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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 15:50

Un hôtel, quelque part au milieu de nulle part... Il est tellement miteux qu'il faut faire quelque chose: on suggère d'amener quelqu'un de la ville afin de donner un peu de classe à l'endroit. C'est Harold Lloyd qui va devoir le faire, et s'il a des idées saugrenues pour rendre l'endroit plus attractif, il va surtout s'y consacrer à tenter de séduire la première cliente un tant soit peu présentable qui viendra y dormir: Bebe Daniels...

Voici un film qui montre assez bien les limites du court métrage d'une bobine: c'était un choix délibéré de Lloyd que de retourner, après avoir sorti quelques Lonesome Luke de deux bobines, au format plus court, afin de bien poser un univers. Mais on voit très bien ici que le comédien serait plus à l'aise dans un développement plus étendu de ce film, qui se termine quand même sérieusement en queue de poisson!

Un autre aspect apparaît clairement à qui voit ce film après avoir vu Sunnyside de Chaplin: situé à Punkville (sic), ce court métrage est la version de Lloyd d'un choc des deux mondes des Etats-Unis de 1918: la ruralité d'un côté, la ville de l'autre... Mais contrairement au film de Chaplin, qui prend son temps sur 3 solides bobines, celui de Lloyd n'est au mieux qu'une sympathique caricature.

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 15:44

Lloyd est de retour dans l'un de ses rôles les plus avantageux pour ses comédies d'une et deux bobines: le jeune homme bien de son temps qui cherche à approcher une belle jeune femme de la bourgeoisie, pour la séduire voire l'épouser... alors que son rang devrait l'en empêcher. Dans ce film-ci, il se fait passer (avec la complicité de Bebe Daniels) pour un scientifique, le professeur Noodles, et s'introduit donc dans une petite fête familiale sans prétention, où il va faire semblant d'être un chanteur lyrique...

Le résumé ci-dessus ne donne pas envie? Je suis d'accord, mais je n'ai pas pu faire mieux... L'équipe du film non plus, apparemment: ceci explique cela...

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 15:34

L'un des premiers (sinon le premier) "westerns" de Harold Lloyd commence par un raccourci cinglant: on y voit le jeune homme en pianiste délirant, accompagné par d'autres citadins qui font la foire. Après quelques secondes, on nous dit que ce pianiste, "Gussie", s'est retrouvé un jour au far west, où il jouait dans un saloon... Et c'est presque tout: sinon, il y a bien un semblant d'intrigue. Un bandit qui souhaite échapper à l'arrestation échange son curriculum vitae (un mandat d'arrêt à destination du shérif) avec un autre, celui justement de Gussie. Du coup ce dernier, parfaitement inoffensif, devient par sa réputation la terreur de tout l'ouest...

Qu'il est mal fichu, ce film! mais ça ne l'empêche pas de se laisser voir, avec tous ses actes arbitraires et jamais totalement motivés! Bebe Daniels est gâchée, et le fait que le shérif soit joué par Charlie Stevenson nous fait comprendre pourquoi dans les deux films du genre qui suivront, la menace sera incarnée par Noah Young.

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 10:25

Quel casting! Joan Crawford, Anita Page et Dorothy Sebastian, accompagnées de Nils Ashter et Johnny Mack Brown, sont des jeunes gens bien nés comme on dit, qui vivent en Californie. Nous allons suivre leurs soirées, leurs amours aussi, parfois en rivalité les un(e)s avec les autres... L'héroïne de ce film est Diana (Crawford), la plus énergique mais aussi la plus délurée des trois filles. Elle pense que la jeunesse est un moment dont il faut profiter, et le fait savoir, ce qui lui donne une réputation désastreuse auprès des parents! ...auprès des hommes aussi, du reste, même si ça ne les empêche pas d'en profiter. En dépit de son attirance pour elle (qu'elle fait tout pour encourager), le playboy Ben (Mack Brown) hésite à l'épouser; il finit par demander sa main à Ann (Page), qui le manipule depuis quelques temps en compagnie de sa mère obsédée par l'idée que sa fille puisse faire un "beau mariage". Pendant ce temps Diana trouve refuge auprès de sa meilleure amie Bea (Sebastian) qui s'est mariée avec Norman (Ashter): l'amour de ce dernier est étouffant au point qu'il a tendance à mettre son épouse sous cloche...

Trois femmes, trois comportements différents... Le film n'est pourtant pas porté par une vision morale très classique. Et cette histoire de femmes dessine aussi, en creux, un intéressant et impitoyable portrait des hommes, qui se servent du comportement parfois "risqué", souvent scandaleux, des jeunes femmes, jusqu'à ce qu'ils désirent se ranger, auquel cas les mêmes jeunes femmes deviennent tout à coup infréquentable. Il y a une ellipse, dans ce film, à laquelle on peut faire dire ce qu'on veut: est-ce que Ben a couché avec Diana? c'est probable, d'autant que l'une des raisons d'être de l'intense jalousie de Norman est cet euphémisme parfois rappelé par Bea rappelant qu'avant son mari, "il y avait eu des hommes"...

La cible de ce film, un énorme succès de l'année 1928 pour la compagnie Cosmopolitan et la MGM, était la jeunesse de la fin du jazz age, du moins en quelque sorte: le script a tout fait pour incorporer un maximum de cette ambiance de fête permanente de la bonne société Californienne des années 20, en favorisant le point de vue de quatre personnes: tous ont entre 20 et trente ans... Et pourtant il y a une sorte de morale parentale derrière. C'est sans doute un brin paternaliste, certainement motivé par une certaine démagogie bien dosée... c'est aussi constamment intéressant par une mise en scène inventive, notamment par le superbe travail de caméra.

Sachant que Beaumont n'est pas à proprement parler un grand metteur en scène, juste un technicien compétent qui fait ici sans doute son meilleur film, il convient de rappeler à quel point le cinéma Américain dans on ensemble est devenu un vivier artistique fabuleux en cette miraculeuse année 1928. Quand on voit ce que le metteur en scène du soporifique Beau Brummel (1924) est devenu capable de faire avec ce film, on en a une preuve en or... quant à Joan Crawford, excellente de bout en bout dans ce petit film qui repose sur son énergie, elle devra reprendre quasiment le même rôle dans deux autres films: un des derniers films muets en 1929, Our modern maidens, de Jack Conway, puis l'un des premiers films parlants de Crawford, Our blushing brides, de nouveau dirigée par Beaumont. Aucun des deux n'est proprement inoubliable... Celui-ci, la matrice, de par le reflet de la société de 1928 qu'il propose, de par son invention et la fraîcheur de ses interprètes qui se trouvent confrontées au rôle pur la première fois (Page reviendra dans les deux films suivants et Sebastian pour le troisième), a bien mérité son statut de classique.

 

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Muet **
15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 16:21

Ce petit film sans véritable enjeu se concentre sur un univers qui deviendra vite familier des comédies de Hal Roach: le quotidien, dans toute sa banalité, sa simplicité... son manque d'intérêt? Bien sûr que non: c'est qu'entre voisins, il s'en passe, des choses... y compris quand, en dépit de tous les efforts les plus notables des uns et des autres pour être amis, il subsiste un je ne sais quoi d'amer dans les relations de ces gens séparés par un tout petit mur de rien du tout...

Les voisins son interprétés par, d'un côté, Margaret Joslin et Snub Pollard; de l'autre, dans une maison assez typiquement remplie d'animaux, Bebe Daniels et Harold Lloyd. Le film, qu'on peut considérer comme un lointain ancêtre de Hot water, de 1924, commence comme ce dernier par un prologue "urbain" avant de retourner vers la quiétude du foyer... Ou ce qui du moins en tient lieu. Notons un crédit rare: Lloyd en est officiellement l'un des réalisateurs.

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie
15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 16:10

En une bobine et une seule, ce film est l'une des parodies de western réalisées avec Harold Lloyd par les équipes de Hal Roach; d'autres ont survécu, bien sûr: Two-gun Gussie, et An eastern Westerner sont des exemples du style... 

Lloyd, cette fois, est un authentique cow-boy qui n'a pas besoin d'une demi-bobine pour se familiariser avec son environnement, et celui-ci se débrouille tout seul: il y a un saloon, tenu par un homme intègre qui a sept filles, nous dit-on. mais nous n'en verrons qu'une seule, la petite Nell (Bebe Daniels); celle-ci est prise en otage par un gangster joué par Noah Young, et il ne faut pas trop compter sur le shérif (Snub Pollard) pour la sauver...

Plaisant, sans plus, le film servira de modèle à An eastern Westerner en 1920, avec Noah Young dans quasiment le même rôle...

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie
15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 16:00

Lloyd joue un garçon bien sous tous rapports, qui courtise une jeune femme de la bonne société (Marie Mosquini). Quant il lui demande sa main, elle se contente de répondre, comme à tous ceux qui ont fait la tentative, "ask father"; dont acte: mais c'est décidément plus facile à faire car le père en question est constamment occupé, et son bureau est difficile, voire impossible à atteindre. Le jeune homme va en faire l'amère expérience...

Car comme dans de nombreux films futurs de Charley Chase ou de Laurel et Hardy, ce superbe film réduit à une bobine (soit environ 13 minutes) se contente d'être une série de tentatives suivies d'échecs, pour le jeune homme, d'approcher son potentiel futur beau-père. Et chaque tentative échouera lamentablement, en raison du refus catégorique du patron de se laisser déranger, ou parce que son environnement immédiat (son secrétaire, joué par Snub Pollard, par exemple, ou l'un de ses employés, interprété d'une façon inattendue par Noah Young à peine reconnaissable en digne citoyen) l'en empêche. la saveur du film vient autant de l'inventivité des tentatives, que de la malignité perverse du sort qui s'acharne avec verve sur le héros.

Un héros qui, s'il avait comme nous été spectateur du film, aurait su que de toutes façons, ça ne servait à rien: on est prévenu dès le départ par un prologue justement situé dans le bureau du père: Bebe Daniels y travaille, et elle sera la seule consolation du jeune homme durant le film... Et quelle consolation! 

Pour finir, c'est un tout petit détail dans une séquence, mais elle a de quoi faire bondir d'enthousiasme le plus modeste des fans de Lloyd: lors d'une de ses tentatives d'entrer dans le bureau, situé au premier étage, le jeune héros doit passer... par le mur extérieur. C'est probablement l'une des premières apparitions d'Harvey Parry, escaladeur de buildings, chez Harold Lloyd. on le reverra...

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Comédie Muet
15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 15:53

Si vous voulez une traduction du titre, vous la trouverez facilement... sur le site spécialisé de votre choix. Pour ma part, je me contenterai juste de répondre à la question qu'il contient: yes indeed! En matière d'escroc, donc, ce petit film mené tambour très battant nous en présente donc quatre: d'un côté, le professeur Goulash et sa fille (Bebe Daniels), tous les deux spécialisés dans le business du paranormal; de l'autre Harold Lloyd et Snub Pollard, qui font dans l'escroquerie du tout-venant, impliquant des bagues bon marché, et des gens trop crédules. Mais Miss Goulash les a repérés, et réussit à les escroquer. En tentant de fuir la police, juste retour des choses, ils se réfugient chez elle...

Le résumé sonne beaucoup pus raisonnable que le film qui en moins de quatorze minutes accumule plus de coïncidences qu'il n'en faut pour faire un film honnête, mais ce petit exercice décérébré, qui date des tous débuts du personnages "à lunettes" (que sur certaines copies de certains films, on appelle encore "The Winkle" à cette lointaine époque), a au moins le mérite de ne pas trop prendre son temps pour tenter de nous faire rire, et, parfois il y parvient.

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie
14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 19:19

Premier film de Lloyd après l'accident maintes fois raconté, qui l'avait privé d'une partie de sa main sur le tournage de Haunted Spooks. Pas spécialement le genre à se décourager, Lloyd, légèrement plus enrobé (c'est à peine perceptible, mais voilà, quelques mois d'inaction sont passés par là), ne se démonte pas, et après avoir fini le film inachevé, se lance dans un western endiablé...

Un western qui meurt d'envie d'être un film plus long: dans la copie que j'ai visionné, un prologue de sept bonnes minutes précède l'action principale qui en fait 20. On y prend le temps d'établir le côté incorrigible du héros, qui fait la noce en permanence et que ses parents décident d'envoyer vers l'Ouest pour lui forger le caractère. Là, il va y vivre moult aventures, et bien sûr trouver l'amour.

L'aventure, ce sera Noah Young: en shérif et chef d'une sorte de Ku-Klux-Klan local, il trouve l'un de ses meilleurs rôles pour Lloyd. Il sait parfaitement comment en un ou deux plans, installer une menace tangible, tout en étant quasi méconnaissable derrière une moustache qui le vieillit. On jurerait un méchant de vrai western... L'amour par ailleurs, ce sera Mildred Davis bien sûr, en ingénue, fille d'un homme intègre qui se retrouve dans une petite localité infestée de bandits: contrairement à Jobyna Ralston dans For Heaven's Sake (1926), la belle a bien besoin d'un chevalier servant...

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Comédie Muet
14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 19:12

Harold a faim, et il n'est pas le seul: il se retrouve souvent à rêver de nourriture, en compagnie d'une petite fille (Peggy Cartwright), et d'un chien... Pendant ce temps, des malhonnêtes en veulent à la fortune de Mildred Davis... Une rencontre entre les deux s'impose...

Le troisième court métrage de deux bobines de Harold Lloyd possède un je ne sais quoi d'embarrassant... Je crois que le fait, d'une part, de voir notre personnage pauvre, et d'autre part qu'il y ait interaction avec une petite fille tout aussi démunie se rapproche trop dangereusement du territoire de Chaplin. C'est bien enlevé, rythmé, souvent drôle, très carré, mais la magie n'opère pas totalement, comme si le comédien n'était pas dans son élément.

Cela étant dit, le film est bien construit, et en particulier dans sa deuxième bobine, qui voit Lloyd soulever ciel et terre (et convoquer à sa façon une armée de policiers) nous rapproche de son monde distinctif. Pour finir, ceci est le premier film de Lloyd avec Mildred Davis, ce qui justifie peut-être la tentative de s'éloigner de son univers de jeunes gens du jazz age: la demoiselle n'a pas le même tempérament que Bebe Daniels...

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Comédie Muet