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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 13:47

Algie (Billy Quirk), un jeune homme de bonne famille un peu trop efféminé, doit prouver qu'il est un homme un vrai, s'il veut épouser sa fiancée: le père de celle-ci lui impose un ultimatum drastique: il va travailler dans une mine dans l'Ouest pendant un an, et reviendra pour se soumettre au test... Une fois arrivé, le pauvre Algie détonne. Mais le mineur Big Jim le prend sous son aile...

Bien sûr, ce film Solax, produit mais pas mis en scène par Alice Guy, est vaguement moralisateur, mais pas dans le sens qu'on attend: si ce pauvre Algie va finir par se départir de ses tendances efféminées (soulignées à l'extrême dans le film), il va surtout se faire accepter par les autres. Hélas, il va surtout être accepté pour sa capacité à se changer, plutôt que pour ce qu'il est; mais il est intéressant de voir de quelle manière ce cow-boy d'un autre genre est protégé par une grosse brute moustachue au coeur tendre.

Billy Quirk, un solide comédien, tient tout le film sur ses épaules, et fait preuve d'une grande présence, pas seulement dans les scènes excessives du début... Et sinon, on constate que dès les années 10, le western commence à s'insinuer un peu partout dans le cinéma Américain... Y compris quand comme celui-ci il est fait dans l'Est! Ici, le recours au western permet un jeu curieux sur les pistolets, qu'ils soient petits ou gros... Passons.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie Western
22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 13:39

Un nouveau contremaître arrive dans une exploitation minière de l'Ouest; tout de suite, une jeune femme, Florence, tombe amoureuse de lui, au détriment de Jake son ancien fiancé. Celui-ci souffre mais accepte de se sacrifier... Mais il entend un jour les mineurs qui se liguent contre son rival. Il décide d'avertir Florence et son nouveau fiancé, et garde l'argent contre les mutins en attendant les secours...

Cette histoire assez classique d'un sacrifice vaut pour son esthétique de "western contemporain", qui prouve que les films Solax faisaient feu de tout bois: contrairement à leur réputation on n'y tournait pas que des comédies. C'est un honnête film, mais il n'apporte pas grand chose si ce n'est une forme de réalisme qui anticipe un peu sur les productions de Thomas Ince: pas dans le jeu en revanche, on est en pleine théâtralité triomphale...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Alice Guy
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 18:31

Si la compagnie Warner est encore debout aujourd'hui, elle le doit entre autres à ce film, l'un des rares longs métrages de la série des Rin-Tin-Tin a avoir survécu intact et dans d'assez bonnes conditions. Le «héros» de ces films, un berger Allemand (1928-1932), avait été ramené d'Europe par des soldats stationnés en France, et mis au travail dès 1922! Le succès familial des films avait été la seule source profitable d'argent du studio avant que The Jazz Singer ne finisse par les installer confortablement dans l'esprit des spectateurs.

Du coup, on s'attend inévitablement à voir un petit western de rien du tout : il raconte la rencontre inattendue d'un jeune mineur, Dave Weston (Charles Farrell) et d'un loup blessé, Lobo (Rin-Tin-tin), qu'il réussit à apprivoiser après l'avoir soigné. L'amitié entre les deux, mais aussi l'idylle entre Weston et la jolie May (June Marlowe), constituent un contexte suffisant, mais il y a aussi une intrigue autour d'un escroc qui tente de s'approprier la mine de Weston ; et le film se résout dans une suite très enlevée de poursuites et de scènes d'action canine, extrêmement soignées...

Et on débouche sur une excellente surprise, un film réjouissant et toujours impeccablement interprété. Comme beaucoup de westerns de l'époque, il n'est pas situé dans le passé, ce qui nous rappelle qu'en 1925, les Etats-Unis restaient encore une terre qui recelait des endroits sauvages. Mais en parlant de sauvage, je tiens à préciser ceci : je n'aime pas les chiens, même en sauce. Mais ce Rin-tin-tin, acteur accompli, est impressionnant ! Surtout qu'un berger Allemand, c'est quand même un genre canin qu'on a souvent envie d'appeler Adolf ! Mais celui-ci, au moins, son charisme est positif : bref, avec les limites d'usage (ce western n'a rien d'un grand film fondateur, loin de là), Clash of the Wolves est un film hautement sympathique.

Un dernier mot : l'excellent Charles Farrell était encore en devenir, mais on assiste ici à l'un de ses premiers grands rôles, et il est déjà cet homme-enfant naïf et qui a grandi sans trop savoir pourquoi. Il s'apprétait à trouver en la Fox une terre d'élection, deux années plus tard, où il allait illuminer les films merveilleux de Frank Borzage.

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Published by François Massarelli - dans 1925 Muet Western arf!
19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 09:03

Al Jennings (1863-1961) était un bandit. Du moins, entre le printemps et l'automne de 1897: révolté après la mort de son frère l'avocat Ed Jennings, lui et son frère se sont mis à attaquer des banques et des trains, avant d'être capturés en novembre, et envoyés au pénitencier. Libérés par le président McKinley et réhabilités par le président Roosevelt (Theodore), les deux hommes auraient pu se fondre dans la masse et se faire oublier...

Ce serait beaucoup demander à Al Jennings: celui-ci avait des histoires à raconter, et pour commencer la sienne, ou du moins les versions qu'il lui plaisait de colporter... Car dans son optique, leur cavale miteuse devenait systématiquement épique, et de deux sales gosses attardés, en colère ou en rébellion plus ou moins circonstancielle contre la société, on passait volontiers à une relecture de Robin des Bois, en plus flamboyant encore... Après quelques tentatives malheureuses d'entrer en politique, Jennings a profité de sa notoriété acquise avec un article du Saturday Evening Post, pour... entrer en cinéma!

Le premier de ses films, Beating back, a eu un certain succès; il est aujourd'hui perdu... Mais le deuxième long métrage d'importance associé à Jennings, celui qui a la réputation d'être le meilleur, c'est ce film de cinq bobines produit par l'ex-bandit lui même, et qui le fait revivre un épisode marquant de sa (courte) carrière d'outlaw... Mis en scène par un jeune réalisateur, qui avait un peu traîné sur les plateaux de Griffith, c'est plus un témoignage sans concession sur la vie à la dure de la Frontière, qu'une aventure de ce pauvre Jennings, qui traverse le film en se faisant beaucoup moins voir que son frère Frank...

Al et Frank Jennings font un coup dans une petite ville, et cherchent à échapper à leurs poursuivants: ils se réfugient dans le désert auprès d'une jeune femme et de son fils. Elle vit dans une extrême misère, dans une cabane creusée à même le sol, et n'a plus rien à manger. Les deux frères décident de lui venir en aide, et pour ça vont organiser un casse de la banque qui l'a mise sur la paille...

Je vous le disais: Robin des Bois! Mais l'intérêt est vraiment ailleurs, dans la façon dont Van Dyke se réfugie dans un naturalisme jamais excessif et tellement plus efficace que le romantisme louche de William Hart, et dans la poésie rugueuse qui se dégage de ces décors plus authentiques que jamais. La vie à la dure fascinait déjà le jeune metteur en scène, et l'inspirait...

Quant à ce pauvre Al Jennings, il est sans doute bien plus intéressant en tant que conteur qu'en tant que bandit... Ca peut, et The lady of the dugout en est la preuve, faire un bon film!

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Published by François Massarelli - dans Muet Western 1918 Woody Van Dyke
18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 11:57

Dans une petite ville minière, sur la Frontière, une troupe de bandits est particulièrement bien renseignée sur les transports d'or; la compagnie qui soupçonne qu'une infiltration des bureaux a bien eu lieu, dépêche sur les lieux John Murdock, leur principal détective (Murdock McQuarrie). Celui-ci ne tarde pas à soupçonner l'ambigu Frank Lawler (Lon Chaney). Le public, lui, le sait depuis le début du film...

C'est jusqu'à preuve du contraire le plus ancien film de Chaney qui ait été conservé. Réalisé pour la compagnie Nestor, qui faisait partie de Universal, il est assez typique des productions de l'époque: nerveux, au montage efficace, et interprété avec énergie par des acteurs qui savent qu'ils n'ont qu'une bobine pour convaincre... En parlant de bobine, bien sûr, le principal atout du film est son méchant, qui montre ici ses deux facettes les plus évidentes: d'une part une qualité physique particulière, un visage à la fois malléable et passe-partout, qui le distingue et l'éloignera longtemps des rôles de jeune premier (quoique Murdock McQuarrie est loin d'un John Gilbert ou d'un Wallace Reid!), de l'autre un jeu au timing impeccable dans lequel chaque partie de son corps peut être décisive.

Un exemple: comme le héros, même en 11 minutes, a droit à un début de romance avec une employée du bureau de la mine (interprétée par Agnes Vernon), il fallait que Chaney puisse aussi être une menace pour elle. Dans une scène qui est typique de son art, l'acteur n'a besoin que d'un geste de la main, précis, visible, mais vite réprimé, pour exprimer son désir pour elle, et installer une évidence dans l'esprit du spectateur: il va y avoir du grabuge... Et dans une scène dont il n'aurait pas dû être le centre, Chaney vole la vedette: ça va devenir une habitude...

Malgré tout, une fois l'intrigue achevée, c'est hors champ que le bandit, démasqué, sera abattu: puis, alors que la caméra ne bouge toujours pas, sa dépouille, portée par les habitants de la ville, est ramenée dans le champ: la plus ancienne mort conservée de Lon Chaney au cinéma n'est pas la plus confortable...

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Published by François Massarelli - dans Muet Lon Chaney Western
9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 09:34

On a dit ça de beaucoup de films, je pense: Broken Arrow fait partie de ce cercle pas très fermé d'oeuvres qu'à un moment ou un autre on a désigné sous l'appellation de "premier western dans lequel on s'efforce de ne pas diaboliser les Indiens"... Ce qui est faux, et même archi-faux: après tout, Thomas Ince et David Wark Griffith ont développé, le deuxième dès 1909, une production de courts, moyens, et longs métrages qui justement évitaient les clichés racistes; et se contenter de dire que le western a toujours été raciste est ignorer tout un pan de l'histoire du genre. 

Mais ce qui différencie Broken arrow des autres films, c'est sans doute qu'il fait d'un pas décisif d'un anglo-saxon vers la culture Apache le sujet même du film. Il le fait avec une certaine naïveté, et un certain manichéisme parfois, mais il le fait effectivement: James Stewart y incarne un homme avec un passé de combattant Américain dans la guerre contre les populations natives, locales comme déplacées, qui découvre à la faveur d'un incident que les Apaches de Cochise, qui mènent une guerre sans concessions contre les colons d'Arizona, ont une civilisation; il le découvre par hasard mais cherche à en savoir plus, et c'est tout un pan de l'histoire fascinante du rapprochement entre les blancs et les Apaches qui nous est montré, à travers une série d'anecdotes de la nation Chiricahua et de la personnalité intéressante du chef Cochise (Jeff Chandler).

Delmer Daves choisit de donner à Stewart le rôle de nous amener dans le film, via une voix off; le décor, l'Arizona mais dans les coulisses de Monument Valley, est fidèle à l'image d'un territoire qui est effectivement totalement lié à l'histoire de la nation d'une peuplade d'Indiens qui ont souvent été amenés à se déplacer involontairement, ce qui les a unis: car les Apaches qui étaient particulièrement détachés de cet esprit nationaliste, ont été justement rapprochés, et donc galvanisés par le traitement qu'ils ont subi. Dans l'idée de voir progressivement la situation du seul angle de la nation Apache, le film prend le risque des raccourcis et du didactisme: il ne les évite pas, mais cette histoire qui par endroits tient du conte, est prise au sérieux par les acteurs et nous entraîne dans son sillage. Même si Cochise est joué par Jeff Chandler, un acteur qui a l'air en permanence d'incarner non pas un grand chef Apache, mais plutôt sa statue...

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Published by François Massarelli - dans Western Delmer Daves
12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 18:48

Ce film de cinq bobines produit par la société Triangle est le cinquième de Douglas Fairbanks, son deuxième avec son complice préféré Allan Dwan, sa première contribution à l'écriture d'un film, et son premier western! Ca fait beaucoup pour un seul film, mais The Good Bad Man est suffisamment solide et pétri de qualités pour soutenir le choc... 

Sous le nom de "Passin' through" ("je ne fais que passer"), un bandit mystérieux (Douglas Fairbanks) irrite considérablement les braves gens et la loi des contés de l'ouest: en effet, il ne se comporte même pas comme un bandit: il vole un peu aux braves gens pour redistribuer aux enfants de père inconnu. Et systématiquement, il se contente de très peu, avant de faire des espiègleries. Le hors-la-loi trouve refuge auprès d'une bande de malfrats, sous les ordres de The Wolf" (Sam De Grasse), un monte-en-l'air autrement plus dangereux que notre héros. Il trouve aussi en la jolie Amy (Bessie Love) une cause à défendre, mais doit d'abord régler son problème principal: tuer le mystérieux Bud Frazer, qui a supprimé son père...

Bon, je ne révélerai pas l'identité cachée de Frazer, ce serait mal... D'autant que quiconque a l'habitude des mélodrames du temps du muet l'a déjà facilement trouvée! Ce film est un exemple de ce que faisaient Dwan et Fairbanks ensemble: du cinéma solide, riche en péripéties, mais aussi en liberté absolue, dans des décors fabuleux. Le héros est un personnage typique de Fairbanks: faussement enjoué, hanté par une quête, qui plus est liée à sa propre condition de garçon ayant grandi sans père, comme Douglas Fairbanks lui-même. Ce petit western qui a eu un énorme succès a décidé Douglas a récidiver, et à souvent revenir à la même formule, avec bonheur...

Tout ça est déjà fort intéressant, mais j'ai gardé le meilleur pour la fin: c'est aussi la première fois (Sur trois films en tout) que Fairbanks joue en compagnie de miss Bessie Love, et c'est vraiment la cerise sur le gâteau...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Western Allan Dwan 1916 Douglas Fairbanks
21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 08:22

Un petit village à la frontière Mexicaine est la proie d'une occupation répétée, assortie de pillages et de violence, par la troupe de bandits de Calvera (Eli Wallach). Les habitants décident de faire quelque chose, en dépit de la tentation de se préserver en continuant à courber l'échine. Trois d'entre eux se rendent dans une ville plus au Nord, où ils vont trouver un homme, Chris (Yul Brinner) prêt à s'engager pour eux. Il décide de réunir cinq autres hommes, car les finances du village ne sont pas reluisantes, et les ramène, ainsi qu'un rêveur un peu impulsif, mais qui va s'avérer très utile: c'est un paysan lui aussi, qui a essayé de s'échapper de sa condition. Ensemble, ils vont armer les paysans, les diriger, les aider et parfois se sacrifier pour eux...

Ce scénario est, bien sûr, celui des grandes lignes de Sept Samouraïs de Kurosawa... Un film Japonais qui renvoyait autant au western qu'à Shakespeare. Juste retour des choses, sept années plus tard, The magnificent seven est la réponse du western! Cela reste un remake très simplifié du film, qui n'était sorti en occident que dans une version raccourcie. Le film de Sturges garde donc la trame et le folklore, mais se débarrasse en chemin de nombreuses scènes qui insistaient sur la façon dont les samouraïs étaient choisis: ici, Chris les connaît tous plus ou moins, et ça va très vite... Sinon, l'arrière-plan "social" (la condition des hommes et la présence de deux castes, les paysans et les samouraïs) est là aussi escamoté au profit de quelques dialogues qui tiennent plus du prétexte. 

Par contre, si les "mercenaires" sont plus des "types" passe-partout que des personnages développés (on lit souvent que la force du film de Sturges est de s'être plus intéressé à ses personnages que Kurosawa. Oui, on lit parfois des conneries, que voulez-vous), on peut quand même se réjouir que Calvera soit confié à Eli Wallach qui en fait un personnage très intéressant! mais Horst Bücholz, qui interprète le mercenaire-paysan, est supposé reprendre deux rôles de l'original: celui de Kikuchiyo, le faux samouraï qui fait la jonction entre les deux mondes, et l'apprenti, Katsushiro. Il est atroce: la langue lui pose problème, et il est infect.

...Mais la force du film est le pouvoir de l'évasion qu'il permet. D'accord, le message social disparaît au profit d'une solide dose de plaisir. Mais c'est parfois aussi ce qu'on cherche, non? ...Et ces plans en Scope de chevauchées au son de la musique d'Elmer Bernstein, ça a pour toujours un goût d'innocence retrouvée.

 

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Published by François Massarelli - dans Western
25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 16:39

Une petite ville du far west est l'objet d'une attaque de vaisseau extra-terrestres, qui emmènent un certain nombre des habitants pour une destination inconnue. Dans la petite ville, les pionniers vont s'unir, entre citoyens, cowboys, policiers et bandits, blancs et Apaches, pour tenter de retrouver les leurs, conduits par un trio inattendu: le colonel Dolarhyde, dont le fils a été enlevé, le bandit Jake Lonergan, le seul homme a avoir réussi à s'enfuir des griffes des aliens, et enfin la troublante Ella, qui connait bien les sales bestioles, et cache un secret inattendu...

Parfois toute critique est impossible: Jon Favreau a vendu son film aux producteurs en leur disant "on va faire un film dans lequel le far west rencontre la science-fiction", et hop! Tout ce qu'on peut imaginer se passe à l'écran. Pour ma part, je pense que le metteur en scène s'amuse d'autant plus à recréer avec un casting franchement impressionnant les codes du western: Harrison Ford, Daniel Craig, Olivia Wilde, Sam Rockwell, Keith Carradine et Paul Dano... Les aliens sont esthétiquement immondes, mais c'est un signe des temps, et tout ça n'est pas bien sérieux...

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Published by François Massarelli - dans Le coin du bizarre Western Science-fiction
27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 09:15

Pour résumer ce se passe sans doute dans ce film, disons qu'un jour, l'ancien hors-la-loi Pat Garrett a été engagé par un propriétaire terrien (le richissime ranchero Chisum) ainsi qu'un certain nombre de corps constitués qui se sont sentis obligés de suivre, dont l'état du Nouveau-Mexique, pour éliminer le bandit William H. Bonney, dit Billy The Kid. Sur ce dernier, pas la peine de faire dans la dentelle, après tout: c'est un tueur, un bandit dont la réputation vaguement romantique qui s'est développée autour de lui est complètement incompréhensible, tout comme celle qui entoure Jesse James du reste...

J'ai dit "sans doute", parce que ce film est mou. Il n'a aucune structure, aucun enjeu, aucun squelette. Alors on peut tout de suite imaginer ce qu'un critique Parisien qui se respecte va nous expliquer, à nous autres béotiens: nous n'avons rien compris, c'est une évocation poétique, vue à travers le remords d'un homme qui avait compris que pour avancer, il fallait couper quelques branches et tuer quelques copains, cet homme est Pat Garrett (James Coburn), et son copain c'est Billy (Kris Kristofferson). Mais ça on le comprend en effet très vite.

C'est juste que dans la mesure où Peckinpah ne nous donne rien d'autre à voir que des gusses qui attendent, debout dans des cours et autres haciendas, ou qui trompent le temps en tirant sur les têtes de poulets vivants qu'ils ont enterrés dans le sol (c'est authentique, ce sont de vrais poulets, et c'est dégueulasse), ou des gens qui s'attablent, parlent de rien, avant de se tirer dessus dans tous les sens, ou enfin des hommes qui consomment des femmes (Vous avez remarqué à quel point la femme est un objet non pensant sommée de faire ce que l'homme lui demande, si possible avec deux ou trois copines, dans les scènes de fesse de Peckinpah?)... Bref, il nous raconte une histoire en oubliant de la raconter, mais n'a rien à dire d'autre. 

Ce film n'est rien d'autre qu'un gâchis de pellicule, prétentieux, fumeux, et débile. Deux heures qui en semblent quarante.

Pouah.

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Published by François Massarelli - dans Western Navets