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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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13 juillet 2026 1 13 /07 /juillet /2026 11:38

En 1922, ce court métrage promotionnel entendait donner à voir à travers quelques exemples de productions en cours, l'état des lieux du studio le plus important du moment... C'est simple, et c'est aussi remarquable: plutôt que de se contenter d'enchainer les extraits de films, le court métrage tourne autour et livre quelques séquences gags en rapport (Blood and sand) ou pas, avec des films en cours de tournage.

Ici ou là, les acteurs et metteurs en scène se sont prêtés assez facilement au jeu, avec une évidente bonne humeur... L'occasion de voir un certain nombre de stars, qui étaient la fierté du studio (Wallace Reid, Gloria Swanson, Rudolf Valentino, Dorothy Dalton, sont tous parmi les invités qui cabotinent - avec retenue - devant la caméra); l'occasion aussi de pomouvoir les metteurs en scène, on verra d'ailleurs Sam Wood, George Fitzmaurice, William de Mille et bien sûr le petit frère de ce dernier...

L'heure était à la promotion, bien sûr... Mais aussi le studio se mobilisait pour préparer l'après: c'est qu'après le scandale de l'affaire Arbuckle (le comédien, accusé à tort de viol, faisait partie des acteurs en contrat au studio), sans doute fallait-il détourner l'attention. En tout cas ce film plein de bonne humeur a eu une impressionnante descendance...

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Published by François Massarelli - dans Muet Rudolf Valentino Gloria Swanson
13 juillet 2026 1 13 /07 /juillet /2026 08:34

La construction d'une niche: l'un des avantages de faire intervenir un protagoniste extérieur dans un court métrage de Tom & Jerry, est qu'on se retrouve avec une mission à accomplir... Qui s'avère évidemment impossible. Ici, Spike aura bien du mal, en raison de l'envahissante et permanente lutte entre Tom et Jerry, à terminer son travail. Mais fondamentalement, le sentiment est que ça aurait très bien pu se passer sans heurts, comme une sorte de routine entre voisins...

C'est bien sûr d'une architecture tranquillement croissante, les violences entre le chien et le chat devenant de plus en plus importantes au fur et à mesure. Avec le chien Spike, Hanna et Barbera avaient trouvé un antagoniste formidable pour Tom, et pour cause: il fait immédiatement partie de son univers... Et on remarquera l'abnégation du chien, qui s'acharne avec plus d'inventivité que de désespoir.

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
13 juillet 2026 1 13 /07 /juillet /2026 08:21

Dans le Pacifique, le commandant du bateau S.S. Aloha prévient son équipage, réduit à un membre, la mascotte Tom, que s'il venait à subsister une souris, une seule sur le bateau, il serait jeté à la mer... Et c'est le moment que choisit Jerry pour se montrer. 

C'est plaisant, la rivalité transposée sur un navire change un peu la donne sans trop bouleverser l'univers de Tom et Jerry. Ce dernier est l'élément pertubateur, bien sûr, mais il garde une espièglerie manifeste. Pourtant de nombreux gags au début le montrent en échec. Sinon, sa motivation est claire, il a fait une croisière pour se rendre sur une $ile paradisiaque, le cliché des années 50!

A noter: les films mettant en scène Tom et Jerry en mer sont finalement assez peu nombreux. Mais y a aussi les aventures à la plage (Salt water tabby et la fin de Southbound duckling), sous l'eau (The cat and the mermouse) ou encore une recréation loufoque de l'aventure de Robinson Crusoe (His mouse friday)

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 21:47

Pour commencer, on pourrait prendre la plus légère des deux options, et dire que tout a commencé par un gâteau, un de ces gâteaux trop beaux pour être vrais, que Stephen Neale (Ray Milland), un brave homme qui sort tout juste d'un sanatorium, a gagné lors d'un jeu organisé à une fête de village. Il s'était rendu là en attendant un train, et ça ne lui a rapporté que des ennuis. Pourtant à le voir déambuler au milieu des gens, petits et grands, qui se retrouvent pour une aimable petite soirée festive de charité, il ressemble au plus heureux des hommes...

Sauf qu'il y a une autre option, plus lourde et plus riche en analyses de toutes sortes... M. Neale sort en effet de deux années de repos, mais c'était aux frais de l'état, suite à un drame auquel il a participé bien malgré lui: marié à une femme atteinte d'une maladie grave, il n'a pas pu l'empêcher de se tuer, avec le poison qu'il avait lui-même stocké au cas où... C'est un coupable, déjà jugé, et déjà condamné... Par lui même. Il est autant un de ces hommes au destin tourmenté qu'affectionnait Fritz Lang, qu'un parfait candidat à la rédemption...

Et c'est la guerre, et en Grande-Bretagne, le blitz fait rage et avec lui, ses soudaines alertes, ses abris. Et ses espions, bien sûr: Neale, qui vient de se reposer deux années, ne sait pas qu'en se contentant de répondre à des questions que des gens un peu trop polis pour être honnêtes lui posaient, il allait mettre les pieds dans un panier de crabes qui trafiquent des secrets du haut-commandement pour les transmettre aux nazis. 

Comme dans tous les films de Lang, la mise en scène, menée tambour battant, et à hauteur de point de vue d'homme naïf, passe par des signes en tous genres et des étranges contrefaçons: un gâteau qui contient des microfilms, des vestes minées, une valise de livres qui est une bombe, des braves gens qui sont des nazis, un étrange et menaçant petit homme qui pourrait être aussi bien Dieu que le diable, une séance de spiritisme, un réfugié Autrichien et sa jolie soeur qui cachent sans doute des secrets inavouables , un aveugle qui voit, une voyante qui ment, et... J'en passe, tellement il y a de détails réjouissants, dans ce film qui représente à la fois une somme de motifs propres au metteur en scène, et une collection de scènes qui font largement penser à un film Anglais d' Hitchcock: bref, c'est un régal, propagande ou pas!

Un régal qui n'oublie pas de nous montrer un monde dans lequel la corruption, celle du crime ou du mal, celle de la trahison, est à touzs les coins de rue. Neale, juste sorti de son asile, est un homme qui s'estime guéri, il est surtout un homme tout neuf. Confronté malgré lui aux pires horreurs, il est comme un enfant qui veut se mesurer au monde... Jusqu'à ce qu'au hasard des questions, des aléas de son retour à la vie, il commence à montrer des signes de nervosité: refus d'aller se plaindre à la police, une tendance à être chatouilleux sur son passé... Sans grand effort apparent, l'élégant Ray Milland est un escellent héros Langien.

 

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Published by François Massarelli - dans Noir Fritz Lang Criterion
12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 11:37

Le chef de la Sûreté, Dreyfus (Herbert Lom), est interné dans une institution psychiatrique. Le psychiâtre en charge du dossier sait bien quelle est la source et l'obsession du patient: sa haine viscérale, absolue, et maladive pour l'inspecteur Clouseau (Peter Sellers). Ce dernier a été nommé chef de la Sûreté à sa place, et alors que Dreyfus montrait de sérieux progrès dans son comportement, la visite de son successeur va précipiter une rechute. Evadé, Dreyfus va déclencher un bras de fer avec les autorités du monde entier, déclenchant un chantage terroriste dans lequel il exige la tête de l'inspecteur...

Cette fois, l'équipe a décidé de s'abstenir de faire la moindre référence au diamant du film de 1963. Désormais, l'appellation générique "The Pink Panther" étant systématiquement attribuée à tout film consacé à l'inspecteur Clouseau. La motivation principale, j'imagine, pour Sellers comme pour Edwards, c'est de capitaliser sur l'énorme succès de la suite parue en 1975 (The return of the Pink Panther), qui était un bon film d'ailleurs...

Mais le problème, c'est que le renouvellement de la franchise est totalement impossible. D'une part, Peter Sellers a fait évoluer, entre le deuxième (A shot in the dark) et le troisième film (Return), son personnage vers des traditions et routines qui se répètent avec insistance: les interventions intempestives du domestique Cato, les mauvaises prononciations absurdes des mots Room, Bomb, Bump (un humour verbal qui déjà n'était pas particulièrement drôle la première fois), d'autre part, Sellers se perd dans la tenation de tout délayer, au point où on s'impatiente... Et on sent que l'équipe est à la peine pour trouver des gags visuels, sans un script qui tienne la route. Parce qu'on sait ce qui va suivre (à savoir, pire, bien pire puis carrément le pire possible), on va se contenter de dire que ce film qui ne s'imposait nullement, est quand même pour le moins médiocre.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 09:55

Ca commence de façon inattendue: non seulement Tom est affalé sur le sol à ne rien, mais alors vraiment rien, faire, pendant que Mammy Two-shoes s'agite... En prime, Jerry sort de son trou, quasiment sous le museau du chat, et vit sa vie sans que ce dernier ne bouge l'ombre d'un coussinet. C'est que la dame a tout précu: elle a acheté Mechano, un chat robot à l'efficacité impressionnante, qui en deux temps trois mouvements, se débarrasse de Jerry... Tom n'a plus qu'à démissionner et décamper...

Dans un premier temps, le film devient presque un court métrage solo de Jerry, qui multiplie les tentatives pour tenter de contrer le robot, mais c'est peine perdue. La narration devient une efficace et hilarante suite d'anecdotes... L'influence du Coyote? Tom finira, une fois que Jerry aura trouvé la faille, par être rappelé.

Quoi qu'il en soit, si comme moi on ressent une certaine irritation, voire de la gêne, devant les dessins animés avec animaux-robots, eh bien, c'est l'exception inespérée!

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 09:47

L'intrigue de ce film comporte quelques similarités avec le dessin animé de Tex Avery Bad Luck Blackie, de 1949: l'idée d'un personnage qui apparait pour en sauver un plus petit, à la demande... Mais ça reste un film bien différent quad même:

Jerry vient en aide à Spike, le bull-dog, qui s'est enfoncé un clou dans la patte (et fait, quand même, sa diva!): reconnaissant, le chien lui confie une clochette; en cas de problème, Jerry n'aura qu'à la faire tinter et Spike accourra... Ce dont Tom, bien sûr, va faire les frais.

C'est un excellent film, méthodiquement construit, et qui bénéficie en moins de 8 minutes d'un rebondissement de taille: un décret soudain, annoncé à la radio, qui stipule que tous les chiens doivent être attachés, relance l'action au profit de Tom... mais pas pour longtemps.

Enfin, la violence physique coutumière est illustrée ici par de nouvelles idées... On n'oubliera pas de sitôt les dents trouées de Spike.

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 09:38

Continuant la tradition d'opposer Tom et Jerry à un animal, soit mièvre, soit loufoque, voire les deux, ce film introduit donc un personnage de jeune phoque, doté d'une histoire et du'ne motivation claire et précise: il est "employé par un cirque", et il s'est évadé. Jerry lui vient en aide, et Tom s'en ficherait volontiers, s'il n'y avait une prime pour ramener la bestiole au cirque... Il va essayer de nombreux stratagèmes.

C'est enlevé, et on apprécie l'énergie et la loufoquerie du personnage, qui ne reviendra pas dans d'autres films, ce qui est toujours appréciable. Il développe un partenariat très efficace avec Jerry, et il communique de façon obscure, ce qui fait qu'il a droit à son propre sous-titrage! L'intrigue est fort bien troussée, aussi, avec un destin inattendu pour Tom.

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry
10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 07:43

Après la redite de Smitten Kitten, non seulement ce nouveau cartoon est entièrement original, mais il renouvelle de façon spectaculaire l'univers de Tom & Jerry... En donnant à Tom non pas un, mais trois antagonistes particulièrement gratinés, ce qui va provoquer entre les deux héros l'union sacrée... Sans un gramme de solennité.

Mammy Two-Shoes accepte de garder trois adorable chatons, et confie l'essentiel de la tâche à Tom, qui s'aperçoit très vite qu'ils'agit en réalité de trois abominables petits monstres...

La façon dont Hanna et Barbera jouent sur la dynamique engendrée par les trois (affreux) garnements, leur discipline dans la tendance à faire le mal, et le timing du cartoon en général sont splendides. Et la bande-son, en prime, reste totalement rigoureuse, réduisant la parole à l'unique humain: aucun des trois chatons ne parle, pas plus que Tom ni Jerry. Mais l'alliance de ces derniers, à la vision du film, est d'une implacable logique...

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
9 juillet 2026 4 09 /07 /juillet /2026 15:09

1942: à Prague, on surnomme le "Protecteur du Reich", Heydrich (Heinz Von Twardowski) le "bourreau" en raison de ses penchants pour l'exécution de masse. Le film commence par une preuve de sa folie en le montrant vociférer devant un parterre de nazis qui sont tous apeurés de faire un geste de travers... Mais quelques heures après le sale type est tué par un résistant. Grâce à l'intervention d'une jeune femme, Mascha Novotny (Anna Lee) qui a vu l'homme (Brian Donlevy) qui se cachait, il échappe à la Gestapo. Mais la machinerie du régime se met en place, celle de la résistance aussi...

C'est tout de suite après Man Hunt réalisé pour la Fox en 1941 (soit avant Pearl Harbor et l'engagement Américain) que Lang a réalisé ce film. Contrairement à Man hunt, donc, mais aussi à Ministry of fear (Paramount), il est indépendant des studios... Et sans surprise il a une histoire compliquée: plusieurs versions subsistent, certaines quasi incohérentes, et l'accomplissement ne s'est pas fait sans douleur, puisque Lang ne s'est pas du tout entendu avec Brecht qui signait le script... Ce dernier a quand même pu mettre de lui-même, de sa verve et de son univers dans le film, comme en témoigne une certaine gouaille des personnages du petit peuple Tchèque... Mais si le film est notable pour son manichéisme parfois embarrassant, il reste un film solidement Langien dans sa structure... du moins sur les deux premiers actes, le troisième souffrant d'un souci d'intrigue!

Lang retrouve un style qu'il affectionnait à la fin du muet, privilégiant ici le tournage en studio, ce qui d'ailleurs se voit pour les scènes de rue. Il lie les scènes les unes aux autres comme il savait si bien le faire, et est très à l'aise face à une distribution impressionnante, dans laquelle les acteurs et actrices se sont investis à 100%: on retrouve quelques grands noms du théâtre et des résistants authentiques (Twardowski, grandiose en nazi fou furieux, et Granach qui interprète un Gestapiste sournois, ont tous deux fui le régime) et des acteurs aux opinions établies (Walter Brennan, l'un des plus grands acteurs caméléons, est une fois de plus génial... en dépit de ses opinions personnelles). Lang montre à la fois les deux machineries se mettre en route comme au temps de Mabuse, et le destin se mêler de la partie.

Si l'histoire, qui est traitée comme un grand roman d'aventures en dépit de l'urgence historique (les événements n'ont pas six mois!) reste prenante, je regrette que le dernier acte soit consacré à l'évocation méthodique du système nazi dans le cas d'un homme qui a été piégé par la résistance. Nous assistons aux manoeuvres de ces derniers pour faire de lui le bouc émissaire de l'enquête pour assassinat, et par moment on prend le risque de faire de lui une victime... Ce qui plombe le dernier acte à mon sens. Et ça peut aussi expliquer les coupes subies par le film un peu partout, surtout dans les pays où il est sorti une fois la libération effectuée. 

Néanmoins, c'est une preuve de plus de la conviction de Lang, de la puissance de son cinéma, à la fois revendicatif et populaire, et de sa capacité à recréer un Prague qu'il n'a pas vraiment vu à la seule force de son imagination. Même imparfait, ce deuxième film anti-nazi est un témoin essentiel de l'importance de son oeuvre.

 

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Published by François Massarelli - dans Fritz Lang