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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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16 octobre 2026 5 16 /10 /octobre /2026 22:06

A la Warner, entre 1935 et 1941, Avery a sans doute beaucoup attendu. Rongé son frein en réalisant des Porky Pig, et des films un peu trop doucereux pourlui, même si la plupart de ses Merrie Melodies ont le point commun de distiller un grain de folie, fut-elle douce, qui n'appartient qu'à lui: loufoque, sans trop l'être (non, décidément, ce sera l'apanage de Clampett, qui a d'ailleurs appris de lui), et contrairement à ce qui se passera à la MGM, presque sous contrôle! Le personnage de Daffy Duck, créé par son animateur Clampett pour un de ses courts métrages (ce qui vaudra au jeunôt d'être propulsé réalisateur) a pu un temps persuader Avery qu'il avait trouvé un personnage de cinglé à sa mesure, mais la disparité des films le présentant est évidente dès le départ... Ce n'est jamais le même canard.

Alors que Bugs Bunny a dès le départ une personnalité écrasante, permettant au chaos d'exister tout en faisant semblant de n'y être pour rien... Une personnalité qui se forgera, je pense d'abord sur son allure, il est vrai que c'est un personnage d'une classe folle, et en dépit de l'abondance de pères, il sera vite le lapin qu'on connait. Avery ne l'a "dirigé" que quatre fois, cinq si on évoque une apparition éclair dans le film Crazy cruise qu'il a entamé mais que Clampett a fini. 

Ce film est le deuxième de la collaboration entre Bugs et Tex: une adaptation d'une fable de La Fontaine qu'on ne présente plus, c'est un Bugs très sûr de lui qui s'introduit en douce sur le générique du film, et qui commente les noms de l'équipe sans vergogne, d'une façon distraite et tout en machouillant une carotte: il maltraite chacun des noms, avant de lire le titre, et là il s'offusque. La suite est inévitable: il répond furieux au défi, affronte la tortue, et perd.

Certes, habituellement Bugs gagne, mais il est aussi extrêmement imbu de lui-même et c'est cet aspect qui est mis en valeur ici... Avery avait une idée, déjà, très arrêtée du personnage, et de son caractère de cochon! Et s'il se fait de toute évidence arnaquer, on ne peut que comprendre son envie d'en découdre, quitte à se faire battre par une tortue! Et ce sera la même motivation qui sera à l'oeuvre dans deux autres films ultérieurs, l'un réalisé par Clampett (le meilleur, peut-être), l'autre par Freleng.

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Tex Avery Bugs Bunny
15 octobre 2026 4 15 /10 /octobre /2026 22:53

La naissance de la chrétienté Tchèque, à travers la dynastie qui vit l'émergence du Duc Wenceslas de Bohême...

Avec ce film, Jan S. Kolár retournait à la réalisation après plusieurs années: son dernier film datait de 1926, et il était entendu que dans le cinéma Tchèque, cette épopée nationale et historique serait LE film de 1929... Entendu, sans doute... mais par qui? Car si le gouvernement, et le premier ministre de l'époque, ont prété leu concours à cette mise en images d'une intrigue fondamentale à l'identité Tchèque, et à la Chrétienté (orthodoxe) locale, il n'empêche que la sortie a été retardée, et comme tout film muet tardif, sorti après que les premiers balbutiements et autres borborygmes du parlant se soient fait entendre, il est tombé assez vite dans l'oubli...

Mais il faut dire aussi que ce film est non seulement fourni (en intrigues, sous-intrigues, coups de théâtre, le tout après un prologue pesant), il est aussi lourd. C'est joli, peu rythmé, et marqué par ce cliché absolu des histoires qui remontent au-delà du Moyen-âge: les gens qui s'avancent sur un cheval, la main droit levée, le visage marqué d'un air solennel... Bref: que c'est ennuyeux... 

Et Jan S. Kolár ne fera plus de film, il hantera les mémoires et à l'occasion, retrouvera et remontera ses films, des fois que.

 

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Published by François Massarelli - dans Jan S. Kolár Muet **
14 octobre 2026 3 14 /10 /octobre /2026 23:30

Il y a du rififi au royaume de Pélicanie! Suffisamment pour motiver le retour de la Princesse Wajda, héritière du trône, pendant qu'un roi de pacotille règne mollement pour préparer le terrain à un félon héritier dont les dents rayent le parquet... Mais comme Wajda (Elisabeth Frederiksen) s'est reconvertie dans le music-hall, elle revient au pays flanquée d'un souffleur (Carl Schenström, le grand maigre, également connu dans nos contrées sous le sobriquet de Doublepatte) et d'un maquilleur (Harald Madsen, le petit rabougri qu'on a surnommé quantà lui Patachon) qui vont plus ou moins lui servir de gardes du corps... et se laisser berner par des espions! Mais peu de monde a repéré que le maquilleur est un sosie du roi, à moins que ce ne soit le contraire...

Ce dernier détail laisse vaguement entendre  que le film serait une parodie du Prisonnier de Zenda, mais ce n'est jamais vraiment le cas... C'est un film assez poussif, en tout cas, pour lequel les deux compères du duo comique le plus apprécié d'Europe sont dirigés, non par Lau Lauritzen, mais par l'obscur Valdemar Andersen, qui s'en débrouille sans jamais faire preuve du moindre trait de génie. Les meilleurs moments, d'ailleurs, sont à prendre dans la première partie située dans un music-hall: on sent les deux compères à leur aise, et le lieu leur inspire quantité de gags. Dans la partie "aventures en Pélicanie" du film, on a tendance à les séparer... Et c'est rarement une bonne idée, le Don Quichotte de 1926 l'a démontré...

Moins dirigés que d'habitude, les deux acteurs restent aussi fascinants à regarder, par contre, et inventent des foules de petits détails loufoques, comme le fait de repasser un pantalon en se frottant vigoureusement le fessier dessus, les fauteuils vivants, voire la brosse à dents bien calée sur l'oreille droite au moment du coucher...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1928 Schenström & Madsen *
12 octobre 2026 1 12 /10 /octobre /2026 18:02

Deux jeunes femmes modernes ont décidé d'attraper en marche le train de la mode de la culture physique, et elles présentent à leurs amies (ainsi qu'à deux nigauds de cousins collet monté qui qui ont des vues sur elles) un avant-goût de leurs activités: des tableaux vivants courts vêtus. La chose arrive aux oreilles de leur oncle et tuteur, qui ne souhaite pas que ses deux pupilles aillent dans cette direction, pour des raisons morales. Elles décident de le tromper en prétendant qu'il a mal compris et qu'elles étudiaient la sculpture académique, et proposent même de lui offrir une de leurs créations... Elles doivent donc engager vite fait bien fait deux fausses statues afin de rectifier le tir...

Ce sont, bien sûr, Carl Schenstrom et Harald Madsen qui vont jouer ce rôle, propice à bien des gags (et on les aura tous) mais ils vont aussi faire deux choses qui sont judicieuses: d'une part, étant respectivement contorsionniste et gymnaste, ils vont prendre en charge les cours de culture physiques, entourés donc de jolies filles en maillot comme c'est la règle chez Lauritzen; d'autre part, ils vont, et c'est peu courant, séduire les deux cousines, jouées d'ailleurs par deux authentiques jumelles, créditées comme une seule entité, les Elca twins: car chez Lauritzen, comme les héros ou la syllabe de son prénom pseudonymique (Lau-Lauritzen), les jeunes gens qui fournissent le plus souvent la partie "sentimentale" de ses comédies vont toujours par deux...

C'est un film assez court, conventionnel mais drôle, et le titre qui imite celui d'un documentaire Allemand qui avait du faire un joli scandale (on y enlève le maillot en permanence) montre bien que Lauritzen s'y préoccupe d'exploiter une mode qui s'incorpore assez bien dans son style de comédie... Mais ce qui compte, comme d'habitude, ce sont les deux héros qui trouvent ici un rôle physique à leur mesure. La démonstration des prouesses physiques (un peu améliorées, mais basées sur d'authentiques exploits, à commencer par l'impeccable grand écart de Schenstrom) est en particulier une séquence étourdissante... Et puis contrairement aux autre protagonistes masculins du film, on les aime, ces deux-là, que voulez-vous. Et dans ce film, Lauritzen qui ne les a pas toujours gâtés, leur a concocté une drôle d'entrée en matière sous forme de rêves à répétition (ils font d'ailleurs les mêmes, et sciemment, jusqu'à s'y donner rendez-vous) qui les voient régner sur une troupe de jeunes femmes, manger à leur faim et même séduire... Autant de prémonitions, annoncées par des fondus enchaînés entre les deux vagabonds et la paire de jumelles. C'est un bel effet, qui donne un cachet particulièrement intéressant à ce film...

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Muet Lau Lauritzen Comédie Schenström & Madsen
11 octobre 2026 7 11 /10 /octobre /2026 16:52

Ce premier long métrage de Jan S. Kolár, tourné en collaboration avec des studios Allemands, est contrairement à ses films précédents, pour la plupart des moyens métrages, un drame d'horreur. Il ne ressemble à aucun autre film du genre, qu'il soit Allemand, Français, Danois ou Américain... Son côté délibérément baroque est probablement ce qui en fait le prix...

Bodhan Dagmar (Theodor Pistek) et son épouse Alena (Anny Ondra, qui a adopté son pseudonyme après avoir interprété ses premiers films sous le nom d'Ondrakova) vivent heureux dans leur manoir. Mais Bor (Wladimir Majeras), un voisin mal intentionné qui convoite Alena, prête au mari de celle-ci des ouvrages ésotériques qui nourrissent son obsession du surnaturel, et le tiennent probablement éloign du lit conjugal. Il découvre dans un livre un fait troublant: il y aurait, dans une tour en ruines un passage secret qui mênerait au secret ancestral du château. Il s'y rend, et là tombe nez à nez avec un ancêtre endormi (Karel Lamac), victime d'une malédiction à cause de la famille Bor...

Baroque, donc. Le film fait un usage gourmand de tous les coups de théâtre, et camoufle sous son intrigue assez franchement délirante (il y est question, quand même, autant de voyage dans le temps que de possession, de réincarnation et de magie noire) une histoire assez satirique de la désagrégation d'un couple, qu'Anny Ondra nous fait comprendre quand elle caresse pensivement le fauteuil de son mari en son absence... 

Et puis des souterrains, des squelettes opportunément placés, des fioles mystérieuses, tout y est pour le plus grand plaisir de l'amateur de fantastique à l'ancienne! ...Rationnel-l-e-s s'abstenir. 

Et si tout ça n'était qu'un rêve? Non, ce serait trop facile... Non?

 

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Published by François Massarelli - dans ** 1921 Muet Jan S. Kolár
11 octobre 2026 7 11 /10 /octobre /2026 16:42

Quatre célibataires invétérés se jurent fidélité dans la bringue: aucun d'entre eux, promis juré, ne se mariera, la vie est trop belle quand on peut en profiter. Un an plus tard, ils ont prévu de se retrouver pour réaffirmer leur voeu, mais... L'un d'entre eux (Theofor Pistek) est marié. Son épouse, Bela (Natasa Cigankova) ignore tout de son passé de fêtard, et quand il lui ment pour passer une soirée seul, elle se doute qu'il lui cache quelque chose.

Le film se passe dans un hôtel où les quatre vieux garçons (enfin, trois plus un...) se sont fixés rendez-vous. Bien sûr que le seul qui est marié ne s'en est pas vanté auprès des autres. Dans cette intrigue loufoque, l'épouse qui a pris une chambre à côté des quatre hommes n'est pas la seule trouble-fête: un client de l'hôtel passe tout son temps à essayer de sortir de la salle de bains commune sans réussir à ne pas croiser quelqu'un... 

Le titre provient d'un détail, un indice laissé par la jeune femme, un portrait photographique qui va révéler sa présence à son mari. Le film se présente le plus souvent comme une comédie de moeurs à la Hal Roach, avec une gentille morale rassurante... Quant aux joyeux fêtards, il ne leur faut pas longtemps pour oublier leur voeu...

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Published by François Massarelli - dans Jan S. Kolár ** 1921 Muet
10 octobre 2026 6 10 /10 /octobre /2026 10:11

Ce film est une comédie de trois bobines, qui fait se rencontrer l'esprit du slapstick des burlesques Américains, et certains aspects de la filmographie populaire de Louis Feuillade, avec ses détectives lancés dans une ville, sur les toits, déguisés... Mais en mode fort léger!

Deux détectives (Frantisek Pelisek et Gustav Machaty) ont une agence qui ne marche pas très fort. Quand on leur confie une affaire de colis disparu, le seul indice est une trace de bottine féminine, de petite taille. Les voilà partis pour une enquête qui chausse du 36...

Ca commence, pourtant, par une scène d'horreur... Un tueur violent s'occupe d'une innocente (Olga Augustova, qui s'avèrera être la fameuse dame au petit pied), et se livre ensuite dans la rue à des crimes abominables... Mais c'est évidemment un rêve. Une autre actrice qu'on verra dans le film, y fait ses débuts au cinéma: Anny Ondrakova, dite Ondra, pour un petit rôle, qui la propulsera très vite dans des films de long métrage...

Le film sent l'improvisation dans les rues de Prague, et non seulement les deux réalisateurs sont présents dans le film, il faut noter que Gustav Machaty aura une carrière intéressante: non seulement il tournera deux films Tchèques cruciaux en 1929 (Erotikon) et en 1932 (le fameux, et sulfureux, Extase), mais avant ça il fera un crochet par les Etats-Unis, où il se fera engager  la Universal, et on le crédite parfois en tant qu'assistant d'Erich Von Stroheim sur Foolish Wives... A prendre avec des pincettes, évidemment.

Mais bon, le film, pour l'instant, ne va pas très loin, et on sent un peu trop le bricolage et l'improvisation ici. Comme le film, perdu, a été partiellement reconstitué par Kolár en 1960, il est parfois un peu difficile à suivre.

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Published by François Massarelli - dans Jan S. Kolár Muet 1920 **
9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 17:49

1932: le public Parisien se presse rue Chaptal, pour y assister aux représentations de Crimes dans une maison de fous, d'André de Lorde, au théâtre du Grand Guignol... La vedette, Paula Maxa (Anna Mouglalis), déchaîne les passions, d'un côté de ses admirateurs qui ne viennent que pour elle (et scandent Ma-xa!, Ma-xa!), et de l'autre des grincheux, salutistes indignés, bourgeois Catholiques qui voient le mal partout, et tous ces braves gens sont d'ailleurs persuadés que le théâtre est le lieu de véritables crimes et autres messes noires. Ce soir-là, Jean (Niels Schneider), un jeune reporter du Petit Journal, est venu pour assister à la prestation de Paula Maxa, qui le fascine. Mais Paris est en cette période troublée secouée par une série de crimes qui gravitent autour du théâtre...

Ca part d'une excellente idée, en vérité. Entremêler une histoire de serial kiler avec la vérité des faits (Paula Maxa, le Grand Guignol, le Petit Journal.. Tout a existé, bien sûr, sauf les crimes...), en représentant le théâtre le plus scandaleux du début du XXe siècle dans son univers et son humour noir permanent: un monsieur loyal y informe ses spectateurs qu'ils auront toujours la possibilité de vomir dans des seaux le cas échéant, avant de perdre littéralement ses deux bras ensanglantés...

Au départ, on recrée une séance, et c'est emballant. Ca aurait pu être un bon film, s'il n'y avait eu cette tendance catastrophique au grand n'importe quoi, et une incapacité à garder le tout lisible. Le temps se mélange, et un montage clipesque et hasardeux nous perd en permanence. C'est dommage...

Sans parler du fait qu'au final, le film ne tire aucune logique ni aucune leçon, et qu'en prime, on finit par avoir l'impression que le film donne raison aux fâcheux et aux malfaisants qui reprochent au théâtre le plus rigolo de tous les temps, d'avoir célébré la Saint-Satan tous les jours... Bref, c'est raté.

En lieu et place de cette médiocre Netflixerie, on aimerait bien voir les quatre films tournés par Paula Maxa entre 1918 et 1921...

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Published by François Massarelli - dans Boo!
9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 08:36

Le Marquis de Chuarez, diplomate (Josef Rovensky) interdit à sa fille (Olga Rautenkranzovà) de se marier avec le professeur de langues orientales (Quido del Noce): celui-ci est Algérien. Quand le noble monsieur est pressenti pour devenir ambassadeur de Turquie, la situation change: il a impérativement besoin de parler la langue, et sa fille lui conseille un excellent professeur... Mais les stratagèmes les plus loufoques vont devoir être utilisés pour permettre que dans la situation, les deux jeunes gens puissent aller jusqu'à imposer leur mariage comme une évidence...

Il y a un certain nombre d'autres éléments, dans ce film à quatre mains, et c'est bien normal: c'est une comédie en trois bobines, et afin de tenir la distance, les réalisateurs avaient en effet besoin de matière. Il y a donc un running gag, autour du fait que le père souhaite que la fille apprenne le piano au lieu de courir les rues et de se laisser séduire... Elle achète donc un pianola, qui va apprendre le piano tout seul! Et dans un club de misogynes invétérés, l'un des membres est sur la sellette, car depuis qu'il l'a croisée, il est tombé fou amoureux de notre fille de diplomate, ce qui rend son adhésion au club difficile...

C'est assez peu ordonné, en vérité, et la grosse farce à l'Européenne (influence probable du cinéma germanique), n'est jamais très loin. Cela dit, c'est malgré tout généreux, et assez original dans son script. Le fait est qu'Olga Rautenkranzovà est bien l'héroïne du film, là où une comédie muette Américaine en aurait fait, soit le second rôle (chez Chaplin par exemple), soit la fille du héros (chez Sennett, peut-être), à moins qu'il ne sagisse de Mabel Normand! C'est vrai qu'on l'imagine bien dans une telle situation. 

Et le film va assez loin dans le risqu", ce qui est semble-t-il assez courant dans les films de Kolàr: car à un moment, le diplomate doit prendre des cours de langue avec l'assistante voilée de son professeur, dont il ignore qu'elle est sa fille...Et il la trouve fort avenante. C'est embêtant!

Enfin bref: ce n'est sans doute pas par ces films burlesques qui tentent de rivaliser (à une époque où ils ne sont pas disponibles pour leur plus grand plaisir) avec les burlesques Américains, qu'on va vraiment pouvoir aborder le cinéma Tchèque. 1918 étant justement l'année de la création de la Tchécoslovaquie, on peut sans doute au moins considérer qu'il va y avoir bientôt la création d'un cinéma national dans ce nouveau pays, et assurément que Jan S. Kolàr y jouera un rôle... Quant  à Miss Rautenkranzovà, elle a au moins tourné un autre film (dont je ne sait pas s'il a été préservé), cette même année. Sous le titre Satyr, c'est une courte comédie d'une bobine, dont le synopsis fait rêver... Mais a priori, c'est hélas tout.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet ** 1918 Jan S. Kolár
7 octobre 2026 3 07 /10 /octobre /2026 19:16

On a perdu la plupart du métrage de ce film (adapté d'un poème), dont seule une séquence de quatre minutes a survécu. Elle a l'avantage, sinon d'être claire, de représenter particulièrement bien la dimension horrifique du film! Il y est question d'un cadavre, d'un personnage monstrueux, d'une jeune femme prise au piège lors d'une nuit d'horreur...

D'un côté, le maquillage et la scénographie renvoient de façon évdente à une certaine idée du cinéma Allemand, le jeu outré se combinant aux excès d'expressivité du masque des personnages, et aux éclairages hallucinants... 

De l'autre, le côté disjoint de ces quatre minutes me font douter: s'agit-il vraiment d'un film, et non de chutes qui seraient compilées du moyen métrage? Certains plans se répètent sans se correspondre totalement, comme des prises multiples d'un seul plan, et le tout manque singulièrement de cohérence chronologique palpable...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1925 **