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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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10 octobre 2026 6 10 /10 /octobre /2026 10:11

Ce film est une comédie de trois bobines, qui fait se rencontrer l'esprit du slapstick des burlesques Américains, et certains aspects de la filmographie populaire de Louis Feuillade, avec ses détectives lancés dans une ville, sur les toits, déguisés... Mais en mode fort léger!

Deux détectives (Frantisek Pelisek et Gustav Machaty) ont une agence qui ne marche pas très fort. Quand on leur confie une affaire de colis disparu, le seul indice est une trace de bottine féminine, de petite taille. Les voilà partis pour une enquête qui chausse du 36...

Ca commence, pourtant, par une scène d'horreur... Un tueur violent s'occupe d'une innocente (Olga Augustova, qui s'avèrera être la fameuse dame au petit pied), et se livre ensuite dans la rue à des crimes abominables... Mais c'est évidemment un rêve. Une autre actrice qu'on verra dans le film, y fait ses débuts au cinéma: Anny Ondrakova, dite Ondra, pour un petit rôle, qui la propulsera très vite dans des films de long métrage...

Le film sent l'improvisation dans les rues de Prague, et non seulement les deux réalisateurs sont présents dans le film, il faut noter que Gustav Machaty aura une carrière intéressante: non seulement il tournera deux films Tchèques cruciaux en 1929 (Erotikon) et en 1932 (le fameux, et sulfureux, Extase), mais avant ça il fera un crochet par les Etats-Unis, où il se fera engager  la Universal, et on le crédite parfois en tant qu'assistant d'Erich Von Stroheim sur Foolish Wives... A prendre avec des pincettes, évidemment.

Mais bon, le film, pour l'instant, ne va pas très loin, et on sent un peu trop le bricolage et l'improvisation ici. Comme le film, perdu, a été partiellement reconstitué par Kolár en 1960, il est parfois un peu difficile à suivre.

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Published by François Massarelli - dans Jan S. Kolár Muet 1920 **
9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 17:49

1932: le public Parisien se presse rue Chaptal, pour y assister aux représentations de Crimes dans une maison de fous, d'André de Lorde, au théâtre du Grand Guignol... La vedette, Paula Maxa (Anna Mouglalis), déchaîne les passions, d'un côté de ses admirateurs qui ne viennent que pour elle (et scandent Ma-xa!, Ma-xa!), et de l'autre des grincheux, salutistes indignés, bourgeois Catholiques qui voient le mal partout, et tous ces braves gens sont d'ailleurs persuadés que le théâtre est le lieu de véritables crimes et autres messes noires. Ce soir-là, Jean (Niels Schneider), un jeune reporter du Petit Journal, est venu pour assister à la prestation de Paula Maxa, qui le fascine. Mais Paris est en cette période troublée secouée par une série de crimes qui gravitent autour du théâtre...

Ca part d'une excellente idée, en vérité. Entremêler une histoire de serial kiler avec la vérité des faits (Paula Maxa, le Grand Guignol, le Petit Journal.. Tout a existé, bien sûr, sauf les crimes...), en représentant le théâtre le plus scandaleux du début du XXe siècle dans son univers et son humour noir permanent: un monsieur loyal y informe ses spectateurs qu'ils auront toujours la possibilité de vomir dans des seaux le cas échéant, avant de perdre littéralement ses deux bras ensanglantés...

Au départ, on recrée une séance, et c'est emballant. Ca aurait pu être un bon film, s'il n'y avait eu cette tendance catastrophique au grand n'importe quoi, et une incapacité à garder le tout lisible. Le temps se mélange, et un montage clipesque et hasardeux nous perd en permanence. C'est dommage...

Sans parler du fait qu'au final, le film ne tire aucune logique ni aucune leçon, et qu'en prime, on finit par avoir l'impression que le film donne raison aux fâcheux et aux malfaisants qui reprochent au théâtre le plus rigolo de tous les temps, d'avoir célébré la Saint-Satan tous les jours... Bref, c'est raté.

En lieu et place de cette médiocre Netflixerie, on aimerait bien voir les quatre films tournés par Paula Maxa entre 1918 et 1921...

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Published by François Massarelli - dans Boo!
9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 08:36

Le Marquis de Chuarez, diplomate (Josef Rovensky) interdit à sa fille (Olga Rautenkranzovà) de se marier avec le professeur de langues orientales (Quido del Noce): celui-ci est Algérien. Quand le noble monsieur est pressenti pour devenir ambassadeur de Turquie, la situation change: il a impérativement besoin de parler la langue, et sa fille lui conseille un excellent professeur... Mais les stratagèmes les plus loufoques vont devoir être utilisés pour permettre que dans la situation, les deux jeunes gens puissent aller jusqu'à imposer leur mariage comme une évidence...

Il y a un certain nombre d'autres éléments, dans ce film à quatre mains, et c'est bien normal: c'est une comédie en trois bobines, et afin de tenir la distance, les réalisateurs avaient en effet besoin de matière. Il y a donc un running gag, autour du fait que le père souhaite que la fille apprenne le piano au lieu de courir les rues et de se laisser séduire... Elle achète donc un pianola, qui va apprendre le piano tout seul! Et dans un club de misogynes invétérés, l'un des membres est sur la sellette, car depuis qu'il l'a croisée, il est tombé fou amoureux de notre fille de diplomate, ce qui rend son adhésion au club difficile...

C'est assez peu ordonné, en vérité, et la grosse farce à l'Européenne (influence probable du cinéma germanique), n'est jamais très loin. Cela dit, c'est malgré tout généreux, et assez original dans son script. Le fait est qu'Olga Rautenkranzovà est bien l'héroïne du film, là où une comédie muette Américaine en aurait fait, soit le second rôle (chez Chaplin par exemple), soit la fille du héros (chez Sennett, peut-être), à moins qu'il ne sagisse de Mabel Normand! C'est vrai qu'on l'imagine bien dans une telle situation. 

Et le film va assez loin dans le risqu", ce qui est semble-t-il assez courant dans les films de Kolàr: car à un moment, le diplomate doit prendre des cours de langue avec l'assistante voilée de son professeur, dont il ignore qu'elle est sa fille...Et il la trouve fort avenante. C'est embêtant!

Enfin bref: ce n'est sans doute pas par ces films burlesques qui tentent de rivaliser (à une époque où ils ne sont pas disponibles pour leur plus grand plaisir) avec les burlesques Américains, qu'on va vraiment pouvoir aborder le cinéma Tchèque. 1918 étant justement l'année de la création de la Tchécoslovaquie, on peut sans doute au moins considérer qu'il va y avoir bientôt la création d'un cinéma national dans ce nouveau pays, et assurément que Jan S. Kolàr y jouera un rôle... Quant  à Miss Rautenkranzovà, elle a au moins tourné un autre film (dont je ne sait pas s'il a été préservé), cette même année. Sous le titre Satyr, c'est une courte comédie d'une bobine, dont le synopsis fait rêver... Mais a priori, c'est hélas tout.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet ** 1918 Jan S. Kolár
7 octobre 2026 3 07 /10 /octobre /2026 19:16

On a perdu la plupart du métrage de ce film (adapté d'un poème), dont seule une séquence de quatre minutes a survécu. Elle a l'avantage, sinon d'être claire, de représenter particulièrement bien la dimension horrifique du film! Il y est question d'un cadavre, d'un personnage monstrueux, d'une jeune femme prise au piège lors d'une nuit d'horreur...

D'un côté, le maquillage et la scénographie renvoient de façon évdente à une certaine idée du cinéma Allemand, le jeu outré se combinant aux excès d'expressivité du masque des personnages, et aux éclairages hallucinants... 

De l'autre, le côté disjoint de ces quatre minutes me font douter: s'agit-il vraiment d'un film, et non de chutes qui seraient compilées du moyen métrage? Certains plans se répètent sans se correspondre totalement, comme des prises multiples d'un seul plan, et le tout manque singulièrement de cohérence chronologique palpable...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1925 **
7 octobre 2026 3 07 /10 /octobre /2026 19:07

C'est l'hiver, à Prague: Monsieur Polykarp (Franktisek Nesvadbda) se promène et en descendant du tramway pour rattraper son chapeau, il rencontre une jeune femme qui lui plait (Marie Vitkova). Il tente de lui donner un rendez-vous, mais le fiancé veille au grain. Privé de compagnie le jeune homme se met à faire à peu près n'importe quoi dans la neige...

C'est largement improvisé, sans doute, et l'intention n'est pas forcément de faire de l'art. Kolàr, qui sera quelques années plus tard, après le démantèlement de l'empire Austro-Hongrois, le fer de lance d'un cinéma Tchèque, réalise son premier film en référence évidente aux burlesque américains, mais les moyens, l'expérience et le savoir-faire attendront un peu...

Et maintenant, je partage ici une forte impression devant la toute première scène: Polykarp est étendu dans la neige, les et tout à coup il se redresse d'un coup (la séquence est passée à l'envers, de toute évidence), et comment cette soudaine irruption d'un grand gaillard tout maigre, bien qu'elle soit à vocation comique voire absurde, ne nous ferait-elle pas penser à Nosferatu?

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Published by François Massarelli - dans Muet Jan S. Kolár
30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 15:18

Un petit groupe de marins Américains rescapés d'un naufrage tentent de se rendre en Australie à l'initiative de leurs officiers, alors que l'ensemble des forces armées Américaines des Philippines ont reçu l'ordre de se rendre. Mais au fur et à mesure, les choses changent, et ils reçoivent l'ordre inverse: rester et organiser la résistance en collaboration avec les populations locales...

Il est des films dont on se dit soit qu'on ne les verra jamais, soit que si l'opportunité se présente on aura du mal à entrer dedans... C'est le cas de celui-ci, un cas plus que particulier puisque c'est apparemment le seul film de Fritz Lang qui ait été copieusement et irrémédiablement renié par son auteur! ...Et le terme d'auteur ici est à peine à prendre au pied de la lettre: ce petit film de guerre au demeurant vaguement distrayant a été commandé à Fritz Lang par Darryl F. Zanuck, et c'est sans doute un geste de bonne volonté de la part du metteur en scène... Henry King, le réalisateur attitré des grands projets (qui permettait par sa bonne volonté à Zanuck de ne pas trop en demander à John Ford, qui de toute façon n'était plus en contrat) était sans doute occupé ailleurs, et le projet a échoué sur les genoux de Lang.

Peut-être celui-ci avait-il envie de se frotter à un film de guerre moins emprunt de noirceur que ses oeuvres précédentes, peut-être était-ce la perspective de tourner en extérieurs aux Philippines, ou la perspective de bénéficier de l'aide de l'armée, une sorte de retour nostalgique à sa démesure des années 20... Peut-être qe les beaux yeux de Micheline Presle (orthographié "Prelle" au générique), ou la perspective de travailler avec Tyrone Power l'auraient décidé... Il faut de tout pour faire un monde.

Il a accepté, et a réalisé un film sans âme, sans saveur, sans surtout les saveurs parfois sadiques et sacrément salées de ces passages souterrains, ces aventures dans des tunnels, dans les tréfonds de l'inconscient... Les partisans d'un Lang psychanalytique et gothique en seront pour leurs frais, et ces aventures seront une fois le film terminé vite oubliées. Surtout si on a en tête l'admirable Objective Burma de Raoul Walsh...

 

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Published by François Massarelli - dans Fritz Lang
30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 14:35

Le soldat Snafu souhaite envoyer une lettre pour sa fiancée, et espère qu'elle ne passera pas par le bureau de censure... Après quelques tentatives infructueuses, il la confie à un bon génie, qui s'exécute. Mais les conséquences seront désastreuses...

Comme toujours, le didactisme de ce court métrage à vocation de propagande est entièrement soumis à l'utilisation de l'animation... L'intrigue est claire et prenante, et bien sûr les désastres provoqués par Snafu seront sans grande conséquence. Ici, c'est bien sûr la nécessité d'une censure des courriers de l'armée pour protéger le secret défense qui est mise en valeur...

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Published by François Massarelli - dans Frank Tashlin Animation
30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 14:29

Dans le cadre de la propagande interne à l'armée Américaine durant la seconde guerre mondiale, ce film est particulier à plus d'un titre. D'abord parce qu'il a été dirigé par Frank Tashlin, l'un des metteurs en scène les plus oubliés (du moins pour ses cartoons) du studio de Schlesinger: ensuite, parce que sa propagande présente une certaine inversion par rapport à ce qui est généralement le lot des aventures du soldat Snafu...

En effet, dans le film, ce dernier est stationné dans un endroit extrêmement froid (il nous dit qu'il fait tellement froid, que même une jeep se gèle les noisettes), et il s'imagine qu'à l'arrière (the home front), son père, son grand-père et sa fiancée doivent se la couler douce... Le dessin animé lui apporte la preuve qu'il n'en est rien...

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Published by François Massarelli - dans Frank Tashlin Animation
30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 14:23

Tourné durant la seconde guerre mondiale, ce court métrage de tashlin montre un consel donné aux soldats sous la forme d'un dessin animé... On y met les troufions en garde contre la tentation de se laisser aller, le risque étant d'être un goldbrick, un lingot d'or. Non en valeur, mais bien en poids! 

Le goldbrick est désigné comme étant celui qui ralentit le groupe, mais surtout qui met en danger tous ss petits camarades, et la mission par-dessus le marché. Comme tous les films de la série Snafu, ces quelques minutes sont extrêmement efficaces, sans filtre, et fascinantes: elles n'étaient en aucun cas destinées à être montrées hors du cadre de l'armée...

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Published by François Massarelli - dans Frank Tashlin Animation
30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 14:16

Durant la seconde guerre mondiale, les réalisateurs du studio Schlesinger ont été réquisitionnés pour réaliser des films de court métrages (généralement moins de cinq minutes) qui permettaient de passer des messages de prudence de propagande, mais pas au grand public: c'étaient des oeuvres à usage interne de l'armée seule, destinés à rappeler aux mirlitaires les consignes élémentaires de prudence. 

Celui-ci, qui met en scène Mr Hook, un soldat un peu benêt, a été réalisé par Bob Clampett et nous montre comment les soldats sont invités à se méfier de la propagande Japonaise, l'occasion pour Clampett de se dépasser en matière d'humour ethnique de TRES mauvais goût...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation