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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 17:07

Ceci est sans doute le plus ancien conservé des films de madame Alice Guy, de ceux qu'elle a réalisés aux Etats-Unis pour la compagnie qu'elle a formée, la Solax: une bonne occasion de se confronter à celle qui a deux réputations assez contradictoires... D'une part, on veut en faire une sorte de génie absolue, qui aurait tout inventé dans le cinéma, à l'exception de deux ou trois truquages qu'on veut bien concéder à Méliès. De l'autre, sur la foi principalement de ses films Français, qui n'ont pas vraiment connu d'évolution entre les premières bandes (dont la plupart ont été perdus, ce qui rend le jugement compliqué) et les derniers films tournés avant son mariage, et son départ pour les Etats-Unis.

Mixed Pets est une comédie domestique, située dans la bourgeoisie du New Jersey: un couple de jeunes mariés est en désaccord, car Madame veut un chien alors que Monsieur n'en démord pas (si j'ose dire): un chien, ce ne sont que des problèmes. L'oncle de la dame décide de prendre les choses en main et d'acheter un chien, puis se propose de jouer les intermédiaires; pendant ce temps, le couple de domestiques, qui sont mariés en secret, ont amené leur bébé à la maison en cachette: il y a du quiproquo dans l'air...

C'es sympathique, sans être beaucoup plus. Cela étant dit, dans ce film où le principal point de vue reste celui d'une femme, Alice Guy y montre son talent pour la miniature domestique. Mais le film ne fait pas beaucoup pour consolider la légende d'une directrice d'acteurs qui est obsédée par la subtilité: elle fera bien mieux dans ses courts métrages suivants qui tout en n'étant pas tous des comédies, resteront souvent sur ce terrain de la vie quotidienne de jeunes couples mariés...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 17:03

Emmanuelle Gaume, journaliste et animatrice de télévision, a écrit un roman biographique consacré à Mme Alice Guy (1873-1968), cinéaste. La première... et l'une des premiers aussi: devenu selon ses dires réalisatrice pour Gaumont à une époque où ce mot n'existait pas encore, soit la même année que Méliès. On lui doit la supervision de la production des studios Gaumont jusqu'à 1907, et il y a fort à parier que Madame Alice Guy serait devenue encore plus influente si elle s'était appelée René ou Raoul... Mais exilée à New York, ou son mari Herbert Blaché avait la mission d'y développer une activité Américaine pour la Gaumont, Alice Guy (Connue, bien sur, sous le nom de Alice Guy-Blaché, ou Blaché tout court) est devenue productrice et réalisatrice indépendante. 

Emmanuelle Gaume qui a travaillé longtemps sur le personnage d'Alice Guy connaît bien son sujet, qui est beaucoup plus lié à l'histoire du féminisme qu'à celle du cinéma. Et elle a imaginé un drôle de dispositif, demandant à Alexandra Lamy d'incarner symboliquement la grande dame, en donnant voix à des phrases faussement auto-biographique, illustrées de passages de ses films, Français comme Américains: La fée aux choux, La vie et la mort du Christ, A house divided, Falling leaves, A fool and his money, Ocean's waif et le rare et tentant The great adventure, son dernier film. Le résultat est sympathique, et le propos rappelle vraiment à la fois la prouesse de Madame Guy, qui a contribué à créer une industrie alors que les femmes étaient vraiment écartées du monde du travail, et qui a tout fait pour faire durer son métier... Pas très longtemps hélas. Dommage: retraitée à 45 ans, elle a survécu jusqu'à l'âge de 95 ans...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy
21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 11:58

Le dernier des films d'Alice Guy sélectionnés sur le coffret Early Women Filmmakers est le moins connu: il s'agit d'un petit mélodrame dans lequel une fois de plus elle montre l'importance des actions de la femme sur le destin d'un homme, et la façon dont mine de rien, elle peut lui apporter le salut. On se réjouirait totalement si ce film ne possédait pas un défaut embarrassant, un de ces tics dont on aimerait qu'il se contente d'être le reflet d'une époque. Hélas, les vieux relents ont la peau dure...

Un jeune homme se rend chez ses parents et a la surprise d'y découvrir une jeune femme. Son père l'a recueillie, et en a été nommé le tuteur. Une fois passée la surprise, elle l'indiffère, alors qu'elle-même tombe instantanément amoureuse. Mais il est préoccupé par autre chose: il est en effet dépendant du jeu... Et ses dettes deviennent ingérables, il prend donc une décision, celle de voler de l'argent à ses parents. Mais après une nuit durant laquelle sa mauvaise conscience le tourmente, il prend la décision de confesser son crime... Mais la jeune femme est passée par là et a "réparé" son erreur...

Trois commentaires: d'une part, si comme d'habitude Guy repose sur des "tableaux", des plans qui contiennent essentiellement l'étendue d'une séquence, elle se rattrape sur la profondeur de champ et l'utilisation de l'espace pour montrer plusieurs niveaux narratifs, avec une certaine réussite. Ensuite, elle s'amuse à mettre en scène un cauchemar, qui certes aurait été plus exubérant chez Méliès ou Porter, mais il est sobre et bienvenu. Enfin, hélas, toujours ce vieux démon: il y a un usurier, c'est un salopard, il est laid comme un pou, il est joué comme un démon, et il s'appelle Jacob Stein. C'est antisémite. C'est dégueulasse, et il n'y avait aucune excuse valable en 1912, tout comme il n'y en aurait aucune aujourd'hui.

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 11:48

Dans ses films Solax, du nom de la compagnie qu'elle avait fondée avec son mari Herbert Blaché (Elle signait d'ailleurs Guy-Blaché et c'est sous ce nom qu'elle est aujourd'hui connue aux Etats-Unis), Alice Guy a souvent fat la preuve de l'importance de la femme, que ce soit dans le couple ou dans les sentiments (Ses comédies en font la preuve) ou dans tout autre domaine; et ce film, souvent montré dans les festivals, et exemplaire à plus d'un titre, on voit bien quelle forme ça peut prendre: le comportement d'un homme avec sa femme aura des conséquences importantes sur la façon dont il va s'intégrer.

Le film, à sa façon, est une comédie: en Europe centrale, Ivan est un paysan rustre, et particulièrement violent avec son épouse. Ils rencontrent des candidats à l'immigration qui les persuadent de se joindre à eux pour aller aux Etats-Unis. Une fois arrivés, Ivan va recevoir d'un certain nombre de citoyens Américains, qui désapprouvent son comportement, des leçons d'Américanisme... Jusqu'à le révéler comme ce qu'il est au fond (mais alors bien au fond...), c'est à dire... un brave homme.

Dès le premier plan, qui montre Ivan confortablement installé dans une charrette avec un fouet pour entraîner sa mule... et sa femme, on comprend ou ça va. Et c'est vrai que la caricature d'immigrant n'est pas tendre. Mais après tout, Alice Guy était elle-même une immigrante, et elle savait exactement de quoi il retourne: le décalage entre le vieux monde et le nouveau, elle connaissait. Raison de plus pour prendre avec philosophie et humour un film qui en profite, mine de rien, pour fustiger un comportement rétrograde de l'homme vis-à-vis de la femme, qui est non seulement rétrograde, mais en 1912, probablement partagé par plus d'Américains que le film ne le laisse entendre. Sous couvert d'éduquer avec humour, le film condamne une vérité. Une vérité toujours présente aujourd'hui...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 18:51

Ce court métrage d'une bobine fait partie des trois films Solax d'Alice Guy sélectionnés par David Shepard pour l'anthologie Early Women Filmmakers, et il tranche sur ceux qu'on a l'habitude de voir: des comédies sentimentales dans lesquelles Guy se moque des hommes et de leur façon de courtiser les femmes. Ici, c'est d'un mélodrame qu'il s'agit, clairement inspiré d'une histoire d'O'Henry: dans une petite maison bourgeoise, les parents se désolent de voir leur fille aînée partir à petit feu, à cause de la tuberculose. Mais sa petite soeur s'y résout encore moins, et un jour, un scientifique qui passe par là, a la surprise de la voir dans le jardin, tentant de recoller les feuilles mortes aux arbres. elle lui explique que le médecin de famille a dit à ses parents que leur grande fille tiendrait le temps que la dernière feuille morte tombe...

Il se trouve (Ouf!) que le scientifique qui passe est justement l'inventeur brillant d'un vaccin miracle contre la tuberculose, donc tout finira bien. la narration est sage, le montage pas forcément révolutionnaire... Mais Mme Guy utilise avec un certain effet le champ, pour entremêler les niveaux de lecture, sans qu'on s'y perde jamais, et de manière à toujours opposer les points de vue, notamment entre la petite fille qui écoute ce qui se passe autour d'elle sans que les adultes n'y prennent garde, et ses parents de plus en plus préoccupés. La copie est fort bien conservée et joliment teintée...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 12:09

Inspirée par les traditions mélodramatiques de la Commune de Paris, Alice Guy construit autour d'une barricade et d'une bouteille de lait, un drame attachant, et qui tranche sur le conservatisme en vogue à la Gaumont: Un gamin part chercher du lait pour sa mère, mais il passe devant une barricade en train de se construire. Quand il revient, les militaires sont là, et exécutent sans barguigner tout le monde. Mais le gamin propose d'aller porter le lait à sa vieille maman, mais promet de revenir pour se faire tuer...

C'est expéditif, comme le pouvait être la justice de ce bon Thiers, qui n'avait certes pas oublié qu'il s'appelait Adolphe... Mais ce film se place résolument du côté du gamin. Pas forcément des révolutionnaires constructeurs de barricade, pour autant, ils sont rougeauds quand même! Mais le film se résout dans une scène du plus haut mélodramatique, avec la maman qui plaide pour la vie de son fils devant un militaire dont on ne manquera pas de penser qu'il s'agit d'un brave homme (En oubliant bien sur de tenir compte des six ou sept cadavres qui jonchent le sol), puisque il se laissera fléchir...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 12:00

Ce très court film fait partie de la série des comédies burlesques que la Gaumont produisait avant les années 10, largement en réponse aux films Pathé, qui étaient très populaires et ne s'embarrassaient pas de subtilité, mais aussi aux films Américains qui étaient, pour ceux qui étaient montrés en France, très en avance techniquement. L'histoire, simple et directe, est celle d'une farce qui tourne fort mal pour sa victime: un vagabond s'installe pour dormir dans un tonneau et un farceur le fait rouler... il terminera dans une rivière non sans voir fait des dégâts sur son passage, et le vagabond s'en souviendra.

Inévitablement, je vais râler un bon coup parce que j'imagine que ce bon, ce brave M. Gaumont devait tous les dimanches hypocritement prier pour les pauvres, ce qui ne l'empêchait pas de payer ses réalisateurs/trices à se moquer ouvertement de cette racaille... Mais... autres temps, autres moeurs, bien sur. Au moins le film d'Alice Guy, très soigné, possède-t-il l'avantage d'être une parfaite représentation de ce que la comédie avait à offrir, sans tomber das le mécanisme des productions Pathé de l'époque: situation de base, introduction du mouvement, conséquences, et une dose raisonnable de spectaculaire, plus une tentative de montage, voire quelques effets spéciaux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 11:51

Je n'aime pas les chiens. Mais alors pas du tout, même pas en sauce.

Donc normalement, je n'aurais pas grand chose à dire sur ce film, qui n'est rien d'autre que la captation (effectuée en studio, donc il y a eu une salutaire tricherie cinématographique) d'un numéro de music-hall du début du siècle, durant laquelle la dite Miss Dundee, qu'on imagine écossaise tant qu'à faire, fait exécuter tout un tas de tours à ses corniauds. Bon.

Mais là ou je m'interroge, c'est quant à l'opportunité d'avoir sélectionné ce film pour être le court métrage d'ouverture de la formidable anthologie Early Women Filmmakers de Flicker Alley: parce que si effectivement Madame Alice Guy est non seulement la première des dames du cinéma, et l'une des quatre ou cinq pionniers du septième art mondial, elle est aussi une artiste qui tourne pour Gaumont, la très très très conservatrice maison de production qui n'est pas spécialement connue pour ses idées larges. Et si Gaumont lui a sans doute donné carte blanche, j'imagine que ce film s'est largement vendu sur le fait que Miss Dundee n'est pas habillée très chaudement, une façon comme une autre de prouver, pour les compilateurs de cette merveilleuse boîte magique, que pour les cinéastes du "beau sexe", comme on disait alors avec une malice salace dans l'oeil, le chemin allait être rude, lourd d'embûches, de compromis, et... d'exploitation de la femme sous toutes ses formes, en toutes circonstances. Y compris dans les films de la sainte, vénérable et ô combien convenable de la maison Gaumont.

Avec des sales bêtes.

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 16:17

Techniquement, ce film est crédité à "Alice Guy-Blaché". Cela fait déjà vingt ans que la réalisatrice est en activité, ce qui fait d'elle probablement la pionnière à la plus grande longévité! En 1916, Méliès ne fait plus de cinéma depuis longtemps, Porter non plus, et ça fait belle lurette que les Lumière sont passés à autre chose... Pour autant, je constate que le consensus fort sympathique autour d'Alice Guy, de ses films, courts comme longs, Français comme Américains, ne tient jamais vraiment compte du fait qu'ils sont souvent médiocres et poussifs. En particulier ses insupportables films comiques Français, mais je ne goûte que fort peu les cours métrages de comédie réalisés pour la Solax au début des années 10, même si leur principal atout reste quand même un jeu plus mesuré que les burlesques contemporains.

The Ocean Waif est une commande de Hearst, un film que la dame n'a pas écrit ni produit. L'intrigue est celle d'un mélo classique, qui voit un homme et une femme se rencontrer à un moment crucial de leur vie: une jeune femme, persécutée par son père adoptif ivrogne, se réfugie dans une maison isolée, dans laquelle se sont installés pour quelques temps un romancier sur le point de se marier et son domestique. La maison a la réputation d'être hantée, et la présence de la jeune femme, désireuse de se cacher, va occasionner des quiproquos comiques, mais elle finit par révéler sa présence. Il est inutile d'aller imaginer à partir de là, que le mariage (Et le prochain roman) du jeune homme est sérieusement compromis...

Doris Kenyon, qui a également tourné pour Maurice Tourneur, est pétillante et donne beaucoup de sympathie au personnage de conte de fées qu'elle interprète. Les autres sont moins intéressants. Le film est clairement inspiré de la formule Mary Pickford, et déroule tranquillement et sans faire de vagues une intrigue convenue et qui ne produira pas grande surprise. Pour conclure sur Alice Guy, il lui restait encore trois ans à exercer sa profession.

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Published by François Massarelli - dans 1916 Muet Alice Guy