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Le Marquis de Chuarez, diplomate (Josef Rovensky) interdit à sa fille (Olga Rautenkranzovà) de se marier avec le professeur de langues orientales (Quido del Noce): celui-ci est Algérien. Quand le noble monsieur est pressenti pour devenir ambassadeur de Turquie, la situation change: il a impérativement besoin de parler la langue, et sa fille lui conseille un excellent professeur... Mais les stratagèmes les plus loufoques vont devoir être utilisés pour permettre que dans la situation, les deux jeunes gens puissent aller jusqu'à imposer leur mariage comme une évidence...
Il y a un certain nombre d'autres éléments, dans ce film à quatre mains, et c'est bien normal: c'est une comédie en trois bobines, et afin de tenir la distance, les réalisateurs avaient en effet besoin de matière. Il y a donc un running gag, autour du fait que le père souhaite que la fille apprenne le piano au lieu de courir les rues et de se laisser séduire... Elle achète donc un pianola, qui va apprendre le piano tout seul! Et dans un club de misogynes invétérés, l'un des membres est sur la sellette, car depuis qu'il l'a croisée, il est tombé fou amoureux de notre fille de diplomate, ce qui rend son adhésion au club difficile...
C'est assez peu ordonné, en vérité, et la grosse farce à l'Européenne (influence probable du cinéma germanique), n'est jamais très loin. Cela dit, c'est malgré tout généreux, et assez original dans son script. Le fait est qu'Olga Rautenkranzovà est bien l'héroïne du film, là où une comédie muette Américaine en aurait fait, soit le second rôle (chez Chaplin par exemple), soit la fille du héros (chez Sennett, peut-être), à moins qu'il ne sagisse de Mabel Normand! C'est vrai qu'on l'imagine bien dans une telle situation.
Et le film va assez loin dans le risqu", ce qui est semble-t-il assez courant dans les films de Kolàr: car à un moment, le diplomate doit prendre des cours de langue avec l'assistante voilée de son professeur, dont il ignore qu'elle est sa fille...Et il la trouve fort avenante. C'est embêtant!
Enfin bref: ce n'est sans doute pas par ces films burlesques qui tentent de rivaliser (à une époque où ils ne sont pas disponibles pour leur plus grand plaisir) avec les burlesques Américains, qu'on va vraiment pouvoir aborder le cinéma Tchèque. 1918 étant justement l'année de la création de la Tchécoslovaquie, on peut sans doute au moins considérer qu'il va y avoir bientôt la création d'un cinéma national dans ce nouveau pays, et assurément que Jan S. Kolàr y jouera un rôle... Quant à Miss Rautenkranzovà, elle a au moins tourné un autre film (dont je ne sait pas s'il a été préservé), cette même année. Sous le titre Satyr, c'est une courte comédie d'une bobine, dont le synopsis fait rêver... Mais a priori, c'est hélas tout.
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