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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 21:38

L’une des meilleures indications de ce qu’il faut penser de ce petit film curieux, c’est sans doute qu’alors que des livres entiers sont publiés sur les « grandes oeuvres » de Griffith, les seules rares mentions de ce film sont pour signaler qu’il a été exploité avec une tentative de sonorisation rudimentaire et parait-il (la copie examinée en étant dénuée) assez peu glorieuse. On en parle parfois aussi pour faire des comparaisons peu flatteuses avec l’autre, plus prestigieuse adaptation des romans de Thomas Burke, Broken blossoms.

De fait, la comparaison tourne fatalement à l’avantage de ce dernier film, qui a beau tenter de forcer occasionnellement la main du spectateur (Construction linéaire, actrice trop vieille pour le rôle, maquillage incertain) mais ne parvient absolument pas à détourner son attention de l’intensité du drame. Or, ici, c’est le contraire: la richesse, la complication de l’intrigue, la multiplication des personnages, le ton parfois léger, tout mène malgré tout à l’ennui devant un film raté, vite fait mal fait, malgré des images parfois superbes. Les acteurs n’y croient que peu, et on devine que comme d’habitude, le metteur en scène a tellement improvisé que le plupart des acteurs ne savaient pas exactement ou ils allaient…

L’histoire est une vague intrigue romantique sur fond de pauvreté, parfois Dickensienne (l’histoire originale est située à Londres, et de nombreux éléments nous le confirment, mais l’héroïne, jouée par Carol Dempster est originaire du Sud, certainement pas le sud Londonien quand on connait Griffith.). Tout comme dans Broken blossoms, Griffith joue avec les préjugés raciaux, mais Carol Dempster, contrairement à Lillian Gish, ne laissera pas Swan Way, joué par Edward Pell (Evil Eye, déjà le méchant, dans Broken Blossoms), l’approcher, précipitant le drame. L’histoire est centrée autour de Carol Dempster, donc, la jeune fille à sauver, comme toujours assez énergique, et de deux frères, qui sont mêlés à des trafics louches, et qui sont de fait concurrents en amour. Sinon, comme toujours, famille en détresse, perte d’un parent (ici le père de Carol Dempster), trahison, sacrifice, rédemption… Griffith joue les mêmes cartes, et fait donc bouillir la marmite. Du moins il essaie : le film n’a pas marché, et coincé entre Way down east et Orphans of the storm, il a été oublié, tout simplement.

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Published by François Massarelli - dans Muet David Wark Griffith 1921 **
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 20:22

Ce long métrage est entièrement taillé sur mesure pour l'énormité de John Barrymore, qui ne s'en est jamais vraiment remis, et c'est le premier Jekyll important. Il ressemble à une démonstration du savoir-faire de la Paramount en matière d'ambiances et de mise en valeur des images. L'histoire est aussi un prétexte intéressant pour une descente aux enfers de l'humanité, ce dont Robertson ne se prive absolument pas... Le film aurait pu être bien anodin, s'il n'y avait eu la volonté affichée de traiter le sujet de manière appropriée: en rendant une vision aussi valide que possible de l'Angleterre Victorienne dont cette intrigue est imprégnée de façon inextricable, en tournant l'essentiel du film en scènes nocturnes, en prenant son temps, et en laissant le grand acteur faire le boulot comme il l'entendait...

Donc Barrymore est bien le Docteur Jekyll qui poussé par son entourage et sa vanité, a voulu isoler le bien du mal et a tenté de faire des allers retours entre les deux. Il me semble que le personnage de Lord Carew, le père de la fiancée du Docteur, doit beaucoup à Oscar Wilde, plus qu'à Stevenson, et en faisant le tentateur qui ne se mouille pas, il a le même rôle dans le film qu'avait Lord Henry Wotton dans The picture of Dorian Gray. Mais le mal et la descente aux enfers, si palpables et si réels, sont filmés avec un naturalisme qui est finalement bien rare dans le cinéma fantastique Américain. Même les adaptations futures en seront bien dépourvues... Et il y a Nita Naldi, la vamp qui incarne la séduction du mal. elle est grandiloquente, mais elle sied si bien à l'intrigue, tranchant avec l'hypocrisie ambiante par son allure de femme fatale...

N'empêche, elle finit bien tristement, l'histoire du gars qui avait voulu se transformer en un autre pour évaluer la part de mal qui est en chacun de nous. Un jour, j'aimerais, rien qu'une fois, voir un Jekyll qui se termine par le triomphe du mal. Rien que pour rigoler... Quant à Barrymore, il a tellement aimé se déguiser (Et incarner un Hyde sautillant qui a beaucoup fait rire Laurel, tant et si bien qu'il l'a parodié en 1925 dans le film idiot mais superbe Dr Pyckle and Mr Pryde) en monstre, qu'il s'est souvent ménagé dans ses futurs films des apparitions horrifiques pour y retourner.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1920 **
11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 08:15

Une histoire d'amour, certes, mais avec Dreyer, il ne faut pas s'attendre à du torride... Le film se situe dans la fin de la période muette du cinéaste, à l'époque durant laquelle il raffine son art et se débarrasse progressivement de tout ce qui le gêne: le maquillage, les excès de jeu en tous genres (Non qu'il ait été jusqu'à présent connu pour l'emphase de ses acteurs, mais passons) et même, semble-t-il les acteurs eux-même! Je m'explique: ce film, coproduction Suédoise et Norvégienne pour le réalisateur Danois, se conforme à un style très courant dans le cinéma Norvégien: la nature prime, et le naturalisme du jeu reste une règle absolue, à laquelle le metteur en scène se conforme d'autant plus facilement, que c'est ce qu'il a toujours cherché. D'où, probablement, la simplicité absolue, quasi janséniste, de l'action dans un film qui reste très clair et très linéaire dans son intrigue:

Tore, le fils d'un fermier peu fortuné, s'en retourne au pays, pour aider son père. Sa voisine Berit s'en réjouit, car depuis l'enfance les deux sont amoureux sans jamais s'en être parlé. Mais avec le travail conséquent abattu par Tore sur la ferme de son père pour en redresser la situation, les perspectives d'avenir se précisent, et Tore commence à esquisser le projet de demander au père de Berit la main de la jeune femme. manque de chance, il est coiffé au poteau par une autre famille, respectable et respectée, et le papa refuse donc d'envisager de la marier à Tore, qui n'a rien...

Il manque d'enjeu, en dépit de cette intrigue mélodramatique à souhait: en effet, Dreyer résout ce conflit classique aux deux tiers du film, pour laisser la nature sauvage prendre le dessus... Le dernier acte montre comment le fiancé éconduit va tenter de saboter le jour du mariage en libérant les troncs d'arbre entreposés sur le bord de la rivière, sur laquelle les deux amoureux doivent être véhiculés pour rejoindre leur maison après la cérémonie de mariage. 

C'est une belle séquence, et tout le film reste agréable bien sûr à voir, pour la simplicité rayonnante du jeu des deux acteurs principaux (Dreyer a clairement trouvé définitivement son style, et n'en variera plus jamais) et pour la façon dont, en cet été 1925, le metteur en scène a utilisé la beauté lyrique de la nature Norvégienne. Mais c'est quand même un bien petit film au regard de celui qui lui succède dans la filmographie muette en dents de scie de ce géant du cinéma... Mais au moins, Glomdalsbruden se rattache-t-il à la thématique de Dreyer, effectuant un parallèle entre l'amour timide mais sans conteste de Berit et Tore, la beauté de la nature, et la volonté bienveillante de Dieu sur les deux amoureux... Car oui, ce film se termine plutôt bien. Et la façon dont Berit est opprimée par la culture locale, comme toutes les femmes, rejoint l'humanisme de l'oeuvre entière.

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Published by François Massarelli - dans 1926 Muet Carl Theodor Dreyer **
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:17

Louise (Fazenda) est la fille d'un fermier (Bert Roach), et aimerait se marier avec le garçon de ferme, Harry Gribbon. Mais le propriétaire (James Finlayson) a lui aussi envie d'épouser la jeune femme. Il est vrai qu'il a une certaine manie qui consiste à utiliser sa position de force pour tenter d'extorquer des faveurs auprès de tout ce qui porte jupon. Mais afin de se dépêtrer de cette situation délicate, la jeune femme a une idée: celle de prétendre avoir été abusée dans le passé par un homme de passage... Ce qui va tout compliquer, c'est d'une part que le bruit va se répandre; et d'autre part que c'est précisément le moment que choisit le faux séducteur pour refaire une apparition.

Beaucoup de bonnes choses dans cette comédie centrée autour de Louise Fazenda. du moins bon aussi, l'impression dominante étant que ce qui aurait tenu en trois bobines a été gonflé sur un long métrage de cinq... Mais le petit univers rural qui s'agit sous nos yeux, avec le grand James Finlayson (Bientôt chez Hal Roach) en propriétaire terrien manipulateur qui cherche à se marier avec la jeune fille de la ferme lorsqu'il apprend que celle-ci va hériter (Une intrigue TRES fréquente, décidément). Le film se dirige vers un final avec poursuite, chaos, anarchie, bourre-pifs et autres réjouissances...

Et puis une scène, située en fin de la première bobine, nous montre Finlayson en roue libre, qui tente d'exercer un chantage à la coucherie sur marie Prevost en attendant que son mari (Ben Turpin) ne revienne... On a droit à un catalogue complet de fourberie et autres scènes jouées à fond la moustache par un grand, très grand acteur... Et quel casting!

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1920 **
3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 18:15

Sorti en 1919, ce film a obtenu l'appui de tous les critiques, qui y ont reconnu, je cite, "La plus grande épopée cinématographique du désert", selon les termes de la critique publiée dans le Los Angeles Times. De fait on a le sentiment, avant que le genre n'obtienne encore plus de lettres de noblesse avec les grands films des années 20 (The covered Wagon et The iron horse, bien sur), de voir un acte fondateur du western, en même temps qu'un film gonflé, tourné partiellement en plein désert, et accompli avec la plus grande des rigueurs, dans un genre connu surtout pour sa fantaisie codifiée. pas de fantaisie dans Wagon tracks, un film tout entier dédié à la personne de William Hart...

Ce dernier incarne un pionnier, Buckskin Hamilton, qui s'accorde un peu de bon temps entre deux caravanes, pour accueillir son petit frère venu de l'est avec son diplôme de médecin en poche... Mais sur le bateau qui l'amène de St Louis, Billy Hamilton est tué par un homme, dans des circonstances peu glorieuses: le tueur (Robert McKim) trichait aux cartes dans un jeu prohibé, et le jeune frère l'ayant accusé ils en sont venus aux mains. Jane (Jane Novak), la soeur du meurtrier, est intervenue afin de les séparer, mais dans la confusion le meurtre avait eu lieu, sous les yeux d'un autre homme (Lloyd Bacon). Non content d'avoir tué un homme, le bandit avait en prime accusé sa jeune soeur. En arrivant sur les lieux, Buckskin ne peut croire en la culpabilité de Jane, et comme quelques jours après tout ce petit monde se retrouve dans la même caravane vers l'ouest, le désert va imposer sa loi, et la vérité va éclater...

Derrière le droit et impassible William Hart, c'est bien sur de morale qu'il s'agit. Les hommes et femmes impliqués dans cette histoire, confrontés à la violence des lieux, vont devoir faire des choix cornéliens... Comme toujours, Hart (producteur en titre, aux côtés du "superviseur" Ince  fait de son western le théâtre d'une tragédie, dans laquelle le désert et ses décors austères vont jouer le rôle d'arbitres. C'est vrai que le film fait penser par de nombreux côtés à The big trail de Raoul walsh sorti 11 années plus tard et qui montre une histoire de vengeance sur fond d'un déplacement de pionniers. Mais là ou Walsh fera d'une pierre deux coups, en montrant l'épopée des caravanes vers l'ouest en même temps que la beauté des grands espaces, ce film fait la part belle à une fascination pour l'austérité des lieux, et nous montre des comportements plutôt authentiques. Comme souvent dans les westerns Ince, on a une participation notable d'un parti Indien, interprété par des natifs. Et l'ombre de futurs chefs d'oeuvres passe par moments, notamment Greed et son tournage à Death Valley, ou encore The treasure of the Sierra Madre...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Thomas Ince 1919 **
1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 17:07

Sydney Chaplin pourrait très bien n'être que le grand frère de qui vous savez, ce ne serait déjà pas mal... gagman, acteur dans les films de son frère, parfois sans doute assistant écouté, comme Albert Austin, Henry Bergman ou Charles Reisner, et pour finir son agent... C'est lui qui a présenté Karno et Chaplin, c'est lui qui a fait l'homme dans une maison au père absent... Bref. Mais Sydney a aussi eu une carrière solo, passionnante parce que totalement oubliée, et franchement atypique.

Une fois Charles parti de chez Sennett, Sydney s'est retrouvé à le remplacer en quelque sorte, avec un personnage récurrent, Gussle, qui inaugure le look qu'aura Sydney dans quelques films de son frère: une moustache envahissante, des cheveux raides, et une raie rectiligne au milieu. Il a ensuite rejoint Charles vers 1916 à la Mutual, puis est devenu un acteur proéminent dans A dog's life, Shoulder arms!, The Bond, Pay day et The Pilgrim. Il a continué à s'occuper des affaires de son petit frère, tout en menant une carrière solo, moins burlesque, plus dans la comédie de moeurs. Le film Charley's aunt (1925), réalisé pour Christie, est un excellent exemple. Il a ensuite eu une petite carrière à la Warner, mais celle-ci s'est arrêtée net: un scandale en Grande-Bretagne lui a été fatal, comme Arbuckle. Il s'est donc définitivement retiré derrière son frère...

A submarine pirate est le dernier film Sennett de Sydney Chaplin, son premier film à dépasser les deux bobines (dans sa version intégrale, il durait quatre bobines), et l'un de ses rares films survivants des années 10. On y voit bien le style très acrobatique des gags de Sydney qui ont souvent un petit arrière-gout d'absurde. C'est aussi un étrange objet, qui doit beaucoup à Charles Avery, collaborateur de Roscoe Arbuckle, dont le type d'humour tout en violence incontrôlée est ici très représenté, mais qui est aussi marqué par un choix délibéré de Sydney d'être le méchant: il est en effet un pirate, qui utilise un sous-marin pour terroriser les gens. ce qui explique peut-être qu'il ait été relégué si longtemps dans les poubelles de l'histoire, jusqu'à ce qu'un David Kalat enthousiaste l'édite dans le coffret American Slapstick.. Une curiosité, donc, mais suffisamment intrigante pour être revue de temps à autre, même dans une version sérieusement abrégée. C'est la même, quoique passée un peu plus rapidement, qui a les honneurs de la HD dans l'excellent coffret consacré à Mack Sennett chez Flicker Alley...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Sydney Chaplin 1915 **
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 10:58

Mantrap était l'un des films préférés de Clara Bow; c'était aussi son introduction au grand monde, après avoir enchaîné seconds rôles et productions moindres, c'était son premier rôle en vedette pour un studio de premier plan, qui allai ensuite lui proposer un contrat de star... Mais de tous les films qu'elle a tournés en vedette (Exception faite de Wings, dans lequel on peut décemment considérer que son rôle est limité), c'est sans doute le meilleur qu'on puisse voir aujourd'hui. L'entente a été parfaite entre la star et son metteur en scène (Et même plus que parfaite à en croire la légende, sacré Victor!), et de ce qui aurait pu être une comédie vaguement sexy de plus ou de moins, l'équipe en a fait un chef d'oeuvre de comédie gonflée.

Deux hommes s'apprêtent à prendre des vacances momentanément, pour des raisons différentes voire opposées: Joe Easter, le trappeur qui vit à Mantrap Lodge, en pleine nature, a besoin d'aller à la grande ville pour y voir des filles, parce que la solitude lui pèse, alors que l'avocat Ralph Prescott, de son côté, est un avocat spécialisé en divorces, qui n'en peut plus de recevoir des clientes fortunées qui tentent de le séduire. Easter se rend donc à Minneapolis où il rencontre une jeune manucure, Alverna, qui croit trouver en lui l'homme des bois, et Ralph écoute son ami Woodbury, qui le persuade d'aller camper au grand air. Et Ralph et Woodbury vont donc s'installer à Mantrap, en pleine saison des pluies, semble-t-il. Lorsque Ralph rencontre Joe, celui-ci l'invite à venir se refaire une santé dans sa cabane, et lui présente Alverna...

Comme on dit dans ces cas-là, "vous pouvez deviner la suite"... Sauf que non, ce serait trop facile! Fleming a distribué les rôles à une troupe formidable: Joe Easter est interprété par Ernest Torrence, qui sait si bien doser sa jovialité et son manque flagrant de sophistication, tout en provoquant la sympathie du public; Percy Marmont est arfait en avocat coincé, cela va sans dire! Eugene Pallette interprète Woodbury, et parmi les habitants de mantrap, on apercevra Ford Sterling, Lon Poff (En pasteur...), Josephine Crowell en une voisine qui se mèle de ce qui ne la regarde pas, et William Orlamond interprétant son mari qui la suit partout comme un petit chien. On note que j'ai gardé l'inévitable pour la fin: Clara Bow, confondante de naturel, est donc Alverna. Alverna, comme Clara Bow, est dotée dune sexualité visible et assumée, jamais mise en valeur par des robes suggestives, mais plus par un comportement exubérant. Et ce petit bout de bonne femme va en faire baver à tous les hommes, mais le pire c'est qu'elle en fait une affirmation de sa féminité, les hommes dans 'histoire étant priés d'accepter. Et Fleming ne cherche à aucun moment à la punir ou à l'excuser de son comportement. Lors d'une scène, la jeune femme prend le pouvoir, et confronte "ses" deux hommes, Prescott et Easter, et... montre qui est la patronne. Clara Bow est troublante, et c'est son meilleur rôle.

Au cas ou on se poserait la question, sachez qu'il existe bien un lac Mantrap dans le Minnesota, ce n'est donc pas une invention de l'auteur du roman, Sinclair Lewis, ou de Victor Fleming, qui s'était lui fait prendre aux pièges de Clara Bow. Ni le premier, ni le dernier...

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Published by François Massarelli - dans Victor Fleming Clara Bow Muet Comédie 1926 **
24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 08:39

Le même jour, Samuel "Kid" Boots (Eddie Cantor) se fait virer pour maladresse extrême de son travail chez un tailleur, se fait un ennemi mortel en la personne d'une grande brute (Malcolm Waite), et rencontre la femme de sa vie, Clara (Bow). Tant qu'à faire, il va aussi faire une autre rencontre déterminante, celle de Tom (Lawrence Gray), un professeur de golf empêtré dans un mariage avec une intrigante (Natalie Kingston) qui cherche, quant à elle, à s'échapper de son divorce. Suite à un certain nombre de quiproquos, "Kid Boots" devient le témoin de Tom, et ce trois jours avant que le divorce ne soit finalisé. Et tout ce petit monde se retrouve dans la même station balnéaire. Il va donc, y avoir du sport...

Ceci est le premier film de Eddie Cantor, star chez Ziegfeld, et dont la popularité grandissante coïncide avec l'avènement des studios. La Paramount, en lui offrant un "véhicule" taillé sur mesure (A la base de ce film, figure une pièce où l'acteur avait triomphé), pose du même coup les jalons de ce qui va bientôt devenir la façon de traiter le burlesque à la MGM, la Fox ou la Paramount: choix d'un réalisateur, des acteurs, lieux de l'action, tout passe par le studio; une gestion efficace de la comédie, qui fait certes du bon boulot, mais qui tranche avec l'artisanat tel que le pratiquaient tous les spécialistes du genre: Keaton, Chaplin, Lloyd et Langdon en tête. Bref, aurait pu dire Churchill, la comédie est un art trop important pour la confier à des néophytes... Non que ce film soit mauvais, loin de là. Mais il reste mécanique, et parfois on voit les ficelles. Et Eddie Cantor fait de son mieux, difficile dans les meilleurs moments de ne pas penser aux modèles prestigieux qu'il s'est choisi... Pour ce qui est de Clara Bow, qui était encore à l'essai, elle apporte à son rôle de flapper dynamique toute sa connaissance du type, et ses scènes avec Cantor, bien que peu nombreuses hélas, valent le détour. Si certaines scènes recyclent de façon voyante, notamment une scène de massage avec contorsionniste qui renvoie directement à The cure de Chaplin (Sauf que cette fois, c'est Cantor, c'est à dire le héros, qui est le contorsioniste), il y a une atmosphère générale de représentation du sport, qui fera des petits: Run girl run, de Alf Goulding chez Sennett, College de Buster Keaton, ou encore de nombreux courts métrages des années 20 ou 30... Ce n'est donc peut-être pas la comédie de la décennie, mais ça se laisse voir sans déplaisir.

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Published by François Massarelli - dans Muet Clara Bow Comédie 1926 **
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 18:28

Trois enfants Américains, tous trois de parents divorcés, jouent ensemble à Paris. Les deux filles, Kitty et Jean, ont été placées dans un couvent pour enfant de divorcés aisés par leurs ères volages, et le jeune garçon Ted ronge son frein en attendant de quitter sa famille, excédé par le comportement déluré de son père divorcé... Mais en grandissant, Kitty (Clara Bow) et Ted (Gary Cooper), qui sont voisins aux Etats-Unis, sont devenus assez proche des styles de viee de leurs parents. Quand Jean (Esther Ralston) les rejoint, Ted et elle tombent amoureux l'un de l'autre. Mais Jean explique à Ted que le mariage ne sera possible que s'il travaille. Il trouve assez facilement un emploi, mais Kitty très attaché à son style de vie oisif vient l'empêcher de mener à bien sa mission, et un matin, il se réveille à ses côtés, n'ayant aucun souvenir de leur nuit, durant laquelle ils se sont mariés... Pour Ted et Jean, c'est une catastrophe: faut-il un nouveau divorce qui risque de gâcher la vie de Kitty, ou faut-il lui laisser sa chance, bien que Ted ne l'aime pas?

On fait grand cas de la participation de Josef Von Sternberg à ce film, qui a certainement bénéficié de retakes, ou d'embellissements de la part du metteur en scène génial... mais ce serait injuste de ne pas d'abord le considérer comme ce qu'il est: l'un des meilleurs films du très conservateur cinéaste qu'était Frank Lloyd. Il se surpasse globalement, même si le message anti-divorce est aujourd'hui complètement vide de sens, au moins le film se permet-il d'explorer avec un oeil volontiers critique (Et un brin trop vertueux) la vie dissolue des gens de la haute société. N'empêche que Clara Bow se jette à corps perdu dans un rôle taillé pour elle, sans arrière-pensées... Le film a de plus le bon goût, en plus de nous donner à voir Cooper et Bow ensemble, de ne pas durer très longtemps, et du coup il n'y a pas la moindre redondance. Compte tenu de son sujet, c'est un plaisir coupable, mais on ne dira rien...

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Published by François Massarelli - dans Frank Lloyd Muet Clara Bow 1927 ** Gary Cooper
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 18:14

Ce film, entièrement à la gloire de Clara Bow, vient à la fin d'une année frénétique: entre autres, Clara Bow y a tourné Children of divorce (Frank Lloyd), It (Clarence Badger), Hula (Victor Fleming) et si le film n'était pas à proprement parler typique de l'actrice, on pourra difficilement faire l'impasse sur le formidable Wings de William Wellman... Mais Get your man, pure comédie sans un gramme de pathos, correspond finalement à l'image délurée et mutine de la star telle que l'avaient forgée un certain nombre de personnes à l'époque, parmi lesquelles... Clara Bow elle-même.

On peut rendre compte de l'intrigue facilement, même si deux bobines ont aujourd'hui disparu: à Paris, le jeune Duc d'Albin (Charles Buddy Rogers) fait la connaissance de la jolie eet exubérante Américaine Nancy Worthington (Clara Bow). Ils se plaisent immédiatement, mais le problème, c'est que selon d'antiques coutumes, le jeune homme est promis à une jeune femme (Josephine Dunn) depuis leur plus jeune âge... N'écoutant que son coeur, la belle Américaine décide de mettre la pagaille dans cette union programmée, afin de donner raison au titre du film... Elle débarque donc dans la luxueuse résidence des Ducs D'Albin, ou on reçoit justement la future belle famille du jeune home, les De Villeneuve...

C'est drôle, enlevé, vite passé et pas si vite oublié que ça. La mise en scène de Dorothy Arzner va à l'essentiel, et repose surtout sur l'énergie indomptable de la jeune actrice, totalement dans son élément. On notera que si la morale à la fin reste sauve, le moyen ultime utilisé par Clara Bow est tout simplement de compromettre la réputation de sa vertu de façon irrémédiable...

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Published by François Massarelli - dans Clara Bow Muet Comédie 1927 **