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1 septembre 2019 7 01 /09 /septembre /2019 10:08

En 1983, ça faisait combien d'années que l'équipe qui produit les Bond luttait pour la crédibilité de leur franchise? Sans doute depuis l'abandon du rôle par Sean Connery, la première fois... Et malgré des succès notables, Octopussy trahit une fois de plus une certaine incertitude.

Il y a trois ingrédients principaux qu'on peut répertorier dans les sept films interprétés par Roger Moore: un touche humoristique qui serait d'une infinie lourdeur si elle n'était véhiculée par l'acteur qui jouait Brett Sinclair, avec un dandysme pas très éloigné de celui d'un Cary Grant, d'abord. Ensuite, une perméabilité aux modes du moment, aux gadgets les plus bizarres et aux idées saugrenues (ici, un déguisement de clown, voire de crocodile, voire le fessier factice d'un cheval font tout ce qu'ils peuvent pour entrer en concurrence avec la pire des idées de saison que les Broccoli et consorts aient jamais eue: Moonraker) qui peut parfois plomber sérieusement les films. C'est surtout la deuxième partie d'Octopussy qui s'en alourdit. Enfin, l'inévitable action à la Bond, man-to-man, les orteils crispés dans les mocassins, le grand corps élancé en contrôle sur la rampe d'escalier... C'est la part de John Glen, qui n'aimait pas les gadgets...

Pour le reste, on peut argumenter que c'est un film soigné, on hésite à dire "distrayant", dans la mesure où c'est quasiment une évidence, même si parfois (Spectre, Moonraker, Diamonds are forever), c'est totalement raté... L'intrigue, durant le premier tiers, arrive presque à se laisser suivre avec un McGuffin plus qu'acceptable (des oeufs de Fabergé), mais... Le tiers final, en fait trop, beaucoup trop: ces clowns, ces acrobates, quand même: ça vire au n'importe quoi. Moore, impeccablement, se grime en clown et fait des bras d'honneurs: j'imagine que dans la mesure où le chèque venait... Sinon, signe des temps Reaganiens, l'ennemi est ici Russe. Pas le gouvernement, non, un mirlitaire auto-investi d'une mission... Bah.

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Published by François Massarelli - dans Bond
31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 17:02

Ce n'est sans doute pas le meilleur des dix films consacrés à l'époque du muet à une adaptation du roman historique (malgré lui) de Harriet Beecher Stowe, mais cette version possède au moins l'avantage d'avoir survécu presque en intégralité. Elle nous permet de voir ce qu'une équipe, à l'époque où le long métrage en venait à s'installer dans le paysage cinématographique Américain, pouvait faire avec ce matériau qui avait déjà servi au moins cinq fois...

Une première surprise nous attend: si on a vu le film de Blackton de 1910, on y a vu un Uncle Tom blanc déguisé en noir, de quoi donner de l'urticaire à plus d'un spectateur! mais ici, la bonne idée a été de confier, enfin, le rôle nominatif à un noir, l'acteur Sam Lucas, qui s'acquitte avec une certaine subtilité d'un rôle ô combien ingrat. Il n'est pas le seul acteur noir, mais tous les rôles de premier plan en revanche, qu'il soient noirs ou blancs, sont interprétés par des blancs déguisés. Le film adopte l'inévitable racisme bien lourd du roman, qui fait avec insistance la distinction systématique entre les esclaves selon leur degré de négritude, et nous propose les deux parties, l'une consacrée à Eliza (la gouvernante dont le maître est forcé de vendre le fils, et qui prend la fuite), mais hélas l'épisode fameux entre tous de la fuite dans glaces, est ici préservé uniquement sur une copie 8 mm, et il est difficile d'y voir quelque chose; sinon, la deuxième partie nous montre le parcours de Tom, et sa relation privilégiée avec ses nouveaux maîtres, avant sa "chute" chez Simon Legree.

Le film est souvent terne et très moyen, malgré quelques rares moments notables: des épisodes dramatiques relevé par un cadrage inventif, comme cette soudaine intrusion, au premier plan, d'une main qui tient une arme, ou encore la bonne idée de filmer l'arrivée dramatique de l'oncle Tom dans sa nouvelle plantation, depuis l'intérieur des baraquements. Pour le reste, l'équipe ne se distingue pas outre mesure... Il est très probable qu'à l'instar de Tim Lucas, qui avait passé sa vie à interpréter le personnage de Tom sur scène, les acteurs étaient tous des spécialistes chevronnés de la pièce. Notons toutefois qu'on y retrouve Irving Cummings, futur cinéaste, dans le rôle du mari d'Eliza.

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Published by François Massarelli - dans 1914 Muet **
31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 16:33

Rien qu'en 1910, on compte trois adaptations importantes du roman de Harriet Beecher Stowe aux Etats-Unis, même si aucune ne survit intégralement aujourd'hui... Celle ci ne subsiste qu'à 40% environ, dans des fragments en 8 et 35 mm. On ne présente plus le vieux mélo de 1852, qui dans sa version théâtrale, a contribué grandement à mettre le feu aux poudres en 1860: le sort misérable des esclaves, l'arrière-fond Chrétien très fort, les bons et les mauvais maîtres, les profiteurs venus du Nord anti-esclavagiste pour profiter de la vente d'esclaves... Toute la panoplie, en fait, est passée dans la culture populaire d'un seul coup, ce qui explique que ce film Vitagraph de 1910 totalisait à l'origine 5 bobines...

On passera sur le racisme évident de l'histoire, car il convient quand même de rappeler que ce n'est pas parce que le roman était totalement pour l'abolition de l'esclavage, qu'il nous présentait le peuple noir sur un pied d'égalité. Donc une bonne proportion des esclaves du film sont joués par des blancs en blackface, et le film se vautre dans la facilité raciste, encouragé par le roman adapté: les noirs dans le film comme dans le roman, sont de vrais enfants, et si Tom est un peu plus humain, c'est parce qu'il a de la religion. Les "mulâtres" et autres métis, selon leur degré de blanchitude, sont généralement mieux considérés, et aussi plus désirables pour les femmes: c'est la loi du genre, on va donc être obligé d'accepter en bloc.

Dans la demeure des Shelby, de mauvais choix économiques ont conduit le père de famille à la ruine. C'est un maître bon, chez lequel vivent n paix des esclaves considérés. Deux d'entre eux vont être à l'origine du drame: car Shelby est obligé de faire appel à un affairiste, Haley, pour lui proposer le vente de deux de ses esclaves. Haley jette son dévolu sur Tom (Edwin Phillips), le vieil esclave le plus respecté de la propriété, et sur le fils "presque blanc" de Eliza, la gouvernante (Mary Fuller). Shelby étant obligé d'accepter, nous allons suivre le destin d'Eliza, qui préfère fuir avec son fils plutôt que d'en être séparée, et de Tom, qui sera vendu à un bon maître et développera une relation d'amitié touchante avec la fille mourante de ce dernier. Et en chemin, il y aura des larmes...

Les séquences qui restent sont celles des deux premières bobines, notamment la célèbre fuite d'Eliza à travers la rivière gelée, qui inspira tant le Griffith de Way Down East, mais aussi le passage qui voit Tom, favori de la petite Eva, assister en compagnie de ses nouveaux maîtres à la mort de la petite fille, puis être vendu de nouveau à l'infect Simon Legree, dont la plantation est surtout un endroit pour y satisfaire ses appétits sexuels et son sadisme! Le film se réfugie beaucoup derrière une terminologie et une gestuelle théâtrales pour faire passer la pilule, mais quand la gouvernante en place tente de contrer Simon Legree et de protéger les autres esclaves, si elle explique qu'elle a "un pouvoir sur lui" je pense que la vérité, sordide pour le spectateur de 1910 (A une époque où le mariage ou les relations sexuelles "entre les races" était puni par la loi de façon très dure en particulier dans les états du Sud). Mais nous ne pouvons évidemment regarder ce vénérable mais ô combien fautif objet antique de 1910, comme le prochain James Bond, cela va sans dire. 

Reste que, en fascinant les spectateurs une heure durant, ce film a du contribuer énormément à l'avancée du cinéma, et probablement aussi, en choisissant un spectacle aussi apprécié, et établi que ce roman, pour le faire accepter par les élites conservatrices, tout en flattant leur bon sens Chrétien... blanc.

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Published by François Massarelli - dans 1910 Muet ** Vitagraph Florence Turner
29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 18:44

Les archivistes du Eye Museum d'Amsterdam possèdent une formidable collection des films Eclair, qui ont été largement diffusés dans les pays Néerlandophones, et justement leur site Youtube commence à ouvrir les vannes de cette salle des trésors. On peut donc enfin voir ces films légendaires que Victorin Jasset, en particulier, a tournés...

Celui-ci, en trois bobines (qui pourraient bien avoir été diffusées au compte-gouttes puisque Jasset était l'inventeur de ce moyen de distribution qui allait tant profiter à d'autres), se promène avec bonheur entre mélodrame (un amour condamné par les parents de la jeune femme, pousse le héros à considérer le suicide) et film d'aventures à péripéties policières(sauvant un mourant de la noyade, le héros l'amène chez lui, et l'homme meurt, il lui est impossible de prouver son innocence)... Les deux amants vont donc fuir la capitale, pour les colonies, où la police ne tardera pas à retrouver leur trace.

Le dénouement est du pur mélo: placé au bagne, le héros y côtoie celui qui avait attaqué la victime du Pont Notre-Dame, et il l'exonère avant de mourir! Hautement improbable, mais l'Eclair avant sans doute tout prévu, confiant cette réalisation à l'auteur des improbables Zigomar et Nick Carter, et du reste, le titre ne situe-t-il pas l'action à l'endroit même où Javert se serait suicidé? A partir de là, je pense que tout est permis, non?

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Published by François Massarelli - dans Victorin-Hyppolite Jasset Muet 1912 Eclair
29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 15:58

Alors qu'il entre dans les années 60, admettons que le personnage de Pepe Le Pew est un paradoxe assez typique de Chuck Jones, l'homme qui a réalisé énormément de films qui sont tous basés sur le même gag: un coyote qui ne parviendra jamais à attraper son repas... Et le putois amoureux répète inlassablement les mêmes fadaises, à une chatte qui, et c'est le plus dur à avaler, se retrouve quasi systématiquement peinte en blanc exactement là où ça la fait ressembler, justement, à un putois. 

Une part certes non négligeable du plaisir véhiculé par ces films provient à n'en pas douter de la répétition, et de ces abominables massacres du français, qui dans ce film devient assez franchement abstrait... Et puis il y a l'évolution graphique qui offre au moins à l'historien une perspective intéressante. Sinon, le décor peut être amené à changer... mais pour le reste, c'est en quelque sorte toujours le même film.

J'oubliais, toutefois, parfois l'évolution touche l'inattendu: plus ça va, plus la façon ont on adresse le principal problème du putois ("le pew") manque singulièrement de subtilité. Et Pepe, sortant de l'eau, affiche ici une coiffure qui anticipe de manière curieuse sur une mode qui n'allait pas tarder, la preuve en image...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
28 août 2019 3 28 /08 /août /2019 19:06

Un décor ultra-codifié, des personnages dérivés d'archétypes, une histoire réduite à l'essentiel, et des dialogues souvent réduits à leur plus simple expression... Le premier film de Sternberg de retour de l'expérience de Der Blaue Engel, surprend forcément. Comme peut surprendre le fossé considérable entre l'apparence brute, non raffinée, de sa star dans le film précédent, et sa toute nouvelle sophistication, où a été gommée l'apparente indifférence de Lola Lola vis-à-vis du monde...

Au Maroc, dans une petite ville, se télescopent plusieurs personnes autour d'un cabaret: un légionnaire (Gary Cooper) qui tombe toutes les femmes sans exception (y compris celle de son adjudant et ce dernier, on s'en doute, ne le prend pas très bien); un peintre Français, richissime admirateur des femmes des autres, mais qui a fait le voeu de rester à l'écart du mariage (Adolphe Menjou); enfin, une chanteuse de cabaret qui vient d'arriver et qui a un numéro basé sur une approche provocante et cynique (Marlene Dietrich). Les deux hommes, chacun à leur façon, vont tomber amoureux de la jeune femme, et...

On ne sera pas surpris: Sternberg a privilégié l'atmosphère sur les scènes de son film, et c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles le dialogue est à la portion congrue. Difficile de croire à ces situations qui semblent emprunter à toutes les images d'Epinal du film de légion (un genre très en vogue jusqu'à la fin des années 30), mais les personnages ont une tendance à nous attirer vers nous: y compris Marlene Dietrich, sauf bien sûr quand elle chante...

...Si on peut appeler ça chanter. Reprenons:

Si je regrette que le chloroforme qui a été employé pour créer L'ange Bleu (de tous les classiques obligatoires, probablement le film que je déteste le plus) tend à plomber la première partie du film, j'apprécie de quelle façon Marlene Dietrich, par l'implication personnelle de son personnage de plus en plus évidente au fur et à mesure du film, finit par le sauver. deux scènes, en particulier, quasi muettes, sont fantastiques: la fin, sur laquelle je ne vis rien dire puisqu'il paraît que ça ne se fait pas, mais aussi une très belle séquence où elle entend, d'un salon, les clairons de la troupe qui revient. Elle se précipite dehors, et dévisage absolument tous les légionnaires qui reviennent d'une bataille, longuement, remontant le flot des hommes blessés.

...Si ce n'est pas de l'amour fou, ça y ressemble drôlement. Quels que soient les défauts occasionnels de ses films, leur kitsch assumé, Sternberg n'a pas son pareil pour nous envoûter autour d'un amour sensuel, brutal, entier et profane, qui faisait furieusement tâche à Hollywood. Et comme en plus il le faisait dans le cadre d'un effort photographique inédit (même si Morocco n'est pas le mieux préservé de ses films), le cinéphile a de quoi en profiter.

Tant qu'ELLE ne chante pas.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Josef Von Sternberg Gary Cooper
28 août 2019 3 28 /08 /août /2019 16:02

Le Dr Hudson a un accident, mais ne peut être sauvé: dans sa clinique, c'est la consternation. La jeune épouse Helen (Irene Dunne) et la fille du défunt (Betty Furness) sont effondrées, et par dessus le marché un jeune homme qui a eu un accident stupide (provoqué par sa conduite indigne) au même moment que le docteur, est présent à l'hôpital, au grand dam du personnel: il se murmure que les soins qui lui ont été prodigués à lui, auraient pu sauver Hudson...

Pourtant Bob Merrick (Robert Taylor), malgré son immaturité, a de la compassion pour Helen, au point de commencer à la harceler de sa présence. Il a aussi appris l'un des secrets étranges du défunt docteur: celui-ci pratiquait une activité secrète de bon samaritain... Mais ce qu'il obtient quand il essaie de faire le bien pour son propre intérêt, va être catastrophique: il va provoquer un accident dans lequel Helen perd la vue. Bobby change alors de façon spectaculaire, déterminé à suivre l'exemple du Dr Hudson.

Nous sommes en plein mélodrame, assumé jusqu'aux coïncidences les plus énormes, et c'est un vrai bonheur. Si les films de Stahl réalisés pour Universal dans les années trente, restent un peu plus froid que leurs remakes flamboyants par Douglas Sirk (un cas assez rare de remake éclipsant l'original), reste que cette atmosphère entre drame humain déchirant, et comédie, est très réussie. Robert Taylor, qui doit se vieillir dans le film, donne une belle évolution à son personnage, d'un dandy vain et imbu de sa personne, vers un médecin digne et très efficace, et Irene Dunne est comme à son habitude: excellente...

Ce qui est sans doute une petite réserve devant cette première adaptation du roman de Lloyd C. Douglas, c'est sans doute que justement, il y a eu un effort conscient de la Universal de se raccrocher au wagon de la screwball comedy naissante, et par moments, certaines scènes par ailleurs excellentes nous éloignent un peu de l'atmosphère folle du mélo...

 

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Published by François Massarelli - dans John Stahl
28 août 2019 3 28 /08 /août /2019 15:53

Abe Levitow travaille depuis plusieurs années avec Chuck Jones quand il réalise ce film en solo. Mais au-delà de son travail d'animateur, il a souvent été crédité comme co-réalisateur auprès de son mentor. Comme en plus le scénariste du film n'est autre que Michael Maltese, on ne sera pas étonné d'être en territoire connu...

Et pourtant il y a eu un effort pour dépoussiérer cette nouvelle aventure désastreuse du putois Pepe Le Pew (qui pour la première fois revendique ce nom): d'une part, c'est situé à la Nouvelle Orléans, donc ça renouvelle un peu le canon. Et les abus du français sont assez peu nombreux. Non, le principal ajout du film est sans doute l'idée de base: un couple de chat a eu deux filles, mais l'une d'entre elle est affublée de naissance d'une tare impossible à cacher: une bande blanche sur son pelage le long de la colonne vertébrale. Inutile de dire qu'ainsi marquée elle ne trouve pas de fiancé. Jusqu'à l'arrivée d'n bateau venu de France...

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation
27 août 2019 2 27 /08 /août /2019 17:50

Un jeune éboueur sourd (Claude Maki), intrigué par une planche de surf toute cassée qu'il a trouvée en faisant son métier, devient un sportif de haut niveau, en particulier grâce au soutien sans faille d'une jeune femme (Hiroko Oshima) qui le suit, l'accompagne, et le conseille. Mais est-elle devenue sa petite amie?

Kitano s'est clairement fixé comme mission de donner sa version à lui d'un film de Keaton, en dirigeant Claude Maki et Hiroko Oshima comme dans un film muet, et en limitant au maximum leurs réactions. Par ailleurs, le choix de faire du héros un sourd permet de justifier la pénurie de dialogues , qui n'a rien de gênant au contraire. Ils sont excellents, et surtout elle, qui a la charge de devoir à la fois ne pas en faire trop, et d'incarner la partie réactive du couple...

Ce qui est gênant, par contre, c'est que l'intention est d'être pleinement contemplatif: cet adjectif qu'on n'utilise en cinéphilie que pour ne pas dire "lent", reprend pourtant tout son sens quand il s'agit de s'arrêter et de se contenter de regarder. Mais bien souvent, ce que nous devons regarder nous spectateurs, ce sont les acteurs qui regardent, et c'est là que le bât blesse. Car si il y a bien du surf, nous devons souvent avaler le fait que le jeune héros devient effectivement un champion de surf, mais les images ne nous le disent pas du tout. Le choix de l'austérité et d'un cinéma sans rythme, me paraissent valides, mais le metteur en scène, dans le registre de ne pas en faire assez, en fait trop...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Takeshi Kitano
27 août 2019 2 27 /08 /août /2019 17:40

Un couple de saltimbanques (Une danseuse, et un homme-canon) veut se marier... Mais comme lui est jaloux et elle veut garder sa liberté de se produire sur scène, ils abandonnent leurs idées de mariage. Puis un certain nombre de personnages viennent leur polluer l'existence, dont un industriel amoureux de la danseuse, et son épouse qui elle souhaite retrouver l'homme-canon. Bref: les portes claquent, les "ciel mon mari" sont muets, et si le rythme est bien là, l'invention est à chercher ailleurs...

Il y a sans doute quelque chose de furieusement Berlinois dans ce film, qui d'ailleurs recrute deux acteurs que l'on connaît aujourd'hui surtout par leur contribution aux oeuvres de jeunesse de Ernst Lubitsch: Ossi Oswalda et Harry Liedtke. Mais Oswald, lui, n'est évidemment pas Lubitsch! Donc cette comédie avec vieux messieurs obsédés par les jambes des danseuses reste quand même sérieusement clouée au plancher, à plat.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Richard Oswald Muet 1926