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24 septembre 2026 4 24 /09 /septembre /2026 08:58

1828, Edimbourg: l'académie de médecine du Dr Knox est une très prestigieuse école de médecine, menée à la baguette par le très rigoureux Docteur (Peter Cushing)... Qui a parfois besoin de cadavres afin, dit-il avec insistance, de faire avancer la médecine. Il utilise donc les services de "résurrectionnistes", comme on les appelle, en fait des profanateurs de tombes qui volent les corps récemment enterrés. Le docteur ne s'en vante pas, et ne condamne en rien leurs pratiques, qui lui permet de fournir à ses étudiants des objets d'études. Deux imigrés Irlandais de fraîche date, Burke (George Rose) et Hare (Donald Pleasence) ont été témoins de la manoeuvre et ont l'idée d'apporter à l'académie un de leurs locataires qui vient de mourir. Devant la somme qui leur est proposée, ils prennent la décision d'en faire un business, et vont désormais tuer pour fournir l'école...

C'est la troisième fois que cette même intrigue (inspirée de faits réels) sert les besoins du cinéma: la première fois, c'était avec The body snatcher, de Robert Wise, produit par Val Lewton avec Boris Karloff, un film qui examinait cette intrigue sordide sous l'angle du film fantastique, mais aussi avec une caution littéraire non négligeable, puisqu'il était basé sur une nouvelle de Stevenson. John Gilling avait écrit le script d'un film basé sur l'affaire en 1948: The greed of William Hart, mais la censure avait exigé que les noms des protagonistes soient changés. Ce n'est pas le cas ici... Mais une chose est sûre, rien dans ce film n'ira dans le domaine du fantastique ou de l'onirique! Tout y est vrai, authentique, cru et pour tout dire particulièrement sordide!

Outre l'intrigue détaillée ci-dessous, on suit les amours de deux couples: le docteur Mitchell (Dermot Walsh), fraîchement diplômé et qui assiste le docteur, est fiancé à sa nièce Martha Knox (June Laverick), et un étudiant, Jackson (John Cairney), a trouvé l'amour dans les bras d'une fille de taverne (Billie Whitelaw), qui va trouver la mort lors de sa rencontre avec Burke et Hare. Ces sous-intrigues vont évidemment jouer un rôle important dans le film, mais aussi souligner la façon dont lasociété d'Edimbourg, comme toute la Grande-Bretagne, est en 1825 à deux vitesses... Et le sordide, déjà présent dans l'intrigue criminelle crapuleuse qui nous est contée (et de façon très graphique, soyez-en sûrs!), provient aussi de ces scènes parfois extrèmement forcées de beuveries et autres orgies... Les deux couples, sont asse symboliquesdes deux mondes, et c'est ambigu: d'un côté Billie Whitelaw est une prostituée, et June Laverick la nièce bien comme il faut du bon docteur, et de l'autre cette dernière ignore les choix douteux de son oncle, alors que l'autre jeune femme, avant de se faire tuer, aura sacrifié son amour afin de ne pas pénaliser le jeune étudiant en médecine qui l'aime... Pour pas grand chose, d'ailleurs, car il finira lui aussi en cadavre frais.

C'est le premier film de Peter Cushing appartenant plus ou moins au genre de l'horreur qui n'a pas été produit par la société Hammer, et on sent ici, effectivement, comme une forte volonté d'ancrer l'intrigue dans sa vérité, la plus crue. Non qu'on évite le baroque, mais en tout état de cause, le film est loin d'être un diverstissement familial. L'atmosphère de ces 95 minutes, partagées entre l'académie et ses pratiques policées (on est dans le grand monde, et le Docteur Knox est un monsieur, admiré et respecté par toute la ville) et les bouges, tavernes et autres bars à matelot où les pires passions se déchaînent. Le film est riche, d'ailleurs, en passages qui ont fait l'objet de deux (voire trois) versions: une version pour la frileuse Grande-Bretagne, qui accepte les scènes très violentes mais coupe la nudité et les scènes indicatives de débauche sexuelle, une version plus prudente encore pour les Etats-Unis, dont le cinéma grand public est encore sous le joug du code de production, et une version "continentale" pour l'Europe, avec toutes ses turpitudes...

C'est qu'il est énormément question de morale et de culpabilité dans ce film, qui pose effectivement la bonne question... certes, Burke et Hare sont des criminels, de la pire espèce, des tueurs qui tuent parce que c'est facile: un simple d'esprit, un vieil homme, une prostituée peu farouche... Mais aussi ils tuent pour quelques pièces. Et ils tuent finalement indistinctement. Pour autant, la bonne société (représentée dans le film par le conseil de l'ordre) n'apprécie guère les rumeurs autour du Dr Knox, et de sa façon de se fournir en cadavres... Les profanateurs de tombes, au début du film, n'aimeraient pas se faire surprendre en plein travail! Et bien sûr le Docteur lui-même, est sur la sellette, lui qui va comprendre lors d'une scène où un enfant qui ignore son identité, lui répète ce que lui ont sans doute dit ses parents: "j'ai peur qu'on on m'envoie chez le Dr Knox". De médecin enclin à devenir le bienfaiteur de l'humanité (il a une très haute idée de lui-même et de son art), il est devenu un facilitateur du meurtre, sous son angle le plus répugnant... Peter Cushing a adopté pour ce film un visage impressionnant: sa rigueur, sa raideur légendaire, est mise en doute par un oeil à demi fermé, probablement le bon docteur est-il borgne. Une façon de souligner que selon l'angle de vision ce ne sera pas le même homme... 

Inévitablement, pour bien apprécier le film, il faut se procurer une version intégrale, quelles que soient les réserves: le film choisit de montrer, aussi bien des détrousseurs de cadavres, que des tueurs, des prostituées qui ne ressemblent en rien à Marguerite Gautier, et une impressionnante pendaison... Un parti-pris de réalisme qui rappelle aussi la puissance émotionnelle du cinéma. Et le pire, c'est que ce film (Au fait, le titre français était L'impasse aux violences) n'a pas eu un grand succès. Etonnant, non?

 

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Published by François Massarelli - dans Noir
22 septembre 2026 2 22 /09 /septembre /2026 22:23

Sur la ferme, un renard fait des incursions répétées, uniquement repéré par un jeun coq, qui tente de le signaler au chien Barnyard Dawg, mais celui-ci refuse de voir. Pendant ce temps le coq Foghorn Leghorn revient de pêcher et le renard décide de les rouler tous deux dans la farine...

Mais que ce film, laid et au rythme incertain, est mauvais, moche, long et inutile... Il n'y a rien à faire, c'est affligeant.

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Published by François Massarelli - dans Bob McKimson Animation Looney Tunes
22 septembre 2026 2 22 /09 /septembre /2026 22:14

C'est un beau jour, sur une mare... Daffy Duck profite du calme... Mais Porky Pig est venu chasser, et c'est donc la fin de la tranquillité, pour l'un (le canard), comme pour l'autre (le chasseur)...

Déjà vu? On attendrait un autre héros, ici, tant le poste de chasseur est généralement réservé à Elmer Fudd, mais ce serait oublier un élément essentiel: la création de Daffy Duck par Bob Clampett, a eu lieu dans un film de Tex Avery (Porky's duck hunt), dont le héros était précisément Porky, faisant face au canard le plus cinglé des deux hémisphères... Alors s'il est volontiers sympathique et s'il reprend de façon assez ostensible le même argument, ce film ne fait hélas pas le poids.

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Published by François Massarelli - dans Daffy Duck Animation Looney Tunes Friz Freleng
22 septembre 2026 2 22 /09 /septembre /2026 22:00

Sur un destroyer de la Marine Américaine, au sein d'un équipage de chats, Conrad le marin nettoie le pont. Il prend son temps, et... Daffy Duck (qui admettons-le n'a absolument AUCUNE raison d'être présent à bord) commente sa lenteur, ainsi que la chanson qu'il chante. La situation dégénère.

Je crois avoir rarement vu un film aussi volontairement vide de sens (attention, ce n'est pas une critique), gratuit et même ouvert que celui-ci, sur ce début des années 40! C'est une variation sur de la pure animation, motivée parabsolument rien de logique. Chuck Jones sortait à peine de sa période quasi juvénile, et il expérimente ici avec un héros vide, le chat Conrad, lent et franchement décalé avec sa voix qui en rappelle une autre: c'est Pinto Colvig qui le double, soit la voix attitrée de Goofy...

Mais dur pour Conrad le chat d'exister quand on a face à soi la dynamo absurde de la première incarnation de Daffy Duck! Et comme dans The Dover boys at Pimento University or The Rivals of Roquefort Hall, les tribulations de Conrad et daffy sont souvent interrompues par l'intervention silencieuse et aburde d'un personnage inutile...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Daffy Duck Animation Looney Tunes
21 septembre 2026 1 21 /09 /septembre /2026 15:35

Le magicien Ala Bahma rencontre Bugs Bunny: dans un premier temps, l'escarmouche tourne à l'avantage de l'humain, mais ça ne durera pas longtemps...

L'illusionnisme peut-il être le sujet d'un dessin animé? On aurait envie de répondre non, dans la mesre où l'un et l'autre reposent sur une variation du même principe! Et pourtant... Ici, le sujet est plus l'abondance de numéros et de sabotages possibles, que la vréie quête de l'illusion!

Le personnage de Bugs Bunny se cherche encore, et Chuck Jones qui ne dirge qu'épisodiquement la bestiole, n'a pas encore adopté le design qui sera celui du lapin dans tous ses films, ou presque (seul Arthur Davis s'en écartera)... Mais une chose est sûre, il est à l'aise avec la mentalité de trouble-fête du lapin! Si ce dernier s'abstient de prononcer SA phrase fétiche, il dit par contre sa fameuse déclaration d'animosité, "This means war", qui reviendra souvent, surtout dans les films de Jones!

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Bugs Bunny Animation Looney Tunes
21 septembre 2026 1 21 /09 /septembre /2026 15:27

Une cane attend un certain nombre d'heureux événements, mais c'est compliqué: il fait froid. Très froid. Très très, très froid... Les canetons contenus dans les oeufs ne souhaitent donc pas sortir. %ais quand elle finit par les persuader, l'un d'entre eux, décidément frigorifié, fait de la résistance...

C'est d'une grande loufoquerie, tant dans le sujet (très bien traité, avec l'intervention très drôle d'un loup en état de sous-nutrition), que dans le détail: la plupart des nombreux canetons ont des noms de politiciens ou de leurs épouses... On a donc un Winston, un Eleanor, un Franklin et le "héros" malgré lui s'appelle Robespierre!

Frank Tashlin n'est pas loin, dans ce film très enlevé, de l'agitation sublime de Bob Clampett. Et c'est un sacré compliment...

 

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Published by François Massarelli - dans Frank Tashlin Animation Looney Tunes
21 septembre 2026 1 21 /09 /septembre /2026 15:18

Le plus souvent, une confrontation entre Bugs Bunny et Yosemite Sam est soumise à un contexte fort, et parfaitement défini: l'Ouest, bien sûr, occupe bien des courts métrages; les histoires maritimes ou de boucaniers (en Français, il est connu sous l'étrange nom de Sam Le Pirate, ce qui est plutôt étrange pour un cow-boy), etc...

Dans Ballot box Bunny, Friz Freleng oppose Sam et Bugs d'une façon inédite: ils sont tous les deux candidats au poste de maire d'une petite ville de l'ouest. On peut s'étonner de voir l'anarchisant Bugs Bunny faire de la politique, mais c'est motivé: parmi les promesses vides de sens, Sam a annoncé qu'il supprimerait tous les lapins!

Il se présente donc contre lui, et le film devient une impressionnante collection d'escarmouhes politiques, qui une fois mis de côté le contexte du dessin animé, ressemblent fort à un florilège de tous les trucs, coups bas et autres manipulations auxquels un politicien local, aux etats-Unis, pouvait s'adonner en ce début des années 50: embrasser des bébés, flatter le client, lui donner des cigares et organiser des pique-niques. Et accessoirement, tirer sur son opposant avec des armes à feu...

Rien d'étonnant à ce que cet excellent film soit devenu un authentique classique...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes Bugs Bunny
20 septembre 2026 7 20 /09 /septembre /2026 18:52

Avec Tweety pie et Sylvester, tout est généralement histoire de contexte. Les meilleurs films sont souvent ceux où tout est dit dès la première minute, et c'est précisément le cas de celui-ci...

Granny doit sortir, et elle ferme la porte de sa maison à clé pour éviter que Sylvester ne vienne manger Tweety Pie. Mais il était sous le paillasson... Lorsqu'elle se rend compte du danger, elle revient et indique à Sylvester que s'il touche ne serait-ce qu'à une plume de l'oiseau, il sera vendu à un luthier pour qu'on confectionne des cordes de violon avec ses boyaux...

Tout est donc dit, on sait qu'à partir de là, le chat a vraiment intérêt à filer doux... Voire à protéger le canari: quand un autre chat, et pas un tendre, vient pour manger du canari, il va devoir s'y opposer. On sait d'ailleurs fatalement comment ça va finir...

Non, pas avec la mort du canari. cette sale bête a, décidément, la peau bien dure!

A noter qu'à chaque fois qu'il est question de violon, il y a toujours un protagoniste du film pour chanter la Marche funèbre de Chopin en imitant l'instrument...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
20 septembre 2026 7 20 /09 /septembre /2026 18:45

Tweety Pie vit dans un nid perché sur un poteau immense. Sylvester décide d'y grimper, mais il n'est pas seul: un autre chat a exactement la même idée. Ils font semblant d'établir une trève, sous leprétexte qu'il n'y a rien à manger sur le canari, mais ils se livrent ensuite une concurrence féroce pour attraper l'oiseau.

C'est, comme souvent, une accumulation de tentatives de l'un puis de l'autre chat, dans laquelle Tweety, de pièce de résisance (ou plat de résistance, ou du moins snack), devient finalement témoin et observateur! Le gags sont drôles et inévitablement, on se place du côté de Sylvester, l'autre chat étant peu attrayant pour tout dire! 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
20 septembre 2026 7 20 /09 /septembre /2026 18:38

Tout commence comme un film noir, avec en guise de voix off, non pas un détective, mais... un canari. Il nous décrit par le menu les tentatives de Sylvester ("A bwack puddy tat, wed nose, white chest. Name...'Tilvester") pour le manger, et combien elles furent lamentables...

C'est assez surréaliste, et d'une structure très libre: on s'attend à ce que Tweety soit systmatiquement coincé sur son balcon, et que tout le dessin animé ne soit qu'une liste des tentatives lamentables (au passage, on sent ici l'émulation interne du studio: ces variantes ressemblent aux mésaventures du Coyote, de Chuck Jones)... Alors qu'en vérité le court métrage sort de sa zone de confort: on retrouve le canari dans la rue, et même, poursuivi inévitablement par le chat, sur un pont en bois dans le Colorado....

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Looney Tunes Animation