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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 18:58

 

Mais pourquoi ce film admirable n'est-il pas parmi les classiques révérés du muet, les Metropolis, The General, Napoléon, Sunrise, The Iron Horse, ou Safety last? C'est un western, il possède une séquence spectaculaire, il  été conservé dans des copies de première génération en parfait état, et en prime, il fait le lie avec le parlant, non seulement par la carrière de son metteur en scène (Henry King n'est quand même pas n'importe qui, même si ses films ultérieurs ne soulève généralement pas mon enthousiasme de par leur académisme trop prononcé), mais aussi, surtout par le fait qu'il est interprété par deux stars, et quelles stars! Ronald Colman, et Gary Cooper!

Il faudrait ajouter Vilma Banky, bien sur: d'autant qu'elle est l'interprète de Barbara Worth, la personne qui donne son titre au film. Elle est aussi un lien symbolique de la résistance humaine et de la résilience sur l'ensemble de l'intrigue: enfant trouvée dans le désert lors d'une tempête de sable, ses parents venant de mourir, elle a été adoptée par le brave Jefferson Worth, un homme qui s'est installé dans le désert comme on part évangéliser sur un coup de tête! Entouré d'une authentique famille, son acharnement vont lui permettre de vivre tranquille, avec un rêve: un jour, irriguer la rude et aride vallée au bord de laquelle il s'est installé. Ce sera chose faite lorsque, quinze années après la découverte de la petite Barbara, viennent s'installer le banquier James Greenfield et son fils adoptif Willard Holmes (Ronald Colman). Greenfield vient avec les moyens financiers d'installer un système d'irrigation, et Holmes est son ingénieur. Mais les deux hommes n'ont pas la même conception du progrès. Pour Holmes, c'est un moyen de faire avancer l'humanité. Pour Greenfied, un moyen de s'enrichir. a ce conflit entre les deux philosophies vont bientôt s'ajouter deux autres problèmes: d'une part, Worth n'accepte pas la colonisation de son pays par Greenfield et ses méthodes; d'autre part, le jeune Abe Lee, le fils d'un des collaborateurs de Worth, apprécie très peu la venue de Holmes, qui se pose vite en rival pour les affections de Miss Worth... Qui va donc gagner le coeur de la belle?

L'amour de l'homme de l'Ouest (Cooper) et de l'homme de l'Est (Colman) pour la même femme cache un conflit de civilisations, dans lequel King se refuse à trancher: si la belle blonde représente bien sur une terre à dompter, une civilisation à installer là ou il n'y  rien, c'est de l'alliance entre les deux que naîtra le salut. Entre la destinée manifeste combinée au progrès, et la recherche romantique d'une certaine tranquillité fragile, il y a moyen de s'entendre. Tout un portrait de l'Ouest, en somme. Pourtant, ce western qui se termine dans les années 20 est plutôt une histoire contemporaine au moment où il est filmé, mais la beauté des paysages, tournés en plein désert, et le don de la composition phénoménal de King trouvent dans ces lieux désolés un lyrisme à tomber à la renverse... Ajoutons que les acteurs sont dirigés avec tact, et leur jeu nous rappelle bien sur les autres chefs d'oeuvre de King dans les années 20: Tol'able david (1921), The White sister (1923) et Stella Dallas (1925). La retenue de Colman et Banky, le naturel de Cooper sont exemplaires. 

...Et il y a la scène de l'inondation! Prouesse de montage, en une dizaine de minutes, la description de la fuite d'une population éberluée, en plein désert, à laquelle on annonce l'arrivée d'un raz de marée qui va dévaster leur ville, filmée à grands renforts de figurants, et fourmillant de détails superbes, est digne de figurer aux côtés de l'inondation de Metropolis (1926), la ruée vers le Dakota dans Three bad men (1926), la traversée de la Mer Rouge dans The ten commandments (1923) ou la course de chars dans Ben Hur (1925). A une époque où c'est en découvrant des effets spéciaux que les studios (En particulier la MGM: voir The torrent (1925) et son inondation, ou The temptress en 1926 et ses destructions de barrage très convenues) se mettent à banaliser et affadir le spectaculaire cinématographique, King se sort de l'exercice avec les honneurs. Il fait même plus encore: en combinant le volontarisme rigoureux de Tol'able David, le spectaculaire religieux (Vu ici sous un angle profane) de White sister, et le mélodrame habité de Stella Dallas, il réussit un authentique chef d'oeuvre, le sien, mais aussi un des très grands westerns. Voilà.

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Published by François Massarelli - dans Muet Western 1926
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 11:31

Ce film de deux bobines fait partie des solides productions de Thomas Ince, qui avait des coudées d'avances sur son concurrent Griffith en 1914: ses films étaient impressionnants par leur sens de la composition, le jeu des acteurs, le montage avec un sens consommé de l'action, et des scénarios qui permettaient aux films d'éviter des intertitres par trop envahissants. C'est regrettable que tant de films aient disparu... Par contre on pourra toujours reprocher à Ince d'avoir été sur un certain point un précurseur de Disney: bien qu'il ait lui-même (Contrairement à Walt Disney) mis en scène des films occasionnellement, il se refusait à créditer les techniciens, et le fait d'attribuer ce film à Jay Hunt est plutôt une supposition qu'un fait.

Ce qui distingue ce court métrage en deux bobines des autres, c'est la présence de Sessue Hayakawa, qui interprète... un jeune Sioux qui revient au pays après avoir été à l'école des blancs. Il revient fin saoul, et devient la honte de son père... Lorsque un groupe de bandits, des renégats sans foi ni li, l'enrôlent et le font participer à une attaque contre la cavalerie, son père va prendre une décision radicale afin de sauver l'honneur de la tribu...

Splendide en tous points, sinon... une fâcheuse tendance à mettre les pieds dans le plat du racisme, comme le western le fera souvent. Ce qu'on dénonce souvent à tort comme étant le racisme anti-indien du western, qui avait besoin de conventions dramatiques aisément identifiables, est plus souvent un refus du mélange, qui est illustré ici de manière flagrante: les sioux sont nobles, avec leur culture et leur honneur. la cavalerie est prête à cohabiter paisiblement avec eux... Mais dès qu'on mélange les groupes, on obtient des problèmes: ainsi, le jeune fils de chef est-il corrompu par la culture blanche, et les "renégats" qui sont probablement des métis nous sont dépeints comme des brutes inhumaines... Un refus du mélange qui trahit le racisme à l'état pur. On n'a pas avancé, d'ailleurs.

Ce qui est comique, c'est du reste que la rôle d'un sioux, dans ce film qui n'aime pas trop le mélange, a été confié à un acteur Américano-Japonais. Il est excellent, comme d'habitude, et le film aussi...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Thomas Ince
26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 16:38

"Nevada Smith" est un titre intéressant, mais bien paradoxal: personne ne s'appelle comme ça dans ce film, mais le héros, sommé de donner son nom, cache son identité sous ce nom d'emprunt lors du dernier quart de ce drame sordide de la vengeance... En un prologue et trois actes. Je vais le dire tout de suite: Steve McQueen, qui interprète environ 10 ans de la vie d'un homme, de l'adolescence à la vie d'adulte, joue parfaitement l'ado, oui. Mais physiquement? Difficile à avaler, tout comme le fait qu'il soit moitié Kiowa!

Pas une erreur de casting pourtant, loin de là, l'acteur est totalement dans son registre pour interpréter ce jeune innocent confronté au crime dans un jour de barbarie totale, et qui va y trouver prétexte à une triple mission de vengeance, pour laquelle il va lui falloir s'armer avant tout, car Max Sand n'a rien: ni arme, ni savoir-faire. Il reconnaît avoir bien tué "quelques lapins", mais c'est tout... Mais n'anticipons pas. Max est à quelques centaines de mètres de la maison de son père quand trois hommes (Martin Landau, Arthur Kennedy et Karl Malden) lui demandent le chemin de la mine paternelle: ils lui inspirent confiance, et Max s'en mordra les doigts, car les trois hommes, qui croient que la mine du père Sand regorge d'or, vont torturer et tuer les parents de Max, pour rien... Enfin peut-être pas, car le fait que sa maman soit une kiowa excite leur sadisme. Arrivé sur les lieux, Max brûle la maison et les corps, et part en quête de vengeance. Quelques jours plus tard, il tombe sur un groupe de trois cavaliers, les attaque, mais ce ne sont pas les hommes qu'il cherche. Ils lui donnent une leçon... en l'abandonnant seul dans le désert, sans arme; il tente de se refaire en attaquant un armurier (Brian Keith) mais celui-ci le prend en amitié, et il lui donne quelques rudiments de maniement des armes à feu. De rencontre en rencontre, Max Sand grandit, s'endurcit, et se rapproche de son but: retrouver les trois hommes qui ont commis le crime qui l'a obligé à grandir trop vite...

Le film est un "prequel", celui de The carpetbaggers, de Eward Dmytrik, avec Allan Ladd en "Nevada Smith"; c'est à bien des égards l'histoire d'une initiation, celle d'un homme qui pour une cause juste va se transformer en un tueur aguerri et dangereux. mais en chemin, il va faire d'autres apprentissages: celui de l'amour, auprès de deux femmes (Janet Margolin joue une jeune prostituée Kiowa qui le sauve lors de son premier acte de vengeance, et lors d'un séjour dans un bagne de Louisiane, il côtoie une femme au destin tragique, Pilar , interprétée par Suzanne Pleshette), celui de la lecture aussi, sur un conseil de l'armurier Jonas Cord. Il part de rien, et se forge une vie, celle d'un tueur, oui, mais un tueur qui a une raison de tuer... Ce qu'on ne manque pas de lui reprocher... A cet égard, une rencontre est troublante, celle d'un prêtre sur une mission (Raf Vallone), qui lui fait voir qu'il a le pouvoir de renoncer à sa vengeance... 

Le film est un merveilleux parcours initiatique, dont Hathaway s'amuse à rythmer toutes les étapes d'un certain nombre de codes, le plus évident étant le fait d'éteindre bougies puis lumières, à chaque ellipse... Steve McQueen, ardoise vierge, va tout apprendre et tout expérimenter avant d'arriver à la fin du film, dans une saga fascinante... En attendant de voir s'il renonce ou non à sa vengeance, Nevada Smith est avant tout un très beau western, tourné dans des lieux sublimes, de montagnes en bayou, de désert en plaine, dans les montagnes rocheuses, ou dans les saloons de la frontière. Hathaway profite de l'allègement de la censure pour pousser un peu plus l'enveloppe du western, et McQueen est fidèle à lui-même. Non seulement le film est d'une hauteur de vue irréprochable et d'une intelligence remarquable, mais il vous sera impossible de détacher votre regard tant il est distrayant. Bref, un classique. Un beau... Un gros.

 

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Published by François Massarelli - dans Western Henry Hathaway
25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 19:03

Comme The unchanging sea, Ramona ou The girl and her trust, ce court métrage fait partie des premières oeuvres tournées par Griffith en Californie, et d'emblée on est frappé par l'usage dramatique qui s'impose, des scènes dans le désert, à ces petites villes (San Fernando, une ville authentique, mais qui semble un décor de western pur!) qui sont utilisées pour fournir un maximum d'authenticité. le film est un pur mélo, qui repose sur des ficelles un peu grosses, mais d'une certaine façon les qualités du film effacent volontiers les ratés.

Un vieux prospecteur fatigué (W. Chrystie Miller) et sa fille (Marion Leonard)sont dans le désert Californien. Ils ont trouvé de l'or, et s'apprêtent à rentrer chez eux, mais alors que la fille s'est éloignée, un vagabond (Dell Henderson) vole l'or et tue le vieil homme accidentellement. Il erre dans le désert, et s'écroule, mais il est sauvé... par la jeune femme, qui après avoir juré de confondre l'assassin de son père, a fait route vers la ville. Ils rentrent tous deux, et sot attirés l'un par l'autre... Mais que va-t-il se passer quand Marion va découvrir qui est l'homme qu'elle a sauvé?

Laissant ses acteurs gesticuler dans tous les sens, Griffith sait que son décor rachète tous les excès. On est curieux d'imaginer ce que Mary Pickford aurait pu faire d'un tel film, mais en l'état il est déjà puissant, et paradoxalement, on y sent, 9 ans avant, des bouffées du trésor d'Arne de Mauritz Stiller...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western David Wark Griffith
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 14:14
Le railway de la mort (Jean Durand, 1912)

Le titre ne ment pas, et met l'accet sur le principal attrait de cet excellent film, pour lequel Jean Durand se décide à utiliser un peu plus de pellicule: d'une, on passe à deux bobines, et ça fait un sacrée différence! Joe Hamman, de son côté, avait du recevoir pas mal de commentaires élogieux pour sa cascade à dos de train dans Cent dollars mort ou vif, réédite son exploit et Durand en profite pour en faire une vraie prouesse de mise en scène à la mode 1912...

Deux amis, Tom Burke (Max Dhartigny) et Joe Barker (Joe Hamman), recueillent les confidences d'un mourant, qui leur révèle l'existence d'une fabuleuse mine d'or. Ils décident de se l'approprier... sans se mettre d'accord pour le faire ensemble. Ils vont donc s'épier, jusqu'à ce que l'un d'entre eux fasse le premier pas et parte, aussitôt poursuivi par l'autre, dans une folie qui se terminera mal, très mal...

Profitant du petit chemin de fer de Camargue qui acceptait systématiquement de prêter ses voies et son matériel, Durand met donc en route une séquence sur le train qui est absolument fantastique: Hamman saute sur le dernier wagon du train en marche depuis un portique. On passe ensuite à un plan filmé depuis le wagon, qui montre Hamman rejoindre avec difficulté l'avant du train... Mais un chauffeur (C'est Ernest Bourbon, grande vedette Gaumont sous le pseudonyme d'Onésime) l'a vu et est monté à son tour. La lutte est intense, et dangereuse pour les deux acteurs. Finalement, Hamman se débarrasse de l'autre homme, et le dernier plan de la séquence montre la locomotive, qu'il a détachée, s'éloigner au loin, pendant que les wagons restent en arrière. Ce qui permet, ni vu ni connu, un changement de point de vue, puisque son concurrent fait partie des passagers qui vont rester en rade...

Le railway de la mort (Jean Durand, 1912)
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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Gaumont Muet Western
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 14:07
Coeur ardent (Jean Durand, 1912)

Tourné en plein marais, ce western Camarguais concerne un épisode romancé et qui était déjà un cliché romantique de la vie de ceux qu'on appelait "les peaux-rouges" au XIXe siècle. Coeur Ardent (Joe Hamman) et Sun Ray (Berthe Dagmar) s'aiment, mais le chef Sitting Bear (Non crédité, il est interprété comme les autres indiens de ce film à l'exception des deux principaux protagonistes, par un gitan venu des Saintes-Marie de la Mer) s'y oppose car le jeune homme n'a rien. Comme les amoureux n'en démordent pas, il décide le soumettre à une épreuve.

On dépasse à peine le pittoresque, avec ce scénario cousu de fil blanc, qui permet au moins d'exhiber les collections d'objets Indiens de Joe Hamman. Et come tous les autres films de la série, il a été tourné en plein air, au milieu des chevaux de Camargue, que Berthe Dagmar prend un plaisir évident à monter...

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Published by François Massarelli - dans Western Jean Durand Gaumont Muet
21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 18:43

Mr Baker (Gaston Modot) s'oppose au mariage de sa fille (Berthe Dagmar) avec le cow-boy Arizona Bill (Joe Hamman) dont les manières lui déplaisent souverainement. Ce dernier prend donc une décision radicale... et efficace.

Durand ne compartimentait pas ses films: il était à la fois ce pourvoyeur inattendu de western, et le réalisateur de comédies dominées par le slapstick balourd mais efficace des "Pouittes", la troupe de comédiens à tout faire qui lui servait de stock-company; comment s'étonner, après tout, qu'il ait fini par mélanger les deux veines? C'est avec ce film que se rencontrent le film tourné dans l'Ouest des Etats-Unis... Camarguais d'un côté et la comédie burlesque à poursuite de l'autre. Il y a encore moins d'efforts dans cette pochade pour cacher la réalité des lieux, mais je pense que ça ne dérangeait pas excessivement le public Français de 1912. Par ailleurs, pour reconnaître Gaston Modot, il faut se lever de bonne heure...

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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Gaumont Muet Western Comédie
19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 15:16

Poursuivant leur exploration des thèmes dramatiques du western, Hamman et Durand s'intéressent au hors-la-loi, dans un film notable par un lyrisme dramatique intéressant... Tout en proposant une intrigue qui ne glorifie en rien le bandit: on est chez Gaumont, et un bandit, ça doit payer ou mourir! Sinon on n'envoie pas le bons messages aux masses populaires.

On suit donc l'aventure d'un cow-boy, mauvais sujet, interprété par Joe Hamman. Il préfère le jeu au travail, et gagne tant qu'on peut imaginer qu'il triche en plus! Sommé de se calmer par son patron, le shériff Davidson, il se venge en libérant les chevaux. Il est ensuite recherché par un 'posse' qui est alerté par Daisy, la fille de Davidson, et sa tête est mise à prix: cent dollars, mort ou vif...

Berthe Dagmar, la vedette de tant de film de Durand, est surtout utilisée pour ses capacités d'écuyère ici, et son grand moment est une chevauchée que Durand prend le temps de montrer. De même, le casse-cou Hamman a droit lui aussi à son "clou du spectacle", lorsqu'il est poursuivi et se réfugie sur un train en marche. La scène finit par être filmée depuis le toit d'un wagon, et on sent l'influence des films Eclair de Victorin-Hyppolite Jasset, qui marqueront tout le monde à la Gaumont, à commencer par Feuillade. Hamman est intéressant, et sa capacité à jouer à peu près tous les protagonistes d'un western, tout en effectuant des cascades qui ne sont pas données à tout le monde, reste une belle surprise...

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Published by François Massarelli - dans Gaumont Muet Western Jean Durand
19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 15:08

Un chef Sioux (Joe Hamman) qui estime avoir été maltraité par le bureau des affaires Indiennes, déterre la hache de guerre et décide d'incendier la prairie, afin de mettre la ville de Sioux Falls en danger...

Plus que jamais, Jean Durand traite le western comme un ensemble d'attractions, en combinant costumes très étudiés (Le chef Indien campé par Hamman est impressionnant de réalisme... sauf sans doute dans sa gestuelle), savoir-faire évident, celui des gardians et des acteurs, Berthe Dagmar en tête, en matière d'équitation, et les décors de la Camargue, qui à défaut d'être authentiques, ont au moins le mérite d'être fonctionnels. Mais l'ensemble ressemble à une attraction de cirque bien menée, pas beaucoup plus.

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Published by François Massarelli - dans Gaumont Muet Jean Durand Western
18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 16:35

On'attend pas d'un film qui s'appelle ainsi qu'il soit en réalité tourné en France, par une équipe locale... De même qu'un Jean Durand, ça ne sonne pas comme John Ford ou Thomas Ince! Et Joe Hamman, le principal acteur du film, est né en 1883 à Paris, et son état civil révèle qu'il s'appelait en fait Jean Paul Arthur Hamman. Mais par contre il était clairement passionné de l'Ouest Américain, au point d'y consacrer sa vie: dès 1906, ce passionné de cinéma fait ce qu'on n'appelle pas encore des westerns, dont il est de fait, un pionnier. Et à la compagnie Lux, en 1909, il fait la connaissance de Jean Durand.

Durand est un autre cinglé, à sa façon: venu par hasard à la réalisation chez Pathé, il va s'y consacrer de toute son âme, et sous l'influence de sa vedette et future épouse, Berthe Dagmar, elle même danseuse, dompteuse et acrobate, va souvent tourner des fimls autour du monde du spectacle, soit en consacrant par exemple ses films à la peinture du cirque ou du petit monde du music-hall, soit en transformant le médium en un prolongement du monde du spectacle, un peu à la façon dont le western est né aux Etats-Unis de la fréquentation massive par le public des spectacles simplificateurs de Buffalo Bill... Et la boucle est bouclée, car c'est lors d'un voyage aux Etats-Unis que Joe Hamman a vu le cirque de Buffalo Bill et attrapé le virus du western!

Ce film date donc de l'arrivée à la Gaumont en 1910 de Durand, Dagmar et Hamman, qui amènent avec eux tout leur cirque: des figurants et acteurs rompus à tous les exercices et toutes les acrobaties (Dont Gaston Modot), des costumes authentiques, et une idée toute simple: un copain de Hamman, le marquis Folco de Baroncelli, possédait de la terre en Camargue, et employait un certain nombre de gardians pour s'occuper de son bétail, vache et chevaux dans l'ensemble. La troupe s'installe donc chez lui, et en profitant de la petite gare locale, commence à faire des films... Pendaison à Jefferson City porte bien son nom, puisqu'il s'agit d'une histoire pittoresque, qui voit un homme soupçonné d'avoir tué son copain et qui va se faire lyncher: le copain arrivera-t-il à temps pour l'innocenter?

C'est rythmé, court, et marqué par une franche volonté de faire du spectacle: on remarquera que les décors sont choisis pour leur potentiel, justement. A aucun moment un spectateur d'aujourd'hui ne peut croire qu'il s'agit de l'Ouest Américain, pas plus si vous voulez mon avis qu'il soit possible à un spectateur des deux premiers westerns de Sergio Leone de ne pas y reconnaître l'Espagne... Ce premier film Gaumont qui expérimente la formule est encore un exercice, mais illustre bien le style efficace de Durand.

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Published by François Massarelli - dans Western Gaumont Muet Jean Durand