui qui avait été ainsi surnommé par les médias de l'époque, le rondouillard chef d'orchestre Paul Whiteman. Les tenants d'un jazz pur et dur qui ont vu le film ont eu la dent dure avec ce personnage, qu'ils ont accusé de tous les maux. Ce qui apparaît dans ce film-revue, est que Whiteman était un vulgarisateur qui avait à coeur de fournir une musique populaire de qualité, et savait s'entourer: on entendra les légendaires instrumentistes ou chanteurs Bing Crosby, Frankie Trumbauer, Joe Venuti ou Eddie Lang (ces deux derniers, respectivement violoniste et guitariste, étant l'inspiration principale de la collaboration future entre Stéphane Grappelli et Django Reinhardt)... Les partitions portent aussi de grands noms, à commencer par George Gershwin. Excusez du peu...

Mais The King of Jazz avait plus d'un atout dans sa besace: une forme assez libre, un Technicolor rutilant, des séquences de comédie qui parfois duraient quelques secondes (et qui nous permettent de retrouver Glenn Tryon, Laura La Plante, Slim Summerville ou Walter Brennan, pour de rares fractions de secondes à l'écran), et un metteur en scène libéré des contraintes de la scène et qui pouvait s'approcher comme il le voulait de son show, plus une idée de génie, qu'on attribue à Whiteman lui-même: le film a été tourné en muet (du moins pour ses séquences musicales) et post-synchronisé ensuite. Ca paraîtra idiot, mais personne n'y avait pensé avant! On le voit, la Universal avait mis les petits plats dans les grands...

...Et pourtant le flop, malgré la popularité de Whiteman, a été retentissant. Du coup, le film a été découpé en tranches, afin que ses parties puissent nourrir les programmes de courts métrages durant quelques années. Aujourd'hui, la reconstruction diffusée sur blu-ray Criterion est donc un sauvetage miraculeux... D'un film qui serait sympathique, mais assez quelconque, s'il n'y avait l'intérêt historique d'y voir l'orchestre jouer une version de Rhapsody in blue tel que Ferde Grofé l'avait orchestré pour Whiteman en 1924, et en couleurs dans des décors délirants, entre art déco et kitschorama... Ou le plaisir bizarre du Technicolor Bichrome, décidément tellement plus séduisant que son descendant en trichromie... ou tout simplement le plaisir d'assister à la naissance d'un nouveau style de musical, dont les films de Berkeley seront les rejetons immédiats.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Musical Pre-code Danse Criterion Technicolor
6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 18:36

Tourné à Hawaii, avec ce qui aurait dû être une équipe réduite et un petit budget (mais ce sera tout le contraire), Four frightened people est dans son intention un petit film d'aventures... Qui dégénère sérieusement. Le film est adapté d'un roman oublié de E. Arnot Anderson, mais par certains côtés rappelle furieusement l'un des longs métrages de comédie les plus emblématiques de l'auteur: Male and female n'est jamais très loin. Mais malgré ce pedigree intéressant avec cette réminiscence de l'une des oeuvres les plus enthousiasmantes de DeMille, ce petit (78 minutes) film a été un échec cuisant.

Dommage, car je le répète, ça commençait bien: sur un bateau en partance vers les Etats-Unis, quatre Américains s'enfuient: ils savent que la peste est à bord, et souhaitent survivre. Ils débarquent, et tentent de gagner la civilisation, comme on disait à cette époque. Mrs Mardick (Mary Boland), une femme de la bonne société typique, est attendue chez elle pour donner une conférence sur le contrôle des naissances, une obsession personnelle. Elle ne se départit jamais, ni d'un certain sens pratique un peu décalé, ni d'un pékinois. Arnold Ainger (Herbert Marshall) est un chimiste, assez effacé, et au tempérament facilement cynique. Stewart Corder (William Gargan) est un reporter vedette, qui s'avère d'une impatience assez insupportable, en particulier auprès de celle qui le vénère: Judy Jones (Claudette Colbert) est une vieille fille, c'est à dire, en langage pré-code, une femme portant lunettes... Elle va subir à la fois la solidarité féminine encombrante de Mrs Mardick, et les sarcasmes des deux hommes de l'expédition, qui ne perdent pas une occasion de lui dire qu'elle n' a pas grand chose d'une femme... Avant une scène charnière, sur laquelle je reviendrai plus loin.

Parce que quand même, une fois admis que ce film est plus que politiquement incorrect (Indigènes tous plus primitifs les uns que les autres, discours vaguement eugéniste de Mrs Mardick, et autres fantasmes du film d'aventure classique, voyez les Tarzan pour ça), après tout c'est hautement distrayant. Dès le départ, qui installe rapidement l'intrigue en commençant après un ou deux plans d'exposition (et un montage dynamique) la fuite des passagers. Et on s'amuse beaucoup de voir ces quatre personnes qui n'ont rien à faire dans une jungle, chercher à survivre, et se chamailler pour un rien... Mais le parallèle avec Male and female s'effectue surtout vers la fin du film, quand Ainger et Corder ont enfin reconnu Judy comme une femme (voir plus bas), et se la disputent. Oh, sans véritablement se battre, rassurez-vous. Mais il y a ici un renversement de la situation du film initial, qui voyait deux femmes se disputer les faveurs, sur une île déserte, de celui qui était leur domestique à Londres. Mais en commun entre les deux films, on trouve le fait que l'île déserte devienne un révélateur de l'être profond de chacun des protagonistes. A ce sujet, la transformation de Claudette Colbert est un délice, rappelant l'importance de cette actrice qu'il ne faudrait pas oublier...

Et donc, la scène charnière qui va tout faire changer chez les personnages, est bien sûr... Une scène de douche, sous la cascade qui plus est. Judy s'est éloignée du camp, et les deux hommes la cherchent. quand ils la trouvent, elle est nue, et ça change tout entre eux. A partir de là, le film se pare d'un discours de plus en plus sérieux, et c'est bien dommage, il avait si bien commencé... Mais décidément, entre son utilisation inattendue du lait d'ânesse (The sign of the cross), sa petite habitude matinale d'aller taquiner la vague en oubliant de mettre un maillot (I cover the waterfront, James Cruze, 1933), il semble que Claudette Colbert prenait de mauvaises habitudes avant que le code de production n'y mette bon ordre.

Je le disais plus haut, DeMille considérait ce petit film comme un film de vacances... Mais c'est plus fort que lui, il lui a fallu aller le tourner en pleine jungle! du coup, les ennuis ont dû se succéder, Claudette Colbert a d'ailleurs fini le tournage par une appendicite royale, et les difficultés se ressentent parfois, dans le fait que la caméra reste quand même particulièrement statique. Pour couronner le tout, le film a été retaillé après l'arrivée du code de production, et les quinze minutes qui manquent n'ont pas été retrouvées. 

Du coup, on est en droit de se demander: sachant que cette version censurée contient une scène de trois minutes impliquant Claudette Colbert, nue dans une cascade, secourue par un Herbert Marshall plus flamboyant que jamais, même en peau de léopard, mais qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir dans les scènes qui ont été rabotées? Du cannibalisme? une orgie d'indigènes gays? Henry Wilcoxon?

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Cecil B. DeMille Comédie Pre-code