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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 13:07

 

Un dramaturge raté et alcoolique, tourné journaliste des chiens écrasés, rencontre une jeune héritière, et c’est le coup de foudre. L’effet de Joan (Sylvia Sidney) sur Gerry (Fredric March) est immédiatement bénéfique, et en dépit des réserves de la famille de la jeune femme, ils se marient. Après quelques mois difficiles, Gerry reçoit une nouvelle intéressante : une de ses pièces va être jouée à New York. Mais confronté à une actrice qui est un amour de jeunesse, Gerry replonge dans l’alcoolisme. Confrontée à un choix entre la fuite, puis le divorce, ou accompagner son mari dans sa descente aux enfers, Joan prend une décision radicale, celle de faire concurrence à son mari en matière de vie dissolue…

Etrange film, qui oscille constamment entre des éléments de comédie et de mélodrame, sans jamais choisir, et qui donne parfois l’impression de nous pousser à rire de ce qui ne devrait justement pas prêter à la comédie… le problème ici c’est que le film repose intensément sur une soulographie intense, notamment de la part de Fredric March, mais elle est jouée principalement pour le pittoresque. Un atout par contre dans ce petit film assez typique des productions Paramount de l’époque, est une question du point de vue, fortement orienté du côté de Sylvia Sidney, et elle est comme souvent, remarquable dans ce petit rôle difficile car marqué de tous bords de codes antagonistes: fille de bonne famille, mais avec une morale saine ; amoureuse et prête au sacrifice, mais devant souvent penser pour deux… La fin, à mon sens, qui se vautre dans le mélodrame symboliste en essayant de jouer d’une certaine subtilité, est hélas ratée.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code
13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 10:21

Le film commence, sans un gramme de musique, par des vues de Nrooklyn, New York; c'est l'été, et la caméra prend son temps pour nous détailler les activités des nombreux citadins pour tromper la chaleur. Ce sont des vues documentaires, et il faudra attendre trois minutes, après un générique silencieux (avec toujours ces images volées en toile de fonds) pour entrer soudainement dans le vif du sujet: un cambriolage.

Trois hommes entrent dans une banque, avec des hésitations. Deux d'entre eux (Al Pacino, John Cazale) ont l'air plus déterminés que le troisième (Gary Springer), qui va très vite se dégonfler et lâcher ses copains. Dès ce moment, ça vire au désastre: les deux hommes qui restent dans la banque alternent entre menaces caractérisées et gaucherie embarrassée (Sonny, le personnage principal incarné par Al Pacino, se fait le spécialiste de ces allers et retours entre maladresse et agression), ce qui les rend très vite moins dangereux aux yeux de leurs otages; la banque est quasiment vidée de tout son argent: on les avait mal renseignés; si le personnel de la banque est plutôt coopératif (leurs salaires respectifs ne justifiant pas, disent-ils, l'héroïsme!), les bourdes s'accumulent, et parmi les citoyens coincés dans la banque, on compte un asthmatique et un diabétique... Par dessus le marché, quelqu'un (qui? on ne saura pas) a prévenu la police et le cambriolage raté ressemble à un siège, avec couverture médiatique...

Et bien sûr, on débouche, avec ces deux gangsters ratés et novices, mais si touchants, sur un syndrome de Stockholm premier choix: les efforts des négociateurs pour obtenir la libération de certains otages virent à l'échec quand certaines caissières refusent de sortir pour ne pas lâcher leurs collègues, voire assistent volontiers les malfaiteurs dans leurs demandes! Sale temps pour le sergent Moretti (Charles Durning), qui tente de superviser le travail de police, sous l'oeil glacé d'un barbouze du FBI (James Broderick) et sous l'oeil encore plus inquisiteur des caméras, et d'une foule de passants qui tend de plus en plus au fur et à mesure de l'évolution de l'incident, à se ranger aux côtés de Sonny (Pacino) et Sal (Cazale), les bandits dont on finit par se dire qu'ils ne feraient pas de mal à une mouche...

Prenant son sujet dans la matière brute des faits divers fameux, Lumet livre un film fascinant, et qui a fait date: authentique par certains côtés, et orienté à gauche, tourné trois ans après les faits, il en devient un portrait au vitriol d'une Amérique qui marche sur la tête, coincé entre la blessure du Vietnam et les égarements Reaganiens. Le film est bien sûr la chronique d'un fait de police, raconté par le menu, avec assez peu de points de vues à explorer, et le metteur en scène combine avec bonheur un style urgent, fondé sur des plans séquences et un tournage à plusieurs caméras comme à la télévision, et un art du montage qui culmine dans des soudaines successions ultra-rapides d'actions, d'une exemplaire clarté. Sa direction d'acteurs fait la part belle aux personnages, laissant chaque interprète mener la barque à sa guise, et bien sûr le film est tributaire de ces interprétations: toutes sont virtuoses (en particulier Cazale, déjà malade, et qui n'allait pas tarder à nous quitter), avec bien sur un (léger) bémol: Al Pacino est-il capable de ne pas en faire trop? Je pense que nous connaissons la réponse.

Mais sa tendance à l'excès sert le film, surtout lorsque comme dans la vie, le personnage de Sonny, qui vit à cent à l'heure, dépasse le raisonnable: embarqué malgré lui dans la spirale de l'échec, Sonny rappelle vocalement aux policiers face à lui que quelques mois auparavant, une émeute en prison a été résolue par le gouverneur de New York avec un massacre, résultant en la mort calculée d'un certain nombre d'innocents. C'est ce cri d'Attica lancé par le personnage (en référence donc à la tuerie de la prison du même nom) qui va commencer à cimenter la sympathie du public pour Sonny et son complice. Alors que l'homosexualité du personnage, révélée durant la deuxième partie du film, et d'ailleurs essentielle au personnage et au film, va diviser non seulement le public mais aussi la police. C'est à porter au crédit de Lumet d'avoir choisi de ne pas suivre la tendance obsessionnelle du cinéma classique de diaboliser l'homosexualité, tout en réussissant à ne pas la réduire à un aspect pittoresque et démagogique. Enfin, une chose est sûre: le film fait la part belle à un esprit anti-flic, anti-establishment, devenu courant dans la population de 1972, et qui s'est sans doute aggravé au moment du tournage du film! C'est même l'un des sujets de Dog day afternoon: prendre le pouls d'une Amérique qui ne croit plus ses élites et qui questionne ses forces de l'ordre à l'heure où le gouvernement envoie les gamins se faire bousiller au Vietnam pour rien. Si Sal, le complice de Sonny, n'est pas un vétéran (du moins du Vietnam, il est en effet un vétéran du crime minable et a souvent fait de la prison, ce qu'il mentionne), Sonny, lui, revient du Vietnam.

Et Lumet, en même temps qu'il fait un de ces films-coups de poing, qui place le spectateur au milieu d'une tempête, ne se contente pas de réaliser une adaptation d'un fait divers objectif baignée dans la beauté de l'urgence, il se livre aussi à une magistrale critique des médias, à travers le rapport presque télévisuel qui s'établit entre Sonny et Sal, aidés en quelque sorte par leurs otages, la police (des centaines de policiers, de snipers, de membres du FBI massés devant la banque, et le public. Un public versatile, changeant, et contradictoire: applaudissant ou huant selon les convictions, qui la police qui les preneurs d'otage, qui le FBI, qui les gays qui viennent afficher leur soutien à Sonny. Et celui-ci, mis en relation avec des journalistes, de découvrir avec un enthousiasme juvénile sur un petit écran dans la banque, qu'il est en direct à la télévision... Une préfiguration thématique du film Network, dont le jet de vitriol sera cette fois destiné sans ambiguité aux médias Américain.

 

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Published by François Massarelli - dans Noir Sidney Lumet
10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 19:33

On s’attendrait à une adaptation d’un roman noir, voire plus précisément d’un roman Américain, mais non : ce film est basé sur une idée originale de Marcel Achard qui a ensuite contribué à la rédaction d’un script en compagnie de Chenal, assisté de Jacques Companeez et Hans Juttke. Derrière un portrait fascinant de la vie nocturne, on voit en réalité trois mondes qui se côtoient, à travers quelques personnages formidables : le film est réellement fondé sur trois performances : Jany Holt est l’héroïne du film, mais elle affronte le regard d’acier d’un policier génialement interprété par Louis Jouvet et surtout, elle doit rendre un service à Erich Von Stroheim, ce qui lui coûtera cher…

Le professeur Winckler, un artiste de music-hall Américain (Stroheim), retrouve la trace d’un ancien ennemi du temps de sa jeunesse, le gangster Américain Gordon. Il l’abat froidement puis se rend chez une jeune femme pour un alibi : Hélène (Jany Holt) ne comprend pas pourquoi il l’a choisie elle, mais ne crache pas sur l’argent qu’il lui donne. Quand elle se rend à la police pour donner sa déposition, et témoigner sous serment que le mystérieux personnage a bien passé toute la nuit avec elle, elle apprend que c’est d’un meurtre qu’il est soupçonné…

Une autre intrigue va bientôt se greffer sur cette base : l’inspecteur (Jouvet) qui ne croit pas à l’histoire que lui a raconté Hélène et soupçonne qu’elle ne dise pas la vérité sous la menace de Winckler, lui tend un piège, avec un joli cœur (Albert Préjean) qui va jouer le rôle du suspect parfait tout en la séduisant : à elle de réagir et de retourner sa veste quand l’étau se refermera sur un innocent… C’est intéressant mais ce n’est pas la partie la plus importante du film, d’autant que Préjean, incorrigible, fait du Préjean ! Ses techniques de séduction ont bien vieilli…

Mais peu importe : la confrontation entre deux monstres sacrés, Jouvet et Stroheim, est un grand moment, et l’acteur Américain, en dépit de devoir donner les trois quarts de sa performance dans un langage qu’il ne comprend pas, réussit une fois de plus à voler la vedette. Il se sert même à plusieurs reprises de ce handicap pour ajouter de la véracité et mettre l’emphase sur le côté inquiétant du personnage par sa lenteur et son excessive amabilité. Jany Holt est remarquablement bien dirigée, mieux en tout cas que dans le Beethoven de Gance, et son personnage qui navigue en eaux troubles en essayant de ne pas trop se compromettre est constamment intéressant…

Et la mise en scène de Chenal, sous haute influence Américaine, est un modèle de précision et surtout de rythme, par la grâce fluide de son montage, d’ailleurs étonnamment rapide, et la façon dont il utilise les gros plans. Faut-il maintenant voir dans l’univers du professeur Winckler, médium, astrologue et télépathe dont les trucs ne seront jamais dévoilés, la patte de l’ancien metteur en scène Stroheim ? On sait qu’il arrivait souvent avec des idées, parfois saugrenues, qui étaient utilisées à bon escient par les cinéastes : Renoir a reconstruit le personnage de son officier Allemand dans La Grande Illusion grâce à cet apport par exemple. Alors quand on voit Stroheim, en plein rituel d’habillage pour enfiler une robe de chambre qui ressemble à la bure d’un moine inquisiteur, on ne peut s’empêcher de lui attribuer, quand même, une petite partie de la mise en scène… Ce qui n’enlève rien au talent de Chenal, dont c’est, il est vrai, l’un des meilleurs films…

 

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Published by François Massarelli - dans Erich Von Stroheim Pierre Chenal Noir
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 18:29

Pour son dernier court conservé, Langdon relève le niveau, avec une histoire (Ecrite par Ripley et Capra) de musicien tellement affligeant que son professeur (Vernon Dent) lui a donné un diplôme pour se débarrasser de lui.

Pas de partenaire féminine cette fois, le désir de Langdon est en effet de devenir musicien coûte que coûte, ce qui va surtout coûter à son entourage! Par contre, dans les deux parties distinctes du film, il est flanqué de deux versions différentes de Vernon Dent, qui en plus du professeur de musique (affublé d'une perruque du plus haut ridicule) interprète aussi un fripier Juif chargé en stéréotypes, un peu comme les personnages de Max Davidson, mais qui va agir de façon très positive sur Harry...

Le contraste entre l'enthousiasme juvénile du contrebassiste Harry et les envies de meurtre du public est très drôle, par exemple lorsque toutes ses tentatives de jouer en public le voient risquer de se prendre des objets de plus en plus lourds sur la tête, mais surtout lorsque sa famille le jette dehors sans ménagement, et qu'il leur sourit, et leur dit: "C'est bien parce que c'est vous..." avant de s'en aller. Un film parfois Laurelien, avant la lettre...

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Published by François Massarelli - dans Harry Langdon Muet Mack Sennett Comédie
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 18:14

Dans une mine de diamants en Afrique, pas trop loin du Kalahari; le patron Hugh Rand (John Gilbert) reçoit la visite de quatre personnes importantes: l'un d'entre eux est l'un des actionnaires principaux, un Lord Anglais (Ernest Torrence). Pendant la visite, Rand courtise sa fille la très belle Lady Diana, (Mary Nolan) mais... ce sont en fait des imposteurs, des escrocs qui préparent un coup sans précédent: le vol d'un certain nombre de diamants de grande qualité. Durant leur fuite, ils prennent Rand en otage, afin qu'il les guide dans le désert... Mais qui manipule qui?

C'est un petit film d'aventures, qui pour la plupart des scènes a été tourné dans un environnement désertique en Californie. Le parti-pris de Nigh et de Gilbert a été d'imposer des conditions difficiles, aussi proches que possible de ce qui est supposé se passer à l'écran. Au vu du film il est absolument évident que ça n'a pas été de tout repos, surtout pour Torrence, dont le malaise physique (ses lèvres sèches par exemple) est plus que palpable... Mais le film ne se veut en aucun cas un compte-rendu réaliste, juste une romance provocante dans laquelle deux personnes qui s'aiment (Gilbert et Nolan) s'imposent un enfer pour se mériter!

Gilbert, dont c'était le dernier film muet, allait donc jusqu'au bout de sa punition, en faisant finalement ce qu'il souhaitait faire, et qui faisait tant horreur à Louis B. Mayer (le conflit entre les deux hommes est largement documenté sur la toile, je vous invite à chercher): des films à petit budget, qui échappent à la romance et aux fadaises, et qui préparent déjà ce que seront les films de l'époque pré-code. Mais si ce film était une punition dans l'esprit de Mayer, il semble qu'elle n'ait pas été trop dure pour l'acteur, qui s'amuse visiblement à promener son petit monde dans le désert...

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet John Gilbert *
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 11:58

CRITIQUE MILITANTE

Pour commencer, on évacue le tout-venant: cette comédie, qui imagine l'arrivée d'un musicien absolument raté dans un univers parallèle où les Beatles (et pas seulement les Beatles, d'ailleurs) n'auraient jamais existé, est une jolie idée qui a été soufflée à Richard Curtis, scénariste intéressant mais cinéaste sans grand talent, qui a eu la bonne idée de la confier à Danny Boyle qui venait de mettre en scène un cas de médiatisation formidable dans Slumdog Millionnaire... 

Jack Malik (Himesh Patel), musicien raté, devient donc "le" compositeur de She loves you, Let it be, Yesterday ou Hey Jude (devenue sur les conseils avisés d'experts de la vente de musique en gros Hey Dude!), dans un monde où on le prend pour un génie... Ca va, vous vous en doutez, changer sa vie, mais pas trop vite non plus, les "nouvelles" chansons devant passer par le processus de médiatisation du web qui est désormais le cheminement de tout artiste...

Le truc du monde parallèle est évidemment un procédé facile et assez courant (il n'y a pas si longtemps, un film français imaginait un univers parallèle très séduisant puisque Johnny Hallyday n'existait pas: une perspective qui fait rêver), dont l'équipe a le bon goût de ne pas abuser, et même à un moment, de s'en débarrasser... et puis les acteurs sont bons et bien dirigés, voir plus haut. Danny Boyle a ainsi pu tempérer la tendance à la facilité et au verbiage des personnages des films de Curtis. Le portrait d'une industrie musicale dans laquelle on marche sur la tête, globalement, est mordant, même si le film s'assure la complicité d'un chanteur authentique pour figurer l'industrie du spectacle, Ed Machin, qui a l'air de ne pas avoir un gramme de talent spécifique. je n'avais jamais entendu parler de lui, je n'entendrai probablement jamais plus parler de lui, et tout est pour le mieux. Mais l'humour est aussi présent: par exemple, en entendant pour la première fois une chanson de Beatles (qui donne son nom au film), un personnage assure qu'il ne faut pas s'emballer: "c'est moins bien que Coldplay", ce qui en soi est non pas une critique des Beatles mais bien une pique adressée au mauvais goût... Un autre gag drôle et relativement subtil est à trouver dans le fait qu'après avoir constaté en cherchant sur Google que le mot Beatles n'aboutit à aucun résultat, il a la curiosité de chercher le groupe Oasis. Il n'est pas surpris de faire, également, chou blanc...

Car oui, dans ce film drôle, fantaisiste et qui reste jusqu'au bout une excellente comédie sentimentale, on imagine effectivement un monde dans lequel non seulement les Beatles n'ont jamais existé, mais aussi dans lequel l'industrie musicale n'a jamais eu l'opportunité de changer pour accommoder les désirs légitimes d'artistes exigeants, comme les Beatles qui ont pu par exemple à partir de Rubber soul, contrôler leurs albums de A jusqu'à Z. Ils étaient les premiers, sans eux, l'industrie musicale était réduite à des labels qui vont dicter aux musiciens le titre, la pochette, le devenir d'un disque, comme dans cette scène qui voit un patron de label imposer un double album à son artiste, qui vient de lui apporter du reste plusieurs chefs d'oeuvre qui assoient tout le monde.

Alors j'admets, mais très mollement, qu'il y aura probablement des gens qui verront ce film et qui feront la fine bouche, en disant un truc du genre "oui, bon les Beatles, moi tu sais..."

Tant pis pour eux.

Et d'autres qui ne rigoleront pas du tout en entendant la comparaison entre Lennon/McCartney et Coldplay...

Tant pis pour eux aussi. Non, le message du film, et il aurait je pense été fonctionnel avec n'importe quel artiste qui a eu un succès phénoménal, c'est qu'on a besoin de musique, de chansons aussi, d'une certaine exigence dans notre vie. On trouve ces chansons, cette musique, cette exigence dans les chansons des Beatles, et le monde de 2020 est façonné au moins pour une petite proportion par le passage de ces quatre météorites conjointes entre 1960 et 1970. De même que sans Sidney Bechet, Louis Armstrong, Duke Ellington ou Jelly Roll Morton, on ne parlerait pas de jazz aujourd'hui, et peut-être pas non plus... des Beatles! Pour finir, le film assume son statut de comédie pop, en nous montrant une scène au cours de laquelle Jack, subjugué, rencontre un vieil homme de 78 ans, à l'existence modeste, qui a fait sa vie sans heurts ni spectaculaire et qui s'appelle... John Lennon. celui auquel Paul McCartney (en 1982) dédiait ces mots: I really love you and was glad you came along. Celui aussi qui a dit "the Beatles are just a band, a band that made it very very big, that's all".

Bref, peu importe les artistes: on a besoin de ces gens dans nos vies, et le mode de fonctionnement de cet art mineur majeur qu'est la chanson (la pop, le rock, appelez ça comme vous voulez) est effectivement en danger aujourd'hui. Ainsi, quand deux autres rescapés du même univers parallèle que Jack le rencontrent, au lieu de lui reprocher son acte de piraterie insensé (ce que lui se reproche tout le temps), ils... le remercient d'avoir reconstitué cette part essentielle de leur vie.

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Published by François Massarelli - dans Musical Comédie
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 08:51

Tout commence comme dans une comédie romantique des années 20, avec la dignité et les codes attendus: Tom Jones (Reginald Denny), comme son précédent littéraire, est un homme bien de son temps, mais il ne possède pas les signes extérieurs de la très bonne société. Il a pourtant conquis une riche héritière (Marion Nixon) avec laquelle il va se marier, un peu contre la désapprobation bougonne des parents... Un rival jaloux (William Austin), avec du sang bleu celui-là, suggère aux parents de s'intéresser à la moralité du fiancé avant qu'il ne soit trop tard...

Et c'est là que la comédie dérape vers le burlesque, sans crier gare... En effet, Jones EST irréprochable, mais pas son colocataire. Quand il rentre chez lui ce soir là, il organise en effet une partie illégale de poker, et... la police intervient, tout le monde doit donc s'échapper: poursuite, fuite, puis dissimulation: avec un compagnon d'infortune (un père de famille bien sous tous rapports mais qui a une passion secrète pour le jeu, interprété par Otis Harlan), Jones trouve refuge aux bains, le soir des dames, se déguise en femme, puis dans une aggravation de la situation, va finir par usurper l'identité d'un évêque : celui-là même qui est supposé officier au mariage... Pendant cette nuit agitée, la police trouve un pantalon qui incrimine le jeune homme!

Voilà qui promettait, et ce film très enlevé ne fait pas que promettre. Seiter adopte du début à la fin une réalisation efficace, élégante, mais qui n'a jamais peur des embardées. Le rythme s'accélère souvent, les acteurs sont impeccables, c'est un film comme on sait que Denny en a interprété des dizaines, mais son bonheur de l'interpréter et l'énergie qu'il dépense dans ce film, en gardant une bonne humeur assez britannique, est tout à fait communicative! Et toute la séquence autour du faux évêque est un bonheur. Zasu Pitts y est une domestique évaporée, c'est formidable...

 

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Published by François Massarelli - dans 1926 Muet Comédie Reginald Denny William Seiter **
2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 18:35

M. Skinner gagne sa vie et alimente donc son mariage, mais il pense, et son épouse aussi, qu'il mérite largement une augmentation. La décision est prise, il va la demander... alors quand il revient sans l'avoir demandée, il n'a pas le coeur de le dire à son épouse qui a déjà une foule de choses à acheter avec les quarante dollars mensuels qu'elle attribue virtuellement à son mari, et celui-ci n'a pas le coeur de la contredire. Encore moins après avoir effectivement demandé et essuyé un échec, sans parler du licenciement qu'il n'avait lui-même pas vu venir...

Mais non, c'est bien une comédie, et une de ces nombreuses productions de la Universal qui obtenaient un franc succès, avec l'acteur Britannique Reginald Denny. Sa partenaire ici est Laura LaPlante, et une fois admis que son rôle correspond à des schémas totalement passés (l'épouse au foyer, maîtresse de maison, laissée à l'écart des questions financières), elle est formidable dans le film, d'autant que si bien sûr notre attention est fixée sur le point de vue de M. Skinner, elle a un rôle non négligeable. Donc elle est loin d'être autant une potiche que son rôle pourrait nous faire croire...

Ce qui est formidable dans ce film, devenu enfin un classique à force d'être projeté dans les festivals, c'est la qualité totale de la production, avec un script linéaire dont pas un détail ne dévie de la ligne fixée dès le départ, des personnages qui sont attachants au possible et surtout, avec le même terrain de jeu qu'un Lubitsch par exemple, un résultat complètement différent. Ni meilleur ni moins bon, rassurez-vous... Et le film épouse de façon assez convaincante la comédie d'embarras que Charley Chase pratiquait dans d'époustouflants courts métrages de chez Hal Roach à la même époque, avec un rien moins de gags visuels.

Mais il y a encore mieux: comme avec Harold Lloyd dans Hot Water, le film se situe en plein au coeur des préoccupations du quotidien des Américains des classes moyennes de 1925, ceux qui avaient enfin les moyens de se payer une voiture pour Lloyd, ou qui allaient peut être enfin y parvenir pour Denny et LaPlante. Bref, des gens qui étaient plus que des témoins de leur temps. Le titre du film, qui se focalise sur l'habit de soirée que Mme Skinner va acheter, mettant ainsi le ménage en danger, et qui de signe extérieur de richesse va devenir le symbole même de la spirale du mensonge, permet au film de symboliser pleinement aussi bien le jazz age, que l'importance de l'apparence dans les années 20.

 

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Published by François Massarelli - dans Reginald Denny Comédie 1926 Muet William Seiter
1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 15:06

Le scénario est cette fois signé de Arthur Ripley et Frank Capra, la réalisation est de Harry Edwards... mais Lucky Stars est franchement mal fichu, et la seconde partie se traine: Harry est un homme qui décide de ses conformer à la lettre à une prédiction qu'on lui a faite, ce qui ne lui apportera que des ennuis. Le résultat de ce choix est une longue, répétitive et statique partie du film consacré à un medicine show, avec Vernon Dent en charlatan.

Dans le train qui l'emmène vers sa destinée, il rencontre ce personnage haut en couleurs qui va l'engager pour vendre un peu de poudre aux yeux et beaucoup de médicament-miracle fait maison, ce qui déclenchera finalement la foudre des habitants: au propre comme au figuré... Et Natalie Kingston a un rôle intéressant, en fille du docteur local qui cherche à se venger, mais son personnage, pas plus que le film d'ailleurs, ne semble aboutir nulle part.

Les courts métrages de cette fin de cycle étaient sans doute le cadet des soucis de Langdon, qui avait fini par obtenir ce qu'il voulait: tourner des longs métrages avec son équipe. L'économie du studio Sennett étant ce qu'elle était, ça voulait dire qu'entre deux films plus longs (qui allaient rester plusieurs mois sur les étagères), il fallait continuer à fournir des films en deux bobines...

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Published by François Massarelli - dans Muet Harry Langdon Comédie
1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 13:26

Un nobliau Anglais, Lord Harrowby (William Austin), doit se marier avec une riche héritière, Cecilia Meyrick (Ruth Dwyer)... Il prend le soin d'assurer son mariage auprès d'une compagnie Londonnienne établie à New York, mais il y a une clause importante: la Floyd's of London n'assure le mariage que dans la mesure où des événements extérieurs pourraient le faire capoter. Si c'est en raison d'une action de Harrowby lui-même, ils ne débourseront pas un centime. Ils vont donc dépêcher un homme de confiance, Dick Minot (Reginald Denny), pour s'assurer du bon fonctionnement de la chose...

A partir de là, quelques précisions: Cecilia n'est pas très motivée pour le mariage mais ses parents la poussent un peu; Dick Minot est beau garçon et Cecilia va le rencontrer avant le mariage, mais lui a en plus un défaut: il est conscient de son devoir et va donc devoir nier son amour la mort dans l'âme; Harrowby est une indéfectible andouille avec un passé chargé; en prime, il est flanqué d'un escroc qui ne manque pas une seule occasion de lui soutirer de l'argent; enfin, il y aura des obstacles: un quidam insistant qui prétend être aussi Lord Harrowby, ou encore un gentleman de la presse avec des oreilles qui traînent. La mission de Minot sera délicate...

C'est une jolie comédie très enlevée, mais sage... Un film qui tient plus de la screwball comedy que du genre burlesque: on y sent une hésitation de la production à se lancer dans le slapstick et la comédie physique, ce qui est idiot puisque la raison qui avait poussé la Universal à engager Denny était justement qu'il était un ancien boxeur! On va d'ailleurs trouver à la fin du film une résolution qui permet à Pollard d'utiliser les dons physiques de sa vedette, qui est non seulement un excellent acteur, il a aussi du charme. Le film aussi, gentiment... Et quand je lis ça et là que ce film de sept bobines est l'un des longs métrages mineurs de Denny, je me dis qu'il y a du bonheur en perspective...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Reginald Denny 1924 ** Harry Pollard